180 œuvres d’art d’exception accumulées pendant plus de trente ans par Bernard Tapie seront dispersées aux enchères le 6 juillet à Paris et en live sur Interencheres. D’un paysage d’Hubert Robert à un rare lustre d’époque Régence, cette collection décorait l’Hôtel de Cavoye, la résidence parisienne de l’homme d’affaires et ancien ministre.
A la politique, au sport et aux affaires, une autre passion animait le quotidien de Bernard Tapie, décédé en octobre dernier. A l’ombre de sa résidence parisienne l’Hôtel de Cavoye, ex-propriété d’Hubert Givenchy, l’homme « aux mille vies » a constitué pendant plus de trente ans une collection d’œuvres d’art d’exception. C’est ce que révèle la vente aux enchères publique baptisée « La collection Bernard Tapie, une passion française » qui se tiendra le 6 juillet à Paris et en live sur Interencheres, dirigée par Nguyen-Hong, commissaire-priseur au sein de l’étude Artus Enchères, mandatée par le Tribunal de Commerce de Bobigny dans le cadre de la liquidation judiciaire prononcée à l’encontre de Bernard Tapie.
Une vente judiciaire de 180 œuvres d’art estimées jusqu’à 400 000 euros
La collection rassemble 180 biens accumulés dès 1986 par Bernard Tapie qui, à l’aube des années 1990, comptait parmi les plus grandes fortunes françaises. Elle révèle l’attrait prononcé de l’homme d’affaires pour les arts des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Un paysage pittoresque d’Hubert Robert (1733-1808), estimé entre 300 000 et 400 000 euros, y côtoie une commode à la grecque d’époque Louis XVI attribuée à Martin Carlin (1730-1785) (280 000 – 320 000 euros), un Triomphe de Neptune peint par l’artiste flamand Paul de Vos (1596-1678) (150 000 – 200 000 euros) ou un lustre d’époque Régence attribué à André-Charles Boulle (1642-1732) (130 000 – 150 000 euros). Des témoignages intimes, plus récents, s’inviteront également à la vente, à l’instar du bureau de direction de Bernard Tapie, alliant l’acajou et l’acier chromé, une création imaginée par Hans Von Klier (1934-2000) autour de 1970 (1 500 – 2 000 euros).
Si les lots les plus prestigieux affichent des estimations à plusieurs centaines de milliers d’euros, de nombreux objets d’art seront accessibles autour de 100 euros, à l’instar de fume-cigares en ambre que l’on imagine aisément à la main de l’ancien ministre. A noter que la vente sera précédée d’une exposition ouverte au public du 3 au 5 juillet à l’Atelier Richelieu, situé au 60 rue de Richelieu dans le deuxième arrondissement à Paris.
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : *IMPORTANTE PAIRE DE PORTE-TORCHÈRES
Italie, vers 1780
AMOURS DEBOUT SYMBOLISANT L’ÉTÉ ET L’AUTOMNE
SUR UN SOCLE À FRISE DE POSTES
Bois sculpté doré.
H. 186 cm Base. 43 cm x 43,5 cm
Éclats et manques à la dorure.
Pour l’une (l’été), accident au pompon de la guirlande de laurier.
Petites restaurations stuquées.
– Amour avec une gerbe de blé pour l’Été.
– Bacchus enfant, vêtu d’une peau de lion et coiffé
de grappes de raisin pour l’Automne.
Piètement en colonne cannelée avec une
guirlande de lauriers maintenue par trois forts
anneaux.
La base est à frise de cannelures, de godrons et
de rainures.
Sur le socle où se trouve l’amour sont sculptés,
pour l’une une faucille et une paire de ciseaux,
pour l’autre.
Ces deux importantes sculptures devaient être à
l’origine au nombre de quatre. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : PAIRE D’ÉTROITS LITS DE JOUR
NOMMÉS AU XVIIIE SIÈCLE
« BANQUETTES OTTOMANES »
Travail du Faubourg à Paris, fin d’époque
Louis XVI, vers 1790.
Hêtre mouluré et sculpté, laqué gris et bleu.
H. 76 cm L. 162 cm P. 53 cm
Tissu ruiné.
Il s’agit d’un modèle de milieu. Ils reposent sur de courts pieds
fuselés et cannelés. La ceinture est recouverte de tissu à draperie.
Les quatre montants à balustre cannelé et dégagé supportent
une crosse.
Le très beau tissu de soie qui les recouvre est insolé et en très
mauvais état. Il reste cependant un guide du bon goût pour
reconstituer la parure.
Référence :
– Voir un modèle en « pommier » et en paire, du même modèle et de la même
époque, proposé à la vente par la Galerie de l’Astrée à Rouen.
Cette paire porte la marque du château de Compiègne. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : CHINE
Epoque KANGXI (1662 – 1722)
DEUX PETITS VASES BOUTEILLE
En porcelaine émaillée polychrome sur fond bleu poudré
à décor de médaillons polylobés à décor central de tiges de
fleurs. Montés en bronze doré.
Col probablement coupé, restaurations, état non garanti sous
la monture.
Anses en bronze doré recollées, traces de colle sur la porcelaine.
H. totale 23 cm. H. 15, 5 cm Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : *VASTE ET EXCEPTIONNELLE TABLE DE MILIEU AUX SIX ATLANTES
SUPPORTANT UN PLATEAU PLAQUÉ DE JASPE VERT
Travail vraisemblablement français, d’époque Empire
BOIS SCULPTÉ DORÉ ET JASPE VERT
H. 96 cm L. 233 cm P. 117 cm
Dim. du plateau : 223 x 111 cm
Restaurations sur la bordure du plateau et manque deux plaques de 13 cm et 5 cm.
Les six télamons debout se tournant le dos soutiennent une
terrasse immense sur leurs épaules, les mains posées sur les
hanches. Ils sont vêtus d’un morceau d’étoffe noué sur chaque
hanche ressemblant au périzonium. Ils portent à chaque poignet
un bracelet de force et esquivent un pas du pied droit comme
pour trouver l’équilibre.
Les atlantes sont pieds nus sur une margelle réunie par une
entretoise sinueuse bordée d’une frise de perles dans une
moulure. Entre chaque figure, un modillon à protomé de lion.
L’entablement bordé d’un cordage en bois finement sculpté est
à pan disposé en biais et décoré d’une frise de feuilles d’eau.
L’arête du plateau est ornée d’un fin ruban torsadé en laiton doré.
L’effet théâtral de ce meuble extraordinaire se trouve dans
le réalisme des atlantes et le traitement de l’entablement qui
semble une masse considérable.
La vogue du mobilier richement sculpté de piètements d’animaux
ou de personnages persiste à Rome au XVIIIe siècle. Ainsi, la Villa
Borghese accueillera dans ses galeries des tables immenses
richement sculptées de personnages lors de la modification
des aménagements dans les années 1770.
Parmi ce mobilier à la mode, il faut citer les deux tables de milieu
de la bibliothèque apostolique du Vatican soutenues par huit
hercules en bronze (Fig.1) d’après un dessin daté 1786/1787 de
Giuseppe Valadier (1762-1839).
La représentation des atlantes dans l’art et le mobilier français
est connue. (Le géant Atlas fut condamné à porter le monde sur
ses épaules, en l’occurrence sa nuque).
Leur utilisation n’est pas propre à l’art italien, malgré l’excellence
des Valadier à Rome et leurs chefs-d’oeuvre.
Le Louvre conserve la sculpture romaine en marbre des quatre
« satires en atlante », très proches de la table que nous
présentons (Fig. 2).
Cette oeuvre du IIe siècle après J.-C. faisait partie des collections
du cardinal Alessandro Albani (1692-1779) et fut rapportée en
France par confiscation napoléonienne en 1803. (Collection
du Musée du Louvre, n° d’inventaire MA 587, Département
des Antiquités grecques, étrusques et romaines, aile Denon,
salle 405).
Au XVIIIe siècle, Pierre Lartigue (1745-1826), ingénieur
hydrographe et excellent dessinateur (Il était ingénieur au
Dépôt général des cartes et plans de la Marine), dessina les
globes terrestre et céleste portés par un atlante qui furent
exécutés avec Louis Pierre Florimont Lennel (1740-1784) en
1777 et offerts le 6 juillet 1778 au roi Louis XVI. Ils seront placés
dans sa bibliothèque à Versailles où ils demeurent jusqu’en
1793. (Fig. 3)
Le concepteur de cette table extraordinaire a voulu lui conférer
une « origine romaine » par la présence de protomés de lions
sur le piètement.
Références :
– Les atlantes, modèle fréquemment représenté aux XVIIIe
et XIXe siècles, et formant le piètement de la console, sont à l’identique des trois atlantes
en bronze doré supportant la coupe de porphyre ornant la réplique
en miniature de la fontaine de la villa Albani à Rome dessinée par
Luigi Valadier (1726-1785) qui composait le premier surtout de table réalisé
pour Jacques-Laure Le Tonnelier (1723-1785), bailli de Breteuil, ambassadeur
des Chevaliers de Malte auprès du Saint-Siège à partir de 1758 et, à la cour
de France à partir de 1778. Il revendit ce surtout, aujourd’hui dispersé entre
Madrid et Saint-Pétersbourg, à Catherine II de Russie. La réplique de la
fontaine se trouve aujourd’hui parmi les éléments conservés au musée de
l’Hermitage.
– Les deux globes, céleste et terrestre, de Lartigue réalisés avec Lennel se
trouvaient dans les appartements du roi à Versailles (N° d’inventaire V 5261
et V 5080). Offerts à Louis XVI en 1778 et placés dans sa bibliothèque à
Versailles, exclus des ventes révolutionnaires, ils seront envoyés au ministère
de la Marine en 1796, à la demande de l’amiral de Rosily, directeur du Dépôt
des cartes de la Marine. (Fig 3)
– Quatre atlantes, supports de balcon au palais de Tyszkiewic à Varsovie,
(Pologne). Ils furent sculptés en 1787 par André Jean Le Brun (1737-1811),
premier sculpteur du roi Stanislas Auguste Poniatowski. Il travailla également
à Rome et reçu des commandes papales.
– Le décor du cordage entourant le plateau n’est pas sans rappeler la frise
des deux consoles dodécagonales se trouvant à la Galerie Borghese à Rome
(bronze, porphyre et bois doré).
– The collection of Pierre Durand, Christie’s New-York, vente du 27 janvier 2022,
candélabre à dix bras de lumière présentant le même atlante début XIXe
siècle.
