Retrouvée dans une cave, une aquarelle d’un grand maître de l’art romantique sera vendue aux enchères à Paris

12/02/2026

La maison Villemur.art présentera, lors d’une vente le 17 février prochain à Paris, une aquarelle de Théodore Géricault (1791-1824) représentant l’un de ses sujets de prédilection : les chevaux.  Retrouvée dans une cave, cette œuvre du peintre romantique est estimée entre 20 000 et 30 000 euros.

 

Mise à jour après vente le 2 mars. L’aquarelle de Géricault a été vendue 496 650 euros (frais inclus) 

« La commissaire-priseur Catherine Villemur m’envoie la photo d’une aquarelle et, rapidement, je pense à un artiste dont l’œuvre m’est familière. Elle me présente ensuite l’œuvre à son étude : la puissance des volumes, inséparable du mouvement des formes, ainsi que le travail des lumières,  j’avais un monde devant les yeux, c’était celui de Théodore Géricault. » L’expert Patrice Dubois, le même qui a identifié Les Trois Amants (1817-1820) du même auteur, conservé aujourd’hui au Getty Museum à Los Angeles, indique aussitôt à Catherine Villemur que son aquarelle a sûrement été réalisée par le maître romantique du XIXᵉ siècle. Ce serait la première découverte d’une telle ampleur pour la jeune commissaire-priseur, qui a monté sa maison il y a seulement quelques années. Bientôt, la découverte d’un détail crucial lève définitivement le voile sur la paternité de l’œuvre. Les enchérisseurs pourront le constater de leurs propres yeux le 17 février lors de la vente Villemur.art à Paris. L’aquarelle est estimée entre 20 000 et 30 000 euros.


Une aquarelle oubliée dans une cave 

Alors que deux héritières vidaient une cave, elles sont tombées sur cette aquarelle représentant deux chevaux au champ et l’ont présentée à la commissaire-priseur Catherine Villemur : « J’ai reçu une photo de l’œuvre à Noël, puis je l’ai envoyée à Patrice Dubois, qui m’a répondu dans la foulée. » Les prémices d’une belle surprise.

 

Théodore Géricault, Rouen 1791 - Paris 1824, Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc, Plume, encre noire et aquarelle. Collé sur feuille (petit manque à gauche), Signé ou annoté en bas à droite à la plume et encre brune, Annoté à la plume sur la feuille de support en bas à droite Géricault, en haut N° 14, et en bas à gauche Chevaux Percherons, Hauteur : 25,3 - Longueur : 31,5 cm, Ancienne collection C. du Soulier ; resté dans la descendance jusqu’à ce jour. Estimation : 20 000 euros - 30 000 euros.
(Détail) Théodore Géricault, Rouen 1791 – Paris 1824, Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc, Plume, encre noire et aquarelle. Collé sur feuille (petit manque à gauche), Signé ou annoté en bas à droite à la plume et encre brune, Hauteur : 25,3 – Largeur : 31,5 cm, Ancienne collection C. du Soulier ; resté dans la descendance jusqu’à ce jour. Estimation : 20 000 euros – 30 000 euros.

 

Un peintre obsédé par les chevaux

Emporté à seulement 32 ans, probablement des suites d’une maladie vénérienne, Théodore Géricault aurait également souffert des conséquences d’un grave gadin à cheval pris quelques mois auparavant, qui l’avait laissé presque paralysé. Le peintre n’était pourtant pas novice en matière d’équitation et connaissait parfaitement les chevaux, omniprésents au début de sa carrière.

 

(Détail) Théodore Géricault, Rouen 1791 - Paris 1824, Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc, Plume, encre noire et aquarelle. Collé sur feuille (petit manque à gauche), Signé ou annoté en bas à droite à la plume et encre brune, Annoté à la plume sur la feuille de support en bas à droite Géricault, en haut N° 14, et en bas à gauche Chevaux Percherons, Hauteur : 25,3 - Longueur : 31,5 cm, Ancienne collection C. du Soulier ; resté dans la descendance jusqu’à ce jour. Estimation : 20 000 euros - 30 000 euros.
(Détail) Théodore Géricault, Rouen 1791 – Paris 1824, Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc, Plume, encre noire et aquarelle. Collé sur feuille (petit manque à gauche), Signé ou annoté en bas à droite à la plume et encre brune, Hauteur : 25,3 – Largeur : 31,5 cm, Ancienne collection C. du Soulier ; resté dans la descendance jusqu’à ce jour. Estimation : 20 000 euros – 30 000 euros.

