Le 28 mai, la collection du galeriste parisien Vincent Lécuyer sera dispersée aux enchères à Paris. D’Edgar Maxence à Manuel Orazi ou Augusto de Succa, la vente reflète le goût de ce marchand de couleurs et de rêves qui donna à redécouvrir des artistes oubliés, à rebours des modes et tendances du marché.
Décédé en juillet dernier à l’âge de 57 ans, Vincent Lécuyer a marqué le milieu de l’art par ses découvertes d’artistes rares à l’univers singulier. Aux grandes signatures, ce passionné d’origine bretonne privilégia, sa vie durant, les artistes oubliés, révélant dans sa galerie parisienne des chefs-d’œuvre méconnus de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. « Vincent Lécuyer était réputé pour son œil acéré et ses découvertes originales étaient très appréciées des conservateurs français qui lui firent plusieurs acquisitions pour le Musée d’Orsay, le Petit Palais ou encore le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris », explique Pauline Chanoit, experte en art des XIXe et XXe siècles. « Ses préférences allaient à la mystique poétique des artistes symbolistes (Georges de Feure, Lucien Lévy-Dhurmer, Elisabeth Sonrel, Léon Spilliaert…), ainsi qu’aux Fauves et aux modernes, et il fut également un découvreur de talents restés dans l’ombre de leurs illustres contemporains. Ce marchand passionné suivait avant tout son instinct, ne cédant jamais à la mode ou aux tendances du marché. Il savait repérer une iconographie rare et exhumer des carrières de l’oubli. »
Edgar Maxence (1871-1954). Femme en prière. Huile sur panneau signée en haut à droite. D. : 55 × 46 cm. Estimation : 5 000 – 8 000 euros.
270 tableaux, dessins et sculptures en vente le 28 mai
Le 28 mai à Paris, 270 tableaux, dessins et sculptures provenant de sa galerie et de sa collection personnelle seront dispersés aux enchères par la maison de ventes Kâ-Mondo. Estimés de 50 à 30 000 euros, ils reflètent les accrochages successifs que purent découvrir les nombreux visiteurs de la galerie Vincent Lécuyer, installée en 1986 dans le quartier Richelieu-Drouot puis en 2009 rue de Lille, en face de la dernière demeure de Max Ernst.
Camilo Egas (American/Ecuadoran, 1899-1962). Paysans agenouillés. Huile sur toile signée en bas à droite et datée 1925. (Petits manques en haut à gauche). D. : 72 × 91 cm. Estimation : 2 000 – 3 000 euros.
Un périple artistique des symbolistes aux peintres de l’Ailleurs
Aux côtés d’une Femme en prière d’Edgar Maxence (1871-1954) (estimée 5 000 – 8 000 euros) évoquant le folklore de cette Bretagne magique si chère à Lécuyer, ou encore des œuvres sur papier du peintre animalier Philippe Albin de Buncey (1905-1978) auquel le galeriste dédia sa dernière exposition au Carré Rive Gauche, l’on découvre les scènes exotiques d’artistes singuliers, peintres de l’Ailleurs. « Malouin de cœur, marin et navigateur de gros temps, amateur d’aventures, ses goûts artistiques le portent vers les peintres voyageurs ou les artistes de contrées lointaines », détaille Pauline Chanoit.
Baròn Augusto De Succa (1825- ?). Vue panoramique de la ville de Guatemala. Huile sur toile. Signée, datée (18)72 et située en bas à gauche. D. : 85 × 170 cm. Estimation : 20 000 – 30 000 euros.
Ainsi voyage-t-on au Pérou avec Alejandro González Trujillo, dit Apu-Rimak, au Guatemala avec Augusto De Succa, en Russie avec Alexandre Iacovleff, en Asie avec Suyong Li ou encore en Italie avec les décors cinématographiques du maître de l’Art nouveau, Manuel Orazi (1860-1934) [photo en Une]. Un périple artistique auquel Vincent Lécuyer convia durant plus de trente ans les collectionneurs, passionnés, amateurs, curieux, amis et confrères telle Pauline Chanoit, qui, à travers cette vente, tient à rendre hommage à ce personnage inoubliable du marché, ce galeriste brillant, marchand de couleurs et de rêves. « Vincent, nous fûmes nombreux à rêver, à voyager lors de tes expositions. Cette vacation de ta collection nous renvoie aujourd’hui aux moments de bonheur et de passion que tu savais partager ».
