Le 28 octobre 2022 | Mis à jour le 28 octobre 2022

La commissaire-priseur Mathilde Vauprès dévoile les coulisses de ses ventes de souvenirs et véhicules militaires

par Diane Zorzi

Mathilde Vauprès est commissaire-priseur près de Granville, en Normandie, où elle exerce avec son associée Florence Rois. Le duo anime depuis trois ans des ventes aux enchères de véhicules et objets militaires d’exception datant de la Seconde Guerre mondiale. Ce rendez-vous incontournable des collectionneurs de souvenirs historiques sera mis en lumière le 29 octobre dans l’émission Grands Reportages de TF1. En avant-première, la jeune commissaire-priseur nous a ouvert les portes de son hôtel des ventes…

 

Devenue à l’âge de 26 ans la plus jeune commissaire-priseur de France, Mathilde Vauprès exerce depuis 2018 à Saint-Pair-sur-Mer et Vire, près de Granville, dans sa Normandie natale. Depuis trois ans, cette passionnée d’histoire organise avec son associée Florence Rois parmi les ventes aux enchères les plus spectaculaires d’objets et véhicules militaires de la Seconde Guerre mondiale. Alors que les deux commissaires-priseurs préparent la prochaine session, prévue le 20 novembre, cette spécialité sera mise en lumière le 29 octobre sur TF1 par les équipes de « Grands Reportages », lors de la rediffusion du premier épisode de l’émission « Commissaires-priseurs, passeurs d’histoires ». En avant-première, Mathilde Vauprès nous a ouvert les portes de son hôtel des ventes et confié la passion qu’elle nourrit au quotidien pour son métier de commissaire-priseur.

 

Les ventes d’objets et véhicules militaires que vous organisez depuis trois ans comptent parmi les rendez-vous incontournables des collectionneurs de souvenirs historiques. Qu’est-ce qui vous a amené à développer cette spécialité ?

Le hasard faisant souvent bien les choses, nous avons développé ces ventes suite à la rencontre de Frédéric Fourquemin et Matthieu Dumias, deux experts associés, le premier spécialisé en militaria, le second en véhicules militaires, qui souhaitaient réaliser des ventes aux enchères dans leurs domaines respectifs. Aujourd’hui, nous organisons quatre ventes par an de matériels et véhicules militaires. La plus marquante est certainement la vente que nous avons orchestrée à Roanne, près de Lyon, et qui a d’ailleurs retenu l’attention des équipes de tournage de l’émission Grands Reportages. Nous avons dispersé plus de mille lots en deux jours ! L’ensemble appartenait à un homme passionné qui a collectionné toute sa vie des véhicules et souvenirs datant de la Seconde Guerre mondiale jusqu’au conflit du Golfe. Il avait entreposé tous ses trésors dans un immense hangar. Nous sommes allés de surprise en surprise. Ses parents étaient les voisins de Charles de Gaulle. Aussi, la pièce phare de sa collection n’était autre que la dernière DS du Général ! S’il a préféré conserver ce véhicule historique en souvenir de sa famille, nous avons vendu une DS du parc de l’Elysée et d’autres véhicules d’exception.

 

Vous préparez actuellement la prochaine vente, prévue le 20 novembre à Grandcamp-Maisy, dans le Calvados. Quelles surprises nous réservez-vous pour cette nouvelle session ?

Cette vente va être folle ! Nous allons présenter notamment une machine Enigma dans un très bel état. Ces machines inventées par Arthur Scherbius lors de la Seconde Guerre mondiale sont extrêmement rares car elles ont pratiquement toutes été détruites sur ordre des Allemands lorsque les Alliés ont débarqué. L’autre pièce phare de la vente est un semi-chenillé allemand qui servait au transport des troupes, un véhicule extrêmement rare que nous avons estimé à plus de 200 000 euros. Et d’autres surprises sont à prévoir… ! 

