Du XVIIIe siècle à l’Art déco, Médicis Enchères dévoilera le 23 novembre un large panel de bijoux et montres, provenant majoritairement de trois écrins lyonnais. Parmi les pièces phares de la vente, un pendentif Art nouveau évoque les créations de Louis Gautrait, l’un des maîtres de la technique de l’émail plique à jour.
[Mise à jour, 4 décembre 2023] Le pendentif Art nouveau a été adjugé 28 160 euros (frais inclus) et la parure en or jaune 13 056 euros.
Si de nombreuses pièces de joaillerie n’attendent que d’embellir quelque oreille, cou ou poignet, d’autres sont de véritables documents historiques. Pour exemple, une montre à gousset Castanier Genève dont la dédicace et le décor émaillé pourraient faire référence au compositeur italien Gaspare Spontini (1774-1851) et à son œuvre la plus célèbre, La Vestale, une tragédie lyrique créée en 1807. « L’impératrice Joséphine le nomme en 1805 compositeur de sa chambre. Il travaille aussitôt à La Vestale, son chef-d’œuvre donné à l’Opéra en 1807, dont la partition est ‘mise en musique et dédiée à Sa Majesté l’Impératrice et Reine’. En dépit de la cabale qui veut lui interdire l’entrée de la salle, l’œuvre reçoit un accueil triomphal, l’Institut de France le déclarant meilleur ouvrage lyrique de la décennie. Pourrait-on donc penser que notre montre est un présent de l’Impératrice au compositeur dans l’année qui a suivi la création de La Vestale ? » s’interroge le commissaire-priseur Clément Schintgen, avant d’attirer notre attention sur une parure Charles X. « Ce bijou à transformation, dont le décor est typique de l’époque de la Restauration, est le parfait exemple du bijou du collectionneur, de même que le pendentif Art nouveau qui est une autre pièce phare de la vente. »
Par Médicis Enchères – Maylis Dubrez & Clément Schintgen à Lyon
le 23/11/2023 : CASTANIER GENEVE.
Montre de gousset à boitier ouvrant sur charnière en pomponne, le dos à décor émaillé d’un médaillon octogonal figurant une scène à l’antique sur fond de paysage animé d’une vestale attaquant un général romain, l’entourage émaillé bleu réhaussé de filet et frise dorée et blanche de culots d’acanthe.
Cadran blanc à chiffres romains noirs, trou de remontage à 2 h.
Mouvement en laiton à platine signée « Castanier Genève » et numérotée « 10201 », avec échappement à verge chaîne et fusée, disque de réglage avance-retard.
Le boitier, portant l’inscription « LETON » partiellement effacée et le même numéro « 10201 », est gravé de la mention en écriture cursive « au Maestro G. Spontini Souvenir la Malmaison 1808 ».
Petits accidents.
Epoque début XIXe siècle.
D. 5,1 cm.
Notre dédicace gravée semble faire référence à Gaspare Spontini (1774-1851), compositeur italien, et le décor émaillé à son œuvre la plus célèbre, La Vestale, créée le 15 décembre 1807, tragédie lyrique en 3 actes sur un livret d’Étienne de Jouy,
L’impératrice Joséphine montre un grand intérêt pour la musique, donne des concerts une fois par semaine à Malmaison, possède de nombreux instruments et protège des compositeurs étrangers, les invitant à renouveler l’opéra national.
Elle repère le talent de Spontini, un élève de Cimarosa, décide de se l’attacher et le nomme en 1805 compositeur de sa chambre. Il travaille aussitôt à La Vestale, son chef-d’œuvre donné à l’Opéra en 1807, dont la partition est « mise en musique et dédiée à Sa Majesté l’Impératrice et Reine ». En dépit de la cabale qui veut lui interdire l’entrée de la salle, l’œuvre reçoit un accueil triomphal, l’Institut de France le déclarant meilleur ouvrage lyrique de la décennie.
