Le 27 juillet 2020 | Mis à jour le 27 juillet 2020

Record mondial pour un Guide Michelin de 1900 adjugé en live à plus de 30 000 euros

par Diane Zorzi

Un exemplaire du premier Guide rouge Michelin publié en 1900 a été adjugé à plus de 30 000 euros, lors d’une vente aux enchères organisée le 24 juillet dernier à Clermont-Ferrand. Acquis en live par un chef étoilé français, il établit un nouveau record mondial pour cet annuaire emblématique de la marque au Bibendum.

 

Un objet de collection prisé des chefs étoilés français

A l’occasion de sa 20e édition, la vente estivale traditionnelle de l’étude Vassy et Jalenques, dédiée aux guides et objets Michelin, a établi un nouveau record. Un exemplaire du premier Guide rouge publié en 1900 s’est envolé à 26 500 euros, soit 33 549 euros frais compris, acquis sur le live d’Interencheres par un chef étoilé français. Le précédent record avait été enregistré en 2015 avec un guide adjugé à 22 000 euros hors frais. « En vingt ans, la valeur de ce millésime a pratiquement été multipliée par cinq », détaille le commissaire-priseur clermontois, Bernard Vassy. « Cette progression témoigne de l’attachement soutenu des collectionneurs, et en particulier des chefs étoilés, à la célèbre marque au Bibendum. En 2000, un exemplaire daté également de 1900 avait d’ailleurs été acquis autour de 5 500 euros par le grand chef étoilé Pierre Troisgros, à l’occasion de notre première vente Michelin. »

Aujourd’hui, de nombreux chefs arborent ainsi en devanture de leur établissement le précieux guide. « Exposer une collection de guides Michelin à l’entrée est valorisant pour le restaurant », explique Pierre Gabriel Gonzales, organisateur de la Convention internationale des collectionneurs Michelin et auteur du livre Les Objets de Michelin, paru aux éditions De Borée en 2014. « Les chefs ont ainsi pris l’habitude de conserver les guides dans lesquels leur établissement était répertorié, puis ils se sont pris au jeu et ont ainsi remonté petit à petit le temps. Il faut dire qu’il y a un réel effet collection car le guide a toujours conservé la même couleur et le même format depuis l’origine. Lorsqu’ils sont réunis, les guides forment un ensemble particulièrement harmonieux et cohérent. »

 

 

Un répertoire créé pour faciliter les trajets des automobilistes français

Prisé des chefs cuisiniers, le Guide rouge n’avait pourtant à sa création en août 1900 rien d’un annuaire gastronomique. Tirée à 35 000 exemplaires, la première édition était offerte « gracieusement aux chauffeurs », pour tout achat de pneumatiques. « En 1900, on compte sur le territoire environ 5 000 automobiles et traverser la France relève de l’aventure, poursuit Pierre Gabriel Gonzales. Les routes ne sont pas encore goudronnées, la signalisation est inexistante, de même que les stations service. Pour vendre leurs pneus, les frères Michelin ont ainsi l’idée de créer un guide pour dédramatiser le voyage de ville en ville. » Conçu sous la forme d’un livret publicitaire de 400 pages, le premier guide répertoriait alors les établissements utiles pour profiter de la traversée en toute sérénité. « On y trouvait les lieux pour remplacer ses pneus, les hôtels où faire halte, les garages pour réparer son véhicule, ou encore les épiceries où s’approvisionner en bidons d’essence. Les frères Michelin ont tout mis en oeuvre pour faciliter les voyages. En 1910, ils ont commercialisé les premières cartes routières au 1/200 000, avant de mettre en place les bornes Michelin. » Ce n’est finalement qu’en 1923 qu’apparaissent les précieux macarons, ancêtres des étoiles Michelin, dont on connaît aujourd’hui le pouvoir prescripteur.

 

Le Guide rouge : une valeur sûre

L’adjudication record enregistrée le 24 juillet à Clermont-Ferrand est particulièrement encourageante pour le marché de la collection qui, en dépit de la crise post-covid redoutée, semble avoir conservé tout son dynamisme. « J’espérais que nous dépasserions le précédent record de 2015, mais je ne m’attendais pas à un résultat aussi élevé, confie Pierre Gabriel Gonzales. Cela prouve qu’il existe des constantes dans le marché de la collection et la marque Guide rouge Michelin reste une valeur sûre, prisée principalement des Français, mais aussi des Belges, des Suisses, des Espagnols, des Italiens ou des Anglais qui sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser. » Il faut dire que le guide Michelin fait véritablement partie du patrimoine français, tant et si bien que de nombreux rêveurs espèrent en conserver encore un dans leur grenier. « Après l’annonce de ce nouveau record, j’ai reçu plusieurs appels de personnes qui pensaient détenir un exemplaire de ce précieux guide. Malheureusement, le guide a été réédité en 1989 et en 2000, sous forme de fac-similé, et il est très simple de différencier les exemplaires récents des originaux puisqu’au recto figure la mention de cette réimpression.»

Haut de page

Vous aimerez aussi

A Cannes, une vente en hommage à Jean Marais

Le 23 juillet 2020 | Mis à jour le 23 juillet 2020

Le 15 août à Cannes, se tiendra une vente en l’honneur de Jean Marais, personnalité influente dans le monde de l’art et du cinéma. La vacation proposera bronzes, lithographies et […]