Des peintures modernes, des meubles anciens, des objets d’art de la table luxueux… La collection Pierre et Jeannine Consten présentée aux enchères le 23 mai prochain reflète l’art de vivre d’un couple d’esthètes.
« Leurs goûts étaient assez éclectiques, mais avec une constante, celle d’acquérir toujours le top dans le domaine auquel ils s’intéressaient » : c’est ainsi qu’Emmanuel Farrando décrit la collection de Pierre et Jeannine Consten. Le commissaire-priseur organise une première vente de tableaux, mobilier et objets d’arts le 22 mai, et prépare pour juin la vente de leur bibliothèque.
La peinture moderne, de Picasso à Marie Laurencin
Quelques tendances se dessinent dans ce premier catalogue, et en premier lieu leur goût pour la peinture moderne : une huile de Picasso intitulée Le peintre (1,5 à 2 millions d’euros) et deux eaux fortes du grand maître, issues de la suite Vollard (2 000 à 3 000 euros). Et surtout six œuvres de Maria Vieira da Silva, quatre huiles (entre 70 000 et 150 000 euros) , une aquarelle (4 000 à 6 000 euros) et une lithographie (400 à 600 euros). « C’est une peinture très cérébrale, ils ont acquis ces œuvres dans les années 1960-1970 à un moment où elle n’était pas encore très reconnue, c’est une démarche assez avant-gardiste », détaille le commissaire-priseur. Il a retrouvé dans les archives du couple de nombreux documents faisant état d’une proximité amicale avec l’artiste chef de file du paysagisme abstrait.
Autre coup de cœur des Consten, Marie Laurencin. La peintre figurative connue pour ses portraits dans des tons pastels est représentée dans la vente par cinq lots : deux huiles (15 000 à 35 000 euros), un dessin (500 à 600 euros) et deux gravures (150 à 400 euros). Terminons ce chapitre avec un paysage à la limite de l’abstraction représentant la ville de Mougins de Jacques Villon, daté de 1944 et estimé entre 25 000 et 35 000 euros.
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 25. Pablo PICASSO (1881-1973)
Le Peintre I, 1967
Huile sur toile.
Signée et datée 21/2/67 en haut à gauche.
100 x 81 cm.
Provenance :
– Collection Pierre et Jeannine Consten.
– Galerie Tamenaga (étiquette au dos).
Bibliographie :
– C. Zervos, Pablo Picasso Vol.25 – oeuvres de 1965 et 1967 , Editions «Cahiers
d’art», Paris, 1972, n° 281, reproduit en noir et blanc pl.126.
– Catalogue Exposition Internationale du Figuratif, 1971, éd. Tokyo ado banku,
reproduit en couleurs.
Expositions :
– Galerie Louise Leiris, 47 rue Monceau, 75008 Paris, n°014134.
– Exposition Internationale du Figuratif, Tokyo, Japon, du 14/09 au 12/10/1971,
reproduit au catalogue. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 24. Maria Helena VIEIRA DA SILVA (1908-1992)
Chaque maison est une saison, 1974
Huile sur toile.
Signée et datée 1974 en bas à droite. Inscription au dos du châssis au
tampon « 190174).
97 x 130 cm.
Certificat de la Galerie Jeanne Bucher en date du 8 janvier 1976.
Provenance :
– Galerie Jeanne Bucher, 53 rue de Seine, Paris (étiquette au dos).
– Collection Pierre et Jeannine Consten.
Bibliographie :
– G. Weelen et J.-F. Jaeger, Vieira da Silva, catalogue raisonné, Genève, 1994, no. 2714
(illustré, p.545).
Expositions :
– Galerie Jeanne Bucher, 53 rue de Seine, Paris.
Dans Chaque maison est une saison, Vieira expérimente une nouvelle approche
de l’espace dans le tableau, thème primordial de tout son oeuvre : au centre, une
fenêtre carrée troue le plan de la toile vers un espace bleu ciel. Cette ouverture
relègue sur les côtés deux structures constituées de fines stries parallèles allongée et
rythmiques, bien personnelles à l’artiste. Ces dernières sont les reliquats des grilles
des années 50 (cf. Musique sans titre, n°23 de notre catalogue ). Celle de droite, est
voilée partiellement par une grande bande peinte d’un bleu d’éther. Celle de gauche,
striée dans des rouges de braises, est occultées partiellement par des blancs. L’artiste
revendique l’effet psychologique et strictement personnel des couleurs qu’elle
choisit. Pour Vieira, le rouge incarne l’hiver, la maison, l’intimité. Tandis que les
bleus suggèrent sans conteste les immensités de l’éther.
