Une collection étonnante de lampes à pétrole aux enchères à Saint-Quentin

26/03/2026

Les 450 lampes présentées par la Salle des enchères de Saint-Quentin ne représentent qu’une partie de l’immense collection de Maurice Maufroy. Ce collectionneur disparu en 2025 avait rassemblé pendant plus de 60 ans toutes les formes d’éclairage disponibles entre le XIXe siècle et les années 1930.

 

« Cette collection est impressionnante ! Le propriétaire ne s’est pas contenté d’accumuler des lampes, il les a soigneusement sélectionnées, tant et si bien qu’on ne retrouve pas deux fois le même modèle », s’enthousiasme Louis Tierce. Le clerc de la Salles des Enchères de Saint-Quentin s’est chargé d’organiser la vente de la collection de lampes à pétroles de Maurice Maufroy prévue le 9 avril. Ce collectionneur a réuni un ensemble étonnant évoquant les multiples formes d’éclairage apparues avant l’invention de l’ampoule électrique. « Séduit dans les années 1960 par les objets domestiques, et notamment les instruments de la lumière, il en est devenu fin connaisseur puis expert, détaille Louis Tierce. Cette expertise lui a même valu une reconnaissance scientifique,  avec une active contribution à l’Inventaire du patrimoine du ministère de la Culture »

 

La collection de lampes à pétrole de Maurice Maufroy

Pour organiser sa vente, Louis Tierce a décidé de suivre le système de classement du collectionneur, qui rangeait ses lampes dans diverses armoires, en commençant par les petites lampes à pétrole en céramique colorées d’époque Napoléon III, avec un modèle Valentine à décor en relief de coq (15 à 30 euros), ou un autre en porcelaine émaillée céladon à décor dans le goût de la Chine de personnages (10 à 20 euros). 

La section suivante est consacrée aux lampes à pétrole sur pied et offre de multiples possibilités. Avec par exemple une lampe en forme de hibou blanc, travail anglais du XIXe siècle (600 à 800 euros) ou un modèle signé de Georges Leleu avec une toupie en verre supportée par un pied en bronze (200 à 300 euros) très représentatif de l’Art nouveau.

Dernière étape de ce voyage dans le temps, les lampes à huile équipées d’un mouvement horloger ou modérateur. Les modèles les plus spectaculaires sont « la paire de lampes avec une signature Vieillard à Bordeaux, des globes en cristal gravé, une monture en bronze… Ce travail sur la faïence qui ressemble à du cloisonné est typique de cette manufacture », décrit Louis Tierce. Estimées entre 1 200 et 1 800 euros, ces deux lampes sont ornées de blasons et arabesques sur la faïence, et de dragons dorés sur les globes. Notons également une lampe à huile élancée dite lampe Chopin ou Philips en bronze patiné, sobre et élégante, milieu du XIXe siècle (250 à 500 euros).

 

 

Un Musée du Luminaire

« C’est clairement l’une des plus importantes collections françaises, affirme Louis Tierce. Tout est en très bon état, et nous n’en présentons que la moitié, à voir comment le marché réagit avant de décider d’une autre vente ». Le collectionneur Maurice Maufroy avait le projet de monter un musée avec ses pièces, mais il n’a malheureusement pas pu mener ce projet au bout. 

Le clerc de la maison de ventes de Saint Quentin note que « les collectionneurs de lampes anciennes ne sont pas tout jeunes, mais il y en a toujours ! Et nous avons aussi des amateurs vietnamiens par exemple pour les lampes toupies en cristal taillé ». Il compte également sur la variété des styles pour aller au-delà des collectionneurs stricto sensu, et atteindre des décorateurs ou des historiens. Maurice Maufroy avait d’ailleurs l’habitude de prêter ses pièces pour des reconstitutions historiques et des films : « Il avait fourni une paire d’appliques d’époque Empire pour le film Le Comte de Monte-Cristo ! »

Enchérir | Suivez la vente de la collection de lampes à pétrole le 9 avril en live sur interencheres.com

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