Découvrez nos coups de cœur parmi les œuvres de la collection Lécuyer
Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Alexander Evgenevich IACOVLEFF (1887-1938).
La pirogue.
Huile sur toile, marouflée sur carton, signée et datée 1927 en bas à droite.
D. : 64 × 46 cm.
Le tableau » La Pirogue » fut commencé en novembre 1924 dans le village africain de Bourem, situé aux confins du Niger. Quand la caravane de la Croisière Noire, composée de huit voitures pénétra dans cette bourgade de l’actuel Mali, IACOVLEFF découvre la civilisation africaine et pour la première fois s’émerveille devant la beauté brute de la nature et le pittoresque des couchers de soleil sur des rives du fleuve Niger. Il traduit dans cette oeuvre, ses premières impression-chocs de cette initiation africaine et les émotions qu’il éprouve à la vue de ces villages les plus reculés du continent. C’est donc une toile d’avant-garde de son oeuvre africaine, dans laquelle il énonce certaines caractéristiques de sa peinture de voyage?: présence de la ligne d’horizon, la plastique des corps en mouvement et la force lumineuse des couleurs.
Un certificat d’Elena Iacovleva sera remis à l’acquéreur.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Manuel ORAZI (1860-1934).
L’enlèvement , l’Atlantide, 1920-21.
Gouache marouflée sur toile signée en bas à droite.
(Petit manque en bas à droite).
D. : 63 × 105 cm.
Dans les années 1920, Manuel Orazi se tourne vers le cinéma alors naissant et crée aussi bien les décors, que les costumes et les affiches pour des productions de grande ampleur, telle L’Atlantide, réalisé en 1921 par Jacques Feyder d’après le roman de Pierre Benoit (1919). La scène choisie est celle de l’enlèvement de Tanit Zergat par les Touaregs Aouelimiden lors de la razzia de son village, Gâo. Le butin est vendu à une caravane de Maures, puis repris de force par le Touareg Kel-Tazhôlet qui offre la jeune femme à la reine Antinéa dont elle sera la servante.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : École SYMBOLISTE ALLEMANDE ou AUTRICHIENNE de la fin du XIXe siècle.
Procession dans un bois sacré.
Huile sur toile.
(Petites restaurations et petits manques).
D. : 68 × 161 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Leonid FRECHKOP (1897-1982).
Portrait d’un gynécologue, 1924.
Huile sur toile signée et datée au milieu à gauche.
D. : 93 × 70 cm.
Originaire de Moscou, cet artiste fut l’élève de Constantin Korovine, A. Archipov et de N. Kassatkine à l’Académie des Beaux-Arts. Il quitte son pays pour à Paris, puis s’installe à Bruxelles à partir de 1922. Ses premières oeuvres – rares – peintes avant 1930, sont un extraordinaire témoignage du courant de la Nouvelle Objectivité qui traverse l’Europe à cette époque. C’est à ce corpus qu’appartient Le Gynécologue, peint en 1924, comme l’indique sa bibliothèque.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : École du XXe siècle, dans le goût de Fritz THAULOW (1847-1906).
La rivière glacée.
Huile sur toile.
D. : 200 × 278 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Rodolphe FORNEROD (1877-1953).
Portrait de Mme d’Alignan à la rose, 1921.
Huile sur toile signée en bas à droite.
D. : 130 × 97 cm.
Exposition : Paris, Salon des Artistes Français, 1921.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Maurice MAIGNAN (1872-1942).
Élément de la fontaine du dieu Pan, vers 1924-1925.
Plâtre.
(Accidents à la main droite et à la main gauche pour la femme).
D. : 152 × 53 × 66 cm.
On joint. : Maurice MAIGNAN (1872-1942).
Fontaine du Dieu Pan.