Dans Chaque maison est une saison, les deux couleurs essentielles, reléguées dans
leurs espaces respectifs (et c’est la précisément l’explication du titre) ne sont pas en
contradiction chromatique mais en partition concertante.
On citera le testament poétique de Vieira :
Je lègue à mes amis
Un bleu céruléen pour voler haut
Un bleu de cobalt pour le bonheur
Un bleu d’outremer pour stimuler l’esprit
Un vermillion pour faire circuler le sang allègrement
Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 23. Maria Helena VIEIRA DA SILVA (1908-1992)
Musique sans titre, 1967
Huile sur toile.
Signée en bas à droite.
97 x 130 cm.
Provenance :
– Galerie Jeanne Bucher, 53 rue de Seine, Paris (étiquette au dos).
– Collection Pierre et Jeannine Consten.
Bibliographie :
– G. Weelen et J.-F. Jaeger, Vieira da Silva, catalogue raisonné, Genève, 1994, no. 2179
(illustré, p.443).
– Vieira Da Silva, Monographie générale, 1954, reproduit p. XXXX.
– Vieira Da Silva, Dora Vallier, Editions Weber, paris, 1971, reproduit en couleur
p.230 et 231.
Expositions :
– Galerie Jeanne Bucher, 53 rue de Seine, Paris (étiquette au dos).
– Montpellier, Musée Fabre et Galerie Frédéric Bazille, Exposition Vieira Da Silva,
23 juillet au 19 septembre 1971, n°54 (étiquette au dos).
Musique sans titre, 1957, est construite sur un schéma orthogonal
presque rigoureux. Cette structure en grille, déclinée à partir de
1950, remplace les boîtes en perspectives de la fin des années trente,
claustrophobiques et bientôt abandonnées (Cf. Ville Blanche 1950,
numéro 21 du présent catalogue). L’espace extérieur va désormais
pénétrer la composition des tableaux, la ville moderne y introduire ses
perspectives accélérées.
Dans Musique sans titre, Viera en un paradoxe dissimulé, adoucit la
structure en grille : les lignes horizontales et verticales blanches ne
sont pas dessinées : elles apparaissent en négatif des lignes noires plus
fines. Le canevas noir est ponctué de touches brossées en transparence
de bruns doux tandis que des bleu-ardoises foncés ou clairs allègent
le dispositif. Le regard, en zoomant attentivement découvre aussi de
microscopiques taches rouges perdues dans l’immensité. « Que de fois,
je modifie une tache minime, si minime que personne ne la voit » déclare
l’artiste à la fin des années cinquante.
Tout en bas, le tableau échappe à l’uniformité de la structure grâce à une
suite de touches parallèles qui suggèrent le clavier d’un piano.
On sait que Vieira était musicienne (elle disposait d’un harmonium dans
son atelier) et particulièrement mélomane (Bach, Mozart et Debussy). Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 20. Maria Helena VIEIRA DA SILVA (1908-1992)
Maison à Lisbonne (?)
Aquarelle sur papier.
Signée en bas à droite.
25 x 47,5 cm à vue
Maria Helena et Arpad s’exilent au Brésil, à Rio de Janeiro. Ils
se lient d’amitié avec des intellectuels et des artistes brésilien,
sur lesquels Szenes a une influence. Maria Helena a une vive
nostalgie de son Portugal natal. Elle exécute de nombreuses
oeuvres sur papier, petite vues sensibles et naïves de maisons aux
toits de tuiles, souvenirs d’une Lisbonne perdue (cf. Lisbonne
by heart, 1943, CR 381-Évocation de Lisbonne, 1943, CR 383 à
CR 391). Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 22. Maria Helena VIEIRA DA SILVA (1908-1992)
Port dans le Nord, 1957
Huile sur toile.
