Une impressionnante collection de bronzes d’Emmanuel Frémiet aux enchères à Fontainebleau

16/10/2025

Sculpteur français renommé, Emmanuel Frémiet a été le sujet d’une impressionnante collection rassemblée par Michel Taittinger. A l’occasion de la vente aux enchères de cet ensemble, l’expert Alexandre Lacroix fait le point sur le marché actuel de ses œuvres. 

 

Une centaine de sculptures signées Emmanuel Frémiet : l’ensemble est assez rare pour être signalé ! « Encore plus surprenant, ajoute l’expert Alexandre Lacroix, ces bronzes ont été collectionnés par une personnalité un peu rock and roll, et dont on n’attendait pas une passion pour ce type de pièces un peu bourgeoises… ». Journaliste, producteur et amateur d’art, Michel Taittinger a pourtant eu une véritable passion pour cet artiste prolifique, ainsi qu’en témoigne la vente aux enchères de sa collection, orchestrée par la maison Osenat les 18 et 19 octobre à Fontainebleau. 

 

Emmanuel Frémiet, un sculpteur prolifique

Emmanuel Frémiet (1824-1910) a eu plusieurs sources d’inspirations : d’abord les animaux dont il a fait des sculptures très naturalistes, ensuite les personnages historiques, et des compositions destinées aux commandes publiques. Avec son Gorille enlevant une femme, il reçoit une médaille d’honneur au Salon de la société des artiste français en 1887 : une version figure au catalogue, en bronze à patine brun rouge (4 000 à 6 000 euros). 

« Frémiet a eu beaucoup de succès de son vivant, il savait entrer dans les bonnes grâces des commanditaires, à quelles portes frapper », souligne Alexandre Lacroix. Parmi ses commandes publiques déclinées en éditions, citons l’Eléphant pris au piège, exposé en grandeur nature devant le musée d’Orsay à Paris, et en miniature dans la vente de la maison Osenat (400 à 600 euros), ou sa Jeanne d’Arc exposée place des Pyramides à Paris en version dorée, et présentée dans la vente en patine brun clair (600 à 800 euros). 

 

 

Des fontes du vivant de l’artiste

Caractéristique de cette collection, selon l’expert : « il n’y a quasiment pas d’erreur sur les éditions, elles ont pratiquement toutes été réalisées du vivant de l’artiste, elles étaient donc validées. Nous avons des fontes de More, de Thiebaut ou de Barbedienne, toutes de très belle qualité ». Michel Taittinger avait également réussi à acquérir un bon nombre de sujets historicistes, moins connus que les bronzes animaliers, « et ce sont des pièces spectaculaires, elles sont extrêmement bien faites ».

Pour exemple, deux chars, l’un de Minerve tiré par des chevaux l’autre de Diane tracté par des cerfs, tous deux en bronze doré estimés entre 4 000 et 6 000 euros. Ou des représentations de Du Guesclin, Saint Michel, Isabeau de Bavière, Louis d’Orléans… « Ce qui est vraiment étonnant à propos de ce sculpteur, c’est sa capacité à faire à la fois ce type de pièces monumentales et aussi des petites grenouilles charmantes », relève l’expert.

Le bestiaire d’Emmanuel Frémiet va des batraciens aux chevaux, en passant par des grues et faisans, ainsi que des chats ou des poules. Des sujets « simples à comprendre, nous avons toujours des amateurs pour les pièces de qualité en bronze animalier, analyse Alexandre Lacroix. Le bronze c’est un achat solide qui séduit encore même si parfois le marché peut être un peu compliqué ». 

Enchérir | Suivez la vente de la collection de Michel Taittinger les 18 et 19 octobre en live sur interencheres.com

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