(Fig 5)
– Collection François et Betty Catroux « Un écrin méditerranéen », vente
Sotheby’s-Paris du 24 février 2022 : Atlas portant une sphère ptolémaïque,
d’après un modèle de Pierre Lartigue (XXe
siècle), lot n° 6.
– Plateau du surtout de table conservé au Patrimonio Nacional, Palacio Real
de Madrid, vers 1778 présentant les têtes de lion à l’identique du piètement
de notre table.
Bibliographie :
– Sciences et curiosités à la cour de Versailles, ouvrage collectif dirigé par
Béatrix Saule et Catherine Arminjon , 2010, édition RMN, page 196.
– Valadier, Splendour in Eighteenth-century Rome, édité à l’occasion de
l’exposition (30 octobre 2019 -2 février 2020) à la Galerie Borghese, Officina
libraria, 2019, par Geraldine Leardi, responsable de l’édition et Anna Coliva,
commissaire de l’exposition : chapitre des dessins, page 90: reproduction
d’une étude représentant une pendule flanquée d’un atlante supportant
l’architecture du cadran, aquarelle sur papier, p.102, f.12 B. (Fig. 6)
– Luigi Valadier de Alvar González Palacios, the Frick Collection,
New-York / D. Giles limited, 2018 (Première monographie importante
publiée à l’occasion de l’exposition sur Valadier, du 31 octobre 2018
au 20 janvier 2019 à la Frick Collection, N.-Y.)
Nous remercions M. Xavier F. Salomon, conservateur en chef de la Frick
Collection, New-York, co- commissaire de l’exposition et auteur de de la préface
du livre « Luigi Valadier » pour son précieux avis sur notre table. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : COFFRET À BIJOUX ET SA PSYCHÉ
Travail de la fin du XIXe
siècle pour le marché russe.
Laiton, émail, verre, perles et turquoises.
Psyché : H. 49 cm L. 38,5 cm P. 18 cm
Coffret : H. 16 cm L. 25,5 cm P. 19 cm
Petits manques de perles et pierres.
Deux petits quinquets qui étaient montés et vissés
sur chacune des colonnettes de la psyché
sont manquants.
Manque la clé du coffret.
Ils sont en laiton finement ciselé, amatis peint, doré et décoré de rinceaux rehaussés d’émail à froid de
couleur crème. En semis sont ciselées des fleurs stylisées avec entourage de perles de cabochons de turquoise,
de cabochons de verre grenat et de demi fausses perles.
– Le coffret de forme coussin porte le chiffre H. A, gravé sous une couronne vicomtale.
– La psyché de forme ovale à miroir biseauté est à piètement arqué réuni par une entretoise.
L’ensemble en métal tourné à décor de turquoises et de pierres facettées violettes. Les deux montants
en partie basse présentent un pas de vis qui permettait de positionner un quinquet.
Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : * JOSEPH VERNET
(AVIGNON 1714 – PARIS 1789)
LE MATIN
Toile.
97 x 132 cm
Signé et daté en bas à gauche Joseph Vernet / 1753.
Provenance :
Collection Ralph Howard, Shelton Abbey, Irlande;
Vente Comte de Wicklow, Shelton Abbey, Arklow (Me
Allen, Townsend,
Clarke Delahunt), 16 octobre – 3 novembre 1950, n°1647 ;
Vente anonyme, Londres, Sotheby’s, 20 juin 1951, n°66, reproduit ;
Chez Cailleux, Paris ;
Vente anonyme, Paris, Drouot Montaigne (Mes Ader, Picard et Tajan),
22 novembre 1987, n°33, reproduit.
Bibliographie :
L. Lagrange, Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe
siècle, Paris, 1864, n° C. 129 ;
F. Ingersoll-Smouse, Joseph Vernet, Paris, 1926, vol. 1, sous le n°393-396 ;
Catalogue de l’exposition Le siècle de Louis XV : peinture française de 1710-1774,
Toledo, Chicago, Ottawa, 1975-1976, cité sous le n°111 (notice de Pierre
Rosenberg) ;
Catalogue de l’exposition Claude-Joseph Vernet, Kenwood, 1976, cité sous
le n°49 (notice de Philip Conisbee).
Notre tableau est un des premiers tableaux que Vernet peint à
son retour en France, à Marseille ou à Aix, en 1753.
Il fait partie d’une commande de cinq tableaux passée par
Ralph Howard (1726 – 1786) en 1752. En 1751, comme tout
noble britannique, il décide de faire le Grand Tour et part en
Italie où il visite d’abord Turin, Florence et Rome qu’il quitte
en 1752 avant de se rendre à Venise et à Milan. A son retour,
Ralph Howard devient un politicien irlandais. Il est élu en 1761
député du comté de Wicklow avant d’être nommé au Conseil
privé d’Irlande en mai 1770. Il devient baron Clonmore le
12 juillet 1776, ainsi que vicomte Wicklow en juin 1785.
Grand mécène auprès de peintres anglais principalement mais
aussi auprès de peintre italiens et étrangers installés à Rome, il
fait appel à James Russel comme intermédiaire pour suivre ses
commandes. Parmi les artistes qu’il sollicite, nous pouvons citer
Joshua Reynolds, Richard Wilson ou encore Pompeo Batoni
qui peint son portrait en 1752 (aujourd’hui conservé au J. B.
Speed Art Museum, Louisville, voir A. M. Clark, Pompeo Batoni,
Oxford, 1985, n°165, reproduit pl. 155). C’est à Rome qu’il
demande à Joseph Vernet une Vue de Tivoli ainsi que la série
des Quatre parties du jour : Le matin, Le soir (conservé au Toledo
Museum of Art), Le midi et La nuit (aujourd’hui disparus et qui
ne figuraient pas dans la vente de Shelton Abbey).
Joseph Vernet s’installe en Italie en 1734, il s’établit à Rome
et voyage régulièrement dans le pays, notamment à Naples
où il trouve l’inspiration pour ses nombreuses marines.
Son mariage avec Virginia Parker en 1745 lui permet, par
l’intermédiaire de son beau-père Mark Parker, de travailler
régulièrement pour une clientèle britannique présente en Italie
dans le cadre du Grand Tour. Vernet reste à Rome jusqu’en
1753 avant de rentrer en France pour commencer à travailler
sur la série des Vues des ports de France que lui commande
Louis XV. Cette série de quinze tableaux représente les ports de
Marseille, Bandol, Toulon, Antibes, Sète, Bordeaux, Bayonne, La
Rochelle, Rochefort et Dieppe. Il commence cette série par la
représentation du port de Marseille et profite de son séjour dans
le Sud de la France pour peindre la série des Quatre parties du
jour en avril 1753 d’après les documents conservés par le comte
de Wicklow (voir P. Conisbee, opus cite supra). Vernet est en
1753 au sommet de son talent et de sa célébrité, il est un peintre
obligé du Grand Tour et seule une commande formidable du
roi de France a pu lui faire quitter Rome.
On renverra pour finir au commentaire de Pierre
Rosenberg sur Le Soir du Toledo Museum of Art, pendant
de notre tableau, lorsqu’il fut exposé en 1976 à Ottawa :
« il est un de ces magniques exercices de pure imagination, sans
lien direct avec aucun site connu, à la Claude, où les reets du
soleil couchant sur la mer et dans les voilures des navires sont
rendus avec une justesse d’observation qui confond. Vernet joue
du contraste entre le premier plan avec les silhouettes des pêcheurs
à contre-jour et l’immense étendue d’une mer et d’un ciel qui se
mêlent comme chez les maîtres hollandais des siècles précédents ».
Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : ÉCOLE FRANCAISE VERS 1760,
ATELIER DE FRANÇOIS BOUCHER
LA POÉSIE ÉPIQUE
Toile.
92 x 139 cm
Erratum à la notice:
Reprise du tableau de François Boucher qui appartient à un ensemble de quatre Poésies qu’il réalisa pour le cabinet des Médailles de l’actuelle Bibliothèque Nationale et qui sont toujours visibles sur place : la Poésie épique, la Poésie satyrique, la Poésie lyrique et la Poésie pastorale, (voir A. Ananoff, François Boucher, Genève, 1976, n°201/1, reproduit fig. 630). Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : PAUL DE VOS
(HULST VERS 1596 – ANVERS 1678)
LE TRIOMPHE DE NEPTUNE
Toile.
204 x 343 cm
Signé en bas à gauche sur le rocher : P. De Vos Fecit.
Numéro en bas à gauche 99.
Sans cadre.
Provenance :
Collection Lazareff ;
Vente marquis d’Abzac, Paris, 29 janvier 1875, (Me Haro), n°33 (François Snyders ; acquis 2450 francs par M. Duberville) ;
Vente anonyme, Versailles, Chevau-Légers (Me Martin et Desbenoit), 28 février 1988, hors catalogue (Snyders).
Véritable ode à la mer, et allégorie des Flandres triomphantes, ce
tableau, de rare ambition de sujet et de taille, et probablement
peint pour une grande demeure anversoise, constitue
probablement le chef-d’oeuvre de l’artiste.
Paul de Vos est né comme son frère à Hulst en Zélande. Il est
de 1596, donc beaucoup plus jeune que Rubens né en 1577 ou
que Snyders né en 1579. Il est issu d’une famille d’artistes. Son
frère Cornelis est un célèbre portraitiste, presque aussi célèbre
que van Dyck, sa soeur Marguerite épouse Snyders en 1611.
Paul de Vos épousera la même année Isabella van Waerbeke
avec laquelle il aura dix enfants, Rubens sera le parrain de l’un
de leur fils, Pierre-Paul, né en 1626.
Sa carrière sera anversoise, ville où il est reçu maître de
l’Académie de Saint-Luc en 1620. Paul de Vos se spécialise dans
les représentations de chasse, d’animaux et de natures mortes.
Comme tous les peintres anversois de son époque il travaille
en collaboration, parfois avec Rubens, souvent avec Snyders
pour les commandes royales espagnoles, Jordaens, Wildens,
ou van Hoecke. Nous proposons de voir dans les deux figures
masculines de notre tableau la main d’Erasmus Quellinus. La
peinture de Paul de Vos est comparable à celle de Snyders avec
quelques légères variantes : coloris plus brillants et métalliques
et surtout cette manière de couper les motifs, personnages et
animaux, pour donner plus de dynamisme à sa composition.