Signée et datée 1957 en bas à droite. Inscription « X.II 56 » au dos du
châssis.
73 x 116 cm.
Provenance :
Collection Pierre et Jeannine Consten.
Bibliographie :
– G. Weelen et J.-F. Jaeger, Vieira da Silva, catalogue raisonné, Genève, 1994, no. 1484
(illustré, p. 295).
– Vieira Da Silva, Dora Vallier, Editions Weber, paris, 1971, reproduit en couleur
p.156.
Expositions :
– Paris, Galerie Charpentier, 76 rue du Faubourg Saint-Honoré, exposition « École
de Paris », 1957.
– Lisbonne, Fondation Calouste Gulbenkian, juin-août 1970 n°15 et M (étiquette au
dos).
– Montpellier, Musée Fabre, Exposition Viera da Silva, 23 juillet au 19 septembre
1971, n°38 (étiquette au dos).
En 1955, Viera se rend à Amsterdam en compagnie de Szenes à l’occasion de la
présentation de ses oeuvres et de celles de Germaine Richier. Port dans le Nord est
redevable de ce voyage comme nombre d’autres (Canaux en Hollande, 1958) qui
témoignent que jamais l’artiste ne s’est autant inspiré de paysages réels. Viera peint
ici un attachement masqué à la réalité, une empreinte onirique du spectacle observé.
La grande ville et ses infrastructures dominent sa peinture des années cinquante
(cf. Les Grandes Constructions 1956, Le Métro Aérien 1955, La Gare Montparnasse
1957). Les perspectives linéaires s’y trouvent accélérées, vertigineuses. Dans Port
dans le Nord toutefois, l’espace est abordé de manière plus mesurée, les couleurs et la
lumière proche de l’atmosphère nordique. Des écharpes de brume -écrans blancs et
opaques- absorbent partiellement la perspective spatiale du canal, les élévations des
bâtiments et l’horizon de la ville. Une façade de maison avec fenêtres et volets émerge
des nuées en bas à droite et évite au tableau un parti pris trop abstrait, désincarné. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 21. Maria Helena VIEIRA DA SILVA (1908-1992)
Ville Blanche ou Intérieur blanc, 1950
Huile sur toile.
Signée et datée 1950 en bas à droite, inscription au dos du châssis « Ville
Blanche ».
54 x 65 cm.
Provenance :
– Galerie Jeanne Bucher, 53 rue de Seine, Paris.
– Collection Pierre et Jeannine Consten.
Bibliographie :
– G. Weelen et J.-F. Jaeger, Vieira da Silva, catalogue raisonné, Genève, 1994, no. 723
(illustré, p.142).
– P.A. Télé médecine, 19 octobre 1969, illustré.
– Michel Butor, 1983, illustré p.34.
Expositions :
Stockholm, 1950, Galerie Blanche, Catalogue n°7.
La Chambre à Carreaux, 1935, est le premier tableau dans lequel Vieira da Silva fait
coïncider le rectangle du tableau avec le côté d’une boite dont les arêtes et parois filent
en une perspective accélérée vers un lointain point de fuite. Sols, murs et plafonds
y sont tapissés de petits carrés et losanges colorés. Le vertige claustrophobique
provoqué a suggéré à un critique l’expression « d’absorption dans l’espace ».
Oublié durant la guerre, cet archétype ressurgit, développé et décliné à partir
d’Enigmes, 1947 et sera abandonné en 1952. Ville Blanche appartient à cette lignée,
proposant une digression destructrice du principe parallélépipédique : une fissure
noire au centre semble, par subduction, absorber le sol en damier tandis que les parois
latérales se transforment à leur sommet en une dalle fuyant vers une perspective
éloignée. Le tableau, dominé par un camaïeu de blancs légers et crèmes propose une
révision des oeuvres sombres des années 1935/50. Si l’on examine soigneusement le
tableau, on remarque que Vieira l’a peu à peu éclairci par des blancs qui ont recouverts
certaines touches colorées. Les touches de blanc deviennent constructives par leur
alignement, dynamiques et lumineuses dans leurs nuances variées. On remarquera
également la petite fenêtre figurative dans l’angle inférieur droit de la « boîte »,
ouverture discrète et touchante au coeur de cette géométrie rigoureuse.
