226 armes historiques françaises en vente à Nîmes

25/09/2026

La collection d’un notable gardois qui a consacré 36 années à réunir chaque jalon de l’évolution des armes à feu françaises, de Louis XIV à la fin du Second Empire, sera vendue aux enchères le 1er octobre à l’Hôtel des ventes de Nîmes. Décryptage.

C’est dans un coin de sa maison, soigneusement aménagé en chambre forte, qu’un notable gardois passionné conservait ses trésors. Lors de l’inventaire, Frank Puaux a découvert une pièce entière remplie de fusils réglementaires, de pistolets et d’objets militaria. « Une telle collection est le travail d’une vie », résume le commissaire-priseur.

Une collection constituée pendant 36 ans

Plus encore que les armes, c’est un document qui a d’abord retenu l’attention de Frank Puaux : un catalogue manuscrit tenu par le collectionneur lui-même. « J’ai tout de suite été très ému par ce catalogue, que ce passionné tenait avec un soin admirable. Toutes les armes s’y trouvent classées par typologie et par époque, son ambition étant d’acquérir chaque jalon de l’évolution des armes à feu françaises à travers les siècles. » Au fil des pages, le collectionneur a consigné les conditions d’acquisition de chaque pièce, ses recherches et même ses émotions. « C’est un touchant recueil, poursuit le commissaire-priseur. Ces notes ont servi de point de départ à notre expert, Arnaud de Gouvion Saint-Cyr, qui a ensuite mené un travail de fourmi pour rédiger le catalogue de la vente. »

En ouverture de ce carnet, le collectionneur, qui souhaite rester anonyme, résume son entreprise : « Commencée en août 1972, ma collection est aujourd’hui le fruit de 36 années de recherches et de milliers de kilomètres parcourus. Je la dédie à ma famille qui m’a laissé vivre pleinement mon goût pour les objets du passé, qui ont fait l’Histoire de la France de Louis XIV à la fin du Second Empire. »

Fusil à silex de garde du corps du Roi modèle 1814, compagnie de Noailles. Canon rond, bleui, décoré damasquiné d’or au tonnerre des Armes de France et « Gardes du Corps du Roi », poinçonnés : – « P étoile » inspecteur Pache – « B » contrôleur Bouny, – « F étoilé » réviseur LE FEVRE, Platine à tambour gravée «MANUFre Rle DE CHARLEVILLE» poinçon «M» étoilé. Garnitures en laiton cuivré, toutes vis gravées, plaque de couche et devant de pontet terminés par une fleur de lys. Capucine matriculée sur le dessous « 191 » et retour de plaque de couche marquée « C NOAILLES ». Crosse en beau noyer, baguette en fer tête clou. Avec baïonnette (Lg : 45,5 cm) A.B.E. (Marquages du canon remis en couleurs) Longueur canon : 102 cm, Longueur totale : 141,5 cm. Estimation : 3 000 – 4 000 euros.

Deux siècles de l’Histoire militaire française, de Louis XIV au Second Empire

Pour l’expert en armes anciennes Arnaud de Gouvion Saint-Cyr, cet ensemble se distingue par un équilibre rarement atteint. « Contrairement à nombre de collections, celle-ci n’a pas tranché entre la volonté d’exhaustivité et la qualité des pièces. Les armes sont ici en bel état, avec de nombreux modèles rares, et une volonté de présenter les différentes fabrications d’un même modèle. »

La vente suivra fidèlement l’organisation voulue par le collectionneur. « Armes longues ou courtes, d’infanterie, de cavalerie, de rempart, d’artillerie ou de marine : c’est par spécialité que les armes seront présentées, en respectant la présentation originelle de la collection », précise l’expert. Les enchérisseurs pourront ainsi parcourir, lot après lot, près de deux siècles d’histoire militaire française, des fusils réglementaires de l’Ancien Régime aux modèles du Second Empire.

Rare fusil de rempart à silex et culasse ouvrante modèle 1828. Canon rond à méplats au tonnerre poinçonné « L » avec hausse poinçonné. Queue de culasse matriculé «298». Culasse ouvrante et mobile. Platine poinçonnée L sous couronne gravée «Mre Rle de Charleville». Batterie avec retroussis. Canon avec manchon rotatif portant le pied à charnière. Garnitures en fer. Crosse en noyer. Longueur canon : 119 cm. Longueur totale : 171 cm. A.B.E. Estimation : 2 500 – 3 000 euros.

Une collection estimée à plus de 100 000 euros

Dès la mise en ligne du catalogue, des collectionneurs du monde entier se sont manifestés par internet. Quel poinçon ? Quelle inscription ? Quel mécanisme, et dans quel état ? Dans ce domaine où chaque marquage de manufacture ou variante de fabrication peut faire la différence, les amateurs scrutent la moindre particularité. L’engouement laisse présager une vacation disputée pour ces 226 lots, dont l’estimation basse totale atteint 100 000 euros.

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