Enchérir | Suivez la vente de militaria, automobiles et blindés de la Seconde Guerre mondiale le 20 novembre en live sur interencheres.com

 

Ces ventes doivent être particulièrement stimulantes pour une ancienne étudiante en histoire…

Oui, c’est ce qui m’a plu lorsque j’ai découvert le monde des enchères. On apprend chaque jour de nouvelles choses en expertisant les objets qui nous sont confiés, et au contact également des experts que nous sollicitons pour des domaines spécifiques. A l’origine, je souhaitais devenir professeur d’histoire. J’aimais l’idée de pouvoir transmettre des connaissances, et j’ai finalement retrouvé cet aspect dans le métier de commissaire-priseur.

 

Les commissaires-priseurs Mathilde Vauprès et Florence Rois lors de la vente de Roanne.

 

Comment avez-vous découvert le métier de commissaire-priseur ?

Je l’ai découvert lors d’un stage effectué en 2012 dans le cadre d’une bi-licence d’histoire et d’histoire de l’art auprès de Florence Rois qui n’est autre que mon actuelle associée. Lorsque j’ai eu mon examen d’accès au stage de commissaire-priseur, j’ai travaillé un an au sein de la maison Artcurial à Paris. J’y ai engrangé énormément de connaissances car je naviguais d’un département à l’autre, et partais fréquemment en inventaire. Mais j’ai rejoint dès la seconde année de stage l’étude de Granville avec laquelle j’avais découvert quelques années plus tôt le monde des enchères… Je suis originaire de Normandie et j’aime ma région. Il y a une réelle qualité de vie et je ne me voyais pas vivre ailleurs qu’au bord de la mer ! Mais surtout, j’aime le service de proximité qu’offrent les commissaires-priseurs installés en région, au contraire des grandes maisons de vente. A Saint-Pair-sur-Mer et Vire, nous sommes très proches de nos clients, acheteurs ou vendeurs, et ils continuent d’ailleurs à venir régulièrement en salle, même si les enchères sont de plus en plus actives sur internet. Cette proximité avec les gens est sans doute l’aspect qui me plaît le plus dans mon métier, avec l’expertise et l’animation des ventes. Le métier de commissaire-priseur est fascinant et regroupe les choses qui m’animent le plus, à savoir l’histoire et l’art, mais aussi le relationnel et le théâtre. J’aime être à la tribune. C’est le moment où tout se joue, après des semaines voire des mois de travail. Il faut tout donner !

 

La commissaire-priseur Mathilde Vauprès lors d’une vente aux enchères de véhicules militaires.

 

Quelles sont pour vous les principales qualités dont doit être doté un commissaire-priseur ?

Le commissaire-priseur doit être polyvalent et doté d’une grande capacité d’adaptation. Notre métier est particulièrement complet. Nous devons avoir un certain nombre de connaissances pour être en mesure d’expertiser au mieux les biens qui nous sont confiés. Les qualités relationnelles sont également primordiales. Il faut savoir animer une vente, être à l’aise avec un public, pour aller chercher les enchères. Enfin, nous sommes de véritables chefs d’entreprise. Nous devons gérer l’administratif, mais aussi manager une équipe qui, au sein de notre étude, compte dix salariés. Et puis le commissaire-priseur ne doit avoir peur de rien. Lorsque l’on prépare une vente, on ouvre les cartons, on manipule les objets, on les transporte… Il faut mettre la main à la pâte !

 

De nombreuses émissions télévisées dédiées aux enchères se sont développées ces dernières années. Avez-vous observé un impact sur la fréquentation de votre salle des ventes ?

Ces émissions incitent les personnes, qui n’osaient pas pousser les portes des hôtels de ventes, à venir nous rencontrer pour faire expertiser leurs objets, avec parfois à la clé de très belles découvertes ! Elles permettent de démocratiser l’accès aux ventes aux enchères. Lorsque les équipes de l’émission Grands Reportages nous ont contactés, nous n’avons d’ailleurs pas hésité. C’est une belle opportunité pour faire découvrir notre métier.

Enchérir | Suivez les prochaines ventes de la maison Rois & Vauprès sur interencheres.com

 

La commissaire-priseur Mathilde Vauprès lors du tournage de l’émission Grands Reportages de TF1.

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