La collection d’un notable gardois qui a consacré 36 années à réunir chaque jalon de l’évolution des armes à feu françaises, de Louis XIV à la fin du Second Empire, sera vendue aux enchères le 1er octobre à l’Hôtel des ventes de Nîmes. Décryptage.
C’est dans un coin de sa maison, soigneusement aménagé en chambre forte, qu’un notable gardois passionné conservait ses trésors. Lors de l’inventaire, Frank Puaux a découvert une pièce entière remplie de fusils réglementaires, de pistolets et d’objets militaria. « Une telle collection est le travail d’une vie », résume le commissaire-priseur.

Une collection constituée pendant 36 ans
Plus encore que les armes, c’est un document qui a d’abord retenu l’attention de Frank Puaux : un catalogue manuscrit tenu par le collectionneur lui-même. « J’ai tout de suite été très ému par ce catalogue, que ce passionné tenait avec un soin admirable. Toutes les armes s’y trouvent classées par typologie et par époque, son ambition étant d’acquérir chaque jalon de l’évolution des armes à feu françaises à travers les siècles. » Au fil des pages, le collectionneur a consigné les conditions d’acquisition de chaque pièce, ses recherches et même ses émotions. « C’est un touchant recueil, poursuit le commissaire-priseur. Ces notes ont servi de point de départ à notre expert, Arnaud de Gouvion Saint-Cyr, qui a ensuite mené un travail de fourmi pour rédiger le catalogue de la vente. »
En ouverture de ce carnet, le collectionneur, qui souhaite rester anonyme, résume son entreprise : « Commencée en août 1972, ma collection est aujourd’hui le fruit de 36 années de recherches et de milliers de kilomètres parcourus. Je la dédie à ma famille qui m’a laissé vivre pleinement mon goût pour les objets du passé, qui ont fait l’Histoire de la France de Louis XIV à la fin du Second Empire. »

Deux siècles de l’Histoire militaire française, de Louis XIV au Second Empire
Pour l’expert en armes anciennes Arnaud de Gouvion Saint-Cyr, cet ensemble se distingue par un équilibre rarement atteint. « Contrairement à nombre de collections, celle-ci n’a pas tranché entre la volonté d’exhaustivité et la qualité des pièces. Les armes sont ici en bel état, avec de nombreux modèles rares, et une volonté de présenter les différentes fabrications d’un même modèle. »
La vente suivra fidèlement l’organisation voulue par le collectionneur. « Armes longues ou courtes, d’infanterie, de cavalerie, de rempart, d’artillerie ou de marine : c’est par spécialité que les armes seront présentées, en respectant la présentation originelle de la collection », précise l’expert. Les enchérisseurs pourront ainsi parcourir, lot après lot, près de deux siècles d’histoire militaire française, des fusils réglementaires de l’Ancien Régime aux modèles du Second Empire.

Une collection estimée à plus de 100 000 euros
Dès la mise en ligne du catalogue, des collectionneurs du monde entier se sont manifestés par internet. Quel poinçon ? Quelle inscription ? Quel mécanisme, et dans quel état ? Dans ce domaine où chaque marquage de manufacture ou variante de fabrication peut faire la différence, les amateurs scrutent la moindre particularité. L’engouement laisse présager une vacation disputée pour ces 226 lots, dont l’estimation basse totale atteint 100 000 euros.