Le 17 novembre 2022 | Mis à jour le 17 novembre 2022

Un tour d’Europe de l’Art nouveau le temps d’une vente aux enchères à Paris

par Clémentine Pomeau-Peyre

Le 24 novembre à Paris, la maison Millon invite à un tour d’Europe de l’Art nouveau le temps d’une vente aux enchères. Des œuvres d’Emile Gallé et Louis Majorelle côtoieront des pièces de Joseph Hoffman, Hector Guimard, Charles Korschann ou Paul Jeanneney.

 

C’est déjà la sixième édition de la vente « L’Europe de l’Art nouveau », organisée chaque année par la maison Millon. « Les 243 lots de cette année reflètent principalement le travail de l’École de Nancy, mais nous avons également quelques pièces belges ou italiennes », détaille Alexis Jacquemard, responsable de la vente du 24 novembre à Paris. Très différent de l’Art nouveau français, son cousin belge (qui sera cette année le thème principal de la BRAFA en janvier à Bruxelles) sera représenté par un porte-manteaux en bois et laiton doré dans le goût de Gustave Serrurier-Bovy (600 – 800 euros) ou un vase « lampe de mosquée » en verre inspiré par Joseph Brocard (2 000 – 3 000 euros). Pour l’Italie, citons un meuble d’apparat spectaculaire mais anonyme, dont le dossier est sculpté de Leda et le Cygne (15 000 – 20 000 euros). Et pour la Sécession Viennoise, un lustre par Joseph Hoffman et Bakalowitz (3 000 – 5 000 euros).

 

 

Emile Gallé et Louis Majorelle à l’honneur

Côté français, Émile Gallé occupera une belle place. « Nous proposons des céramiques, des verreries, du mobilier, mais surtout des pièces de qualité qui ne sont pas issues de la période industrielle », affirme Alexis Jacquemard. Parmi ces raretés, un coffret en verre transparent et émaux polychromes daté de 1882 (15 000 – 20 000 euros) ou une sellette en noyer et marqueterie de bois exotique (16 000 – 18 000 euros). Les amateurs de lampes Gallé et de la douceur de leur éclairage pourront quant à eux choisir entre une Pagode dans les tons orangés (10 000 – 12 000 euros) ou une Volubilis champignon dans les jaunes et brun (8 000 – 12 000 euros). Louis Majorelle fait également partie des maîtres de la vente, avec neuf lots de mobilier, dont un buffet en bois fruitier marqueté de canards (4 000 – 6 000 euros) ou une paire de chaises Mimosa en chêne sculpté marqueté (1200 – 1 500 euros). La variété des lots, couvrant l’ensemble des arts décoratifs, illustre l’une des caractéristiques de l’Art nouveau : un art total, embrassant tout l’univers de la maison… jusqu’à la maison elle même ! Pour l’anecdote, une pièce de l’architecte Hector Guimard est estimée entre 1 000 et 1 500 euros : il s’agit de pieds de banc en fonte.

 

 

 

Des pièces Art nouveau estimées dès 100 euros 

Evoquant la nécessité de satisfaire un public de collectionneurs fidèle et très averti, l’organisateur de la vente souligne que «l’objectif chaque année est de proposer des grands noms, mais également de faire découvrir des créateurs moins visibles et moins connus, qui font de beaux prix car plus difficiles à trouver.» Les collectionneurs seront probablement intrigués par les vases du tchèque Charles Korschann ( en bronze, 400 – 600 euros) ou du céramiste français Paul Jeanneney (400 – 600 euros). Les estimations restent très raisonnables pour ces pièces de plus de 150 ans d’âge désormais. Alexis Jacquemard l’explique ainsi : « Côté vendeurs, il s’agit principalement de successions car les collectionneurs se séparent rarement de leurs collections, et nous parvenons à convaincre les familles de rester raisonnables, parce que nous avons en face des amateurs très bien informés sur les objets, qui savent reconnaître et s’engager sur les belles pièces ».

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