Si l’origine de notre tableau peut être trouvée dans les différents
marchés aux poissons de Snyders, cette générosité dans la
description, cette puissance d’évocation (Anvers est le premier
port européen) ont pour matrice Rubens. On trouve certes
des correspondances avec les petits cuivres de van Kessel,
mais dans une taille aussi monumentale Jordaens et peut-être
Snyders ont peint vers 1640-1650 Les dons de la mer, toile,
269 x 377 cm, conservé à la Residenzgalerie de Salzburg (voir
R.A. d’Hulst, Jacob Jordaens, Anvers, 1982, reproduit p.196,
fig.167). Il est probable que Paul de Vos ait vu le tableau de
Jordaens : les deux tridents supportent des anguilles, les deux
phoques en bas à droite, mais surtout une disposition très
proche des grands poissons de mer. Le musée de Besançon
conserve une étude pour les deux phoques de droite (toile,
80 x 146 cm, voir catalogue de l’exposition Le siècle de Rubens,
Paris, Grand Palais, 1977-1978, n°211, reproduit).
Lazare Ekimovitch Lazareff (? 1797 – Bruxelles 1871) est
issu d’une importante et richissime famille russe d’origine
arménienne, célèbre pour son mécénat et ses oeuvres
philanthropiques ainsi que pour la Collection d’Art qu’elle
constitua à Saint Petersbourg au cours du XIXe siècle.
Son père Ekim Lazarevitch Lazareff, à l’origine de la dynastie,
fonda le célèbre Institut Lazareff de Moscou en 1815, spécialisé dans
l’étude des langues caucasiennes et centre culturel arménien.
Lazare Ekimovitch fit carrière dans l’armée jusqu’en 1830. Il
s’illustra notamment par le rôle qu’il joua dans la réimplantation
des Arméniens de Perse en Russie. Il fut l’ami de nombreux
artistes dont Pouchkine et Tourgueniev qu’il rencontra lors
d’un de ses nombreux séjours à Paris. A partir des années
1841, il multiplia les voyages entre Saint Petersbourg et Paris,
s’investisant à l’instar des autres membres de sa famille dans les
oeuvres caritatives. A Saint Petersbourg, il réussit à s’imposer
dans les cercles mondains.
Lazareff fut emprisonné puis expulsé de Paris en 1854 en raison
de ses sympathies légitimistes pour les Bourbon.
À sa mort, suivie deux mois plus tard de celle de son frère Christophe, la
branche masculine des Lazareff s’éteignit. Lazare Ekimovitch
Lazareff avait épousé en 1834 à Brzeg Dolny (Silésie), la
princesse Antoinette Biron de Courlande descendante de
Ernest Johan von Biron, favori de l’impératrice Anne de Russie.
Ils eurent trois filles dont l’aînée Dorothée (1835-1886)
épousa en 1858 le marquis Charles Venance d’Abzac de Mayac
(1822 – 1905). Issu d’une vieille famille du Périgord, ce dernier
avait également fait carrière dans l’armée, notamment comme
aide de camp du maréchal Mac Mahon. Héritier des tableaux
de son beau-père, le marquis d’Abzac mit en vente une partie
de la succession en 1875 à Paris.
Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : * HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
LES CASCATELLES DE TIVOLI
Toile.
241 x 217 cm
Depuis le XVIe
siècle, l’antique ville de Tivoli, dont le paysage
est un mélange de pittoresque naturel et de ruines, séduit
plusieurs générations d’artistes et de Collectionneurs, incarnant
pour beaucoup le paysage idéal. Située à une trentaine de
kilomètres de Rome, Tivoli bénéficie dès l’Antiquité d’un attrait
dû à l’exceptionnelle beauté de son site montagneux et de ses
cascades. Peu avant notre ère, Mécène, le protecteur des Arts, y
avait fait construire deux temples, dont celui de Vesta, maintes
fois représenté.
L’intérêt des peintres et des voyageurs atteint son paroxysme
dans la deuxième moitié du XVIIIe notamment avec la mode
pour l’Antique et les ruines. Tivoli devient un passage obligé
pour la plupart des artistes séjournant à Rome.
Joseph Vernet, considéré comme le meilleur paysagiste de sa
génération, peignit une quarantaine de vues de Tivoli, certaines
durant les vingt années qu’il passa en Italie. Les autres d’après
croquis, à son retour en France. A la génération suivante, nous
pouvons citer des artistes aussi différents que Jean-Pierre Houël,
François Boucher, Honoré Fragonard, Gaspar Vanvitelli ou
encore Giovanni Battista Piranèse….
Tivoli ne pouvait que séduire Hubert Robert, comme en
témoignent les nombreuses toiles qu’il a peintes au cours de
sa carrière. Il visita le site à plusieurs reprises à l’occasion de
son séjour à Rome entre 1754 et 1765.
En 1769, trois ans après sa réception en tant que peintre
d’architecture à l’Académie royale de peinture et de sculpture,
Hubert Robert expose au Salon la première représentation
des Cascatelles de Tivoli (Pau, musée des Beaux-Arts ; voir le
catalogue de l’exposition Hubert Robert, un peintre visionnaire,
Paris, musée du Louvre, 2016, n°38, reproduit). Notre tableau
adopte un point de vue légèrement différent.
L’échelonnement des plans du sujet magnifie la population
des campagnes romaines, puis la cascade et les ruines des
monuments antiques de part et d’autre (le temple de Vesta et
la villa de Mécène). Ce choix de composition et la variété des
éléments naturels dépeints, offrent de multiples changements de
tonalités chromatiques. Ce procédé est d’autant plus ambitieux
que Hubert Robert réalise plusieurs variations de vues de Tivoli,
qu’il expose au Salon de 1769, 1771, 1773 et 1777. Lorsqu’il
ne change pas le cadrage, il varie les motifs, par exemple le
temple de Vesta peut être montré selon plusieurs côtés, avec
ou sans l’église avoisinante, tandis que les figures et animaux
sont modifiables.
Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : D’APRÈS UN DESSIN DE JAN PIETER VAN BAURSCHEIT
(1669-1728)
QUATRE SCULPTURES : ALLÉGORIES DES SAISONS
SOUS LES TRAITS D’UN ENFANT
Sur un modèle en terre cuite par Jan Pieter van Baurscheit
belles fontes du XIXe siècle, bronze à patine brune nuancée
H. de 81 à 86 cm L. 23,5 cm P. hors tout. 23 cm
– Printemps : gerbe de fleurs
– Hiver : torche enflammée
– Été : simplement drapé
– Automne : pampres et raisins
Références :
– Vente Sotheby’s, Monaco, du 26 novembre 1979 : – Suite de quatre sculptures exactement
au modèle mais en terre cuite a été vendue à Drouot et parue dans la Gazette n° 9
du 12 mars 2018 (Deux sont photographiées), vendue 41 250 €.
– Suite des quatre saisons de Jan Pieter van Baurscheit l’Ancien, vers 1700, terre cuite,
H. de 83 à 88 cm, Galerie Lowet de Wotrenge à Anvers, vente en 2019
au salon TEFAF (e European Fine Art Foundation) de Maastricht. (Fig. 2)
– Musée d’Anvers, Jan Pieter Baurscheit l’Ancien (1695-1728),
Dessin pour quatre statues de putto, Anvers, Musée Plantin Moretus. (Fig. 1)
– Artcurial, vente du 10 juin 2021, lot n° 315, attribuées à Jan Pieter III
van Baurscheit le Jeune. Allégories des quatre Saisons, suite de quatre
figures en terre cuite. H : 33 cm pour 3 et 32 cm pour la plus petite.
L’atelier de sculpture (installé à Anvers) de Jan Pieter I Van Baurscheit (dit l’Ancien) dans la première moitié du XVIIIe
siècle est l’un des plus importants des Pays-Bas. Jan-Pieter II dit le Jeune (1699-1768) collabora avec lui et succède à son père à sa mort. Si l’on doit au père le modèle des statues allégoriques ou mythologiques sous les traits d’enfants, Jan Pieter van Baurscheit le Jeune contribua au développement de la production de putti allégoriques (représentant les Saisons, les Sens, ou les Éléments) ou mythologiques, seuls ou en groupe de deux ou quatre, et déclinés en marbre, ou en terre cuite, de petite ou de grande taille. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : MODÈLE ATTRIBUÉ À L’ATELIER DE JEAN-JOSEPH DE SAINT-GERMAIN (1719-1791)
IMPORTANTE PENDULE À COMPLICATIONS
ET À MUSIQUE DITE « AU COUPLE DE MUSICIENS »
France vers 1750.
Bronze ciselé et doré.
H. 81,5 cm L. hors tout. 55 cm Prof. 32 cm
Manque le balancier. Triple timbre. Mécanisme à restaurer.
Sous la porte du cadran et sur fond de rocaille, un couple de
musiciens joue du violon pour l’homme et de la flûte traversière
pour la femme. Ils jouent en suivant une partition placée sur
une rocaille entre eux. Sur l’amortissement, une jeune fille est
assise sur un tertre rocailleux et de chaque côté du cadran
se trouve en buste un amour tenant une baguette et semble
battre la mesure.
Ces deux amours se retrouvent sur une grande pendule de
l’atelier Saint-Germain mais avec une signature apocryphe,
vendue chez Artcurial le 20 mai 2019, vente n° 3872, lot n° 33.
Aucun nom ne se trouve sur le cadran ou le mécanisme.
Le cadran cintré indique les complications de ce mouvement :
le quantième (guichet sur le cadran) sous le XII a disparu,
comme la sonnerie des quarts.
Les deux petits disques de chaque côté du croissant avec une
aiguille en métal commandent le silence ou la marche de la
sonnerie des heures et de la boîte à musique. L’inscription est
succincte et en français : « Sonner – Pas sonner ». En partie
haute, les signes du zodiaque, et au-dessus du cadran, les phases
de la lune.
Le mécanisme actuel semble avoir été rapporté. La platine à
gravure de rinceaux est de la même époque mais pas d’origine.
Références :
– Pendule musicale Louis XV attribuée à Jean-Joseph de Saint-Germain, vente
Christie’s du 14 octobre 2015, lot n°98.
– Pendule musicale par Saint-Germain, vente Christie’s du 15 décembre 2005,
lot n°187 (Fig. 1). Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : ATTRIBUÉS À FRANÇOIS RÉMOND (VERS 1747-1812)
PAIRE DE CANDÉLABRES
Fin d’époque Louis XVI, vers 1790.
Bronze à patine noire, bronze doré et colonne tronquée en
porphyre.
Flore : H. 43,5 cm et 44, 5 cm
Socle en porphyre : H. 12 cm – Ø. 15 cm
Base. 19 cm x 19,5 cm H. totale : 99 cm pour l’un et 103 cm
pour l’autre.
Pour l’un, un brin d’une fleur et deux boutons sont cassés à
la base. Quatre petits manques de fleurs ou feuillages. Pour
l’autre, une feuille ressoudée. Manque deux fleurs.