Pourrait-on donc penser que notre montre est un présent de l’Impératrice au compositeur dans l’année qui a suivi la création de La Vestale ? Voir le lot
Par Médicis Enchères – Maylis Dubrez & Clément Schintgen à Lyon
le 23/11/2023 : Parure en or jaune 750/1000e émaillé noir et blanc à décor de volutes et de fleurs comprenant un collier composé de maillons rectangulaires intercalés de motifs feuillagés chacun centré d’un pierre fine (topaze rose, topaze jaune, aigue-marine), une paire de pendants d’oreille, une broche pendentif à pampilles adaptable au centre du collier et une petite broche, le tout à l’identique.
Petits accidents et restaurations, manque une pampille, manque l’épingle de la broche-pendentif.
XIXe siècle, époque Charles X.
Poids brut : 65,4 gr Voir le lot
Par Médicis Enchères – Maylis Dubrez & Clément Schintgen à Lyon
le 23/11/2023 : Importante broche porte-montre en or jaune 750/1000e ciselé partiellement amati à décor de feuillages, fleurs, coquille, le motif central en forme d’ écu ornée d’une plaque de jaspe sanguin encadré par deux anges.
Epoque Napoléon III, poinçon Tête de cheval.
Poids brut : 45,8 gr. Voir le lot
Par Médicis Enchères – Maylis Dubrez & Clément Schintgen à Lyon
le 23/11/2023 : Jean Laurent MOSNIER (1743-1808), entourage de et Antoine Louis ANTHIAUME
Boite circulaire en ors de couleurs 750/1000e à décor guilloché d’un semis de fleurettes et de pastilles sur fond strié souligné de frises d’entrelacs et de rinceaux feuillagés ornés de branchages de roses épanouies sur fond amati.
Le couvercle mobile est orné d’une miniature sous verre figurant le portrait en buste d’Adrienne Emilie Félicité de La Baume Le Blanc de La Vallière, dame de Pagny et de Wideville,(1740-1812), puis duchesse de Châtillon, représentée de trois-quarts, vêtue d’une robe blanche à bouillonnés de dentelle et nœuds bleus et coiffée d’une haute perruque poudrée à étroit voile de gaze blanche.
Paris, époque Louis XVI.- 1786 pour la boite
M.O. Antoine Louis Anthiaume, reçu le 18 décembre 1784.
Bon état général malgré quelques rayures notamment internes, couvercle à refixer, salissures sous le verre. La miniature n’a pu être examinée librement.
Poids brut : 177,8 gr. H. : 2,4 cm, D. : 8,4 cm
PAS D’ENCHERES LIVE POUR CE LOT – NO LIVE BIDDING FOR THIS LOT
Reprise partielle de la composition signée du peintre conservée au Louvre (N°Inventaire : RF 5071), donation Félix Doistau 1920.
Une autre composition avec variante est mentionnée comme conservée autrefois dans la collection de Mme la duchesse d’Uzès (Nathalie Lemoine-Bouchard, Les peintres en miniature actifs en France, 1650-1850, Les éditions de l’Amateur, 2008, p. 393, cité p. 393, repr. p. 393)
Notre modèle est née de l’union d’Anne-Julie Françoise de Crussol d’Uzès (1713-1797) et de Louis-César de La Baume Le Blanc de La Vallière (1708-1780), petit neveu de la duchesse de La Vallière (maîtresse de Louis XIV), colonel du régiment d’infanterie de son nom, brigadier des armées du roi, capitaine des chasses de la capitainerie royale de Montrouge, Grand Fauconnier de France, chevalier de l’ordre du Saint-Esprit, propriétaire des châteaux de Champs-sur-Marne et de Montrouge et surtout l’un des plus grands bibliophiles du XVIIIe siècle.
Elle devient duchesse de Châtillon par son mariage en 1756 avec Louis-Gaucher (1737-1762), duc de Châtillon à Mauléon, le dernier des Châtillon-branche de Porcien.
Veuve à 22 ans, elle administre ses biens seule et réside à Paris, rue du Bac. Echappant de justesse à la mort sous la Terreur, elle est dépossédée de ses biens, s’élevant à 2 millions, au profit de la Nation en 1798.
Elle luttera jusqu’à son décès en 1812 pour les récupérer, sa procédure étant compliquée par l’exil de sa fille, Louise-Emmanuelle, princesse de Tarente de par son mariage avec Charles-Bretagne-Marie de La Trémoille, dame du palais de la reine Marie-Antoinette et célèbre mémorialiste.
