Des œuvres et souvenirs de Jean Cocteau vendus à l’occasion des 60 ans de sa disparition

10/10/2023

Des œuvres et objets personnels de Jean Cocteau seront vendus aux enchères le 11 octobre à Paris par les commissaires-priseurs Olivier de Bouvet et Florent Marles. Une vente événement organisée à l’occasion du 60e anniversaire de la disparition de ce touche-à-tout de génie.

 

« Où est Jean maintenant ? Il est ici, au sein de cette importante vente », répond Annie Guédras. L’experte de l’œuvre graphique de Jean Cocteau signe la préface d’un catalogue de vente qui, avec ses 134 numéros, suscitera sans nul doute l’émoi des « cocteauphiles ». « Cette vente est un événement, renchérit l’experte, une source de plaisir et un hommage à ce grand artiste multiple, dont la personnalité a bousculé nombre de tabous ». La vente arrive à point nommé puisqu’elle sera orchestrée le 11 octobre, date du 60e anniversaire de la disparition de Jean Cocteau, décédé d’une crise cardiaque dans sa propriété à Milly-la-Forêt. Elle réunit un ensemble exceptionnel d’œuvres et objets personnels de l’artiste, provenant en grande part de la collection d’un proche d’Edouard Dermit, dit « Doudou », le légataire universel de Jean Cocteau, connu au cinéma sous le pseudonyme Antoine Dermit.

 

Jean Cocteau, un génie touche-à-tout

A feuilleter le catalogue, l’on mesure l’extraordinaire fécondité artistique de Jean Cocteau. « C’était un artiste protéiforme : un poète, écrivain, dramaturge, cinéaste, céramiste, décorateur… Il touchait à tout, et toujours avec talent », détaille le commissaire-priseur Florent Marles, avant de rappeler, amusé, que le jeune lycéen rata à deux reprises son baccalauréat…

A son coup de crayon habile, des dessins et lithographies rendent hommage, à commencer par un Autoportrait que Cocteau parvint à rendre d’une expressivité saisissante, au seul moyen d’une ligne épurée, dénuée d’ombre et d’effet de relief. Un tracé assuré et une économie de moyen qui caractérisent encore son Antigone, son Portrait d’homme, son Trait de feu et ses Arlequin. « A la vente, nous présentons à chaque fois plusieurs états : les dessins, les estampes, les bons à tirer avec corrections », poursuit le commissaire-priseur. Un Arlequin assis, exécuté à la mine de plomb et pastels jaune et bleu, succède ainsi à une impression lithographique d’un Arlequin qui, doté de la mention manuscrite « effacer cette tâche noire et ne laisser que celle du dessus », fait dès lors office de « bon à tirer après correction ».

 

 

Des bijoux à l’agenda personnel de Jean Cocteau

Au catalogue, son œuvre graphique côtoie de grands plats en faïence ou porcelaine, ainsi qu’un important ensemble de bijoux. « Lorsqu’il a commencé la céramique, Cocteau offrait des plats à tour de bras, tant et si bien que son céramiste lui a fait comprendre que cela commençait à lui couter cher, et l’a invité à se tourner vers la création de bijoux qui, par leur format, pouvaient être offerts plus aisément ! Cette production n’a duré qu’un an, les bijoux de la main de Cocteau sont donc particulièrement rares », explique Florent Marles qui se réjouit de pouvoir proposer aux enchérisseurs une vingtaine de bijoux de la main de l’artiste.

Des affiches de théâtre, des portraits photographiques de Jean Cocteau par Lucien Clergue, Walter Limot ou Pierre Bizet, des envois autographes et des livres dédicacés complètent ce catalogue. « Nous présentons notamment une édition reliée des Enfants terribles avec une dédicace à son ami l’écrivain, dramaturge et réalisateur Marcel Achard, enrichie d’un très beau dessin original en double page », détaille Florent Marles. Plus intime, enfin, un agenda personnel conviera les enchérisseurs à suivre, le temps d’une lecture, Jean Cocteau au gré de ses rendez-vous mondains, de ses déplacements en France et Europe, et de ses participations aux séances de l’Académie française – autant de témoignages de l’avant-dernière année de la vie du poète…

Enchérir | Suivez la vente Jean Cocteau le 11 octobre en live sur interencheres.com

 

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