Flore drapée à l’antique porte une corne d’abondance d’où
s’échappe un bouquet de fleurs avec quatre binets. Ce modèle
classique, souvent repris est attribuable à Rémond pour la
qualité remarquable de la ciselure. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : * ATTRIBUÉE À MARTIN CARLIN (1730-1785)
Maître à Paris en 1766
RARE COMMODE À LA GRECQUE
DITE « COMMODE DE BUFFON »
Époque Louis XVI, vers 1766.
Marqueterie en bois de rose et amarante, marbre bleu turquin.
H. 98 cm L. 134 cm P. 64 cm
Avec une clé.
Cette importante commode provient du château de Montbard (Côte-d’Or) propriété de Georges-Louis Leclerc,
comte de Buffon (1707-1788), Intendant du Jardin du Roi le 26 juillet 1739. Buffon entreprend des travaux importants
entre 1733 et 1742 dans son château et vit sur place de 1749 à 1788. Il deviendra le premier comte de Buffon en 1774. Il semblerait que cette commode soit arrivée au château entre 1766 et 1770. Elle restera dans la propriété de Montbard
jusqu’à la mort de l’Intendant. Le père du naturaliste du roi, épouse à 50 ans une demoiselle Nadault de 28 ans sa cadette au grand dam de son fils. Lui-même se marie en 1752 à 45 ans à Marie Françoise de Saint-Belin Malain, jeune femme de 20 ans arrachée au Couvent des Ursulines, dirigé par Jeanne Leclerc de Buffon. Ce sera Henri Nadault de Buffon, arrière petit-neveu du naturaliste qui héritera de la propriété. En 1870, la ville de Montbard rachètera le château à l’abandon.
– Première cession: Du 5 au 10 mars 1890, à la mort de Henri Nadault
de Buffon, le mobilier du château est dispersé. La commode sera vendue sous
le N° 578 par la Galerie Georges Petit et acquise par le baron Seillière.
– Deuxième cession : Dispersion de l’importante Collection de feu Mr. le
Baron Seillière au château de Mello, Galerie Georges Petit, le jeudi 9 mars
1911 (Expert M. Mannheim) sous le n° 87 du catalogue, p 38. Dim H. 97 cm
L. 135 cm) Mention sur le catalogue : « Provient de la vente du château de
Montbard et aurait appartenu à Buffon » La commode a trouvé preneur pour
91 000 F ( env. 370 000 € de 2022) acquise par « Esmond ».
Une précision concernant le marbre se trouve dans le catalogue : « Tablette en
marbre bleu turquin », c’est bien celui qui la couvre aujourd’hui.
– Enfin, ce meuble d’exception qui a fait partie de deux collections importantes,
arrive chez Bernard Steinitz.
Bernard Tapie l’achètera à l’antiquaire parmi ses premiers achats pour son
hôtel à Paris.
La commode dit de « Buffon » ne porte pas d’estampille. Ce n’est pas le seul
meuble d’exception sans marque ou estampille.
Ce modèle à ressaut, à cinq tiroirs et deux portes est en marqueterie à fond
quadrillé enserrant des quatrefeuilles sur les côtés et le ressaut de la façade.
Les petits panneaux de chaque côté des poignées sont au modèle d’entrelacs
avec quartefeuilles. Les entourages des panneaux, la ceinture base et
la ceinture haute sont en bois de rose. Seule la ceinture basse et les pieds sont
bordés d’un filet d’amarante.
Le décor de bronzes est somptueux :
– La ceinture, est encadrée d’une remarquable frise de postes.
– Sur les quatre montants, une chute à décor de piastres.
– Les sabots à acanthe, terminés par une patte de lion se prolongeant par une
plaque en losange inversé en dorure lustré et centre amati.
– Le bronze de tablier est en masque d’indien avec acanthes.
– Les mains tirantes en drapé au naturel.
– Sur les côtés, à nouveau un tablier à décor de rinceaux ajourés.
– Chaque panneau, trois en façade et un sur chaque côté sont à encadrement
d’une moulure.
Enfin, le dessus de marbre bleu turquin, à redent d’origine.
Bibliographie et Références :
Cette commode fait partie des quatre modèles » à la grecque » connus dont
la façade est divisée en trois panneaux surmontés d’une frise, les poignées en
draperie et le bronze du tablier à tête d’indien :
– Collection Luigi Anton Laura, vente Sotheby’s et Poulain-le Fur, juin 2001,
pages 88 et 89, lot N° 52 : « Importante commode d’époque Transition attribuée
à Carlin vers 1765 ». H. 89 cm L. 147 cm. P. 58 cm, estimée 535 000 / 760 000 €.
– Celle figurant dans l’ouvrage de Pierre Kjellberg, « Le Mobilier Français
du XVIIIe
siècle », éditons de l’amateur, page 163 (Photographie couleur).
– Celle de la Collection de Madame Riahi, vente Ader, Picard, Tajan,
Hôtel George V, le 23 juin 1988, lot N° 21. H. 89 cm L. 143 cm P. 61 cm.
Enfin, ce meuble, dans un état superbe, a été le premier achat d’importance
pour constituer sa collection par Bernard Tapie. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : ATTRIBUÉ À MATHIEU BÉFORT DIT BÉFORT JEUNE (1813-1880)
BAS D’ARMOIRE AUX ATTRIBUTS DE LA SCIENCE ET DES ARTS
Exceptionnel travail à la façon d’André-Charles Boulle, vers 1850.
En placage d’ébène incrusté de filets de laiton et riche ornementation
de bronzes ciselés, dorés et à patine brune.
H. 122 cm L. 141 cm P. 41 cm
État remarquable.
Ce bas d’armoire ouvre à trois vantaux, celui du milieu
commandé par une clé est orné d’un vaste médaillon ovale en
bronze à patine brune, représentant Flore réalisant un bouquet
de fleurs.
Les vantaux latéraux en léger retrait ouvrent par poussoir caché.
Ils sont ornés, suspendus à un noeud de ruban, des attributs de
la Science à gauche et ceux des Beaux-Arts à droite.
La ceinture haute présente une belle frise d’acanthes à doucine
sous une frise d’oves. Le dessus en plateau de marbre est vert
antique.
Les côtés sont ornés d’un masque à tête d’homme et pattes
de lion.
Mathieu Béfort était fils et frère d’ébénistes parisiens du
XIXe siècle spécialisés dans la réalisation de meubles de style
Boulle avec riche décor de bronzes. Il était établi rue NeuveSaint-Gilles de 1844 à 1866. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : * ATTRIBUÉ À PHILIPPE-CLAUDE MONTIGNY (1734-1800)
Reçu maître en 1766
EXCEPTIONNEL SECRÉTAIRE EN ARMOIRE
Orné de panneaux de laque nanban. Japon, XVIe siècle.
Époque Louis XVI, vers 1780-1785.
Laque, nacre, étain et laque européenne.
Dessus de marbre noir.
H. 162 cm L. 88 cm P. 44 cm
État de conservation remarquable.
Quelques manques.
Bronzes d’entrée de serrure à double cercle en façade rapportés.
La façade ouvre à un grand abattant presque carré,
sous un étroit tiroir et en partie basse, un surprenant
vantail très large. Chaque ouvrant est encadré d’une
moulure en bronze ciselé et doré. Seuls l’abattant et le
vantail sont entourés d’une incrustation de nacre en
frise en dents de scie. Les montants plats en ébène sont
incrustés d’une baguette à culots en étain. Les pieds
courts sont en toupie à collerette d’oves et acanthes et
un culot de feuillages en embout.
Le décor NANBAN ou Namban ( ) est fait de
panneaux provenant de coffres, paravents et parfois de
cabinets de l’époque Azuchi-Momoyama (1573-1603).
Dès le XVIe siècle, l’Europe importait des meubles qui
furent à la mode durant le XVIIe siècle.
Richelieu et Mazarin possédaient plusieurs coffres et cabinets
« Namban ». Le décor de ces laques était à fond très
sombre voire noir (Urushi) avec un décor poudré d’or
(Maki-e). Branchages fleuris, souches, tertre et quelques
animaux, surtout des oiseaux. Ce décor était animé par
l’emploi de nacres (raden).
Le terme « Nanban » désigne « les barbares du sud »,
c’est-à-dire les Portugais arrivés au Japon vers 1543.
Ils réaliseront des travaux d’artisanat dont les fameuses
laques. (Voir à ce sujet la vente Tajan du 29 novembre
2016, lot n° 147 : cabinet Nanban fin du XVIe siècle
H. 116 cm L. 85 cm P. 55 cm)
LE DÉCOR NANBAN DE NOTRE SECRÉTAIRE :
L’abattant : Sur trois tertres en monticule est planté un arbre décharné avec de longs branchages et fruits dorés avec des nacres.
Deux oiseaux volant dans les angles supérieurs et des papillons et insectes.
Le vantail du bas : étonnant format pour un vantail qui remplace ici les deux vantaux habituels. L’ébéniste n’a pas osé partager en deux ce beau panneau d’une seule pièce. Trois tertres en monticule reliés par une barrière. Deux cervidés galopent vers une pagode. Un oiseau dans les angles.
Le tiroir du haut : étrangement étroit, le maître ébéniste a utilisé un bandeau qui exigera cette dimension.
Deux branchages de fleurs avec incrustations de nacre.
Les côtés : deux grands panneaux à décor d’un tertre rocailleux avec un vieil arbre à riche branchage fleuri. Celui du bas est une laque française à la façon du Japon sans incrustation de nacre.
Les rares meubles connus utilisant ce type de décor, présentent certains panneaux de côté ou de l’arrière en laque européenne en complément. Le panneau du milieu est un chef-d’oeuvre avec riche décor de nacres et deux oiseaux en partie haute en laque Nanban.
L’intérieur est remarquablement agencé et décoré :
le caisson est une féérie japonaise. Un tel décor est
extrêmement rare car au XVIIIe
siècle, ce type de
secrétaire devait rester fermé pour cacher le désordre
et les correspondances en cours.
Le haut du caisson est entièrement décoré en laque
du Japon du XVIIIe.
Superbe décor de pagodes dans
un paysage or sur fond noir.
Les huit tiroirs du bas du caisson sont traités en
laque européenne à la façon Nanban. Aucun ne
ferme à clef et celui du milieu est de forme carrée.
L’abattant est décoré en laque sur l’entourage
du maroquin. Il ferme par une forte serrure à
trois pênes.
