Les 7 et 8 août à Saint-Martin-des-Champs, dans le Finistère, les commissaires-priseurs François et Sandrine Dupont organiseront leur traditionnelle vente de prestige estivale. Cette année, une collection exceptionnelle d’orfèvrerie et objets d’art invite à renouer avec le goût des choses anciennes. Commençons par un voyage au XVIIIe siècle avec un coffret de senteurs…
De l’érudit au marchand, missionnaire ou explorateur, les routes d’Europe ont accueilli dès le XVIe siècle maints voyageurs, en quête de connaissances ou d’échanges. Les plus fortunés emportaient avec eux un « nécessaire de voyage », accueillant les ustensiles « nécessaires » à la toilette, au travail ou à la collation. Ces coffrets de voyage convoquaient le savoir-faire d’artisans ébénistes, tabletiers, laqueurs, verriers ou encore porcelainiers, et rivalisaient d’élégance. En témoigne le coffret de senteurs qui embaume depuis quelques jours les salles de l’hôtel des ventes de Saint-Martin-des-Champs. Avec son décor de scènes galantes, ses volutes ou coquilles rococo et ses scènes animées de personnages de la commedia dell’arte, l’objet caresse l’oeil, avant que le nez ne découvre les quatre flacons qui, nichés dans un intérieur capitonné, portent le parfum des voyages d’antan…
Un coffret de senteurs du XVIIIe siècle
Ce coffret en bois a été conçu autour de 1760, sous le règne de Louis XV. Il est recouvert de scènes animées, exécutées dans le style rocaille au moyen de la technique dite de l’ « arte povera ». Cette technique, connue également sous le nom de « lacca povera » (laque pauvre), fut mise au point en Italie au XVIIe siècle. Elle consistait à coller des gravures sur un support de bois peint dans un ton uni, avant de les recouvrir d’une dizaine de couches de vernis. Ce vernis, composé de sandaraque, une résine végétale extraite du cyprès de l’Atlas, permettait de fixer le décor et de l’homogénéiser en masquant les contours, pour donner ainsi l’illusion de figures peintes. A l’instar de la technique du « Vernis Martin » née à Paris en 1728, l’ « arte povera » fut élaborée pour concurrencer les laques de Chine et du Japon qui affluaient sur le sol européen par l’intermédiaire des compagnies européennes de commerce maritime. « La technique de l’arte povera s’est développée parallèlement à la laque française dite « Vernis Martin » sur de petits meubles volants ainsi que sur les objets de toilette, coffrets et boîtes », détaillent les commissaires-priseurs François et Sandrine Dupont.
Coffret à parfum dit coffret de senteurs. Travail français d’époque Louis XV, vers 1760. Dimensions du coffret : 10,5 x 12 x 12,5 cm. Estimé entre 600 et 800 euros.
Aussi élégants soient-ils, ces coffrets de senteurs étaient destinés à être utilisés et manipulés. Aussi, ils accueillaient un système de fermeture à serrure et à clés et l’intérieur était équipé de compartiments astucieusement délimités, afin d’optimiser l’espace et de protéger au mieux le contenu. « Ici, l’intérieur est capitonné de velours violet mettant en valeur et protégeant son contenu, poursuivent les commissaires-priseurs. Il regroupe quatre flacons en verre taillé au col resserré et cerclé d’argent recevant un petit bouchon ovale pincé en argent. Une coupelle à bord festonné et un entonnoir en argent complètent l’ensemble.»
Le goût des choses anciennes
Ce coffret à parfum est l’une des pièces maîtresses de la collection de « M. et Mme S. » que s’apprêtent à disperser aux enchères François et Sandrine Dupont. Ce couple de collectionneurs, qui se laissait guidé par « le goût des choses anciennes », a façonné en Savoie un écrin composé d’objets d’art rivalisant d’élégance et de raffinement.Largement tournée vers l’orfèvrerie savoyarde, la collection débuta avec une verseuse tripode en argent réalisée en 1787 par l’orfèvre parisien René-Pierre Ferrier. Mais elle rassemble, en somme, quelques témoins d’un temps où la beauté s’invitait en toute chose, à la table comme sur les routes..
