Un bronze exceptionnel de Lalique réalisé pour l’Exposition universelle de 1900 adjugé à plus de 500 000 € à Châtellerault

03/12/2019

Le 7 décembre à Châtellerault, Christophe Sabourin présentait aux enchères un bronze exceptionnel de René Lalique estimé à plus de 420 000 euros. Figurant une Femme ailée, il a été adjugé à plus de 500 000 euros. Il était l’un de six éléments qui ornait la grille du stand du maître de l’Art nouveau lors de l’Exposition universelle de 1900.

 

Si René Lalique est célébré dans le monde entier pour ses verreries et bijoux, on lui doit aussi parmi les plus belles sculptures de l’Art nouveau, dont un chef-d’œuvre réalisé en 1899 : une suite de six bronzes à patine brune dévoilée lors de l’Exposition universelle de 1900. Faisant alterner des femmes ailées dénudées aux allures de créatures fabuleuses, elle s’exposait, en guise de balustrade, en devanture du stand du maître de l’Art nouveau, situé dans le pavillon des Bijoutiers. Dans son ouvrage L’Exposition du Siècle, publié vers 1901, Albert Quantin offrait ainsi une vue de ce stand spectaculaire, donnant à voir la grille se déployant le long de présentoirs garnis des bijoux de celui que Gallé surnommait volontiers l’« inventeur du bijou moderne ».

 

 

 

Désolidarisés, ces bronzes, mentionnés dans mains ouvrages et revues, figurent aujourd’hui pour deux d’entre eux au sein des collections du Kunstgewerbemuseum de Berlin et du musée Lalique de Hakoné, au Japon, tandis que les autres appartiennent à des collectionneurs privés. Deux versions furent ainsi adjugées à 433 737 euros (frais compris) le 13 décembre 2018 à New York, et une troisième atteignit le 16 février 2013 à Paris le prix record de 1,24 millions d’euros (frais compris), acquise par le collectionneur et marchand Shai Bandmann qui la mit en dépôt au musée Lalique de Wingen-sur-Moder, en Alsace. La quatrième était quant à elle la pièce phare de la vente du 7 décembre à Châtellerault. Adjugée à 508 200 euros (frais compris) et figurant la femme ailée les mains jointes, elle constituait la partie centrale de la grille. « La grille faisait alterner sur un plan géométrique à pans coupés une femme aux mains jointes et une femme élevant ses coudes au niveau du visage, note Amélie Marcilhac, experte en arts décoratifs du XXe siècle. La nôtre, du fait de sa position centrale, était quant à elle l’unique version dépourvue du grand piétement central qui permettait aux autres pièces de tenir sur les côtés à pans coupés de la vitrine. »

 

René Lalique (1860-1945), « Femme ailée ». Bronze à patine brune nuancée, fonte à cire perdue, c. 1899-1900. Haut. 98,5 cm – long. 104,7 cm – prof. 9 cm. Adjugé à 508 200 euros (frais compris).

 

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