Une aquarelle du peintre breton Ernest Guérin adjugée à près de 8 000 € à Vannes
Connu pour ses paysages bretons, Ernest Pierre Guérin (1887-1952) s’illustra aussi par ses œuvres miniaturistes inspirées des peintres Primitifs. En témoigne la vente organisée par Maître Jack-Philippe Ruellan samedi 27 juillet à Vannes au cours de laquelle étaient dispersées quatre vues bretonnes et une aquarelle figurant La fille du Roi Arthur. Estimées de 2 000 à 6 000 euros, elles dévoilaient le travail méticuleux de cet artiste originaire de Rennes, attaché tant à la vie de ses contemporains qu’aux légendes d’antan.
La côte sauvage de Quiberon, un jour de pardon à Saint-Guénolé, la maison d’un pêcheur à Douarnenez, la ville close de Concarneau… Ernest Pierre Guérin (1887-1952) a donné à la Bretagne parmi ses plus belles images, travaillant au plus près du motif et empruntant une touche précise, délicate, digne des plus grands miniaturistes. « Guérin est principalement connu pour ses scènes et paysages bretons peints à l’aquarelle, mais il a également renoué, un temps, avec la peinture des Primitifs flamands et italiens à travers des œuvres d’une grande préciosité, proche de l’art de l’enluminure », détaille Maître Jack-Philippe Ruellan qui dispersait samedi à Vannes quatre œuvres de l’artiste dont une gouache et aquarelle sur papier évoquant les peintures des dernières heures du Moyen-âge, dans la lignée des préraphaélites.

Ernest Pierre Guérin (1887-1952), « La fille du Roi Arthur », gouache et aquarelle sur papier, signée en bas à droite sur le manteau, 23.5 x 26 cm (à vue). Présentée dans son cadre d’origine de style gothique à décor de croisée d’ogives, 35.5 x 29.3 cm. Adjugé à 7 936 euros (frais compris).
Une interprétation inédite de la légende arthurienne
Pourvue de couleurs éclatantes, cette œuvre, insérée dans un cadre trilobé néo-gothique réalisé par l’artiste lui-même, évoque le passé glorieux de la Bretagne, revisitant la célèbre légende du Roi Arthur. « Peinte autour de 1930, elle représenterait la fille du Roi Arthur, sur fond de paysage médiéval, un personnage qui n’apparaît dans aucune autre œuvre artistique ou littéraire. » Selon la légende, véhiculée par des œuvres littéraires telles que l’Histoire des rois de Bretagne écrite par Geoffroy de Monmouth au XIIe siècle, le seigneur breton Arthur Pendragon aurait organisé la défense des peuples celtes face aux envahisseurs germaniques à la fin du Ve siècle ou au début du VIe siècle. Il eut de sa femme Guenièvre un fils, Lohot, et conçu avec sa demi-sœur Morgane, un second fils prénommé Mordred, qui le blessera à mort vers 535.

Une aquarelle et gouache sur papier adjugée à 7 936 euros
L’œuvre, de même que les quatre vues bretonnes mises en vente, fut acquise lors de l’Exposition des Œuvres du Peintre Enlumineur présentée à Dinard autour de 1927. « De son vivant, Guérin a exposé dans de nombreuses galeries bretonnes et a pris part à des expositions de groupe organisées à Paris. Aujourd’hui, il compte de nombreux collectionneurs principalement originaires de Bretagne. » A Paris en 2017, ces derniers n’ont ainsi pas hésité à pousser les enchères jusqu’à 20 000 euros (hors frais) pour une aquarelle et crayon sur papier figurant le Pardon de Sainte Anne La Palud, Bretagne. « Notre œuvre a été adjugée à 7 936 euros (frais compris), acquise par un collectionneur breton face à une dizaine d’enchérisseurs, note Maître Jack-Philippe Ruellan. Elle a obtenu la plus haute enchère, du fait sa grande qualité et de son sujet inédit qui la différenciait des autres scènes et paysages bretons plus régulièrement mis en vente. »

Ernest Pierre Guérin (1887-1952), « Jour de pardon à N. D. de la Joie, Saint-Guénolé », gouache, aquarelle et mine de plomb sur papier, signée, titrée et située en bas à droite, 36.5 x 44.5 cm (à vue).
Haut de page