Cette rupture marque chez l’artiste une prise de confiance, une augmentation des
possibles qu’elle va intensément explorer au cours des années suivantes. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 19. Arpad SZENES (1897-1985)
Maria Vieira Da Silva à son chevalet, 1942
Huile sur toile.
Signée en bas à droite.
Resignée et datée au dos.
Tampon « Ministro da Educação » au dos de la toile.
34 x 24 cm.
Le thème de Maria Helena a inspiré Arpad Szenes pendant
quarante ans. Il apparait dès la rencontre avec sa future femme
en 1930. Le plus souvent, il la représente en train de peindre
totalement absorbée par son oeuvre, parfois songeuse, d’autres
fois posant telle une reine. Pendant la période brésilienne, le
sujet devient presque obsessionnel. Le dernier portrait de Maria
Helena date de 1975. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 14. Marie LAURENCIN (1883-1956)
Jeune fille au chat
Huile sur toile.
Signée en bas à droite.
22 x 27 cm
Provenance :
Collection Pierre et Jeannine Consten.
Bibliographie :
Daniel Marchesseau, Marie Laurencin catalogue raisonné de l’oeuvre peint, Éditions
du musée Marie Laurencin, Japon,1986, n°1243 p 502.
« Dans Apollinaire et ses amis, 1909, son plus célèbre tableau qui témoigne de
sa liaison avec le poète, la peintre glisse un chien au pied de ce portrait collectif.
Posséder un animal familier est à la mode dans les années vingt. Les chats, les chiens
accompagnent les apparitions des célèbres égéries de la vie parisienne peintes par
Marie et dont les portraits, comme celui ceux de Coco Chanel (et refusé par la
couturière), d’Éliane de Beaumont s’arrachent à prix d’or.
Dans notre tableau, c’est un spirituel chaton qui pose affectueusement sa patte sur
l’épaule de sa maîtresse et semble partager sa lecture. Tout l’art onirique de Marie
Laurencin y est présent, suggéré par des détails ténus : la tête délicatement inclinée
de la jeune femme, le collier qui suggère la fête, les subtiles nuances de gris éclairées
par des roses lie-de-vin et des blancs purs. » Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 15. Marie LAURENCIN (1883-1956)
Musique
Huile sur toile.
Signée en bas à droite.
Inscription au dos du châssis « Musique ».
38 x 46 cm
Provenance :
Collection Pierre et Jeannine Consten.
Bibliographie :
Daniel Marchesseau, Marie Laurencin catalogue raisonné de l’oeuvre peint, Éditions
du musée Marie Laurencin, Japon,1986, n°1178 p 478.
On y joint un certificat de M.Bénézit en date du 9 juillet 1968.
« Dans ses portraits, Marie Laurencin écarte toute emprise extérieure, toute allusion
trop précise à un événement public ou privé aux objets matériels du quotidien qui
fascinent ses confrères cubistes. Les seuls accessoires qu’elle utilise pendant un
demi-siècle sont toujours les mêmes : les instruments de musique (mandoline et
guitare), l’éventail, le miroir à main, des rubans, des fleurs : seul est suggéré un
délicat sentiment onirique, celui que lui inspire les êtres et plus particulièrement les
jeunes filles, les animaux, la nature.
Le titre inscrit par l’artiste au dos du châssis, « Musique », confère au tableau une
valeur allégorique. Il rappelle l’importance de la musique dans la vie de Marie et
sa collaboration à un célèbre ballet : les décors et les costumes « Les Biches » pour
les ballets Russes de Diaghilev (1924). Mais elle travailla aussi à d’autres ballets :
ceux d’Henri Sauguet, « L’éventail de Jeanne » ; Le déjeuner sur l’herbe musique
de Joseph Lanner, par la Compagnie des Champs-Élysées ainsi que pour le ballet
« Dominique et Dominique » (argument de Jean Davray). » Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 3. Marie LAURENCIN (1883-1956)
Tête de femme au noeud de velours. 1925
Lithographie en couleurs. Epreuve signée en bas à
gauche. (Marchesseau 88)
16 x 12,5 cm. Feuillet : 24 x 19 cm.
