Trois lampes de l’artiste-orfèvre et designer français Serge Mouille dans un bel état de conservation seront présentées aux enchères le 30 mars à Rennes. Deux d’entre elles seront vendues au profit des Apprentis d’Auteuil.
Serge Mouille (1922-1988) fait partie des designers emblématiques de l’après-guerre. Orfèvre de formation, il s’oriente au début des années 1950 vers la fabrication artisanale de luminaires. Ce tournant vient avec la rencontre de Jacques Adnet, alors directeur de la Compagnie des Arts français, qui lui commande un grand luminaire pour sa clientèle sud-américaine. C’est la naissance du lampadaire trois bras, et surtout d’une vocation pour les lampes. « Ses créations, avec des lignes graphiques, du métal noir en contraste avec les couleurs vives de l’époque, des rotules dorées et des réflecteurs aux formes organiques évoquant coquillages ou sculptures sont rapidement devenues des classiques des Arts décoratifs », note la responsable de la spécialité design de Rennes Enchères Laura Lannuzel qui présentera le 30 mars aux enchères trois appliques murales de Serge Mouille estimées de 2 000 à 8 500 euros.

Un artiste exposé aux côtés de Charlotte Perriand et Jean Prouvé
En 1956, Serge Mouille rejoint la galerie parisienne de Steph Simon, où il expose ses création aux côtés de Charlotte Perriand, Jean Prouvé ou Isamu Noguchi. Il répond également à quelques commandes publiques, dont celles des universités d’Antony, de Strasbourg ou d’Aix-Marseille. Intéressé par les nouvelles techniques, il expose en 1961 au Salon des Arts ménagers une collection de luminaires combinant fluorescence et incandescence. De son vivant, les éditions de luminaires restent assez confidentielles, ce sont les pièces les plus recherchées actuellement. Sa famille reprend la production après son décès, et il est toujours possible de passer commande de modèles neufs.

Des prix solides pour les modèles anciens de Serge Mouille
Au catalogue de la vente de design du 30 mars, deux appliques affichent une même provenance. « L’applique modèle Antony (2 000 à 3 000 euros) et la grande applique à deux bras de lumières (7 500 à 8 500 euros) viennent d’une même collection. Elles datent des années 1960 et le produit de leur vente est destiné aux Apprentis d’Auteuil », détaille Laura Lannuzel. La première existe en plusieurs versions, soit avec un boîtier rectangulaire soit avec un boîtier rond, qui peut comporter un interrupteur comme ici, avec la lampe de Rennes Enchères.
La responsable de la spécialité design a moins d’informations sur la date de fabrication de la troisième lampe à deux bras pivotants, modèle créé en 1954 (7 500 à 8 500 euros). Assez proche de l’autre applique à deux bras, cette lampe fixée sur une platine carré était conçue pour offrir deux sources lumineuses indépendantes.

Les estimations restent raisonnables pour des pièces anciennes, qui sont « fragiles, elles se cassent facilement, et deviennent de plus en plus rares », souligne Laura Lannuzel. Une paire d’appliques Antony d’un autre modèle a été adjugé 28 000 euros en 2023, et une autre à deux bras de lumières a frôlé les 30 000 euros en 2024, les deux chez Piasa.
A noter qu’au catalogue de la vente de Rennes Enchères du 30 mars sont inscrits d’autres grands noms du design : Eileen Gray, Charlotte Perriand ou encore Pierre Paulin.