Dessin préparatoire à la plume, encre de Chine et aquarelle sur papier marouflé sur toile monogrammé en bas à droite.
(Accidents et déchirures).
D. : 78,5 × 98,5 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : R. GONZALES (XXe siècle).
Tête d’indien d’Amazonie, vers 1930.
Épreuve en bronze à patine noire, signée.
D. : 26 × 25 × 22 cm (sans le socle).
Provenance : Paris, vente Sotheby’s 9/11/2005, Ancienne collection KLAUS OTTO PREIS.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Alejandro Gonzales TRUJILLO dit APU-RIMAK (1900-1985).
Femmes péruviennes au marché.
Gouache sur papier non signée.
D. : 22 × 13 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Théophile ROBERT (1879-1954).
Nue étendue à la plage.
Huile sur toile.
D. : 120 × 165 cm.
Issu d’une famille de peintre de Neuchâtel, Théophile Robert est un apôtre du renouveau de la tradition classique dans les années 1920-1940. Il suit les cours de Gérôme et de Jacques-Emile Blanche aux Beaux-Arts. De retour en Suisse en 1912, il réalise une grande fresque représentant une Crucifixion pour le choeur de l’église Saint-Paul de Lucerne. En 1918, Théophile Robert travaille dans l’atelier de Le Corbusier et se lie avec André Lhote, Gino Severini et Roger Bissière. La carrière de l’artiste s’établit véritablement en 1921 lorsqu’il présente au Salon des Indépendants » Dimanche d’été » qui lui vaut un vif succès. Il signe ensuite un contrat avec la galerie Druet où il exposera en 1922 à 1927. Le musée de Neuchâtel consacre une salle permanente à cet artiste et une grande exposition rétrospective en 1979.
Les trois nus de cette collection représentent des corps lourds et voluptueux, des formes généreuses avec des seins arrondis et pour deux d’entre eux un décor onirique… Ils révèlent un style empreint d’influences Art Déco mais aussi de retour au classicisme.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : École FRANCAISE du XIXe siècle.
Portrait d’élégante à la robe rouge.
Huile sur toile, inscription au dos de la toile apocryphe « fait par Henner » et daté 1872.
D. : 41 × 33 cm
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : José ARBURU (1864-1889).
Élégante à l’ombrelle.
Huile sur panneau signée en bas à droite.
D. : 36 × 24,5 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Théophile ROBERT (1879-1954).
Nature morte au pichet et au livre.
Huile sur toile signée en bas à droite.
D. : 37,8 × 45,5 cm.
Exposition?: Galerie Druet, Exposition Théophile Robert, Paris, 26 décembre 1922 – 5 janvier 1923, n°23.
Cette oeuvre témoigne de l’incidence cézanienne sur le travail de cet artiste et de son l’attrait pour le cubisme.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : École HONGROISE début du XXe siècle.
Portrait de femme assise.
Huile sur toile monogrammée V.S en bas à gauche et datée 1910.
D. : 78 × 58 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Jean JOVENEAU (1888-?).
Nature morte à la guitare et à la théière.
Huile sur toile signée en bas à droite.
D. : 50 × 73 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Ida A. FIELITZ (c.1847-C1907).
Religieuses en prière.
Huile sur panneau signée et datée 1899 en haut à gauche.
D. : 67 × 73 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Pr Carlo RIGOLI (1883-1962).
Grue et vase japonais.
Huile sur toile signée et datée 1915 en haut à gauche.
D. : 57 × 43 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Philippe Albin de BUNCEY (1905-1978).
Le coq.
Gouache et aquarelle sur trait de crayon sur papier signé en bas à droite.
D. : 35,2 × 56 cm (à vue).
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Philippe Albin de BUNCEY (1905-1978).
Casoar à casque.
Aquarelle sur trait de crayon signée en bas à droite et titrée en haut à droite.
D. : 32 × 48 cm.
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Par KÂ- MONDO à Paris
le 28/05/2020 : Philippe Albin de BUNCEY (1905-1978).
Putois.
Pastel signé en haut à droite.
D. : 24,5 × 35,5 cm.
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