Le 28 avril 2023 | Mis à jour le 28 avril 2023

La collection éclectique de Pierre et Jeannine Consten aux enchères à Paris

par Clémentine Pomeau-Peyre

Des peintures modernes, des meubles anciens, des objets d’art de la table luxueux… La collection Pierre et Jeannine Consten présentée aux enchères le 23 mai prochain reflète l’art de vivre d’un couple d’esthètes. 

 

« Leurs goûts étaient assez éclectiques, mais avec une constante, celle d’acquérir toujours le top dans le domaine auquel ils s’intéressaient » : c’est ainsi qu’Emmanuel Farrando décrit la collection de Pierre et Jeannine Consten. Le commissaire-priseur organise une première vente de tableaux, mobilier et objets d’arts le 22 mai, et prépare pour juin la vente de leur bibliothèque. 

 

La peinture moderne, de Picasso à Marie Laurencin

Quelques tendances se dessinent dans ce premier catalogue, et en premier lieu leur goût pour la peinture moderne : une huile de Picasso intitulée Le peintre (1,5 à 2 millions d’euros) et deux eaux fortes du grand maître, issues de la suite Vollard (2 000 à 3 000 euros). Et surtout six œuvres de Maria Vieira da Silva, quatre huiles (entre 70 000 et 150 000 euros) , une aquarelle (4 000 à 6 000 euros) et une lithographie (400 à 600 euros). « C’est une peinture très cérébrale, ils ont acquis ces œuvres dans les années 1960-1970 à un moment où elle n’était pas encore très reconnue, c’est une démarche assez avant-gardiste », détaille le commissaire-priseur. Il a retrouvé dans les archives du couple de nombreux documents faisant état d’une proximité amicale avec l’artiste chef de file du paysagisme abstrait. 

Autre coup de cœur des Consten, Marie Laurencin. La peintre figurative connue pour ses portraits dans des tons pastels est représentée dans la vente par cinq lots : deux huiles (15 000 à 35 000 euros), un dessin (500 à 600 euros) et deux gravures (150 à 400 euros). Terminons ce chapitre avec un paysage à la limite de l’abstraction représentant la ville de Mougins de Jacques Villon, daté de 1944 et estimé entre 25 000 et 35 000 euros. 

 

 

Tapisseries, commodes et porcelaines anciennes

À de rares exceptions près, les meubles et objets d’art du couple Consten montrent un goût plus classique. « Ils correspondent à leur volonté de se constituer un décor pour recevoir », avance Emmanuel Farrando. On peut imaginer l’effet dans un appartement des trois immenses tapisseries des Gobelins (entre 8 000 et 20 000 euros), de la délicate pendule à l’éléphant d’époque Louis XV (15 000 à 20 000 euros) ou de la table de milieu en bois doré d’époque Louis XIV (4 000 à 6 000 euros). Et sur les commodes laquées ou marquetées (trois modèles, entre 5 000 et 12 000 euros) étaient peut-être disposées la collection de porcelaines chinoises des XVIIe et XVIIIe siècles. « Ils fréquentaient les galeries et choisissaient leurs pièces avec soin », souligne le commissaire-priseur, qui a également sélectionné parmi les 88 lots quelques pièces d’argenterie ou de cristal. C’est aussi en débutant sa préparation de la vente de livres de juin qu’il a pu évaluer cette démarche car « Pierre Consten essayait de trouver la meilleure édition de chaque livre, et l’apportait ensuite à un très bon relieur, c’est une démarche d’esthète autant que de bibliophile ».

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