Le 30 septembre 2020 | Mis à jour le 30 septembre 2020

La cote des verreries Daum

par Clémentine Pomeau-Peyre

Avec Gallé, le marché des verreries Daum est l’un des plus actifs, attirant des amateurs du monde entier. Les pièces de la célèbre manufacture, créée à la fin du XIXe siècle, cotent aujourd’hui de 20 à plusieurs milliers d’euros aux enchères, en fonction des techniques employées. Décryptage.

 

La verrerie Daum, c’est une histoire vieille de plus de 140 ans. Créée en 1878 par Jean Daum, l’entreprise s’est d’abord pleinement illustrée dans l’Art nouveau, ses décors floraux et ses lignes sinueuses. Pour Sylvie Teitgen, « Si Gallé représente la perfection technique et un certain classicisme comme on le qualifierait en peinture, Daum est davantage dans l’impressionnisme, dans la sensation et l’émotion ». Pour la commissaire-priseur d’AnticThermal, une des périodes de Daum les plus recherchées est bien celle des années 1900. Sa vente du 10 octobre prochain compte notamment un coffret de vases 1900 en verre gravé à l’acide et rehaussés d’or ou d’émail, en version miniature (estimé 4 000 – 6 000 euros), ensemble qu’il est rare de trouver complet : « ils sont souvent confondus avec des verres à liqueurs, mais il s’agit en fait d’échantillons pour les représentants de la marque ».

 

Des prix variant en fonction des techniques employées

La valeur des pièces 1900 est souvent corrélée aux techniques particulières employées par Daum dans ces années : pièces gravées à l’acide, émaillées et dorées, à fond martelé, avec des applications à chaud… Plus les techniques sont élaborées et s’éloignent d’une production standard, plus les collectionneurs (Français mais aussi Japonais et Russes pour cette période) s’y intéressent.

Pour exemple, un vase Paysage d’Automne en verre multicouche à décor dégagé à l’acide et émaillé, par Antonin Daum, estimé 14 000 à 16 000 euros dans la vente du 10 octobre prochain à Reims ou une coupe mise en vente à Besançon le 15 octobre prochain, en verre émaillé et doré de motifs de chardons et d’une croix de Lorraine (estimée 400-500 euros). A la tête de cette vente, Gérard Dufrêche souligne que le décor compte également pour beaucoup dans les choix des amateurs : « Si vous avez des arbres sous le vent, c’est bien, s’ils sont sous la pluie, c’est mieux, et si en plus il y a des champignons, le prix décolle ». Dans sa vente, il présente ainsi un flacon et une coupe ronde en verre gravé et émaillé de paysages forestiers hivernaux (estimés 1 200 à 1 500 euros), ainsi qu’un vase au décor très atypique de chauve-souris estimé 4 000 à 4 500 euros.

 

Flacon balustre en verre gravé et émaillé d un paysage forestier hivernal. Signé DAUM Nancy. Epoque 1900. Haut. 10,5. Estimation : 1 200 – 1 500 euros. En vente le 15 octobre à Besançon.

 

La cote des pâtes de verre

Mais Daum ne s’est pas concentrée uniquement sur le verre, et a également, tout au long de son histoire, fabriqué des pâtes de verre. Deux périodes principales pour cette technique : les années 1900, et les années 1980 à 2000, avec des pièces créées en collaboration avec des artistes. Une sculpture en pâte de verre bleu turquoise Œil de Pâques par Salvador Dali sera mise en vente la 11 octobre prochain à Saint-Germain-en-Laye, par l’étude De Rummel et Savidan (estimée 1 200 à 1 500 euros).

A noter pour les amateurs que le Crédit Municipal de Paris, dans sa vente Objets d’art du 8 octobre, soumettra aux enchères cinq pièces Daum, dont une pendule de table en cristal incolore à décor « au papillon » (estimation 80-100 euros), un cobra royal dressé en cristal incolore (80-120 euros) ou encore deux vases miniatures (9 et 9,5 cm) estimés chacun 140 à 180 euros.

 

Salvador Dali (1904-1989) & Daum Nancy. « Oeil de Pâques ». Sculpture en pate de verre bleu turquoise signée et justifiée 111/150, cachet DAUM. H. 24,5 cm. Estimation : 1 200 – 1 500 euros. En vente le 11 octobre à Saint-Germain-en-Laye.

 

Des pièces Daum accessibles dès 20 euros

Pour ceux qui souhaitent se lancer aujourd’hui dans une collection à budget modéré, Sylvie Teitgen recommande « les coupes et autres pièces en cristal étiré, une technique inventé par Michel Daum et qui a été utilisée dans les années 1950-1970. Elles commencent à avoir du succès en vente, en particulier en Europe du Nord où ce style épuré plaît. » Pour ce type de pièces, les estimations débutent autour de 20 à 50 euros.

La commissaire-priseur de Nancy véritable spécialiste de ce domaine qui est aussi son territoire géographique, qualifie le marché des pièces Daum de « très solide, avec de vrais amateurs, qui sont à 50 % des étrangers ». Point positif, ces verreries ont moins souffert de la diffusion de faux que les pièces de Gallé, « parce que c’était en-dessous du point de vue de la cote. Seuls quelques décors comme les marines ou les fleurs de tabacs ont été copiés ».

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Image en Une : Daum. Coupe à corps ovoïde cabossé formant carré à décor de prairie, de voiliers sur fond de paysage lacustre et de village vosgien. Épreuve en verre marmoréen vert et rose sur fond blanc. Émaux polychromes au naturel rehaussé de dorure sur fond de grisaille. Signé et situé Nancy à l’or. Haut. 11 cm. Adjugé à 13 728 euros par Philocale le 30 juin 2020 à Saint-Jean-de-la-Ruelle.

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