Le paravent était resté dans la même famille depuis son achat au Vietnam au milieu du XXe siècle. Il est estimé entre 80 000 et 100 000 euros.
Rapporté du Vietnam par les grands-parents de l’actuel propriétaire, ce paravent n’avait jamais quitté le cercle familial. Il réapparaît aujourd’hui sur le marché avec une particularité qui en fait une pièce rare : ses deux faces ont été entièrement travaillées par l’artiste, chacune selon une technique et un sujet différents. Déployé, il mesure 155 cm de haut pour 195 cm de large, chaque panneau faisant 32,5 cm. Il sera dévoilé aux enchères le 1er octobre à Paris lors de la vente d’Arts asiatiques organisée par la maison Oger-Blanchet.
Pham Hau, un grand maître de la laque vietnamienne du XXe siècle
Né en 1903 à Đông Ngạc, dans la province de Ha Dong, Pham Hau (1903-1994) appartient à la génération d’artistes qui fit de la laque, technique artisanale ancestrale, un véritable médium pictural. Sa rencontre avec le peintre Nguyen Nam Son oriente durablement son parcours. Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Hanoi en 1934, il se distingue aussi par ses meubles et objets laqués, un domaine où il fait figure de précurseur. Soucieux de transmettre son savoir-faire, il fonde en 1949 l’École nationale d’artisanat, premier établissement d’arts appliqués du pays, qui forme encore des étudiants aujourd’hui sous le nom d’University of Industrial Fine Art.

Un paravent, deux chefs-d’œuvre
Sur la première face, Pham Hau incise la laque sur un fond d’or, dans une technique qui rappelle les paravents chinois dits de Coromandel. Il y reprend le « Tùng Hạc », motif traditionnel associant le pin et la grue, vœu de longévité, qu’il épure en une longue branche traversant les panneaux et cinq grues, l’une perchée, les autres en vol.

Au revers, changement de registre : dans des tons de rouge, de brun et d’or rehaussés de coquille d’œuf, des paysans font la récolte dans les rizières du Tonkin, un sujet cher à l’artiste.
D’un côté, un ciel d’or immobile ; de l’autre, la terre et le travail des hommes. Pham Hau a d’ailleurs signé les deux faces, preuve qu’il les considérait chacune comme une œuvre à part entière.