Le vantail du bas : il ouvre sur un caisson libre et
un tiroir à l’anglaise fermant à clef. La façade du
tiroir est à paysage avec pagode en laque du XVIIIe
et le fond est décoré sur toutes ses faces de laques
or à fond noir représentant des branchages fleuris.
L’intérieur des layettes du caisson, du tiroir à
l’anglaise et de celui de la ceinture haute sont laqués
rouge vif à l’intérieur.
Dessus de marbre de l’époque, noir profond de
Belgique à moulure.
Références :
Les très rares meubles français du XVIII
e
recouverts de laques Nanban du XVI
e
siècle
sont répertoriés et atteignent toujours des prix
très élevés. Peu d’ébénistes à Paris se sont risqués
à recouvrir leurs meubles de ces laques. Il fallait
surmonter les difficultés techniques que pose
la fragilité extrême des éléments démontés sur
des paravents, coffre ou cabinets du XVI
e
.
Nous connaissons actuellement trois meubles
parisiens ornés de laque Nanban, trois chefsd’oeuvre :
– Le secrétaire à cylindre de la Collection Luigi
Anton Laura, vente Sotheby’s/Poulain-Le Fur,
à Paris le 27 juin 2001, pages 145,146 et 147 du
catalogue, lot n° 79 (estimé 91 000 / 120 000 €).
Ancienne Collection du comte de Saussine du
Pont de Gault (1859-1914).
– Le secrétaire à abattant attribué à Montigny
vers 1750/1755, appartenant en 1988 à Monsieur
Didier Aaron. Voir l’ouvrage « La folie d’Artois »,
édité en 1988 par Antiquaires à Paris, collectif
avec Daniel Alcouffe, page 177.
– La table à la Bourgogne, estampillée R. Dubois
(1737-1799, maître en 1755) réalisée vers 1760.
Ancienne Collection Jack et Belle Linsky se
trouvant au Metropolitan Museum of Art de New
York, Galerie 539. N° d’inventaire : 1982.60.60. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : IMPORTANT FAUTEUIL À LA REINE
Travail parisien, vers 1730/1740.
Bois de hêtre richement sculpté et doré.
H. 104 cm L. 77 cm P. 62 cm
Sur la ceinture arrière et sur 25 cm, un champ de clous refait. Quatre équerres en bois de sapin vissées. Bouts de pieds diminués.
Avec un silencieux pour équilibrer le siège. Nombreux éclats de dorure sur l’ensemble du siège. Dorure du dos d’origine.
Usures au coussin du fauteuil.
Décor à la grenade et acanthes aux épaulements, liserés
fleuris sur les accotoirs, et les supports d’accotoir sont reculés
et en coup de fouet. Quatre pieds cambrés à enroulement de
feuillages et palmettes au niveau de la ceinture.
Garniture de brocart « à la dentelle », style Régence, fond satin
de cuivre, décor or d’une fleur épanouie dans des rubans de
dentelle, assortie au canapé à triple évolution (Lot n°38) et au
tabouret Louis XIV (Lot n°37).
Nous remercions M. de Villelume, expert en tissus, pour son avis. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : ~ * CHEF-D’OEUVRE DE MARQUETERIE ET DE BRONZIER
EXCEPTIONNEL BUREAU EN MARQUETERIE BOULLE
SUR LES MODÈLES CONSERVÉS
À LA WALLACE COLLECTION ET À VERSAILLES
Marqueterie Boulle en contrepartie et très riche décor
de bronzes ciselés et dorés.
Vers 1840.
H. 77,5 cm L. 140,5 cm l. 71 cm
État de conservation superbe. Il possède sa clef.
Il repose sur quatre pieds en jarret de biche en bronze, terminé par un enroulement d’acanthe. Les montants sont recouverts aux angles d’une tête de faune encorné sous une palmette. La ceinture galbée à décrochements ouvre à cinq tiroirs. Celui du centre est en retrait, encadré par un étroit tiroir plat au-dessus d’un tiroir en forme de cul de lampe. Les côtés, plus larges par rapport au bureau de la Wallace sont ornés d’un superbe panneau Boulle figurant un jardin luxuriant avec deux personnages.
Le bas de ces élégants panneaux est orné d’une tête de lion entre
deux crosses d’acanthe. Le plateau débordant est à lingotière de
bronze doré. Le fond en écaille brune avec quelques papillons
en nacre représente une fontaine de jardin en nacre entourée
de nombreux personnages se reposant d’une chasse, à côté de
leurs chiens et des arcs et carquois gisant au sol. Une jeune
femme nue pénètre dans l’eau de la fontaine sous les traits de
Diane accompagnée de ses suivantes. La scène se déroule sous
une draperie repliée sur les branches de deux arbres. Le sujet
s’étend sur la totalité du plateau avec une précision remarquable.
Références :
– Modèle conservé à la Wallace Collection, vers 1715 (Fig. 1)
Dim : 78.2 x 128.3 x 70 cm, n° d’inventaire F 58, dessus marqueté.
– Bureau plat conservé à Versailles, vers 1730-1735 (Fig. 2)
Dim : H. 78,2 L. 141 Pr. 71 cm, n° d’inventaire : V 4794, Aile Nord, salles XVIIe,
1er étage. Dessus tendu d’un maroquin.
Remarque :
~ Ce meuble est un spécimen orné de placage d’écailles de tortue.
Il est conforme au règlement CE 338/97 Article 2 du 9 décembre 1996.
Avant d’enchérir, il appartient à chaque acquéreur étranger de s’assurer du
respect des exigences de toute loi/réglementation s’appliquant en matière
d’importation dans son pays. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : PIERRE BERNARD (1730-1788),
Maître à Paris en 1766
ENSEMBLE DE QUATRE CHAISES ET CINQ FAUTEUILS
Époque Louis XVI.
Hêtre sculpté et doré.
Estampille circulaire de Pierre Bernard.
Fauteuils : H. 94 cm L. 63,5 cm P. 56 cm – Chaises : H. 91 cm L. 46 cm P. 44 cm
Fauteuils : le sommet d’un pied avant droit, recollé. Petit choc au sommet d’un dossier.
Ancienne réparation sur le pied avant droit pour un autre fauteuil. Usures et éclats de
dorure sur l’ensemble. Galon à refixer sur l’assise de deux fauteuils.
Ce beau modèle à la reine est à dossier en raquette. Il repose sur des pieds fuselés,
cannelés et rudentés, ceux arrières sont disposés en biais. La ceinture est arrondie sur
le devant et en cintre vers le dossier. Elle est ornée d’une frise de canaux à rudente.
Les dossiers plats sont à frise d’un ruban torsadé qui se poursuit sur les accotoirs et
jusqu’aux longues manchettes pour les fauteuils. Les accotoirs en console reposent sur
un dé cannelé et sont sculptés d’une acanthe.
L’ensemble est magnifiquement recouvert
d’une soierie, lampas dans le style du XVIIIe siècle, à fond damassé jaune, décor broché
d’une branche noueuse avec fleurs, fruits des Indes et papillons.
Nous remercions M. de Villelume, expert en tissus, pour son avis. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : * ATTRIBUÉE À ADAM WEISWEILER (1744-1820)
Reçu maître en 1778
EXCEPTIONNELLE ET IMPORTANTE CONSOLE DE SALON, À DEUX PLATEAUX
Vers 1785-1789.
Acajou, citronnier et plaques de porcelaine Wedgwood.
H. 94 cm L. 213 cm P. 60 cm
Très bon état de conservation. Sur la galerie de bronze, trois petits manques de balustres découpés,
un en partie haute et deux en partie basse.
Elle repose sur quatre pieds en toupie, ornés de canaux simulés
par des incrustations de citronnier. Les quatre montants sont
cannelés à fond de laiton doré, bagués de bronze. Les deux
plateaux sont plaqués de citronnier avec, en leur milieu, une
vaste mosaïque de « losanges à pois ». La ceinture cachant
trois tiroirs ouvrant à clic, est ornée d’une frise de rinceaux
d’acanthe en bronze, séparée par quatre petits médaillons de
porcelaine en pâte tendre. Sur le tiroir central, en léger ressaut,
une plaque rectangulaire en porcelaine de même dans un
encadrement d’acajou. Trois miroirs séparés par un montant
en bois de citronnier, ferment le fond. Le plateau supérieur est
bordé d’une galerie de laiton doré, sur les quatre côtés, et celui
du bas, sur trois côtés.
Adam Weisweiler, d’origine allemande, arrive en France en 1774. Il meurt le 15 juin 1820. Son activité s’arrête en 1809 après le décès de son épouse. Weisweiler travaillera avec les marchands merciers qui possèdent une clientèle très fortunée et avec celle de la cour. C’est l’un des plus réputés, Dominique Daguerre, qui sera son « courtier ».
Ce dernier signera un accord commercial avec Josiah Wedgwood, du nom de la manufacture produisant ces fameuses porcelaines.
Notre plaque rectangulaire se retrouve dans le N° 238 de la classe n° 2 du catalogue sous le titre : l’offrande à la paix », conçue en 1777.
Dominique Daguerre sera le seul distributeur de ces éléments décoratifs pour la France. Un peu plus tard, Weisweiler utilisera pour décorer certains de ses meubles, des plaques réalisées par Sèvres en copie de celles de Wedgwood.
Riesener aurait-il acheté cette petite table à Weisweiler pour la revendre au
garde-meuble ? s’interroge Pierre Verlet, ce qui rend possible le travail des
deux ébénistes sur notre console, comme le prouvent quelques meubles
portant les deux estampilles.
Le caractère exceptionnel de cette console réside en trois points :
1. La réalisation des plateaux en placage et marqueterie avec une galerie
fermée ne permet pas de l’utiliser en desserte, ni en console de vestibule. Elle
est donc destinée à un salon.
2. La largeur de 2m13 en fait la table console la plus large, réalisée par
Weisweiler. Celle présentée au musée Nissim de Camondo est plus petite
de 23 cm. (Voir « Le mobilier du Musée Nissim de Camondo »
de Sylvie Legrand-Rossi, éditions Faton, 2012, page 130)
3. De chaque côté de la mosaïque, se trouve un losange à pois qui ressemble
étrangement aux jetons de jeu du XVIIIe siècle, en os ou en nacre.
Cette console n’était-elle pas prévue pour un salon de jeux, où l’on posait
les bourses à jetons et, dans les tiroirs à clic, certains jeux ?