(Légèrement jaunie, bords tendus au verso par une
bande brune, quelques plis ondulés).
Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 2. Marie LAURENCIN (1883-1956)
Joueuse de mandoline. 1928
Eau-forte en couleurs. Epreuve signée en bas à droite,
numérotée 38/100. Cadre.
(Marchesseau 132, ét.def.)
17,5 x 23 cm. A vue : 21 x 27 cm.
(Jaunie, infimes taches. Petites marges). Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 11. MARIE LAURENCIN (1883-1956)
Trois jeunes filles et un chien
Crayon sur papier.
Monogrammé en bas vers le centre.
26 x 20 cm. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 18. Jacques VILLON (1875-1963)
Mougins, 1944
Huile sur toile.
Signée en bas à gauche.
73 x 100 cm.
Provenance :
– Collection Pierre et Jeannine Consten.
– Galerie Louis Carré, 10 avenue de Messine, Paris 8e (étiquette au dos).
Expositions :
– New York, « Selected paintings from its permanent Collection of Louis Carré
Gallery », 1951, n°2
-New York, « Duchamp Frère et Soeurs, OEuvres d’Art », Rose Fried Gallery, 25
février-mars 1952, n°2
– Vienne, « Léger, Gromaire, Villon, Kupka », Galerie Würthle, mai-juin 1952, n°1
– Oslo, « Jacques Villon », Künstnernes Hus, 14 novembre 1959- 3 janvier 1960, n°36
– Bergen, « Jacques Villon, Malerie », Bergens Kunstforenings, 15 janvier – 7 février
1960, n°32
– Stockholm, « Jacques Villon, Malerie och Grafik, 1902-1959 », Moderna Museet,
mars 1960, n°41
– Musée Galliera Paris, Dix ans de Biennale de Menton, 1960 », n° 10 du catalogue
(étiquette au dos).
– Galerie Charpentier (76 rue du Faubourg Saint Honoré, Paris), étiquette au dos.
Jacques Villon, peintre, est l’aîné de la plus insolente fratrie d’artistes du 20e siècle :
Raymond Duchamp Villon (1876-1918), le sculpteur du célèbre Cheval majeur ;
Marcel Duchamp (1887-1968) le radical avant-gardiste des Ready-Made et enfin la
femme-peintre Suzanne Duchamp (1889-1963). Il appartient à la première génération
des peintres cubistes et est en 1912, l’un des fondateurs de la Section d’Or ou Groupe de
Puteaux avec Gleizes, Metzinger, Léger, La Fresnaye qu’il réunit -entre autres- dans
son atelier de Puteaux. Villon expose en 1913 à l’Armory Show et connaît un premier
succès aux États-Unis.
Jacques Villon sera fidèle toute sa vie au cubisme cézanien et à la décomposition/
recomposition par plans. Il frangera avec la géométrie abstraite autour de 1920. La
singularité de Villon est une profonde réflexion sur les possibilités émotives et
constructives de la couleur et de leur emploi d’après le cercle chromatique : il s’était
plongé dans les années vingt dans les traités scientifiques sur la couleur (Théorie
scientifique des couleurs, par Ogden Nicholas Rood et Auguste Rosenstielh, 1881). Sa
palette changea alors complètement, devenant très lumineuse et limitée aux couleurs
du prisme.
L’année 1944 est particulièrement faste pour Villon qui bénéficie de sa première
exposition à la galerie Carré, cette dernière s’occupant exclusivement désormais de son
oeuvre.
Mougins, 1944 illustre l’intérêt du peintre pour le paysage, initié dès son exode en
Normandie en 1940, après l’occupation de Paris. Dans une reconstruction synthétique
par plans colorés (et en application de la théorie de la valeur spatiale des couleurs),
Villon assemble le village provençal de Mougins, la végétation dense des oliviers et
les reflets végétaux dans l’étang de Fontmerle. En point focal, émerge du ciel jaune le
clocher carré de la chapelle Notre-Dame de Vie (qui jouxtera le futur mas de Pablo et
Jacqueline Picasso, leur dernière résidence).
La Galerie Louis Carré conserve une huile sur toile Notre-Dame de vie, 1944. Villon
s’était déjà intéressé au travers de deux eaux-fortes à ce même motif dès 1934 -La
blanchisserie entre Cannes et Mougins et La plaine entre Cannes et Mougins.
