Le 7 septembre 2021 | Mis à jour le 20 septembre 2021

L’éternel come-back du vinyle

par Clémentine Pomeau-Peyre

Ils auraient pu être enterrés à l’arrivée des CD ou par l’essor des plateformes de streaming musicale. Mais non, les vinyles résistent à tous les assauts de la modernité. Leur secret ? Un son unique, un catalogue inépuisable, des pochettes travaillées… Tour d’horizon d’un marché en plein essor à travers les prochaines ventes de vinyles organisées à Nantes, Rennes et Albi.

 

« L’année dernière, aux Etats-Unis, le marché du vinyle a dépassé celui du CD en termes de ventes, neuf et occasion confondues », se réjouit Maurice Diouf. L’expert des deux ventes Musicalia organisées par Philippe Amigues à l’Hôtel des Ventes du Tarn les 9 et 10 septembre souligne également qu’en France, ce marché se développe très bien.

 

Un marché en plein essor

Près de 6 000 disques, vendus à l’unité ou en lots, seront dispersés en deux jours. C’est un ensemble composé de plusieurs collections, mais avec une dominante, issue d’un ancien DJ. Au programme notamment, Serge Gainsbourg, Histoire de Melody Nelson (estimé 100 euros), un coffret de trois albums solo All Things must pass de Georges Harrison (estimé 80 euros), l’album If you can believe your eyes and ears par The Mamas and the Papas (estimé 80 euros) ou différents opus de James Brown (estimés de 50 à 80 euros). « Le genre qui fonctionne le mieux, c’est le blues, et plus largement la musique que l’on pourrait qualifier de niche, concernant des petits groupes peu connus, mais qui passionnent les collectionneurs », constate Maurice Diouf. Il qualifie ses estimations de « raisonnables », soulignant que pour les pièces rares, les prix grimpent souvent mais la porte reste ouverte à de très bonnes affaires. Dans ces deux ventes-fleuves, tous les styles de musique auront leur moment de gloire : rock, pop, métal, soul, blues, country, disco, jazz… et jusqu’aux chanteurs de variété française Antoine, Eddie Mitchell, les Forbans… De quoi plaire à tous !

 

 

Un secteur plébiscité par les 40-60 ans

« Je suis étonné de voir certains acheteurs auxquels on ne s’attend pas du tout, des jeunes de 20 ans qui se passionnent pour des groupes de blues pointus, ou des dames de 70 ans qui viennent acheter des disques d’ACDC », s’amuse Maurice Diouf. Plus généralement, l’essentiel des acheteurs sont plutôt dans la tranche des 40-60 ans. Même constat du côté de l’étude Talma, à Nantes. David Richard, chargé de ces ventes, a pris pour habitude de mixer Design et disques vinyles : « ce sont souvent les mêmes acheteurs, des trentenaires ou quadragénaires ». Sa sélection présentée le 30 septembre prochain est assez complète : rock, pop, disco, métal et un peu d’électro. Mais le rock reste pour lui le thème le plus attrayant, et il avoue être parfois « surpris par les prix atteints par des classiques, Pink Floyd, Beatles, Stones… pourtant produits à de grands nombres d’exemplaires.»

Il propose dans la vente nantaise trois albums par Pink Floyd (estimés de 40 à 60 euros le lot) ou un autre trio de disques de Woodstock, rares dans un bel état, dont deux sont consacrés à Jimi Hendrix (estimés de 40 à 70 euros). Côté Beatles, il faut compter un lot de huit 45 T, estimés de 30 à 50 euros, et deux albums 33 T, Let it Be et Sergent Peppers (estimés de 25 à 40 euros les deux). Du côté des productions plus récentes, un ensemble de trois vinyles par Massive Attack est estimé de 70 à 120 euros. C’est un univers en expansion puisque « dans les magasins de type FNAC, il y a 10 ans, le vinyle n’occupait qu’un tout petit espace, et cela a bien changé ! Bien des groupes actuels sortent désormais leurs compositions en vinyles… », constate David Richard.

Autre vente à suivre avec attention, le 16 septembre, l’étude Ouest Enchères Publiques proposera à l’Hôtel des ventes de Rennes une belle série de lots de vinyles dans le cadre de sa vente entièrement consacrée à la musique : un lot de sept albums Pink Floyd estimé à 150-250 euros, ou un autre composé de huit vinyles par les Clash (estimé de 100 à 150 euros). Des petits prix pour ceux qui souhaitent débuter une collection, ou débusquer un enregistrement qu’ils ne connaissent pas encore.

 

 

Les critères d’estimation d’un disque vinyle

Pour les experts, la cote d’un disque tient beaucoup à la rareté de l’enregistrement. « Certains petits labels, en particuliers américains, ont produit des groupes soit peu connus, soit avant qu’ils ne percent, et leur musique n’a jamais été éditée ailleurs, ce qui fait de ces disques des raretés. On peut toujours avoir de belles surprises à l’écoute », expose Maurice Diouf. La pochette peut également avoir son importance, surtout lorsqu’il en existe plusieurs versions, pour différentes régions du monde. David Richard ajoute à ces précisions que « chaque disque est contrôlé visuellement, même si nous n’avons pas toujours le temps de les jouer, nous nous assurons de leur état. »

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