Bibliographie :
– « Weisweiler » par Patricia Lemonnier, préface Maurice Ségoura,
éditions d’art Monelle Hayot -Vilo, 1983. L’ouvrage propose en fin
de testes, le catalogue qui répertorie 232 meubles. L’auteur précise
« qu’un peu plus de la moitié de ces meubles sont estampillé » puis
« Il convient de faire remarquer que ce catalogue représente une assez
faible partie de la production de Weisweiler puisque en trente et un
ans d’activité, il est impossible qu’il n’ait exécuté que 230 meubles »
« En ce qui concerne ses meubles Louis XVI, nous n’avons qu’un
échantillonnage de la production de cet atelier ».
La mosaïque de losanges à pois : Ce meuble présente le fameux décor de marqueterie créé par Jean-Henri Riesener (1734-1806) reçu maître en 1768. Il est à fond de citronnier et amarante avec filets noir et blanc avec des « pois », c’est à dire des points. Cette mosaïque de losanges se retrouve sur un grand nombre de meubles de Riesener.
Pierre Verlet, dans son ouvrage « Le mobilier royal français », chapitre 22, page 114 indique que ce décor de mosaïque se retrouve à l’identique sur deux meubles estampillés de Weisweiler : une table à trois plateaux qui appartient à l’impératrice Joséphine et qui se trouve aujourd’hui dans la Collection Wallace (n° d’inventaire F325 ), et une table à écrire de laque qui se trouvait dans le même cabinet.
Les marchands merciers, Poirier et Daguerre, se font une spécialité
des meubles ornés de plaques de porcelaine. Ils feront travailler dans
ce sens plusieurs ébénistes.
Notre table-console présente cinq plaques de porcelaine à pâte tendre
de Wedgwood, bleu et blanc. L’une circulaire, sur le milieu des tiroirs
ouvrant sur les arrondis, et deux en ovale sur le sommet des deux
pieds avant. Deux d’entre-elles portent la mention « Quam saepe
optatis libertas » (Combien de fois souhaitez-vous la liberté). La plaque
rectangulaire au centre du tiroir en façade, représente l’offrande à la
paix dans le goût de l’antique.
Il s’agit d’un modèle d’après un dessin de Lady Elisabeth Templetown
(1747-1823) daté de décembre 1777. Cette plaque se retrouve sur
plusieurs créations de Weisweiler.
Modèles de référence :
– Petite console, page 871 de l’ouvrage de Pierre Kjellsberg, « Le Mobilier
Français du XVIIIe
siècle », éditions de l’Amateur, Paris, 2002.
– Bonheur du jour, page 155 de l’ouvrage de Guillaume Janneau, « Le meuble
français d’ébénisterie », éditons Jacques Fréal, 1974
– Console en acajou, succession Ledoux-Lebard, vente Artcurial du 20 juin
2006, lot n° 129.
– Petit secrétaire à cylindre, placage d’acajou avec cinq plaques de Sèvres,
illustré page 291 dans l’ouvrage : « Les ébénistes du XVIIIe
siècle français »,
Hachette, 1963.
– Secrétaire en cabinet acquis en 1784 à Dominique Daguerre, vente
Sotheby’s, Londres le 24 novembre 1988, lot n° 33.
– Petit guéridon en placage de thuya, vendu chez Million le 3 décembre 2001,
lot n° 300. Ce meuble sera trouvé dans l’inventaire après décès de Daguerre.
– Console en acajou, reproduite page 118 dans l’ouvrage consacré à Weisweiler
par Patricia Lemonnier, préface Maurice Ségoura, éditions Monelle Hayot,
1983
– Vente Marc-Arthur Kohn, Monaco du 28 juillet 2011, lot 76, console de
162,5 cm de longueur, mais sans fond de miroirs.
– Vente du 26 juin 2001 chez Piasa, lot n°67, N.V. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : LOT 54A
* LÉONARD BOUDIN (1735-1807)
Reçu maître à Paris en 1761 et marchand
IMPORTANTE COMMODE GALBÉE EN LAQUE
DE LA CHINE À DEUX TIROIRS SANS TRAVERSE
Époque Louis XV, vers 1765.
H. 88 cm L. 147 cm P. 60 cm
Il manque l’entrée de serrure sur le tiroir du bas.
Deux clés.
Marbre restauré sur 20 cm x 4,5 cm.
Ce beau meuble porte l’estampille de L. Boudin comme marque
de commerce plus que d’ébéniste.
Décor de la façade or sur fond noir, d’un paysage avec six sites
épars, au tertre avec arbres et arbustes, pagode, petit pont et
personnages circulant dont un palanquin porté par deux hommes.
Ce vaste décor en parfait état est entouré d’un superbe ensemble
de bronzes ciselés et dorés (rinceaux, feuillages et cuirs).
Quatre poignées sont en place, à attaches d’un branchage au naturel.
Les chutes sont à rocailles superbement ciselées.
Les sabots sont courts.
Les côtés galbés sont à entourage de bronzes. Sur le
côté droit, le décor de laque représente un paysage
avec plusieurs pagodes dont une en hauteur sur des
rochers. Le côté gauche présente une rocaille avec
arbustes et souches.
Le plateau de marbre à triple mouluration est un
Campan grand mélange. Par mesure d’économie,
il arrivait d’utiliser ce marbre rare et très coûteux
en placage et en entourage d’une dalle de pierre.
Ce marbre de l’époque de la commode est
exactement le même que celui de la commode de
Louis Moreau (Lot 54B).
L’estampille de L. BOUDIN est répétée deux fois sur
le montant arrière gauche avec poinçon de jurande.
Provenance :
Ancienne Collection de la princesse Dorothée de Fürstenberg
(1862-1948) dont la commode porte encore l’étiquette :
« Eigentum der Fürstin Dorothée Zur Fürstenberg » :
propriété de la princesse Dorothée de Fürstenberg.
Dorothée de Talleyrand-Périgord, née en 1862 dans le château
de Valençay épousa en première noce Charles Egon IV
de Fürstenberg en 1881.
VENDUE AVEC FACULTE DE REUNION AVEC LE LOT SUIVANT 54B Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : COFFRET DE VOYAGE À DESSUS PLAT EN MAROQUIN ROUGE DORÉ,
AUX PETITS FERS AUX ARMES DE MADAME ADELAIDE (1732-1800),
FILLE DE LOUIS XV
Époque Louis XV.
Chêne gainé de veau.
H. 22 cm L. 57 cm P. 41 cm
L’ensemble est en excellent état.
Possède sa clé.
Ce coffret de voyage au couvercle légèrement bombé présente des pentures sur les angles et les coins. Il est muni de poignées latérales. Le couvercle est à décor « dentelle ». Il est frappé au centre d’un cartouche aux armes de Madame Adélaïde, sous une couronne fleurdelisée et encadrée de palmes nouées. L’intérieur est gainé d’un papier moiré bleu.
Les archives des Menus-Plaisirs montrent que presque chaque année, Mesdames, filles de Louis XV, commandaient un, voire plusieurs coffres en maroquin. Lorsqu’ils étaient jugés abimés, ils étaient transmis aux membres de leur suite.
Les filles de Louis XV se faisaient livrer également de grandes malles armoriées destinées à contenir leurs effets lors de leurs déplacements. Chacune d’elles avait sa couleur, le rouge pour Madame Adélaïde, Madame Sophie avait le jaune, le bleu pour Madame Louise et Madame Victoire le vert.
Simonneau livre en 1752 cinq coffres recouverts de maroquin rouge armorié à Madame Adélaïde, puis Sirois prend la relève jusqu’en 1768.
Des compartiments et des sacs intérieurs permettaient de disposer corbeilles de toilette, chapeaux, paniers, tabatières, diamants ou même pièces d’or ou d’argent.
Madame Adélaïde était logée au rez-de-chaussée du corps central du château de Versailles jusqu’à la Révolution. Elle habitera le château de Bellevue jusqu’en 1791, émigra à Trieste en Italie où elle décèdera le 27 février 1800.
Références :
– Petite malle en maroquin rouge d’époque Louis XV aux armes de
Mesdames de dimensions 22 x 57 cm (identique à la nôtre) par
Pierre Vente (signé sous le cartouche d’armoiries sur le couvercle).
Vente Sotheby’s Parke Bernet, London, Rosebery Mentmore,
du 18 mai 1987, vol.1 furniture lot n° 109
– Puis vente Sotheby’s, Paris du 17 avril 2019, Sylvain Lévy-Alban :
Rive Droite / Rive Gauche, lot n° 104.
– Hôtel des Ventes de Monaco, 30 avril 2016, coffret de Madame Adélaïde,
fille de Louis XV 21,5 x 57 x 41 cm (Dimensions identiques).
– Un coffret quasi identique, signé Pierre est passé en vente chez Christie’s,
La Vie de Château, Collection Jean-Louis Remilleux, à Paris,
les 28 et 29 septembre 2015, lot n°400. Adjugé 35 000 €.
Bibliographie :
– Voir le livre de l’exposition « Louis XIV, un moment de perfection de l’art
français », fig. 551, Hôtel de la Monnaie, Imprimerie nationale, 1974.
– Pierre Verlet, « Recherches sur quelques coffres en usage à la cour de
France à propos de deux coffres du Musée de Lisbonne », dans João Couto,
in memoriam, Lisbonne, 1971, p. 241.
Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : ATTRIBUÉ À ANDRÉ-CHARLES BOULLE
(1642-1732)
RARE LUSTRE À HUIT BRAS DE LUMIÈRE
PARIS, VERS 1720
Époque Régence
Bronze ciselé et doré
H. 98 cm Ø. 98 cm État remarquable avec sa dorure d’origine. A été adroitement
équipé pour l’électrification.
Classé monument historique le 10 avril 1945.
Dispositions Juridiques :
Article L622-18 du code du patrimoine : L’exportation hors de France
des objets classés au titre des monuments historiques est interdite,
sans préjudice des dispositions relatives à l’exportation temporaire prévue
à l’article L. 111-7. Article L622-7 du code du patrimoine : Les objets classés
au titre des monuments historiques ne peuvent être modifiés, réparés
ou restaurés sans l’autorisation de l’autorité administrative compétente
L’anneau de suspente est orné d’une corolle de feuillage. La boule
de suspente est ornée de quatre feuillages à crosses et quatre
boutons de fleurs. Le fût forme un vase richement décoré au
centre de quatre consoles à buste d’espagnolettes souriantes et
coiffées d’une aigrette. Les huit bras de lumière en console sont
à riche décor de feuillage, petites coquilles, boutons de fleurs et
coquille stylisée. Les binets sont en feuillage découpé, reposant
sur un bouton côtelé et les bobèches sont en corolle d’une frise
de feuilles d’eau. La coupe circulaire d’où s’échappe le bras, est
à simple moulure avec cartouches feuillages et quatre gaines
de feuillage au naturel ; le bouton du bas est à frise de feuilles.
