Le 26 septembre 2022 | Mis à jour le 26 septembre 2022

Des cartes Pokémon aux enchères à Troyes

par Clémentine Pomeau-Peyre

Le 12 octobre à Troyes, la maison Boisseau-Pomez organise une vente dédiée aux passionnés de la culture geek. Consoles, jeux vidéo et cartes Pokémon se disputeront les enchères, dont une carte Dracaufeu estimée à plus de 4 500 euros. Etat des lieux d’un marché qui tend à se stabiliser. 

 

« C’est notre cinquième vente autour de ce thème et le marché a déjà bien changé. Après une envolée jusqu’à l’été dernier, nous constatons une stabilisation », développe Léonard Pomez. Si les prix des cartes Pokémon s’étaient effectivement envolés ces dernières années, ils semblent se tasser. « C’est l’effet de balancier d’un marché qui s’était trop emballé, mais aussi du contexte de guerre en Ukraine et de crise de l’énergie qui pèse sur le pouvoir d’achat… Et peut-être aussi de la multiplication des faux qui rend les collectionneurs plus méfiants », analyse le commissaire-priseur de Troyes.

Rappelons le principe des cartes Pokémon (abréviation de Pocket Monster). Ces cartes représentent de petites créatures aux noms étranges : Pikachu, Bulbizarre, Salamèche… issues de l’imagination du japonais Satoshi Tajiri. Ces animaux imaginaires ont d’abord existé sous forme de jeux vidéo, avant l’édition de cartes, pour la première fois au Japon en 1996, dans les autres pays à partir de 1999.

 

Comment estimer la valeur d’une carte Pokémon ?

Dans la vente du 12 octobre, l’étude Ivoire Troyes propose notamment une carte Dracaufeu du set de base première édition, certifiée état neuf (estimée 4 500 à 5 000 euros), qui coche la plupart des demandes de collectionneurs. « Tout en bas, la date de 1999, pour la première édition, juste au-dessus trois étoiles, ce qui montre qu’il s’agit d’une carte rare, au milieu à gauche le rond noir marqué Edition 1… », énumère Léonard Pomez. Plusieurs éléments à retenir pour les collectionneurs. Considérons une carte Pokémon de haut en bas. L’illustration d’abord : les meilleures cartes ont un fond holographique brillant sur l’image du petit animal. Ensuite, juste en-dessous de l’image à gauche, il faut guetter le rond noir avec la mention Edition 1, « à observer à la loupe ! s’exclame Léonard Pomez, elle ne doit pas être floue ». Les estimations sont bien plus modestes pour les rééditions. Au catalogue, un set complet de 102 cartes rééditées, avec des traces d’usures et des états variés, est estimé 300 à 350 euros.

En bas à droite, trois signes possibles : un rond noir pour les cartes dites communes, un losange pour les cartes un peu plus rares, et des étoiles pour les Pokémon rares. La Dracaufeu en possède trois, ce qui est le maximum. La carte Florizarre, qui constitue le lot n°10, n’en a que deux (estimée entre 100 et 120 euros). Encore en-dessous, sur la dernière ligne imprimée de la carte, un numéro comme celui présent sur des estampes : 4/102 par exemple. Il signifie que la carte est la quatrième de la série de 102 cartes différentes constituant le set complet. « Et là cela se complique encore, sourit le commissaire-priseur, puisqu’il existe des cartes 103/102, qui sont appelées des cartes secrètes… Et elles ont de la valeur ! ». Terminons avec l’état de conservation, donnée essentielle pour les amateurs : une seconde carte Dracaufeu sera mise aux enchères le 12 octobre, mais en état correct, avec défauts et traces d’usure… Et son estimation ne dépasse pas 550 euros.

 

Contenu : Dracaufeu certifié PCA 9.5 « Etat Neuf » Numéro de série : 20818376. Edition : Set de base 1ér édition. Langue : français. Estimée 4 500 euros.

 

L’expertise des commissaires-priseurs

Léonard Pomez complète le tableau : « Ce marché peut se rapprocher de celui des timbres notamment dans la recherche des ratés d’impression. Par exemple, si une carte a une impression un peu décalée, un défaut du fond holographique, elle va être très recherchée. Je connais un ancien collectionneur de timbres qui s’est lancé avec son fils dans les cartes Pokémon, il s’y retrouve bien ». Ses enchérisseurs sont des trentenaires, nouveaux venus dans l’univers des enchères, et qui s’intéressent à la « culture geek » en général – cartes de jeux, ordinateurs vintage, consoles…

Sur ce marché très numérique, où beaucoup de cartes s’échangent par le biais de sites Internet, les faux sont légion. Photocopies et scans retouchés peuvent facilement tromper les acheteurs… « C’est notre atout en tant qu’officiers ministériels, souligne le commissaire-priseur. Nous garantissons la qualité de l’objet ». Ainsi, chaque carte a un poids extrêmement précis au gramme près, et il faut également examiner sa tranche pour voir apparaître la couche de papier carbone qui lui donne sa rigidité, inspecter le dos pour les couleurs d’impression, et plus généralement la qualité de cette impression… Comme dans l’univers des comics américains, il existe des organismes de certification qui établissent un rapport d’état complet, avant de sceller la carte dans un emballage en plastique dur. Ces cartes « garanties » (c’est le cas de la Dracaufeu estimée 4 500 à 5 000 euros) bénéficient en général d’une surcote.

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