Un collier girafe de Jean Dunand estimé à plus de 10 000 euros

15/09/2020

Pièce emblématique des Années folles, un collier girafe de Jean Dunand sera présenté aux enchères le 17 septembre à Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans. Provenant de la collection de la modiste Louise Boulanger, cette parure fut déclinée en plusieurs modèles, dont l’un est conservé dans les prestigieuses collections du Musée des Arts Décoratifs de Paris.

 

Décorateur, dinandier, sculpteur, ébéniste, laqueur, peintre, bijoutier… Jean Dunand (1877-1942) incarne à lui seul l’esprit Art déco, dont l’ambition première fut de réunir les arts majeurs (peinture, sculpture, architecture) et mineurs (arts décoratifs), au sein d’œuvres totales destinées à insuffler un nouvel art de vivre. Au cours de l’entre-deux-guerres, l’artiste conçoit des bijoux d’une grande modernité, dont une série de ras-de-cous et bracelets manchette, directement inspirés de l’art africain et portés notamment par la chanteuse et danseuse emblématique des Années folles, Joséphine Baker. « Ses fameux colliers “girafe” sont une citation directe des parures que portent certaines femmes africaines pour allonger leur cou. Ils évoquent cette vogue africaniste des années 20, marquée notamment par les œuvres de Picasso qui se réfère lui aussi à l’art tribal », explique Matthieu Semont qui présentera aux enchères le 17 septembre prochain à Saint-Jean-de-la-Ruelle un modèle à trois anneaux exécuté autour de 1925. En prise avec les courants artistiques de son époque, Jean Dunand emprunte également aux Cubistes leurs lignes épurées et décors géométriques, livrant avec cet accessoire emblématique de la femme nouvellement émancipée, une véritable sculpture. « Ces ras-de-cou ont tous été déclinés en nombre impairs – par trois, cinq ou sept. Le Musée des Arts Décoratifs à Paris compte quant à lui dans ses collections un modèle à cinq anneaux. »

 

Jean Dunand (1877-1942). Trois ras-de-cou Girafe concentriques en oréum à corps tubulaire de section triangulaire entièrement émaillé de bandes et dents-de-scie noires et rouges. Circa 1925. Signés Diam. 11,8 cm | 12,5 cm | 13,5 cm (usures et légers repeints). Estimation : 10 000 – 15 000 euros.

 

Une parure provenant de la collection de la modiste Louise Boulanger

Exécutée autour de 1925, la parure mise en vente le 17 septembre provient de la collection de la modiste des années 30, Louise Boulanger, dont le commissaire-priseur dispersait en juin dernier un important ensemble de pièces signées Jean Dunand, Henri Simmen et Richard Guino. « Louise Boulanger fait partie de cette génération de créateurs qui ont véritablement changé la silhouette de la femme au début du XXe siècle », précise Matthieu Semont. Conservé jusqu’alors précieusement par ses arrière-petites-filles, ce collier « girafe » est estimé entre 10 000 et 15 000 euros. « C’est un véritable objet de musée qui devrait attirer des collectionneurs de bijoux du monde entier. »

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