Salon de La Roche Guyon tel qu’il se présentait peu avant 1987
avec la tenture d’Ester (MH), le mobilier de Heurtaut (M.H.)
et l’une des consoles de Jumel ainsi que notre lustre.
Par deux fois en 1685, le ministre de Louis XIV se rend dans
l’atelier de la galerie du Louvre pour constater, malgré un
très grand nombre d’ouvriers, l’impossibilité pour l’ébéniste
d’honorer ses commandes. Louvois tente même de faire
patienter le grand Dauphin concernant le fameux cabinet qui
sera le chef-d’oeuvre de Boulle.
Provenance :
Ancienne Collection du château de la Roche-Guyon :
Ce lustre ornait le grand salon du château de 120 m carrés
et dominait un mobilier et des tapisseries de très grandes valeurs du château du duc de
la Roche-Guyon : François VIII de la Rochefoucauld (Paris 1663-1728),
premier duc de la Roche-Guyon en 1679, quatrième duc de
la Rochefoucauld en 1680, maréchal de camp le 3 janvier 1696,
Grand Maître de la garde-robe du roi (1679 à 1718).
François VIII de la Rochefoucauld épousa en 1679
Magdeleine-Charlotte Le Tellier (1665-1735), fille du marquis de
Louvois (1639-1691), ministre de Louis XIV et Surintendant des
Bâtiments, Arts et Manufactures de France (de 1683 à 1691).
Le ménage demeurait le plus souvent dans l’appartement de
l’ancien Hôtel de la Surintendance des Bâtiments du Roi à
Versailles et se rendait régulièrement à la Roche-Guyon.
André-Charles Boulle fut attaché à la Manufacture des
Gobelins et fut nommé premier ébéniste de la Maison du roi
par titre et brevet.
Louvois connaît l’ébéniste du roi et apprécie l’excellence de
son travail. Il doit intervenir pourtant lors de nombreux
litiges opposant le protégé du roi à ses « clients » lesquels
s’acquittaient souvent par avance de travaux qui n’étaient pas
livrés à temps.
Par deux fois en 1685, le ministre de Louis XIV se rend dans
l’atelier de la galerie du Louvre pour constater, malgré un
très grand nombre d’ouvriers, l’impossibilité pour l’ébéniste
d’honorer ses commandes. Louvois tente même de faire
patienter le grand Dauphin concernant le fameux cabinet qui
sera le chef-d’oeuvre de Boulle.
Les deux hommes se connaissent. Il est donc plausible voire
certain que ce superbe lustre en bronze soit sorti de l’atelier
de André-Charles Boulle. Il faut convenir que la qualité de la
ciselure et le dessin général est indéniablement de la main du
maître et ressemble en tous points au lustre que possède le
Louvre. (Fig. 2)
L’incendie des ateliers de Boulle le 19 août 1720, n’empêcha
pas le ciseleur émérite pourtant âgé de 78 ans de restaurer son
établissement avec une ardeur et une verdeur qui l’accompagnèrent
jusqu’à sa mort à 89 ans à Paris le 29 février 1732.
C’est donc par l’entremise de son beau-père que le duc de la
Roche-Guyon a obtenu ce chef-d’oeuvre commandé avant
l’incendie de l’atelier survenu en 1720. Ce lustre aurait été
livré plus tard en 1732.
Nous savons que des aménagements et des remises en état
du château, y compris de nombreux ajouts ont été réalisés en
1740. Bien que ce lustre ne fut plus à la mode sous Louis XV,
son origine, son historique et sa beauté l’ont sauvé.
Le XIX
e
siècle sera fatal pour cette vaste demeure dont le
donjon fut pourtant classé en 1862. Une gravure de Adolphe
Maugendre (1809-1895) représente le grand salon avec notre
lustre ainsi que quelques beaux meubles, en 1840. Puis en
1930, première dispersion partielle du mobilier qui était en
place depuis le début du XVIII
e
siècle malgré la Révolution.
Moïse de Camondo sera un des acheteurs.
Le château fut occupé pendant la seconde guerre mondiale
par l’armée allemande jusqu’en août 1944. Un an avant,
en pleine guerre, le château bénéficiera d’un deuxième
classement M.H. par arrêté du 6 janvier 1943. Une partie du
mobilier (huit pièces parmi des objets d’exception) sera classé
au titre des monuments, dont ce lustre. Celui-ci restera depuis
son achat au début du XVIII
e
siècle, dans le grand salon
(N° de classement 1945/04/10 : classé au titre d’objet).
Sur une carte postale de 1910, le lustre parait bien minuscule
dans cette vaste pièce. Une photo tirée de l’ouvrage « Les anciens
châteaux de France », 1924, pl. 11 montre également les quelques
fameux meubles qui seront vendus ainsi que notre lustre.
C’est en 1987 que sera mis en vente l’ensemble des Collections du
château de la Roche-Guyon les 6,7, 8 et 9 décembre. dans le cadre
de la Succession du comte Gilbert de La Rochefoucauld, duc
de La Rochefoucauld (1889-1964) et de Marie-Louise Lerche,
duchesse de La Roche-Guyon (1899-1984), sa seconde épouse et
veuve. La presse précisait : «… L’intégralité de ses Collections de
l’Ancien régime…». Les 239 lots de la vente trouveront preneur.
Seuls huit meubles ou objets classés monuments historiques ne
pourront quitter le territoire national, dont notre lustre.
– Vente Sotheby’s, Monaco, 6 et 7 décembre 1987 :
« Tableaux, mobilier et tapisseries ornant le château de La Roche-Guyon
et provenant de la succession de Gilbert de La Rochefoucauld,
duc de La Roche-Guyon » : lot n° 127. Adjugé 330 000 FRF.
Références :
– Vente Christie’s « Chefs-d’oeuvre de Monsieur et Madame Riahi »,
live auction 6765 du 6 décembre 2012. Lustre à six lumières, époque
Louis XIV, vers 1700-1710, H. 71 cm Ø. 79 cm. Ancienne Collection
de Jean Bloch – Vente au Palais Galliera, 13 juin 1961. Adjugé : 574 000 FRF
– Vente Christie’s du 28 novembre 2018, live Auction 16412 « Le collector :
le goût français » Lustre à huit lumières, très proche du nôtre H. 85 cm
Ø. 87 cm (Bassins remplacés). Adjugé : 87 500 €.
– Vente Sotheby’s, Madame D. Riahi « Les oeuvres que j’ai aimées »,
le 6 juillet 2017. Lot n° 51 : Lustre époque Régence 1730 à six bras de lumière.
Vendu 137 500 € (fig. 1).
– Ancienne Collection André Meyer, vente Arts of France, Christie’s N.Y., 23
octobre 1998, lot 102.
– Lustre attribué à André-Charles Boulle, à huit bras qui se trouve au musée
du Louvre, salle 622, aile Sully, niveau 1 (N° d’inventaire : OA 5101).
Le balustre supérieur est au même décor que le nôtre. (Fig.2)
Bibliographie :
– Käthe Klappenbach, Kronleuchter : mit Behang aus Bergkristall und Glas
sowie Glasarmkronleuchter bis 1810, Akademie Verlag, Berlin, 2001, p 77, fig. 73
– Jean Nérée Ronfort, André Charles Boulle (1642-1732) : Un nouveau style
pour l’Europe – Somogy
Éditions d’art, 2009, Cat. 33 pages 270-271.
– Hans Ottomeyer & Peter Proschel, Vergoldete Bronzen, édité par Klinkhardt &
Biermann, 1986, vol II pages 50 & 54, Fig. ; 1,6,2 et 1,6,9 et vol I fig. 1,6,20
Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : PAIRE DE VASES MÉDICIS
Fin du XVIIIe/ Début du XIXe siècle.
Bronze ciselé et doré.
H. 52 cm Ø. hors tout. 35 cm Base. 15, 7 x 15,7 cm
Légère oxydation. Percements pour l’électrification.
Décor d’un médaillon rectangulaire représentant la préparation
d’un sacrifice antique en présence des divinités de l’Olympe.
Anses latérales à anneaux tombants et mobiles. La partie basse
des vases est à frise d’acanthes alternant des palmettes. Le
piédouche est orné d’une couronne de lauriers rubanée. Les
deux décors moulés, et non repris en ciselure, ont été réalisés
postérieurement. Ces deux plaques, non fixées, résultent sans
doute d’un essai pour réaliser des vases au modèle de omire.
Ils ont été percés pour l’électrification sur la base arrière du
contre socle. (Percements de Ø. 10 pour l’un et de 11 mm pour
l’autre.) Sur l’un, la chute de pampres sous l’enroulement des
anses a perdu un de ses trois éléments.
Ces vases ont servi pour contenir des bouquets de fleurs
sans être protégés par un bac de tôle intérieure. La base est
légèrement oxydée par la présence d’écoulements d’eau.
Bibliographie & Références :
– G & R Wannenes, « Les bronzes ornementaux et les objets montés
de Louis XIV à Napoléon », 2004 Paire de vases Médicis pour la paire
de Perrin, donnés fin du XVIIIe
siècle: « Anneaux de préhension torsadés,
maintenus par un enroulement. » (H. 37 cm Ø. 23 cm)
– Vase Médicis à frise tournante de femmes grecques, vente Millon
du 24 mars 2000, lot 109, p. 55 du catalogue. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : D’APRÈS UN MODÈLE
DE JEAN-JACQUES CAFFIERI (1725-1792)
PAIRE DE TRÈS GRANDES APPLIQUES
À TROIS BRAS DE LUMIÈRE
Style Louis XV, du XIXe siècle.
Bronze ciselé et doré.
H. 106 cm L. 66 cm P. 20 cm
De très minimes différences entre les deux appliques.
Modèle de plus d’un mètre de haut, à branchages en enroulements
et torsades accentuées. Le moulage des éléments constituant ce
vaste décor est très légèrement différent pour chaque applique
afin de renforcer l’esprit rocaille. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : JAPON – ÉPOQUE MEIJI (1868-1912)
PAIRE DE COFFRES
En bois laqué noir en hira maki-e de laque
or de môn Naga-to omo-daka, les ferrures
en métal ciselé.
(Gerces)
Dim. 39,5 x 62,4 cm
Reposant chacun sur des socles rectangulaires
en bois laqué or sur des pieds chantournés
posant sur une boule agrémentée de godrons ;
le tablier à décor de losanges. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : PARIS – PLAN DE TURGOT
LEVÉ ET DESSINÉ
PAR LOUIS BRETEZ, 1734
GRAVÉ PAR CLAUDE LUCAS, ACHEVÉ EN 1739
H. 56 cm L. 45 cm
État médiocre de la reliure, charnières, coiffes et coins frottés.