Expositions :
– New York, « Selected paintings from its permanent Collection of Louis Carré Gallery », 1951, n°2
– New York, « Duchamp Frère et Soeurs, OEuvres d’Art », Rose Fried Gallery, 25 février-mars 1952, n°2
– Vienne, « Léger, Gromaire, Villon, Kupka », Galerie Würthle, mai-juin 1952, n°1
– Oslo, « Jacques Villon », Künstnernes Hus, 14 novembre 1959- 3 janvier 1960, n°36
– Bergen, « Jacques Villon, Malerie », Bergens Kunstforenings, 15 janvier – 7 février 1960, n°32
– Stockholm, « Jacques Villon, Malerie och Grafik, 1902-1959 », Moderna Museet, mars 1960, n°41
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Tapisseries, commodes et porcelaines anciennes
À de rares exceptions près, les meubles et objets d’art du couple Consten montrent un goût plus classique. « Ils correspondent à leur volonté de se constituer un décor pour recevoir », avance Emmanuel Farrando. On peut imaginer l’effet dans un appartement des trois immenses tapisseries des Gobelins (entre 8 000 et 20 000 euros), de la délicate pendule à l’éléphant d’époque Louis XV (15 000 à 20 000 euros) ou de la table de milieu en bois doré d’époque Louis XIV (4 000 à 6 000 euros). Et sur les commodes laquées ou marquetées (trois modèles, entre 5 000 et 12 000 euros) étaient peut-être disposées la collection de porcelaines chinoises des XVIIe et XVIIIe siècles. « Ils fréquentaient les galeries et choisissaient leurs pièces avec soin », souligne le commissaire-priseur, qui a également sélectionné parmi les 88 lots quelques pièces d’argenterie ou de cristal. C’est aussi en débutant sa préparation de la vente de livres de juin qu’il a pu évaluer cette démarche car « Pierre Consten essayait de trouver la meilleure édition de chaque livre, et l’apportait ensuite à un très bon relieur, c’est une démarche d’esthète autant que de bibliophile ».
Enchérir | Consultez le catalogue de la vente de la collection Pierre & Jeannine Consten sur interencheres.com ou auction.fr
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 77. MANUFACTURE ROYALE DES
GOBELINS
Le Printemps
Tapisserie en laine et soie.
Époque début du XVIIIe siècle, vers
1720.
268 x 368 cm.
(Usures, notamment dans les drapés
des enfants jardiniers, réduite dans sa
hauteur).
Une tapisserie du même sujet est illustrée in
Jacqueline Boccara, Ames de laine et de soie,
éditions Monelle Hayot, 1988, page 267. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 76. MANUFACTURE ROYALE DES
GOBELINS
L’Hiver
Tapisserie d’entrefenêtre en laine et
soie.
Époque début du XVIIIe siècle, vers
1720.
269 x 186 cm.
(Quelques décolorations en bordure). Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 78. MANUFACTURE ROYALE DES
GOBELINS
Le Grand Printemps
Tapisserie en laine et soie.
Époque XVIIIe siècle, vers 1720.
191 x 500 cm.
(Réduite dans sa hauteur).
Provenance : Galerie Boccara.
Illustrée in Ames de laine et de soie, par
Jacqueline Boccara, éditions Monelle Hayot,
1988, page 269 Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 66. Commode à façade cintrée à décor marqueté de compositions florales et fleurs de
jasmin en ivoire. Au centre du plateau, un vase central posé sur un entablement à
mascaron de vieillard barbu, est flanqué de rinceaux fleuris, torches enflammées et
oiseaux. Un large bouquet floral animé d’oiseaux en vol sur les côtés vient compléter
le décor marqueté de fleurs et masques à la coiffe de plumes en façade.
Elle ouvre par cinq tiroirs sur quatre rangs séparés par des traverses, les montants
arrondis à cannelures simulées reposant sur des pieds droits.
Époque Louis XIV, début du XVIIIe siècle.
H : 84 cm – L : 117 cm – P : 63 cm.
(Probablement en partie re-marquetée, ornements en bronze doré rapportés,
soulèvements, manques et fentes, pieds refaits).
