Le 22 juin 2021 | Mis à jour le 1 juillet 2021

Une étude de Degas provenant de la collection Weiller ressurgit à Blois

par Diane Zorzi

Provenant de l’ancienne collection Weiller, une étude d’Edgar Degas a été redécouverte par la maison de ventes Pousse-Cornet-Valoir. Ce dessin, présenté aux enchères le 27 juin à Blois, révèle les prémisses du portrait de Victoria Dubourg peint par Degas autour de 1868 et conservé au Toledo Museum of Art aux Etats-Unis.

 

Le visage de Victoria Dubourg, les amateurs d’art moderne le connaissent bien. Ils l’ont rencontré dans maints portraits d’Henri Fantin-Latour, mais aussi sous le pinceau d’Edgar Degas (1834-1917), à travers une toile conservée dans l’Ohio, au Toledo Museum of Art. Le peintre des danseuses portraiture la jeune femme autour de 1868-1869, quelques années avant qu’elle n’épouse Fantin-Latour. De cette huile sur toile, la maison de ventes Pousse-Cornet-Valoir présentera aux enchères, le 27 juin prochain à Blois et en live sur Interencheres, une étude préparatoire de Degas, exécutée au crayon noir et à l’estompe vers 1866.

 

Victoria Dubourg, peintre et muse

Méconnue aujourd’hui, Victoria Dubourg côtoya les plus grands artistes de son temps, embrassant elle aussi une carrière de peintre. Après avoir passé une partie de son enfance à Francfort, où son père enseigne le Français, elle rejoint Paris et entre dans l’atelier de Fanny Chéron. En 1868, elle expose pour la première fois au Salon un Pot au feu et une Nature morte, son genre de prédilection, même si elle expose un an plus tard un Portrait de Mlle S.B. « En parallèle d’expositions à la Royal Academy de Londres, elle présente ses œuvres chaque année au Salon jusqu’en 1902 et reçoit une mention honorable et une médaille de 3e classe, dite médailles des débutants », détaille le commissaire-priseur Guillaume Cornet. La jeune artiste rencontre Edouard Manet dès le début des années 1860, puis Degas, et épouse Henri Fantin-Latour en 1876. « Au cours des années suivantes, la famille Dubourg, et particulièrement Charlotte, la sœur de Victoria, inspireront à plusieurs reprises Henri Fantin-Latour. Ce dernier utilise même le visage peu séduisant de son épouse comme faire-valoir de son élégante belle-sœur, ce qui a suscité de nombreux commentaires. »

 

Edgar Degas (1834-1917), Étude pour le portrait de Mlle Dubourg (Madame Fantin Latour), vers 1866. Dessin au crayon noir et à l’estompe, porte le timbre de la vente de l’atelier en bas vers la gauche. 35,5 x 30 cm (à vue). Estimation : 30 000 – 50 000 euros.

 

Un dessin ayant appartenu à « Paul Louis XIV »

Cette étude de Degas porte le timbre de la vente de l’atelier de Degas, orchestrée à la Galerie Georges Petit en 1918. Elle rejoignit ensuite les collections de l’industriel et homme politique français Lazare Weiller (1858-1928), puis celles de son fils, Paul-Louis Weiller (1893-1993), un héros de l’aviation lors de la Grande Guerre qui fit fortune dans l’industrie aéronautique. Ce dernier avait réuni dans trois de ses demeures, dont l’Hôtel des Ambassadeurs de Hollande dans le Marais, une collection d’art exceptionnelle, qui lui valut d’être surnommé par Greta Garbo « Paul Louis XIV » et dont il confiait régulièrement des pièces aux musées. Notre dessin voyagea ainsi de Venise à Santiago, Buenos Aires et New York, à l’occasion d’expositions dédiées à Degas ou aux peintres français. Il rejoindra le 27 juin prochain les cimaises de l’Hôtel des ventes de Blois, avec une estimation comprise entre 30 000 et 50 000 euros.

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