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Verseuse tripode en argent. Paris 1787.
Maître Orfèvre : René Pierre Ferrier, reçu en 1775.
De forme balustre, les pieds patins à attaches en médaillon, le bec verseur couvert cannelé. Manche latéral en bois à pans. Le couvercle bombé à charnières et appui-pouce surmonté d’un bouton mouluré.
Poinçons de décharge : un coq, de contremarque : une mouche
Enfoncement sous la charnière de l’appui-pouce, sous un pieds, chocs.
Haut. : 22 cm
Poids : 605 g.
Provenance : Collection particulière, 1958.
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Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Paire de chandeliers. Chambéry 1713-1726.
Maître Orfèvre : Pierre François Dupuys, reçu en 1707.
Poinçon d’essayeur : Georges Rey, entre 1713 et 1726
Ils reposent sur une base hexagonale à ressaut, le fût et le binet à six pans encadrés de moulures et filets.
Haut. : 22, 8 cm
Poids : 1050 g.
Rare et beau modèle.
Le poinçon d’essayeur est ici le 1er poinçon de Georges Rey avant celui qu’il adoptera vers 1726 reprenant le poinçon royal surmontant la lettre R.
Provenance : Vente aux enchères, Limoges 1992.
Reproduits dans « Les orfèvres de Savoie » par Claude Cassan – Eléonore Paris – Extrait de la revue Art et Curiosité n°80. p. 24. Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Huilier en argent. Chambéry 1737-1759.
Maître Orfèvre : Antoine Caron, reçu en 1737.
Poinçon d’essayeur : Georges Rey, essayeur à Chambery entre 1726 et 1759
La base à contours reçoit des supports de flacons ronds moulurés. La prise à volutes terminée par un bouton reçoit sur sa base deux salières, aux couvercles à charnières en forme de coquilles. Complet de ses flacons et leurs bouchons en cristal taillé.
Haut. : 22,5 cm – Larg. : 21,5 cm
Poids : 450 g.
Reproduit dans « Orfèvrerie en Savoie » Catalogue d’exposition 1983 Dominique Richard et al. p.19-20. Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Verseuse tripode en argent. Chambéry entre 1773 et 1792.
Maître Orfèvre : Henry-Pierre Marchand, reçu en 1773
Poinçon d’essayeur : Hyacinthe Favre, essayeur à Chambery entre 1759 et 1792
De forme balustre, elle repose sur trois pieds à ressaut terminés par des patins à pans, les attaches en médaillon. Le bec verseur couvert en bec de canard se termine par une moulure. Le couvercle à doucine est surmonté d’une flamme. L’appui-pouce en forme de coquille monté à charnières sur une base moulurée. Manche latéral de forme balustre en bois tourné.
Elle est gravée d’un monogramme sur le corps.
Haut. : 20,5 cm
Poids brut : 474 g.
Reproduit dans le catalogue d’exposition « Orfèvrerie en Savoie » 1983 Dominique Richard et al. p.26-27. Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Verseuse tripode en argent. Chambéry 1765-1792.
Maître Orfèvre : Henry Chauvin, mentionné dès 1765 dans les registres, poinçon attribué en 1769.
Poinçon d’essayeur : Georges Rey, essayeur à Chambery entre 1726 et 1759 (à l’intérieur du couvercle) et Hyacinthe Favre, essayeur à Chambery entre 1759 et 1792 (sous la panse)
De forme balustre elle repose sur trois pieds à ressaut terminés par des patins à pans, les attaches en médaillon sont finement gravées de coquille et feuillages. Le bec verseur couvert en bec de canard est souligné de contours amatis. Il est orné en chute d’une feuille d’acanthe. Le couvercle à doucine souligné de filets reçoit un bouton de rose sur un tertre feuillagé. Appui-pouce en coquille terminé par un cartouche rocaille. Manche latéral de forme balustre en bois tourné.
Traces d’armoiries gravées. Un pied légèrement décentré.
Haut. : 23 cm
Poids brut : 583 g.
