Le marché de l’art est de plus en plus sensible aux questions de provenance et de reconnaissance par les institutions. Les plus sourcilleux devraient être satisfaits par la vente OEP du 4 octobre.
« Avec cette vente, on repart en vacances ! » s’amuse Pierre-Guillaume Klein commissaire-priseur chez Ouest Enchères Public. Il propose effectivement au moins un week-end prolongé puisque la première partie de la vente se tiendra le samedi 4 octobre, et la seconde le lundi 6.
Certains lots de ces deux jours de vente bénéficient de provenances bien documentées. C’est le cas du tableau de Marin Marie, montrant un quatre-mâts sous voiles battant pavillon français vers 1930 (25 000 à 35 000 euros). Cette aquarelle et gouache sur papier vient de la famille de l’armateur maritime Alexandre Bordes. Elle a été commandée à l’artiste directement et est ensuite restée dans la famille. Fondée au XIXe siècle, la compagnie Bordes possédait des quatre-mâts barques réputés pour leur solidité, qui ont arpenté les mers jusqu’à l’avènement des cargos modernes après 1914.
Un autre peintre de la Marine est présent au catalogue : Mathurin Méheut, qui est à l’origine d’une série de six assiettes blanches et bleues à décor d’oursin, congres, langoustes, homard (300 à 500 euros) : « elles appartiennent à un service destiné à la maison Prunier, les traiteurs » précise le commissaire-priseur.
Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 04/10/2025 : Suite de sept chaises à dossier à la planche en bois mouluré, sculpté de branchages feuillagés, relaqué crème et rechampi bleu (usures et manques), reposant sur des pieds antérieurs en gaine et postérieurs en sabre réunis par des flasques.
Fin du XVIIIe siècle.
Haut. : 91 cm – Larg. : 45 cm – Prof. : 37 cm.
Nombreuses marques, étiquettes et numéros d’inventaire dont :
– Marque au fer : Pls des TUILES
– Marques au feu :
– Trois fleurs de lys dans ovale et TH.
– CP sous couronne fermée.
– Etiquettes :
– Des Tuileries OFers Salle à manger.
– Chateau des Tuileries 1829.
– Palais Impérial des Tuileries.
– Marques au pochoir :
– C8357
– 38059
– 8557
– 1342
Et diverses en partie illisibles.
Provenance :
– Palais des Tuileries durant le premier tiers du XIXe siècle
– Inventoriées au château de Compiègne en 1855, au nombre de six d’après l’inventaire.
8357 : six chaises en noyer, pieds carrés, dossiers à planche, fonds garnis en crin, couverture en maroquin vert, galon et clous dorés.
Elles sont alors localisées dans la salle à manger du logement de l’adjudant du palais situé au deuxième étage de la résidence (n°145, escalier E)
– Cinq chaises sortent des collections du château le 7 décembre 1880.
Référence :
Inventaire du château de Compiègne de 1855, Archives Nationales AJ/19/1112 à 1124.
Nous remercions Monsieur Etienne Guibert, Conservateur en chef du patrimoine au château de Compiègne pour les informations qu’il nous a aimablement communiquées.
Expertise réalisée par Monsieur Cédric HENON. Voir le lot
Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 04/10/2025 : Marin Marie Paul-Emmanuel Durand Couppel de Saint-Front dit Marin MARIE (1901-1987).
Quatre mâts barque sous voiles battant pavillon français, un vapeur en arrière-plan.
Aquarelle et gouache sur papier, signée en bas à gauche. Annotée au dos (auréoles, rousseurs, petits manques).
Vers 1930.
Dim. à vue : Haut. : 54 cm – Larg. : 74 cm
Provenance : Famille de l’armateur maritime Alexandre BORDES – cette œuvre a été commandée à l’artiste Marin-Marie et est depuis restée dans la famille.
Né à Saint-Hilaire-du-Harcouët en Normandie, il découvre très jeune les embruns et développe une double vocation : peindre les mers et les affronter à la barre. Dès les années 1930, il réalise des traversées transatlantiques en solitaire, dont l’une sur son voilier Winnibelle, tout en immortalisant la vie maritime dans une œuvre à la fois réaliste, lumineuse et technique.
Nommé Peintre officiel de la Marine en 1935, il met son art au service du patrimoine naval français. C’est dans ce contexte qu’il s’intéresse avec ferveur aux quatre-mâts de la Compagnie Bordes, célèbre armement français spécialisé dans le transport de nitrate entre le Chili et la France. Bien que Marin-Marie soit né après l’apogée de ces géants des mers, il trouve en eux une mémoire vive de la marine à voile : rigueur, élégance et épopée.
Fondée au milieu du XIXᵉ siècle, la Compagnie Bordes est l’une des plus illustres maisons d’armement françaises. Implantée à Bordeaux et Rouen, elle est dirigée par la famille Bordes — notamment Jean-Alfred Bordes (1815-1881) et son fils Adolphe Bordes — qui développe une flotte spécialisée dans le transport de nitrate du Chili, destiné à l’agriculture et à l’industrie chimique en Europe.
La compagnie se distingue par ses quatre-mâts barques, réputés pour leur solidité, leur ligne élégante et leur capacité à affronter les redoutables tempêtes du cap Horn. Naviguant entre l’Europe, l’Amérique du Sud et parfois l’Australie, ces voiliers imposants, aux noms évocateurs (Loire, Belem, Pourquoi Pas ?, Paraguay, La Touraine…), forment une flotte cohérente et fière qui domine encore les mers à l’aube du XXᵉ siècle.