Mors accidentés et une partie du dos est accidentée,
plat supérieur détaché. Une planche mangée aux vers à l’angle.
20 planches doubles, gravées en taille douce. Reliure de l’époque,
maroquin rouge, roulette fleurdelisée en encadrement, fleurs
de lys aux angles, armes de la ville de Paris au centre des plats,
dos à nerfs.
Grand in-folio (556 x 427 mm).
Un envoi a été rédigé à l’encre sur une des premières pages :
« Avant le bureau, reçois déjà la ville BBS à BT 26 janvier 1993 ».
(NDR : Bernard Baruch Steinitz à Bernard Tapie).
Ce premier tirage du célèbre plan de Paris est rare et
les planches sont en bon état.
Nota :
Pierre Bérégovoy nomme le 2 avril 1992 Bernard Tapie comme
ministre de la Ville. Il démissionne le 23 mai. Il retrouve
son poste fin décembre 1992 pour le quitter à nouveau en
mars 1993.
L’ami de Bernard Tapie lui rappelle amicalement qu’il n’avait
pas de bureau lorsqu’il a été nommé ministre. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : * ATTRIBUÉ À JEAN-BAPTISTE-CLAUDE SENÉ (1748-1803)
Maître en 1769
EXCEPTIONNEL ÉCRAN DE FOYER À DOUBLE PAREMENT
« SIRÈNE ET TRITON ENLACÉS »
Époque Louis XVI, 1787.
Bois très richement sculpté en partie en ronde-bosse, laqué blanc-crème et doré.
H. 124,5 cm L. 93 cm Largeur du montant : 11 cm Longueur des pans. 32 cm
Largeur des pans : 16 cm
Modèle à chapeau cintré et patins.
Il a vraisemblablement été réalisé par le sculpteur Nicolas François Vallois (1738-1788),
la peinture ainsi que la dorure par LouisFrançois Chatard (1749-1819) sous la direction
de Jean Hauré (vers 1742-1816).
Les patins sont à base rectangulaire laquée gris clair, sur laquelle est couché un sphinge dont
le vêtement à l’antique est retenu par un ruban au-dessous de la poitrine. Les visages sont
expressifs et les cheveux attachés en chignon.
Les battants sont larges et profonds pour recevoir le système de contre-poids. Ils
sont au même décor recto-verso : buste d’égyptienne coiffée du némès.
Cette représentation sous Louis XVI annonce le style étrusque qui sera à la mode
quelques années plus tard sous le Consulat. Le buste semble posé sur un faisceau de
colonnettes se terminant par une flèche, ornée de perles, acanthes et gerbes.
La bordure qui encadre les deux feuilles est sculptée d’une frise de rais de coeur.
Le côté des montants est moulé à décor d’encadrement d’une frise de perles avec
coupes de fruits, flèche etc.
Au sommet, un anneau ovale en bronze ciselé et doré pour faciliter le déplacement de l’écran sans risquer d’abimer les sculptures et la dorure.
Les deux côtés des battants sont ornés d’une remarquable sculpture dans un encadrement de perles :
un vase à l’antique d’où s’échappe un court branchage puis une fleur à deux crosses, suivie d’une tige avec
un feuillage d’acanthe relié à une coupe de fruits avec guirlande de laurier puis, sans discontinuer, de différents
branchages jusqu’à une cassolette à deux anses dans laquelle se fiche une longue flèche empennée.
Les feuilles : Une tapisserie d’Aubusson en laine et
soie d’époque Louis XVI, avec pour décor un enfant
oiseleur et un chien dans un médaillon lauré sur contre
fond ivoire dans des rubans noués et guirlandes de
fleurs. Sur l’autre face une soie peinte à la gouache et
aquarelle. Enfin le merveilleux décor du cintre surpasse
celui sculpté par Séné pour le cabinet de la reine à SaintCloud.
Il est finement sculpté sur chaque face d’une
course de poste en feuillage au naturel avec acanthe
sous une frise de rais de coeur et une seconde frise
d’acanthe.
L’amortissement : en haut relief, il représente un triton
et une sirène pâmés et enlacés. Ils sont vêtus légèrement
d’un linge noué sur l’épaule du triton et retenu dans sa
main droite par la sirène. Une aiguière et une coupe à
piédouche en ronde bosse sont à portée de main, pour
étancher leur soif. Les longues torsades d’écailles de
poisson s’étendent jusqu’au sommet des battants. Cet
écran de cheminée est dans un état parfait. Le système
permettant de régler la hauteur du panneau coulissant
dans les rainures se stabilisait grâce à un contrepoids
autrefois intégré dans les montants.
Provenance :
– Ancienne Collection Wertheimer, vente Sotheby’s, Londres,
les 24 et 25 novembre 1988, lot n° 25.
Référence :
– Voir l’écran de cheminée réalisé par Séné à la même époque
pour la reine Marie-Antoinette au château de Saint-Cloud
et conservé au Metropolitan Museum of Art de New-York
(N° d’inventaire 41.205.3a, b). La comparaison n’est pas au détriment
du nôtre. (Fig. 1)
Bibliographie :
– Le monde fabuleux des écrans de cheminée des XVIIIe
et XIXe. Texte de Philippe Guégan, Galerie Flore, reproduit page 12, imprimé
par Dupont Vero-Dodat, sans date. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : ERRATUM
DEUX PAIRESDE RIDEAUX EN FAÇONNÉ
Fond gros de Tours tramé or, style Renaissance, décor broché
polychrome d’un vase de fleurs dans un réseau de rubans
et palmes, molletonné, doublé, frangé, avec leurs boites à
rideaux et bouillonné de taffetas changeant vert émeraude.
393 x 175 cm
Métrage : près de 6 m en 1, 20 m de large.
Boites à rideaux : 73 x 200 x 20 cm (petits accidents et manques)
Et 4 patères en bronze doré à coquille : 16 x 6 x 17,5 cm Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : SAVONNERIE
TAPIS NOUÉ À AUBUSSON, FRANCE
XVIIIE SIÈCLE, ÉPOQUE LOUIS XV
6,97 x 5,37 m
Cet important tapis est orné d’un grand médaillon central
ovale brun rehaussé d’un petit médaillon polychrome entouré
d’une guirlande de fleurs, sur fond beige à bouquets de fleurs
et contre fond brun à décor de volutes de feuilles d’acanthe
bleues, cernées de rinceaux vieux rose et or, et sur les côtés
par des coquilles. Il est entouré d’un petit galon à motifs de
joncs rubanés.
Le terme de Savonnerie qui désigne à l’origine les tapis noués
à la main, à partir du XVIIe siècle, dans l’atelier parisien de la
Savonnerie (un ancien atelier où l’on fabriquait des savons,
d’où le nom) sur la colline de Chaillot, tend maintenant,
à cause de la vogue des tapis français, à être employé pour
désigner tous les tapis au point noué, de fabrication française
ou européenne. À Aubusson, des tapis au point noué
furent fabriqués au XVIIIe siècle, à partir des années 1740.
Cependant, la technique de nouage n’est pas la même à Paris.
Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : ATTRIBUÉE À FRANÇOIS VION (1737-1790)
Bronzier à Paris, reçu maître fondeur en 1764.
AIGUIÈRE OVOIDE RÉALISÉE AVEC UN VASE EN PORCELAINE
DE LA CHINE À DÉCOR MONOCHROME ROUGE DE CUIVRE
DIT « SANG DE BOEUF »
Porcelaine d’époque Qianlong (1736-1795).
Superbe monture de bronzes ciselés et dorés. Réalisée vers 1765.
H. 31 cm L. 13,5 cm L. de la base 11 cm.
La porcelaine a été accidentée et recollée.
Provenance :
– Ancienne Collection Bernard Steinitz.
Bibliographie :
– Cette aiguière figure dans l’ouvrage
« La Folie d’Artois », conçu et réalisé
à partir de la revue l’Objet d’art / Antiquaires
à Paris avec la collaboration de Daniel Alcouffe,
Paris, 1988, page 234.
Références :
– Voir le socle de deux pendules ;
a – Vauchez « Vénus et deux amours » comportant
les quatre contreforts avec le même enroulement
de la base.
b – Le Paute « Les trois grâces à cercle tournant ».
Même piètement Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : * RARE ENSEMBLE DE QUATRE SCULPTURES
École italienne néoclassique, Rome, vers 1780.
Onyx oriental, bronze doré et marbre noir veiné gris pour les
socles.
H. de 60,5 cm à 61,5 cm – Base. 19,5cm x 19 cm
Il manque le bras droit du Printemps et l’extrémité d’un pied
en bronze pour l’Automne.
Petite restauration sur le bras droit de l’Hiver.
– L’Été : Femme coiffée comme Cérès, tenant sur son bras
gauche, une gerbe de blé.
– L’Automne : Femme coiffée de pampres, tenant une coupe sur
sa main droite et une grappe de raisin dans sa main gauche.
– L’Hiver : Femme coiffée d’un fichu noué. Sa main droite semble
prendre la chaleur d’une flamme.
– Le Printemps : Femme coiffée de fleurs, elle tient sur son bras
gauche une corne d’abondance avec fleurs.
Les bras, la tête, l’attribut et les pieds de chaque statue sont
en bronze doré.
L’onyx oriental ou rubané venant d’Algérie était utilisé en
Italie dès le XVIIIe siècle, tant pour les sculptures que pour la réalisation de marbre de commode ou de console.
Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : CAVE À CIGARES EN BOIS LAQUÉ
À LA FAÇON DE L’IVOIRE ET DU GALUCHAT
XXe siècle.
Bois laqué & acajou.
H 14,5 cm L. 30,5 cm P. 23,5 cm
La face arrière a été brûlée par une bougie ou un éclairage sur
environ 6 x 3,5 cm. Sans clé.
Bel intérieur complet en acajou moiré
avec son hygromètre.
On y joint un coupe-cigare incomplet
et un briquet « Must » de Cartier en
mauvais état. Voir le lot
Par ARTUS ENCHERES à Paris
le 06/07/2022 : LOT DE SIX FUME-CIGARES
ET UN FUME-CIGARETTE
Fin du XIXe siècle ou début XXe siècle.
Ambre.
Certains cerclés d’or.
Poids brut : 399 g
État médiocre. Avec étuis.
On y joint une
PIPE EN ÉCUME DE MER
Moderne
L. 20,5 cm Ø. 3,3 cm
Accidentée – Non reproduite au catalogue. Voir le lot