Un autoportrait de Karl Lagerfeld réalisé lors d’un happening aux enchères à Troyes

19/05/2020

Réalisé lors d’un happening en 2014, un autoportrait de Karl Lagerfeld sera présenté aux enchères par Léonard Pomez le 28 mai à Troyes. Estimé à plus de 8 000 euros, il fut offert par le couturier à l’un de ses plus proches collaborateurs.

 

En 2014, dans le cadre d’un numéro spécial Arty, le magazine Madame Figaro invitait six figures masculines de la scène artistique à s’exprimer sur une toile blanche, le temps d’un happening. Un exercice auquel Karl Lagerfeld (1933-2019), passionné de peinture et dessin, se prêta volontiers, réalisant sur une toile carrée d’un mètre de hauteur, son autoportrait, en quelques coups de pinceau. Cette scène culte fut immortalisée en une vidéo dans laquelle le grand couturier confie être « né avec un crayon dans la main », ou explique encore qu’il a choisi de se portraiturer car « c’était ce qu’il y avait de plus facile » – « j’avais le modèle sous la main », précise-t-il, amusé.

 

 

La toile, quant à elle, fut offerte par Karl Lagerfeld à l’un de ses plus proches collaborateurs. Estimée entre 8 000 et 10 000 euros, elle sera présentée aux enchères par Léonard Pomez le 28 mai prochain en live depuis l’Hôtel des ventes de Troyes.

Enchérir | Voir la toile de Karl Lagerfeld en vente le 28 mai

 

Karl Lagerfeld (1938-2019). Autoportrait Karl by Karl: Happening artistique réalisé pour le numéro spécial Arty de Madame Figaro. Gouache sur toile, signée et datée 2014. 100 x 100 cm. Estimation : 8 000 – 10 000 euros.

 

Un rare portrait peint par Joseph Marie Vien

Lors de cette vente, le commissaire-priseur présentera les plus beaux objets découverts à Troyes lors des Journées Nationales de l’Expertise, menées en janvier dernier dans toute la France par le groupe Ivoire. Aux côtés de la toile de Lagerfeld, les enchérisseurs pourront ainsi découvrir un lavis d’encre de Zao Wou-Ki (1921-2013), datant de 1972 et retrouvé dans les archives de l’artiste (estimé entre 15 000 et 20 000 euros), une massue de Polynésie du XIXe siècle, en bois lourd et haute de 145 cm (estimée entre 6 000 et 8 000 euros), un Coran ottoman venant de Turquie (estimé entre 3 000 et 4 000 euros) ou encore une toile inédite de Joseph Marie Vien (1716-1809), expertisée par le cabinet Turquin.

 

Joseph Marie Vien (1716-1809). Portrait de Jean-Marie Vien, fils de l’artiste. Huile sur toile. 46 x 37,5 cm. Estimation : 8 000 – 12 000 euros.

 

Estimé entre 8 000 et 12 000 euros, le tableau était connu grâce à un pastel de l’artiste, conservé au musée des Beaux-Arts de Béziers. « Considéré comme le rénovateur de la peinture d’histoire, amorçant le Néo-classicisme, Vien n’a été que très rarement portraitiste et presque exclusivement pour sa famille ou des proches, détaille Léonard Pomez. Il représente ici son fils, avec une touche veloutée, un coloris doux encore un peu rocaille, à la Natoire, une manière moins sévère que dans ses grandes compositions. Cette peinture s’inscrit ainsi dans une tradition de portraits d’enfants d’artistes peints au XVIIIe siècle en France par Coypel, Restout, Despax, Chardin, Houdon, Vigée-Lebrun, et, par sa mise en scène avec le béret, elle rappelle aussi Gaetano Gandolfi. »

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