Le 30 septembre 2025 | Mis à jour le 30 septembre 2025

Décor d’un manoir breton aux enchères

par Clémentine Pomeau-Peyre

Des œuvres anciennes et contemporaines, des pièces orientales et occidentales : la collection d’un esthète belge est en vente le 6 octobre prochain chez Rennes Enchères Bretagne. 

C’est au cœur du Morbihan, au bout d’une allée et à côté d’un étang que la commissaire-priseur Florence Berdou a découvert ce manoir : « A cause du bâtiment et du jardin à la française, je m’attendais à un intérieur très classique, mais ce collectionneur d’origine belge a vraiment su créer un décor lumineux, très scénographié, avec un vrai sens esthétique ». Les presque 500 lots dispersés le 6 octobre par Rennes Enchères Bretagne viennent tous de cet intérieur étonnant. « C’était un habitué des grands salons comme la Brafa, il achetait aussi en galeries ou en ventes aux enchères » précise la commissaire-priseur. 

Côté meubles d’abord, quelques belles pièces sont datées des XVIIIe, XIXe ou XXe siècles : un important bureau plat en marqueterie de branches fleuries, de style Louis XV, époque début XXe siècle (7 000 à 12 000 euros), un élégant buffet attribué à l’ébéniste François Linke, en marqueterie de fleurs, fin du XIXe siècle (5 000 à 8 000 euros) ou encore une spectaculaire armoire de Kussenkaast en acajou, d’origine hollandaise, fin XVIIe ou début XVIIIe siècle (1 300 à 2 000 euros). 

Peintures en grand format

Florence Berdou signale quelques très grands formats parmi les peintures : le portrait d’homme en buste de Gustave Vanaise fait plus d’1,40 m de haut, avec son cadre très imposant à fronton sculpté de deux puttis (4 000 à 7 000 euros), et les Femmes au bain d’Anna Martinowa Zarina, daté de 1940, dépasse 1,50 m de haut (1 500 à 3 500 euros). De bien plus petite dimensions, il faut aussi regarder le paysage vallonné, huile sur toile attribuée à l’artiste belge Gustave de Smet (1 000 à 1 800 euros). 

Le collectionneur avait également fait quelques choix plus audacieux, comme le montre une étrange sculpture de Max van der Linden, consistant en un violoncelle ouvert, dans lequel est placé un orchestre en faïence émaillée polychrome (1 800 à 3 000 euros). Cet artiste céramiste belge est connu pour ses œuvres inspirées par la musique, la religion, la condition humaine, qu’il abordait toujours avec un certain sens de l’humour. 

Le collectionneur avait un lien particulier avec Josef Ciesla, dont il possédait cinq sculptures (entre 300 et 800 euros) : cet autodidacte auteur de pièces monumentales est actuellement exposé à l’Orangerie du Parc de la Tête d’or à Lyon (jusqu’au 14 octobre).

« Notre amateur conservait quelques curiosités dans sa bibliothèque ajoute la commissaire-priseur, notamment un livre dédicacé par Churchill à Paul Henri Spaak, homme politique belge (1 500 à 2 500 euros) ». Sans compter quelques pièces venues d’Asie, Thaïlande et Birmanie. 

La vente aura lieu à l’étude, sur désignation, mais les visites se feront sur inscription le 4 octobre : dernière occasion de découvrir cet étonnant décor ! 

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