Top 10 des préemptions des musées français en 2025 sur Interencheres
De la préemption d’un portrait à l’huile de Jules Bastien-Lepage par le musée d’Orsay à celle, réalisée par le château de Versailles, d’un pastel d’Adélaïde Labille-Guiard, les institutions culturelles publiques ont joué un rôle de premier plan dans les maisons de ventes cette année, afin de garnir leurs collections de nouveaux chefs-d’œuvre. Florilège des plus belles préemptions et acquisitions réalisées lors des ventes organisées en 2025 par les commissaires-priseurs adhérents d’Interencheres.
1. Autoportrait d’Adélaïde Labille-Guiard préempté par le château de Versailles pour 843 800 euros
C’est un record. Le 17 décembre, la maison Tajan a présenté un Autoportrait (1782) au pastel d’Adélaïde Labille-Guiard, grande rivale d’Élisabeth Vigée Le Brun et, comme elle, l’une des rares femmes peintres admises à l’Académie royale de peinture et de sculpture au XVIIIᵉ siècle. L’œuvre a été préemptée par le château de Versailles pour 843 800 euros (frais inclus), dépassant largement son estimation haute fixée à 500 000 euros. Jusqu’alors, le record était détenu par un Portrait de la duchesse d’Aiguillon, vendu 657 000 euros (frais inclus) chez Sotheby’s Paris en 2018.

Adelaïde Labille-Guiard (1749-1803), Autoportrait, Pastel, 62 x 51 cm. Adjugé 843 800 euros (frais inclus) par Tajan le 17 décembre à Paris. Préempté par le château de Versailles.
2. Portrait d’Anne d’Autriche et de son fils Louis XIV des frères Beaubrun préempté par le château de Versailles pour 489 440 euros
Dépassant très largement son estimation (150 000 à 200 000 euros), ce Portrait d’Anne d’Autriche et de son fils Louis XIV (1644-1645), réalisé par les frères Charles et Henri Beaubrun, a été adjugé 489 440 euros (frais inclus) lors de la vente Osenat du 18 mai. Il a été préempté par le château de Versailles, ancienne demeure du Roi-Soleil, ici représenté dans sa jeunesse.

Charles et Henri Beaubrun (respectivement 1604-1692 et 1603-1677), Portrait d’Anne d’Autriche, régente de France et de son fils Louis XIV, 1644-1645, huile sur toile 194 x 155 cm. Adjugé 489 440 euros euros par Osenat le 18 mai à Versailles. Préempté par le château de Versailles.
3. Le bas-relief Femmes et chiens d’Ossip Zadkine préempté par le musée Zadkine pour 351 000 euros
Le musée Zadkine, situé rue d’Assas à Paris, a marqué les esprits le 28 novembre lors d’une vente Ader en préemptant le bas-relief inédit Femmes et chiens (1927) d’Ossip Zadkine (1888-1967), figure majeure du Cubisme, pour 351 000 euros (frais inclus). Le musée a également préempté le bas-relief complémentaire Trois cerfs (1927) pour 325 000 euros (frais inclus). Les deux œuvres ont largement dépassé leurs estimations, fixées entre 150 000 et 200 000 euros.

Ossip Zadkine (1888-1967), Femmes et chiens, XXᵉ siècle, bas-relief, 185 x 225 cm. Adjugé 351 000 euros (frais inclus) par Ader le 28 novembre à Paris. Préempté par le musée Zadkine.
4. Allégorie de la Poésie d’Élisabeth Vigée Le Brun préemptée par le musée Fabre pour 328 000 euros
Seconde œuvre d’Élisabeth Vigée Le Brun préemptée en 2025, cette Allégorie de la Poésie (1774) a intégré les collections du musée Fabre de Montpellier à l’occasion d’une vente Artcurial des biens de la malouinière du Bosc, près de Saint-Malo, le 23 septembre. Le tableau a quadruplé son estimation haute (80 000 euros) pour atteindre 328 000 euros (frais inclus).

Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Allégorie de la Poésie, 1774, huile sur toile, 80 x 65 cm. Adjugée 328 000 euros (frais inclus) par Artcurial le 23 septembre. Préemptée par le musée Fabre de Montpellier.
5. Le Portrait du comte de Provence d’Élisabeth Vigée Le Brun préempté par le château de Versailles pour 175 500 euros
Préempté par le château de Versailles lors de la vente De Baecque & Associés du 16 juin, ce Portrait du comte de Provence (1776), futur Louis XVIII, a été réalisé au pastel par l’académicienne et peintre à la cour de France, Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842). Estimé entre 50 000 et 80 000 euros, le dessin a finalement atteint 175 500 euros (frais inclus).

Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Portrait du comte de Provence, futur Louis XVIII, 1776, pastel sur papier, 70 x 58 cm. Adjugé 175 500 euros (frais inclus) par De Baecque & Associés le 16 juin. Préempté par le château de Versailles.
6. L’Allégorie du printemps de Jean Daret préemptée par le musée des Beaux-Arts de Marseille pour 133 350 euros
Les œuvres du peintre belge Jean Daret (1614-1668), rares sur le marché, ont incité l’État à profiter de la vente de Prunier Auction le 2 février afin de préempter Allégorie du printemps (1641) pour 133 350 euros (frais inclus). Le tableau a rejoint les collections du musée des Beaux-Arts de Marseille, non loin d’Aix-en-Provence où l’artiste mena l’essentiel de sa carrière.

Jean Daret (1614-1668), Allégorie du printemps, 1641, huile sur toile, 150 x 117 cm. Adjugée 133 350 euros (frais inclus) par Prunier Auction le 2 février. Préemptée par l’État pour le musée des Beaux-Arts de Marseille.
7. L’Annonciation de Friedrich Overbeck préemptée par le musée du Louvre pour 131 200 euros
Le musée du Louvre a préempté cette Annonciation (1820) de l’artiste allemand Johann Friedrich Overbeck (1789-1869) lors d’une vente organisée par la maison Tajan le 27 mars. Johann Friedrich Overbeck est l’un des plus éminents représentants du mouvement nazaréen qui aspirait au XIXe siècle à revitaliser l’art à travers les valeurs de la religion chrétienne. Cette œuvre inédite était restée dans la même famille pendant plus de 200 ans.

Friedrich Overbeck (1789-1869), L’Annonciation, XIXᵉ siècle, huile sur toile, 79 x 52 cm. Adjugée 131 200 euros (frais inclus) par Tajan le 27 mars à Paris. Préemptée par le musée du Louvre.
8. L’Atelier de la rue Jeanne-d’Arc de Raoul Dufy préempté par le musée Hyacinthe-Rigaud pour 120 900 euros
L’Atelier de la rue Jeanne-d’Arc (1942) de Raoul Dufy (1877-1953) a été préempté par la ville de Perpignan pour 120 900 euros (frais inclus) lors d’une vente dirigée par Christophe Joron-Derem le 25 novembre. La scène représente l’artiste et un modèle nu dans son atelier de la rue Jeanne-d’Arc à Perpignan, où Dufy s’était réfugié durant la Seconde Guerre mondiale. L’adjudication a largement dépassé son estimation, située entre 60 000 et 80 000 euros. Il s’agit de la première toile de l’artiste à intégrer les collections du musée Hyacinthe-Rigaud.

Raoul Dufy (1877-1953), L’Atelier de la rue Jeanne-d’Arc, 1942, huile sur toile, 37,5 × 95,5 cm. Adjugée 120 900 euros (frais inclus) lors d’une vente dirigée par Christophe Joron-Derem le 25 novembre à Perpignan. Préemptée par la ville de Perpignan pour le musée Hyacinthe-Rigaud.
9. La Communiante de Jules Bastien-Lepage préemptée par le musée d’Orsay pour 97 500 euros
À l’occasion d’une vente de la maison Ader le 27 mai dernier, La Communiante (après 1878) de Jules Bastien-Lepage (1848-1884) a été préemptée par le musée d’Orsay pour 97 500 euros (frais inclus). Sur cette toile, le peintre naturaliste représente sa filleule vêtue de sa tenue de cérémonie, afin de célébrer sa première communion. Le peintre à d’ailleurs ajouté en bas à gauche de la toile « Bon souvenir à ma petite Lucie ». Cette œuvre existe en deux exemplaires, le second étant conservé en Belgique, dans les collections du musée des Beaux-Arts de Tournai.

Jules Bastien-Lepage (1848-1884), La Communiante, vers 1875, huile sur toile, 52 x 38 cm. Adjugée 97 500 euros (frais inclus) par Ader le 27 mai à Paris. Préemptée par le musée d’Orsay.
10. Portrait de Jean-Paul de Saumeur préempté par le musée national de la Marine pour 84 500 euros
Ce portrait a été préempté par le musée national de la Marine lors d’une vente de la maison Millon le 30 octobre dernier. Marseillais né à l’aube du Grand Siècle dans une famille roturière et modeste, Jean-Paul de Saumeur (1597-1667) prend la mer en tant que matelot dans la marine marchande. Par la suite, tour à tour membre de l’Ordre de Malte et corsaire, il finit en 1638, à la demande du Cardinal Richelieu, par rejoindre la Marine royale. Tombeur régulier des Ottomans en Méditerranée, il devient Chevalier Paul et se fait anoblir en 1646. Personnage clé des forces navales françaises, notamment pendant la guerre franco-espagnole (1635-1659), il est nommé en 1654 Lieutenant-général des armées navales et Vice-amiral du Levant. Ce tableau, peint autour de l’année 1660, rassemble tous les signes extérieurs de sa distinction, et l’érige en modèle de réussite.

Anonyme, Portrait de Jean-Paul de Saumeur, dit le Chevalier Paul, vers 1660, huile sur toile, 217,5 x 147 cm. Adjugé 84 500 euros (frais inclus) par Millon le 30 octobre à Paris. Préemptée par le musée national de la Marine.