Avec l’avènement de la propulsion à vapeur et des cargos modernes, l’activité décline après 1914, et les derniers navires Bordes disparaissent dans l’entre-deux-guerres. Marin-Marie, témoin de cette transition, redonne vie à ces géants de toile dans ses gouaches et aquarelles, souvent dramatisées par des ciels tourmentés et une mer en furie. Parmi ses œuvres notables figurent des vues du Loire ou encore de quatre-mâts pris dans la tempête, saluant ainsi le courage des marins et l’excellence d’un savoir-faire naval français disparu. Voir le lot
Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 04/10/2025 : Manufacture BAUSCHER WEIDEN d’après Mathurin MEHEUT (1882-1958) pour la Maison PRUNIER.
Suite de six assiettes en porcelaine blanche à décor polychrome en bleu figurant oursin, congre, homard, saint-pierre, langouste, sardines. Marquées au revers.
Diam. : 23.5 cm Voir le lot
Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 04/10/2025 : Sonia DELAUNAY (1885-1979).
Projet.
Gouache sur traits de crayon sur papier doublé sur carton monogrammée en bas à droite, portant le cachet rond : collection Robert Perrier – Sonia Delaunay. Sur le carton de support, à l’encre porte : projet Expo 1937 (Pliures).
Haut. : 32.5 cm – Larg. : 25 cm
Il pourrait s’agir d’un projet réalisé, commandé par ou proposé à Robert Perrier, par l’artiste d’après les décorations que Sonia Delaunay et son mari Robert exécutèrent pour le palais des chemins de fer lors l’exposition universelle de 1937 à Paris (Exposition internationale des arts et techniques appliquées à la vie moderne).
Expertise réalisée par Monsieur Irénée BRUN du cabinet PERAZZONE-BRUN.
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Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 04/10/2025 : École FLAMANDE vers 1700, suiveur de Jan BRUEGHEL le jeune.
L’entrée des animaux dans l’arche de Noé.
Huile sur cuivre (accidents, restaurations anciennes, parquetage décollé du support avec une section du cuivre disjointe).
Haut. : 66,5 cm – Larg. : 86 cm
Notre grand cuivre reprend la composition créée par Jan Brueghel l’ancien, dit de velours, conservée au Getty Museum à Los Angeles, datée de 1613 et dont il existe une reprise sur panneau par Jan van KESSEL, conservée au musée des Beaux Arts de Rennes.
Expertise réalisée par le Cabinet TURQUIN.
Un modèle similaire à notre œuvre se trouve au musée des Beaux-Arts de Pau. Voir le lot
Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 04/10/2025 : Atelier d’Alexandre ROSLIN (1718-1793).
Portrait de Monseigneur Charles-Antoine de La Roche Aymon, archevêque, Duc de Reims, grand aumônier de France (1697-1777).
Huile sur toile (restaurations anciennes, rentoilée, sans cadre).
Haut. : 80.5 cm – Long. : 64 cm
Le roi Louis XVI fut sacré dans la cathédrale de Reims le dimanche 11 juin 1775. Durant cette cérémonie, l’archevêque de Reims Charles Antoine de La Roche Aymon lui a remis les insignes de son pouvoir.
Un portrait en buste peint par Alexandre ROSLIN vers 1770 est conservé au musée des Beaux-Arts de Reims (inv. 868.11.1).
Un portrait réalisé par le même artiste vendu le 15/02/22 chez Artcurial sous le numéro 27, la chaise en arrière-plan semble proche du fauteuil représenté sur notre tableau.
Au salon de 1769 Alexandre ROSLIN présente un portrait de Charles-Antoine de la Roche Aymon alors archevêque de Reims et grand aumônier de France.
Un portrait par l’atelier d’Alexandre ROSLIN figurant le prélat sur le même fauteuil que le nôtre est conservé au California Palace of the Legion of Honor de San Francisco.
Une composition identique est conservée au musée du Palais du Tau de 1762.
Expertise réalisée par le Cabinet TURQUIN. Voir le lot
De châteaux en musées
Dans un tout autre style, la gouache sur traits de crayon sur papier par Sonia Delaunay (6 000 à 8 000 euros) vient de la collection Robert Perrier, fournisseur français de textiles haute couture et collectionneur d’art.
Une série de sept chaises à dossier à la planche en bois, de la fin du XVIIIe siècle (800 à 1 200 euros-, affiche également une origine prestigieuse : palais des Tuileries dans le premier tiers du XIXe cèle, puis château de Compiègne en 1855, avant se sortir des collections du château en 1880.
Le commissaire-priseur attire ensuite l’attention sur plusieurs objets possédant un double dans un musée français. A commencer par une composition par un suiveur de Jan Brueghel, école flamande vers 1700, qui représente l’entrée des animaux dans l’arche de Noé (huile sur cuivre, 3 000 à 5 000 euros) : « ce grand cuivre reprend la composition créée par Jan Brueghel l’ancien, dit de velours, conservée au Getty Museum à Los Angeles, datée de 1613 et dont il existe une reprise sur panneau par Jan van Kessel, conservée au musée des Beaux Arts de Rennes » ajoute Pierre-Guillaume Klein.
Quand au portrait de Monseigneur Charles-Antoine de la Roche Aymon, archevêque connu pour avoir remis les insignes de son pouvoir à Louis XVI au moment du couronnement (3 000 à 5 000 euros), huile sur toile présentée comme de l’atelier d’Alexandre Roslin, une copie identique est conservée au musée du Palais de Tau à Reims.