Deux reliquaires Kota redécouverts in extremis en Touraine

23/09/2026

Deux trésors d’art africain seront vendus aux enchères le 17 octobre à l’Hôtel des ventes Giraudeau près de Tours. Leur propriétaire s’apprêtait à les donner à Emmaüs mais un message envoyé au commissaire-priseur Mériadec Dehen a tout changé.

Pendant l’été, le commissaire-priseur Mériadec Dehen reçoit un mail contenant une photo et une demande de renseignements. Son auteur souhaite savoir si les sculptures qu’elle possède sont bien du même genre que les deux reliquaires Kota vendus quelques mois plus tôt [Ndlr. ils ont été adjugés respectivement 37 200 et 31 000 euros] par l’Hôtel des ventes Giraudeau lors d’une vacation dédiée à une collection d’art africain, océanien et colombien. L’histoire est des plus savoureuses lorsque l’on sait que cette même propriétaire songeait, quelques heures plus tôt, à les donner à Emmaüs.

Un mail arrivé juste à temps

Mériadec Dehen remonte pour nous le fil de cette histoire : « J’appelle immédiatement Christian Njiensi, expert en arts d’Afrique, et nous nous rendons ensemble chez la propriétaire. À notre arrivée, nous découvrons non pas une, mais deux figures de gardien de reliquaire «Mbulu Ngulu » du peuple Kota Obamba, situé entre le sud-est du Gabon et le sud du Congo. Deux statues  héritées de son arrière-grand-père. »

Kota Obamba, Gabon, fin XIXe, début XXe, bois, laiton, cuivre. 50 x 26 cm.(fentes, abrasions, manques). Estimation : 3 000 – 4 000 euros.

Deux Mbulu Ngulu estimés entre 3 000 et 4 000 euros chacun

Les deux statues datent de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, et ont été réalisées avec du bois, du laiton et du cuivre. Elles sont chacune estimées entre 3 000 et 4 000 euros. L’une d’entre elles présentant, à la différence de l’autre, une bouche en forme de croissant de lune horizontal, a particulièrement intéressé l’expert Christian Njiensi : « La puissance de cette œuvre réside dans l’abstraction radicale de la figure humaine incarnée par ce Mbulu Ngulu et l’oxydation ancienne des feuilles métalliques, consécutive aux libations rituelles et offrandes reçues pour activer le lien avec les ancêtres et s’attirer leur bienveillance. »

Kota Obamba Gabon, fin XIXe, début XXe. Bois, laiton, cuivre. 57,5 x 33 cm. Estimation : 3 000 – 4 000 euros.

Isaak Soreau et Édouard Cortès également au programme

Au-delà de ces deux œuvres phares, la vente présentera également aux enchérisseurs une nature morte du XVIIe siècle attribuée à Isaak Soreau (1604-vers 1640), estimée entre 15 000 et 20 000 euros, et une vue de Paris de la main d’Édouard Cortès (1882-1969), estimée quant à elle entre 8 000 et 12 000 euros.

Enchérir | Suivez la vente de ces deux reliquaires le 17 octobre en live sur interencheres.com

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