Jean Laurent Mosnier, portraitiste attitré de Marie-Antoinette, membre agrée en 1786 puis reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1788, s’est lui aussi exilé en 1790 pour suivre sa clientèle aristocratique. Elle le mènera de Londres à Hambourg puis à Saint Pétersbourg où il peindra notamment les portraits du tsar Alexandre Ier et de l’impératrice Elisabeth avant d’être nommé professeur de l’Académie impériale.
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Par Médicis Enchères – Maylis Dubrez & Clément Schintgen à Lyon
le 23/11/2023 : Pendentif en or jaune 750/1000e à décor de mufles de lions, feuillages et enroulements agrémentés de diamants taillés en rose sertis sur or gris, le motif central orné d’un saphir ovale entouré de roses, il est soutenu par des chainettes intercalées de petites perles fines et de motifs ciselés centré d’un petit saphir, la chaine en or jaune maille forçat.
Epoque XIXe, Poinçon tête de cheval.
Poids brut : 30 gr.
Porte un demi-poinçon de maître « B? » Voir le lot
Par Médicis Enchères – Maylis Dubrez & Clément Schintgen à Lyon
le 23/11/2023 : FROMENT MEURICE.
Bracelet rigide ouvrant en or jaune 750/1000e ciselé et ajouré de rinceaux feuillagés à culots d’acanthe, soulignés de frises d’oves. Chaînette de sécurité.
Signé sur le cliquet.
6,6 x 5,7 cm – Poids : 76,2 gr Voir le lot
Un pendentif Art nouveau évoquant les créations de Lucien Gautrait
Ce pendentif est à rapprocher de la production de Lucien Gautrait (1865-1937) qui travailla au début du XXe siècle auprès de maisons de joaillerie prestigieuses, à l’instar d’Henri Vever et Boucheron. « On reconnaît le style et la manière de ce créateur Art nouveau qui a été l’un des spécialistes de l’émail plique à jour, une technique qui demande un grand savoir-faire », explique le commissaire-priseur Clément Schintgen. La technique de l’émail plique à jour consiste à remplir d’émail transparent un réseau d’alvéoles métalliques dépourvu, au contraire du cloisonné, de fond. L’émail, fixé aux seules tiges métalliques, laisse ainsi passer le « jour ».
Pendentif Art nouveau en or de deux tons (750/1000) à décor central en émail et émail plique à jour d’un étang avec nénuphars, jonc et branchages sur fond de soleil couchant. La monture, de forme losangique, est ornée de deux cygnes à long col et ailes déployées partiellement serties de roses et de lignes végétales entrecroisées centrée d’une perle probablement fine. Il est retenu par sa chaîne maille entremêlée ornée d’un motif intermédiaire ciselé de deux cygnes affrontés et liés. Petits accidents. Vers 1900. Poids brut : 40,5 gr. A rapprocher des productions de Lucien Gautrait. Estimé entre 5 000 et 10 000 euros.
Ici, le charme opère, avec ce décor de nénuphars, joncs et branchages sur fond de soleil couchant, qu’accueille une monture losangique ornée de deux cygnes aux ailes déployées. Autant de motifs qui, empruntés à la nature, invitent à renouer avec la période 1900. « C’est l’essence du bijou Art nouveau… Des bijoux qui se distinguent, non pas tant par la préciosité des matériaux, mais dans leur conception et les techniques déployées. » Ce bijou, en très bel état de conservation en dépit de sa fragilité, est estimé entre 5 000 et 10 000 euros. « Les collectionneurs, pour ce type de bijoux, sont nombreux à l’international, et nous pourrions avoir une belle surprise. » Les bijoux Art nouveau sont en effet rares sur le marché. Rappelons que ce mouvement, né autour de 1890, s’essouffle à la veille de la guerre, pour se démoder, qualifié de « style nouille » alors que fleurissent les premières expressions de l’Art déco dans les années 1920. « La vente invite à naviguer d’une époque à l’autre, à travers l’évolution du bijou. Nous nous réjouissons d’avoir pu réunir de si belles pièces de joaillerie », s’enthousiasme Clément Schintgen qui, avec son associée Maylis Dubrez, signe ici l’une des premières ventes de la maison Médicis Enchères, installée depuis moins d’un an à Lyon.