Le 17 avril 2026 | Mis à jour le 17 avril 2026

Roger Dérieux, un fonds d’atelier de 170 œuvres dispersé à Lyon

par Magazine des enchères

Le 30 avril à Lyon, la maison Artenchères consacrera une vente d’atelier à Roger Dérieux (1922-2015), peintre de la Nouvelle École de Paris. L’ensemble réunit 170 œuvres couvrant la période 1948-2012, entre peinture et collage.

 

« C’est le plus beau fonds d’atelier qui m’ait été confié à la vente », confie la commissaire-priseur d’Artenchères, Agnès Savart, pourtant habituée à ce type de dispersion. Réuni auprès de la famille de l’artiste, l’ensemble qu’elle s’apprête à présenter aux enchères retrace, de 1948 à 2012, le parcours de Roger Dérieux (1922-2015), une figure discrète de la Nouvelle École de Paris. La vente met en lumière une œuvre construite dans la durée, nourrie par les échanges artistiques et la proximité avec des figures comme Francis Picabia ou André Lhote.

 

Roger Dérieux, peintre de la Nouvelle École de Paris

Né à Paris en 1922, Roger Dérieux grandit dans un environnement où littérature et musique occupent une place centrale. Introduit très tôt auprès de Francis Picabia, il commence à peindre à ses côtés avant de se former à l’Académie de la Grande Chaumière et chez André Lhote. Installé rue de l’Université après-guerre, il expose au Salon des Moins de Trente ans aux côtés de Geneviève Asse ou Truphémus, puis à la galerie Drouand-David.

Sa carrière se développe rapidement, en France comme à l’étranger. Il participe à de nombreuses expositions et fréquente les grands salons parisiens. En 1950, il représente la France à Copenhague dans l’exposition « Levende Farver », aux côtés de Bazaine, de Staël ou Picasso. Il expose ensuite à Berlin, Düsseldorf, Genève, Prague ou New York. « Ses œuvres des années 1944-1955 portent clairement l’empreinte de cette atmosphère de la Nouvelle École de Paris », précise Agnès Savart. Il développe une peinture oscillant entre figuration et construction, avant d’élargir son vocabulaire au fil des décennies.

Proche de nombreux écrivains, Roger Dérieux développe en outre une œuvre traversée par la poésie. Il collabore notamment avec Francis Ponge, dont il illustre certains textes. « Un art sans tapage », écrivait ce dernier à propos de son travail, soulignant une approche retenue et constante.

 

 

170 lots retraçant plus de 50 ans de carrière

La vente rassemble 170 lots illustrant l’ensemble du parcours de l’artiste. Les premières œuvres, encore figuratives, puisent dans les paysages, les scènes urbaines ou les figures, avec une construction marquée par le cubisme. À partir des années 1980, Roger Dérieux se tourne vers le collage. « Le collage s’est révélé pour moi un espace de liberté », écrivait-il, évoquant un tournant dans sa pratique.

Ces compositions, régulièrement exposées dans les années 1990-2000, occupent une place importante dans la vente, aux côtés de peintures couvrant toutes les périodes. Les estimations s’échelonnent de 100 à 1 000 euros, avec une attention particulière portée aux petits formats, que la commissaire-priseur décrit comme « de véritables bijoux, d’une grande délicatesse ».

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