Si janvier est le mois du blanc et août celui des plages, octobre semble bien être le mois de la déco ! C’est le meilleur moment pour arranger et enrichir un intérieur dans lequel passer ses soirées d’hiver, en chinant quelques belles pièces design.
Pour damer le pion aux grandes enseignes de mobilier, certains hôtels de vente n’hésitent pas à s’adapter pour séduire leur clientèle : « Notre vente Mon Intérieur Vintage Sixties Folies se déroule en nocturne, parce que nous nous adressons à des actifs, et nous offrons un petit buffet, pour créer une atmosphère conviviale ». Ainsi Jules Régis, de l’hôtel des ventes Valérie Régis à Deuil-la-Barre, se réjouit-il d’accueillir à nouveau, le 7 octobre prochain, « une clientèle de parisiens, qui apprécient l’esprit vintage, cocooning de ces ventes. »
L’idée est de leur permettre de se créer un intérieur vintage par petites touches, grâce à des meubles, objets ou tableaux de taille raisonnable, faciles à intégrer dans un appartement. Ces pièces de designers affichent des prix abordables : une enfilade dans l’esprit de Matégot ou une table Astro par Victor Wilkins estimées chacune de 150 à 200 euros, un lampadaire Verner Panton pour Louis Poulsen (500-600 euros), une série de miroirs scandinaves dont les estimations oscillent entre 60 et 150 euros, ainsi que des tableaux typiques des mêmes années, dans les tons bruns (une estampe de Bernard Buffet ou des huiles sur panneau issues du fond d’atelier d’Ivan Da Silva Bruhns estimées entre 150 et 200 euros).

Maître Nathalie Henriette, de Versailles Enchères, souligne également l’importance d’une gamme de prix accessible pour ce design destiné à servir au quotidien : « Dans notre vente du 5 octobre, Design Mobilier et Luminaires Vintage, nos estimations vont de quelques centaines d’euros à 8000 euros. » Dans cette gamme de prix sont proposés un lampadaire à crémaillère de Jacques Adnet (3 000-4 000 euros), du mobilier signé d’Alain Richard, des pièces par Le Corbusier (fauteuil bas LC1 estimé entre 1 300 et 1 500 euros)… « C’est une nouvelle clientèle, de jeunes actifs, qui viennent sur place ou participent en live, et retrouvent avec plaisir les meubles qu’ils ont connu durant leur enfance chez leurs parents ou leurs grands-parents. »


Le succès de ces ventes tient selon elle à la sélection des meubles et objets présentés : des meubles en bel état, et avec un aspect décoratif, mais assez épuré, « ce qui est tout à fait dans l’esprit des designers des années d’après-guerre, constamment en recherche sur l’optimisation de l’espace, avec par exemple des tables qui font table basse et haute. » Pour exemples, la table Monte et Baisse de Charlotte Perriand pour la Station les Arcs (900-1 100 euros), un petit bureau mural formant coiffeuse par Poul Cadovius (350-450 euros), des tables gigognes de Kai Kristiansen (350-450 euros), ou encore un canapé modulaire composé de trois chauffeuses et un angle, édité par Airborne vers 1960, en cuir noir (2 500-3 000 euros). Avantage non négligeable pour les acheteurs de ces pièces : elles peuvent être revendues quelques années plus tard lorsque l’on décide de passer des années 1960… à une autre décennie !


Du côté de Rennes, le 20 octobre, le design classique aura également sa place : table de Saarinen, siège Bertoïa, enfilade de Guermonprez, fauteuil Eero Saarinen, luminaire de l’éditeur Reggiani… Katy Criton, l’experte de la vente pour l’étude Jézéquel a choisit de mettre en valeur ces pièces aux côtés de sculptures et tableaux contemporains.


Autre tendance de ce marché du design : la couleur ! Elle s’invite facilement dans les intérieurs pour créer une ambiance plus pop. Pour acquérir cette petite touche de gaieté, il faut aller voir du côté de Saint-Martin-Boulogne le 12 octobre (étude Debacker et Richmond) : un fauteuil Pierre Paulin bleu Concorde F780 (300-450 euros) et une chauffeuse Djinn par Olivier Mourgue de 1965 recouverte de tissu orange (300-400 euros) y seront proposés. Ou encore à Versailles, le 5 octobre, avec une série de lampes de bureau vertes et oranges Luxo, dans le goût d’Arne Jacobsen (30-50 euros l’unité), une lampe à poser en plastique rouge éditée par Amilux (20-30 euros), ou encore un téléviseur jaune vif modèle Popsy par Schneider, vers 1970 (100-150 euros).

