Une partie de l’atelier d’Élie Grekoff et Pierre Monteret aux enchères à Saumur

05/03/2026

Le 11 mars à Saumur, la maison Deloys dispersera une partie de l’atelier d’Élie Grekoff et du peintre Pierre Monteret. Plus de 100 lots, comprenant cartons de tapisserie, tapisseries, gouaches, dessins et peintures, seront présentés au public.

 

Installé à Neuillé, près de Saumur, à partir de 1962, Élie Grekoff (1914-1985) compte parmi les créateurs marquants de cartons de tapisserie de l’après-guerre. Repéré dans les années 1930 par Fernand Léger, qui lui confie l’exécution d’une fresque pour le pavillon du Bois à l’Exposition universelle de Paris en 1937, il mène ensuite une carrière féconde dans le domaine de la tapisserie. Entre 1945 et 1980, il réalise plus de 3 000 m² de cartons, tissés notamment à Aubusson par les ateliers Pinton frères, Raymond Picaud ou Marianne Caron. Dans le Saumurois, où il s’installe avec son ami le peintre Pierre Monteret (1897-1984), il développe une œuvre nourrie par l’observation de la nature et poursuit ses recherches autour du langage décoratif de la tapisserie.

Plus d’une centaine de lots provenant de l’atelier qu’occupait ce duo d’artistes à Neuillé seront dispersés aux enchères le 11 mars à Saumur. « Cette vente rassemble des cartons de tapisserie, des tapisseries, des gouaches et des dessins d’Élie Grekoff, ainsi que plusieurs huiles de Pierre Monteret, dont un grand paravent à quatre feuilles », indiquent les commissaires-priseurs de la maison Deloys.

 

 

Grekoff et Monteret, dialogue artistique dans le Saumurois

Maître cartonnier proche de l’esthétique de Jean Lurçat, Grekoff s’impose après la Seconde Guerre mondiale comme l’un des acteurs du renouveau de la tapisserie. Illustrateur d’une vingtaine d’ouvrages entre 1947 et 1960, il travaille également pour le théâtre et dessine notamment les cartons des décors d’Électre de Marguerite Yourcenar, qui lui rendra visite dans son atelier du Saumurois. Installé en Anjou à partir de 1962, il participe aussi aux débuts des Ateliers de Tapisseries d’Angers, fondés en 1968.

La vente évoque également le parcours du peintre Pierre Monteret. Originaire de Roanne, formé dans les académies libres parisiennes où il rencontre Fernand Léger, il développe une peinture poétique exprimant « la mélancolie, le rêve et les variations de l’âme », avant d’évoluer vers une sensibilité proche du surréalisme. Ami de Grekoff, il collabore avec lui à plusieurs projets décoratifs, notamment pour l’Exposition universelle de Lyon en 1951 et pour le lycée des filles de Compiègne en 1959.

En réunissant cartons de tapisserie, tapisseries, gouaches, dessins et peintures restés dans l’atelier, cette dispersion offre un aperçu du travail et du dialogue artistique entretenu pendant plus de vingt ans par ces deux créateurs installés dans le Saumurois.

Enchérir | Suivez la vente d’atelier de Grekoff et Monteret le 11 mars en live sur interencheres.com

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