Une commode semblable, attribuée à Auburtin
Gaudron (sic), fut adjugée à Londres (Bonhams,
Londres, 27 juin 2006, lot 268).
Deux autres commodes, semblables et à quatre
rangées de tiroirs, peuvent également être
mentionnés :
– Ader-Picard-Tajan, 9 décembre 1981, Paris
Hôtel Georges V, lot n°316.
– Christie’s Londres, 9 décembre 1993, succession
Earl Amherst, lot n°156.
Ce décor marqueté se retrouve également sur
des bureaux à huit pieds, dits Mazarin. Citons
notamment un bureau attribué à Renaud
Gaudron dont la composition du plateau reprend
celle de la commode que nous présentons
(Océanes Enchères, 5 février 2022, Le Havre).
Un vase central posé sur un entablement orné
d’un masque de vieillard barbu. Quelques fleurs
de Jasmin en ivoire se détachent également de la
composition.
Renaud Gaudron fut formé dans l’atelier de son
père Aubertin Gaudron, puis devint maître avant
juin 1684 lorsque sa mère lui céda la charge de
menuisier ordinaire de la duchesse d’Orléans
ayant appartenu à son père.
A la mort de Pierre Gole, Renaud Gaudron devint
fournisseur du Garde Meuble de la Couronne dès
le 8 juin 1686 puis des Menus Plaisirs à partir de
1698. La première commode fut enregistrée au
Garde Meuble de la Couronne le 28 octobre 1695,
livrée par Gaudron pour le service du château de
Marly et entra dans l’Inventaire général sous le
numéro 487.
Gaudron compta parmi son illustre clientèle
Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth,
maîtresse du roi d’Angleterre Charles II.
Bibliographie :
– ALCOUFFE, D., BELLAIGUE, G. de, Le
règne de Louis XIV, Le mobilier français de la
Renaissance au style Louis XIV, coll. Antiquités
& Objets d’art, Paris, ed. Fabri, 1991.
– DEMETRESCU, C., Les ébénistes de la
Couronne sous le règne de Louis XIV, La
Bibliothèque des Arts, Lausanne, 2021.
– LUNSINGH SCHEURLEER, Th. H., Pierre
GOLE, Ebéniste de Louis XIV, éditions Faton,
Dijon, 2005.
– VERLET, Pierre, Le Mobilier royal français,
Paris, t. III, 1994, p. 21-23. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 65. Pendule à l’éléphant en bronze à patine brune et bronze ciselé et doré, le mouvement inclus dans un
cylindre tambour signé GALLOIS à Paris. Cadran émaillé blanc à chiffres romains et arabes également
signé GALLOIS à Paris. Mouvement à fil.
Base de forme chantournée à décor ajouré d’un tertre rocaille. Elle est sommée d’un angelot tenant une
tablette.
Signée sur la base St GERMAIN.
Époque Louis XV.
H : 49 cm – L : 36 cm – P : 15 cm.
(Une aiguille accidentée, petits éclats à l’émail du cadran).
Reçu maître fondeur en terre et en sable le 15
juillet 1748, Jean-Joseph de Saint-Germain (1719-
1791) jouissait du privilège de l’ouvrier libre,
qui lui permettait d’être aussi bien bronzier
qu’ébéniste. Actif de 1742 à 1776, il commença à
commercialiser ce modèle peu avant 1747.
Il fournissait des caisses de pendules aux
meilleurs horlogers de son époque : Etienne
Lenoir, Julien Le Roy et Jean-Philippe Gosselin.
Saint-Germain était aussi célèbre à son époque
pour son cabinet de curiosités et sa passion pour
la botanique, thèmes que l’on retrouve dans sa
production.
Des bronziers tels que Caffieri ou Saint-Germain
créèrent de nombreux chenets ou pendules sur le
thème de l’exotisme interprétés par des animaux
tels que l’éléphant, le rhinocéros ou la perruche.
La pendule à l’éléphant de Saint-Germain fait
partie des pièces les plus symboliques de ce goût.
