Dans le cadre de la vente « la Royauté à Versailles », la maison Osenat présentait aux enchères le 24 mai des souvenirs historiques de Marie-Antoinette, dont la serviette que la reine utilisa lors du repas du sacre de Louis XVI. Estimée autour de 2 000 euros, elle s’est envolée à près de 15 000 euros, aux côtés d’une malle ayant contenu les effets personnels de la reine, qui a quant à elle trouvé preneur à plus de 40 000 euros.
La serviette que Marie-Antoinette utilisa lors du sacre de Louis XVI
Prévue le 5 avril dernier, la vente « la Royauté à Versailles » organisée par la maison Osenat s’est finalement tenue le 24 mai dernier, retransmise en live sur interencheres.com. Cent quatre-vingt pièces historiques étaient présentées aux enchères, dont de rares souvenirs de Marie-Antoinette, telle qu’une serviette utilisée par la reine lors du repas du sacre de Louis XVI. Rectangulaire, damassée, agrémentée d’un décor de fleurs de lys et de roses, cette relique touchante évoque les jours heureux que connut le couple royal à l’occasion de la cérémonie du sacre. Ainsi, dans une lettre, Marie-Antoinette confiait-elle à sa mère son enthousiasme à l’issue des festivités : « Le sacre a été parfait […]. Les cérémonies de l’Eglise [furent] interrompues au moment du couronnement par les acclamations les plus touchantes. Je n’ai pu y tenir, mes larmes ont coulé malgré moi, et on m’en a su gré […]. C’est une chose étonnante et bien heureuse en même temps d’être si bien reçu deux mois après la révolte, et malgré la cherté du pain, qui malheureusement continue. »

Vieux de plus de deux siècles, ce souvenir fut conservé par l’aumônier de la reine, Monseigneur de Coucy, comme en témoigne le billet à la plume qui l’accompagne. « Serviette ayant servi à Marie Antoinette pendant le sacre, et qui a été conservée par Mgneur de Coussy qui s’en est servi durant son émigration et de qui nous la tenons. » « Jean-Charles de Coucy (1746-1824) fut nommé aumônier de la reine par brevet du 28 janvier 1776, avant de devenir en 1789 évêque de La Rochelle, précise Jean-Pierre Osenat. Mais ses convictions monarchistes le conduiront à s’exiler en Espagne en 1791. » Réfractaire au Concordat, il est emprisonné sur demande de Napoléon Bonaparte et ne rejoindra la France qu’en 1814 où, en récompense de sa fidélité aux Bourbons, il recevra le titre prestigieux d’archevêque de Reims.

Une malle ayant contenu les effets personnels de la reine
Adjugée à 14 858 euros (frais compris), la serviette était présentée aux enchères aux côtés d’un autre souvenir historique de Marie-Antoinette : une malle de voyage ayant contenu ses effets personnels. « Sur le couvercle, on retrouve l’inscription ‘Chambre de la Reine n°10’ appliquée en petits clous de laiton, poursuit le commissaire-priseur. C’est un coffre très rare que nous avions estimé entre 8 000 et 10 000 euros. Nous n’en connaissons à ce jour que trois : le nôtre et deux exemplaires conservés dans les collections du château de Versailles. » Adjugée à 43 750 euros, cette pièce chargée d’histoire et digne des plus grands musées a ainsi remporté la plus haute enchère de la vente.