Reproduit dans le catalogue d’exposition « Orfèvrerie en Savoie » 1983 Dominique Richard et al. p.22-23. Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Cafetière égoïste en argent. Chambéry, entre 1824-1826.
Orfèvre : Claude- Joseph Cottin, reçu vers 1799.
De forme tronconique à fond plat souligné d’une moulure. Le bec verseur droit, le couvercle à doucine souligné d’une frise de raies de cœur, la prise en pomme de pin unie. Le manche latéral en bois tourné prolonge la hotte souligné d’une frise de raies de cœur.
Poinçonnée du second poinçon du maître.
Haut. : 9 cm
Poids : 131 g.
Reproduit dans le catalogue d’exposition « Orfèvrerie en Savoie » 1983 Dominique Richard et al. p.29. Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Huilier en argent. Paris 1775-1776.
Maître Orfèvre : Jean-François Villemsens, reçu en 1771.
Très beau modèle de forme navette, il repose sur quatre pieds à enroulement feuillagé et attache en forme de pampre. Les prises ajourées soulignées d’une guirlande de pampre et branches d’olivier. Les supports de flacons à décor ajouré de guirlandes et entrelacs moulurés. Les bouchons godronnés surmontés d’une petite pomme de pin. Complet de ses flacons en cristal taillé.
Poinçon de décharge : une tête de singe.
Haut. : 10 cm
Long. : 28 cm
Larg. : 16 cm
Poids : 1007 g.
Provenance : Galerie Polès & Cie à Paris. Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Paire de drageoirs en argent et vermeil. Chambéry, entre 1824 et 1860.
Orfèvre : Dunand ou F. Durand
Elle repose sur une base ovale à six palmettes et enroulements. La coupe en forme de coquille allongée terminée par une feuille d’acanthe. Le bord ourlé.
Elles sont gravées des initiales DPS sous le bord. Très légère déformation d’une palmette de la base. Elégance et finesse d’exécution.
Haut. : 7 cm
Long. : 16 cm
Larg. : 9,5 cm
Poids : 304 g.
Reproduits dans « Orfèvrerie en Savoie » Catalogue d’exposition 1983 Dominique Richard et al. p.36. Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Verseuse tripode en argent. Chambéry 1765-1792.
Maître Orfèvre : Henry Chauvin, mentionné dès 1765 dans les registres, poinçon attribué en 1769.
Poinçon d’essayeur : Georges Rey, essayeur à Chambery entre 1726 et 1759 (à l’intérieur du couvercle) et Hyacinthe Favre, essayeur à Chambery entre 1759 et 1792 (sous la panse)
De forme balustre elle repose sur trois pieds à ressaut terminés par des patins à pans, les attaches en médaillon sont finement gravées de coquille et feuillages. Le bec verseur couvert en bec de canard est souligné de contours amatis. Il est orné en chute d’une feuille d’acanthe. Le couvercle à doucine souligné de filets reçoit un bouton de rose sur un tertre feuillagé. Appui-pouce en coquille terminé par un cartouche rocaille. Manche latéral de forme balustre en bois tourné.
Traces d’armoiries gravées. Un pied légèrement décentré.
Haut. : 23 cm
Poids brut : 583 g.
Reproduit dans le catalogue d’exposition « Orfèvrerie en Savoie » 1983 Dominique Richard et al. p.22-23. Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Bretagne – Paris à Saint-Martin-des-Champs
le 07/08/2023 : Paire de drageoirs en argent et vermeil. Chambéry, entre 1824 et 1860.
Orfèvre : Dunand ou F. Durand
Elle repose sur une base ovale à six palmettes et enroulements. La coupe en forme de coquille allongée terminée par une feuille d’acanthe. Le bord ourlé.
Elles sont gravées des initiales DPS sous le bord. Très légère déformation d’une palmette de la base. Elégance et finesse d’exécution.
Haut. : 7 cm
Long. : 16 cm
Larg. : 9,5 cm
Poids : 304 g.
Reproduits dans « Orfèvrerie en Savoie » Catalogue d’exposition 1983 Dominique Richard et al. p.36. Voir le lot