Nabis et maîtres hongrois : la collection Kostolany vendue au profit de l’Institut Pasteur

09/01/2026

La dispersion de la collection d’André et Françoise Kostolany, le 24 janvier par la maison de vente de Baecque, offre l’occasion de découvrir le travail de plusieurs peintres hongrois de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

 

Né en Hongrie en 1906, André Kostolany se destinait à l’étude de la philosophie et de l’histoire de l’art. Mais en 1924, son père l’envoie à Paris occuper la fonction d’agent de change… Il choisit alors de devenir un financier, mais n’oublie pas sa première vocation en devenant collectionneur. Une passion partagée par son épouse Françoise, elle même amatrice de beaux objets. Après le décès d’André, elle veille sur leur collection, décidant qu’après sa disparition (en 2025), le produit de la vente de tous leurs trésors irait à l’Institut Pasteur de Paris. De cette ensemble, la maison de Baecque & Associés a tiré en vente en six chapitres, de l’écrin de Madame à la riche bibliothèque.

 

La collection Kostolany.

 

József Rippl-Ronai, le Nabis hongrois

Le chapitre consacré à la peinture hongroise est à la fois l’héritage d’André Kostonaly et de son oncle Gyula Kosztolany Kann. « C’était un peintre, et nous avons d’ailleurs quelques toiles de lui, dont un autoportrait estimé 2 000 à 3 000 euros », décrit l’experte Elise Vignault. Elle ajoute que les œuvres hongroises de la collection ont majoritairement été réalisées en Hongrie, par des peintres de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. « József Rippl-Ronai par exemple est arrivé à Paris en 1887, mais il repart en 1900 et fait ensuite plusieurs aller et retours. Nous avons une douzaine de tableaux signés de sa main, il a parfois été surnommé le « Nabis hongrois » du fait de sa proximité avec ce mouvement », détaille l’experte. József Rippl-Ronai (1861-1927) est l’auteur d’un portrait au pastel sur carton de Paul Gauguin vers 1890 (20 000 à 30 000 euros) et d’une vue du Boulevard Montparnasse datée 1910 (30 000 à 50 000 euros).

 

 

Des œuvres de qualité muséale

Le plus ancien des peintres hongrois du catalogue est Laszlo Paal (1846-1879), qui est fréquemment rattaché à l’école de Barbizon. C’est dans cette ville à la lisière de la forêt de Fontainebleau qu’il s’installe en 1873. Il en sort probablement la toile du Promeneur dans la forêt de Fontainebleau daté vers 1870 (30 000 à 50 000 euros).

Vilmos Aba-Novák (1894-1941) est peut être le plus moderne de la sélection. Il s’inspire d’abord de József Rippl-Ronai et du post impressionnisme français, avant de s’intéresser au travail de Cézanne. C’est un peintre de paysage, de scènes de genre et de sujets populaires. Au catalogue de la vente de Baecque figurent notamment Blue’s Band (20 000 à 30 000 euros) ou Le bac passe la Tisza (8 000 à 12 000 euros), deux peintures à la détrempe sur panneau des années 1930.

« Un certain nombre des peintures proposées dans cette vente sont de qualité muséale, insiste Elise Vignault, dans le sens où des œuvres comparables sont exposées à la Galerie Nationale d’art Hongrois de Budapest. Les estimations sont très raisonnables pour des artistes reconnus en Hongrie et en France ».

 

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