Le 30 mai 2022 | Mis à jour le 31 mai 2022

Une gourde bianhu de l’époque Qianlong s’envole à 317 200 euros aux enchères au Havre

par Diane Zorzi

Estimée entre 15 000 et 20 000 euros, une gourde bianhu réalisée en Chine au XVIIIe siècle, sous le règne de l’empereur Qianlong, s’est envolée à 317 200 euros le 23 mai lors d’une vente aux enchères organisée au Havre. Provenant d’une collection particulière havraise, elle avait été rapportée par un aïeul basé à Pékin au début du XXe siècle.

 

Les gourdes dites bianhu tirent leur origine des gourdes en métal ou cuir utilisées en Egypte, en Syrie ou en Iran pour transporter l’eau lors des longs pèlerinages. Introduites en Chine au VIIe siècle, sous la dynastie Tang, elles se parent au XVe siècle, avec les Ming, d’un habit de porcelaine bleu-blanc et sont destinées principalement à l’exportation vers leur terre d’origine, le Moyen-Orient. Dans l’empire du Milieu, ces gourdes bianhu sont aussi dénommées yueping, évoquant pour les Chinois l’astre lunaire. « Le marché chinois en commanda en outre quelques pièces de grande taille, à destination impériale. L’empereur Qianlong les appréciait particulièrement », précise l’expert Laurent Schroeder. L’un de ces vases, portant la marque de l’empereur Qianlong (1736-1795) à six caractères en zhuanshu, animait les enchères le 23 mai dernier au Havre lors d’une vente organisée par Maxence Mazzoni et Vincent Neyt. Estimée entre 15 000 et 20 000 euros, la gourde bianhu a finalement été enlevée par un acheteur chinois, au téléphone, pour 317 200 euros (frais inclus), à l’issue d’une bataille entre cinq enchérisseurs asiatiques.

 

Vase gourde bianhu en porcelaine. La panse reposant sur un haut pied évasé, la panse et le talon à décor en bleu sous couverte de fleurs de lotus dans leurs rinceaux ; le col du même décor, au-dessus d’une frise de feuilles de bananiers ; les anses en forme de ruyi à décor de fleurs de lotus, la tête du ruyi décorée de la double carpe et du losange ; sur la panse, deux boutons latéraux à décor d’une fleur de lotus. Une marque Qianlong à six caractères en zhuanshu sous la base (Da Qing Qianlong nian zhi). Grands fels courant à l’avant et à l’arrière de la panse et sur le côté, cassures, restaurations ; fel au col ; les anses et la panse restaurées, rayures. Carottage sous la base. Chine, période Qianlong (1736-1795). Hauteur 51 cm, largeur 39 cm, épaisseur 17 cm. Adjugé 317 200 euros (frais inclus) par Mazzoni et Neyt le 23 mai 2022 au Havre.

 

Une porcelaine conservée depuis plus d’un siècle dans une collection privée havraise

Cette porcelaine était ornée en bleu sous couverte de fleurs de lotus dans leurs rinceaux. Outre ses dimensions exceptionnelles (51 cm de hauteur), elle se distinguait par la qualité de sa facture, témoignant des prouesses techniques dont firent preuve au XVIIIe siècle les artisans des fours impériaux de Jingdezhen, sous le suivi du quatrième empereur de la dynastie Qing, soucieux d’asseoir sa légitimité au trône de la Chine. « J’avais volontairement fixé une estimation autour de 15 000 euros du fait de l’état de la pièce qui présentait de grands fels, cassures et marques de restauration. Je ne pensais pas qu’elle atteindrait un tel score », ajoute l’expert, précisant qu’un vase de cette qualité en bon état s’échange sur le marché à près d’un million d’euros. Authentifiée à l’occasion d’une journée d’expertise gratuite, notre gourde sommeillait depuis plus d’un siècle dans une collection privée havraise où elle avait été rapportée par un aïeul basé à Pékin au début du XXe siècle.

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