Il se présentait d’ailleurs ainsi dans son annonce
: «Saint-Germain, maître fondeur, ciseleur et
modeleur fait et vend toutes sortes
de boetes pour dorer en or moulu
ou en couleur d’or, comme
bronze, boete elephantes,
à lion, à taureau et autres,
fait les desseins, et
modelles en cire, le tout
à juste prix.».
Parmi les modèles identiques signées Saint-
Germain, citons notamment :
– Une pendule avec le cadran signé Moisy à Paris
illustrée in Vergoldete Bronzen, H. Ottomeyer
und P. Pröschel, vol. I, Munich, 1986, p. 123, fig.
2.8.3.
– Une pendule avec une boîte à musique, qui
appartint à la collection Bodenstein, Berlin, 6-7
avril 1909, lot n°79.
– Une pendule avec le cadran signé Julien Le Roy,
vente Christie’s Londres, 16 avril 2014, lot 6.
– Une pendule avec le cadran signé Julien Le Roy,
Sotheby’s Paris, 5 novembre 2014, lot 195.
Parmi celles du même modèle dans les collections
publiques, citons :
– Une pendule avec le cadran signé Viger à Paris,
offerte par les princes de Ligne au Trésor de la
cathédrale de Tournai.
– Une pendule acquise par le Gardemeuble
impérial en 1865 pour le Château de
Fontainebleau.
Enfin, une pendule, très certainement de modèle
identique, fut prisée 108 livres dans l’inventaire
après décès de la duchesse de Brancas en 1784 : «
Une pendule en cartel du nom de Jean-Baptiste
Baillon montée sur un éléphant surmontée d’un
petit amour ».
François Gallois fut reçu maître horloger en
1746 ; il exerça rue Sainte-Croix à partir de 1754
jusqu’à son décès en 1775.
Bibliographie :
– H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete
Bronzen, vol. I, Munich, 1986, p. 123, fig. 2.8.3.
– Tardy, La pendule française, Ier Partie : De
l’Horloge gothique à la Pendule Louis XV, 1967,
p.173.
– Tardy, dictionnaire des horlogers français, Paris,
1971.
– P. Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe
siècle, Editions Picard, Paris, 1999, p.192, fig. 219. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 64. Table de milieu rectangulaire en bois sculpté et redoré reposant sur quatre pieds en gaine
réunis par une entretoise en X. Les tabliers sculptés en leur centre d’une large coquille sur
fond de croisillons flanqués de feuilles d’acanthe. L’entretoise présente en son centre une fleur
de tournesol entourée de feuilles d’acanthe en enroulement.
Plateau de marbre veiné gris à bec de corbin.
Epoque Louis XIV.
H : 82 cm – L : 125 cm – P : 66,5 cm.
(Restaurations et éclats au plateau de marbre, éclats à la dorure). Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 62. Commode de forme arbalète à décor marqueté en laiton sur fond de bois
noirci ou ébène de cartouches ornés de rinceaux, vrilles et enroulements ;
le plateau à décor central d’un danseur sous un dais flanqué de personnages
grotesques, oiseaux exotiques, enroulements et rinceaux.
Elle ouvre par cinq tiroirs sur quatre rangs séparés par des traverses, les
montants ajourés en ressaut terminés par des pieds en sabot de biche.
Époque Louis XIV.
Ornementations en bronze anciennement doré, telles que poignées de
tirage et sabots rapportées.
H : 83 cm – L : 117 cm – P : 64 cm.
(Fonds refaits). Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 23/05/2023 : 69. Commode en cabinet en laque ou vernis, ouvrant par dix tiroirs de taille
différente sur quatre rangs séparés par des traverses. Chaque façade de
tiroirs à décor de paysages de pagodes or et incrustations de nacre sur fond
noir. Les côtés incurvés sont soulignés de panneaux à décor or sur fond
noir de paysages. Montants arrondis terminés par de petits pieds cambrés.
Ornementation en bronze redoré tels que chutes, entrées de clés, poignées
de tirage tombantes, tablier, sabots et écoinçons.
Epoque Régence.
Plateau de marbre de brocatelle d’Espagne à bec de corbin rapporté.
H : 88,5 cm – L : 121 cm – P : 53 cm.
(Usures et restaurations, certains ornements en bronze rapportés, serrures
rapportées, marbre restauré). Voir le lot