Le 1 février 2022 | Mis à jour le 7 février 2022

Un tableau attribué au peintre napolitain Corrado Giaquinto aux enchères dans la Sarthe

par Diane Zorzi

A l’occasion de l’inauguration de ses nouveaux locaux en périphérie de La Flèche, le commissaire-priseur Cyril Duval organisera une vente cataloguée le 5 février prochain, faisant la part belle à la peinture ancienne. La pièce phare est un tableau attribué au peintre napolitain Corrado Giaquinto.

 

Dix ans après son premier coup de marteau à l’Hôtel des ventes de La Flèche, Cyril Duval investit avec ses équipes de nouveaux locaux sur l’avenue de Verdun. « Nous avons décidé de déménager en périphérie de La Flèche pour bénéficier d’espaces plus grands et fonctionnels », précise le commissaire-priseur. En guise d’inauguration, Cyril Duval organise une vente cataloguée le 5 février prochain. 345 lots provenant d’un château du Loiret, d’un hôtel particulier parisien et de diverses successions et collections d’amateurs seront dispersés à cette occasion, dont un bel ensemble de peintures anciennes.

 

Le Martyre de Sainte Engrâce de Saragosse par Corrado Giaquinto

La pièce maîtresse de la vente est un tableau attribué au peintre rococo Corrado Giaquinto (1703-1765). Cet artiste, formé à Naples, s’attira les faveurs de la cour de Savoie à Turin, créa un atelier à Rome, où il intégra l’Académie de Saint-Luc, avant d’être nommé Premier Peintre du roi Ferdinand VI d’Espagne en 1753. A la cour madrilène, il reçoit la commande prestigieuse de fresques destinées à parer la chapelle, l’escalier et la salle des colonnes du Palais Royal. « On lui doit de nombreux décors mythologiques et religieux, détaille Cyril Duval. Ici, le sujet nous a donné du fil à retordre. Le tableau représente le martyre d’une sainte à qui l’on enfonce un clou dans le crâne. Il ne peut pas s’agir de Sainte Rita qui a reçu en son front le stigmate d’une épine de la couronne du Christ. Il ne s’agit pas non plus de Sainte Barbe qui a été enfermée dans une tour. Nous avons donc pensé à Sainte Engrâce de Saragosse. » Cette sainte catholique aurait été martyrisée en 303 à Saragosse, en Espagne, torturée jusqu’à recevoir un clou ardent au milieu du front. A noter que le Musée Fesch d’Ajaccio conserve dans ses collections deux autres tableaux de martyres de Corrado Giaquinto, le Martyre de Saint Laurent et le Martyre des Saints Marthe, Marius, Abacus et Audifax.

 

Attribué à Corrado Giaquinto (1703-1765), Le martyre de Sainte Engracia (Engrâce de Saragosse) ? Toile à surface peinte cintrée dans la partie supérieure. 94 x 59,5 cm. Dans un cadre en bois stuqué doré et sculpté de feuillages. Accidents et manques. 104,5 x 70,5 cm, hors tout. Expert : René Millet. Adjugé 50 058 euros (frais inclus). 

 

Des objets rapportés d’Asie par un diplomate du Loiret

Aux côtés de ce tableau, estimé entre 8 000 et 12 000 euros, figurent une composition du XVIIe siècle arborant les couleurs chatoyantes typiques des œuvres de Jacques Stella (1596-1657), ainsi qu’une toile attribuée à l’entourage de Giacomo Ceruti (1698-1767), un peintre italien du Siècle des Lumières, connu pour son style « paupériste ». « La majorité des lots de la vente provient néanmoins d’un château du Loiret, dont le propriétaire est un descendant d’un diplomate qui rapporta de nombreux objets de Chine et du Japon, à l’instar d’une boîte en laque rouge richement sculptée (estimée entre 1 000 et 2 000 euros). »

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Boîte de forme polylobée en laque rouge sculptée d’un immortel sur une terrasse accompagné d’un enfant se rendant vers un érable. Les côtés ornés de pivoines dans leur feuillage et objets précieux, entourés de frises de leiwen. Petits accidents en bordure intérieure. 10 x 32 x 23 cm. Avec un socle en bois de fer (manque un pied). Expert : Cabinet Portier. Estimation : 1 000 – 2 000 euros.

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