 

Dès sa première participation au Salon en 1812, sa toile Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant lui vaut la médaille d’or (l’esquisse préparatoire sera vendue le 22 mars par Osenat Fontainebleau. Elle est estimée entre 300 000 et 400 000 euros). Ils occupent également une place majeure dans la dernière partie de son œuvre avec le chef-d’œuvre que constitue Le Derby d’Epsom (1821) du musée du Louvre.

 

Sur la piste de Géricault

Au-delà du style, c’est donc aussi le sujet représenté qui oriente l’expert vers la piste Géricault. « Nous ne nous sommes pas enflammés pour autant et avons procédé avec méthode », relate Catherine Villemur. En effet, rien dans les archives familiales ne permettait d’établir l’historique de l’aquarelle : « Les propriétaires savaient seulement qu’elle avait appartenu à leur grand-mère. En plus, à la mort de l’artiste, ses dessins et aquarelles ont été vendus par lots puis dispersés. Rendant encore plus difficile leur traçabilité.»

 

(Détail) Théodore Géricault, Rouen 1791 - Paris 1824, Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc, Plume, encre noire et aquarelle. Collé sur feuille (petit manque à gauche), Signé ou annoté en bas à droite à la plume et encre brune, Annoté à la plume sur la feuille de support en bas à droite Géricault, en haut N° 14, et en bas à gauche Chevaux Percherons, Hauteur : 25,3 - Longueur : 31,5 cm, Ancienne collection C. du Soulier ; resté dans la descendance jusqu’à ce jour. Estimation : 20 000 euros - 30 000 euros.
(Détail sur signature) Théodore Géricault, Rouen 1791 – Paris 1824, Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc, Plume, encre noire et aquarelle. Collé sur feuille (petit manque à gauche), Signé ou annoté en bas à droite à la plume et encre brune, 25,3 – Largeur: 31,5 cm, Ancienne collection C. du Soulier ; resté dans la descendance jusqu’à ce jour. Estimation : 20 000 euros – 30 000 euros.


Face à ces lacunes, Patrice Dubois a mené des recherches documentaires et constaté que l’aquarelle présente des similitudes de composition avec le tableau
Chevaux au pâturage, conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon et attribué au peintre romantique, mais également avec la lithographie Chevaux flamands, publiée dans la Suite de douze petites pièces. « Ce serait en quelque sorte la troisième pièce du puzzle », affirme-t-il. Un élément probant a finalement permis d’attribuer définitivement l’œuvre au peintre : « Nous avons confié l’aquarelle à un restaurateur afin qu’il retire délicatement le cache qui couvrait une infime partie de l’œuvre. Une fois le cache enlevé, une authentique signature de l’artiste est apparue en bas à droite. »

 

Un état de conservation presque parfait

Le rapport de condition révèle un état « quasi parfait », selon Patrice Dubois. “Les couleurs ont conservé tout leur éclat et leur fraîcheur”, précise Catherine Villemur. De surcroît, malgré un très léger manque à gauche, aucune autre trace de détérioration n’a été constatée. L’ensemble de ces éléments a permis d’établir une estimation comprise entre 20 000 et 30 000 euros, jugée « raisonnable et juste ».

 

(Détail sur signature) Théodore Géricault, Rouen 1791 - Paris 1824, Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc, Plume, encre noire et aquarelle. Collé sur feuille (petit manque à gauche), Signé ou annoté en bas à droite à la plume et encre brune, Annoté à la plume sur la feuille de support en bas à droite Géricault, en haut N° 14, et en bas à gauche Chevaux Percherons, Hauteur : 25,3 - Longueur : 31,5 cm, Ancienne collection C. du Soulier ; resté dans la descendance jusqu’à ce jour. Estimation : 20 000 euros - 30 000 euros.
Théodore Géricault, Rouen 1791 – Paris 1824, Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc, Plume, encre noire et aquarelle. Collé sur feuille (petit manque à gauche), Signé ou annoté en bas à droite à la plume et encre brune, Annoté à la plume sur la feuille de support en bas à droite Géricault, en haut N° 14, et en bas à gauche Chevaux Percherons, Hauteur : 25,3 – Largeur: 31,5 cm, Ancienne collection C. du Soulier ; resté dans la descendance jusqu’à ce jour. Estimation : 20 000 euros – 30 000 euros.

 

Elle pourrait intéresser le musée des Beaux-Arts de Dijon si l’institution souhaitait enrichir ses collections d’une nouvelle œuvre de Géricault. En décembre dernier, une huile sur toile intitulée Lionne rôdant s’est vendue 72 687 euros (avec frais) chez Sotheby’s à Londres, tandis qu’une Étude pour le Radeau de la Méduse avait trouvé preneur pour 95 650 euros (avec frais) chez Bonhams Cornette de Saint Cyr en 2024.

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