Du Népal à la Thaïlande, des objets d’art populaires et religieux en vente à Paris

08/04/2026

Le 14 avril, la maison Digard Auction dispersera une sélection d’objets d’art religieux et populaires d’Asie du Sud et du Sud-Est, fabriqués à différentes périodes, du VIIe au XXe siècle.

 

Inde, Népal, Thaïlande, Myanmar (Birmanie)… Dans tous ces pays ont été fabriqués des objets de culte, utilisés lors de fêtes populaires ou à l’occasion d’événements religieux par des communautés aux croyances variées, liées au bouddhisme et à l’hindouisme, mais souvent syncrétiques. La vente de la maison Digard Auction, le 14 avril à Paris, mettra en lumière la diversité de la production et des savoir-faire dans cette vaste région du monde.

 

Des objets religieux thaïlandais et népalais d’exception

Lorsque l’on demande à Jean-Luc Estournel, expert de la vente aux côtés de Marie-Catherine Daffos, quel lot lui suscite le plus d’enthousiasme, il répond sans hésiter : « le numéro 15, la tête de Bouddha » (estimation : 4 000 à 6 000 euros). Cette sculpture en stuc est, pour l’expert, « un archétype du classicisme indien qui s’est diffusé en Asie du Sud-Est, notamment entre le VIIe et le IXe siècle ». 

Tête de Buddha Thaïlande circa VIIe- IXe siècle Stuc, H : 23 cm. Estimation : 4 000 euros - 6000 euros.
Tête de Buddha, Thaïlande, circa VIIe- IXe siècle Stuc, Hauteur : 23 cm. Estimation : 4 000 euros – 6000 euros

 

Une documentation fournie autour de l’œuvre a permis d’attester son acquisition lors de la Biennale des Antiquaires de 1968 à la galerie Beurdeley, « qui fut l’une des plus importantes à Paris pour l’art asiatique à cette période ». Acquisition antérieure à 1970, année de la mise en place, sous l’égide de l’UNESCO, du traité international relatif à la protection de l’art et du patrimoine culturel, « ce qui offre l’assurance que cette œuvre n’a pas fait l’objet d’un commerce illégal ».

 

Tapis Tibet Laine. 162 x 86 cm Décor de quatre dragons poursuivant la perle sur fond orange. Usures petits accidents.
Varaha, Népal, Cuivre repoussé doré, Hauteur : 17 cm, La face porcine (groin, crocs) de cet aspect de Vishnu ne peut que l’associer à Varaha son troisième avatar. Estimation : 300 euros – 400 euros

 

Parmi les autres lots ayant particulièrement retenu l’attention de Jean-Luc Estournel figure une série de plaques en cuivre doré représentant divers avatars du dieu Vishnou (chacune estimée entre 300 et 400 euros), réalisées grâce à la technique du repoussé, « domaine où les Népalais excellent » précise t-il.

 

De nombreux objets d’arts populaires asiatiques

Trait d’union entre les arts religieux et populaires, les tapis tibétains présentés lors de cette vente dépassent leur caractère décoratif en reprenant des motifs propres à la spiritualité bouddhiste, comme celui en laine estimé entre 300 et 500 euros, représentant quatre dragons à la poursuite d’une perle, allégorie de valeurs fondamentales telles que la sagesse.

 

Tapis, Tibet, Laine, 162 x 86 cm, Décor de quatre dragons poursuivant la perle sur fond orange. Usures petits accidents. Estimation : 300 euros - 500 euros
Tapis, Tibet, Laine, 162 x 86 cm, Décor de quatre dragons poursuivant la perle sur fond orange. Usures petits accidents. Estimation : 300 euros – 500 euros

 

Accessoire multifacette par excellence, le masque se retrouve dans de nombreuses fêtes populaires au Népal. « Ceux qui le portent se dissimulent, cet anonymat libère la parole et permet, par exemple, de se moquer dans la joie. » À cette fin, rien de mieux que de porter des masques aux visages aux traits déformés, comme cette paire de masques népalais (1 800 euros – 2 500 euros) évoquant peut-être « le caractère espiègle de sortes de bouffons ». Cependant, une fois encore, la spiritualité n’est jamais loin. En effet le masque peut être employé lors de cultes extraordinaires « qui ne sont pas chamaniques, mais qui y ressemblent par certains aspects ».

 

Paire de masques Népal Bois. H. 24 et 22 cm
Paire de masques, Népal, Bois. Hauteur : 24 et 22 cm. Estimation : 1 800 euros – 2 500 euros

 

Les enchérisseurs découvriront également quelques curiosités, comme ce récipient en grès « très original », en forme de poisson de l’art khmer, fabriqué entre le XIIe et le XIIIe siècle (300 à 500 euros), ou encore deux « charmants » récipients du Myanmar (Birmanie), obturés par des bouchons en bois laqué rouge, l’un en forme de canidé et l’autre en forme de félin (100 euros- 200 euros).

 

Des estimations attractives et un marché international

« Toutes nos estimations sont très attractives, les propriétaires veulent vendre », indique Jean-Luc Estournel. Dans ce but, ils pourront profiter de « l’intérêt croissant » d’une nouvelle génération de collectionneurs thaïlandais et birmans qui rachètent des fragments de leur patrimoine, mais aussi de collectionneurs européens et américains intéressés par ces objets qui, à la faveur d’un effet de cycle, apparaissent de plus en plus sur le marché : « les collectionneurs ayant acquis ces objets dans les années 1960, 1970 et 1980 disparaissent ou décident de s’en séparer ». Après tout, selon Bouddha, accepter l’impermanence des choses est une étape fondamentale sur le chemin du nirvana.

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