Le 9 février 2021 | Mis à jour le 11 février 2021

Une vente hommage à Jacques Poncet, figure incontournable de l’école lyonnaise

par Diane Zorzi

Le 10 février à Lyon, Agnès Savart organisera une vente hommage à Jacques Poncet. Cent cinquante œuvres seront présentées aux enchères, retraçant l’évolution artistique de ce peintre figuratif reconnu de l’école lyonnaise.

 

La prochaine vente de la maison Artenchères rend hommage à un peintre incontournable de l’école lyonnaise, Jacques Poncet (1921-2012). Cent cinquante tableaux et dessins provenant de l’atelier retracent le parcours de cet artiste dont le critique René Déroudille soulignait « la fureur dionysiaque et le talent sans réserve ». « Les estimations volontairement attractives, autour de quelques centaines d’euros, permettront à un large public de découvrir et d’acquérir de belles œuvres et parfois de démarrer une collection autour du peintre ou de ses thèmes de prédilection – le nu féminin, les paysages urbains, les arbres, la mer ou les scènes d’atelier », détaille la commissaire-priseur Agnès Savart qui organise la vente en collaboration avec l’expert en peinture lyonnaise, Bernard Gouttenoire.

 

Jacques Poncet (1921-2012). Le modèle. 1976 (Série Ateliers – Miroirs). Technique mixte sur papier canson contrecollé signée et datée en bas à droite. 40×32 cm. Estimation : 40 – 60 euros.

 

L’atelier de la Croix-Rousse, le laboratoire de la création

Sa vie durant, Jacques Poncet décline inlassablement les thèmes qui lui sont chers, renouvelant ses cadrages ou jouant de nouvelles variations colorées. « D’une toile à l’autre, il procède à des modifications et des ajustements qui nous permettent de capter l’essence de sa créativité. Il progresse sans rupture dans l’affirmation de son style », explique Agnès Savart. Installé dans son atelier lyonnais surplombant le quartier de la Croix-Rousse, Jacques Poncet livre une série d’autoportraits au miroir quasiment sans visage, dans lesquels la figure du créateur n’est suggérée que par la présence d’une main tenant un pinceau. Depuis ce même espace de création, l’artiste dépeint le paysage qui se dessine sous ses yeux, donnant à voir les berges de Lyon sous la neige ou les rues s’illuminant à la tombée de la nuit. « Il peint quelques toiles assez extraordinaires où il se révèle capable de magnifier la vue pittoresque et surtout de dire en poésie l’univers urbain », écrivait à propos de cette série le critique d’art René Déroudille.

 

Jacques Poncet (1921-2012). Lyon, lumières dans la nuit. 1985 (Série Villes). Technique mixte sur papier canson contrecollé signée et datée en bas à gauche. 32,5×50 cm. Estimation : 40 – 60 euros.

 

La sensualité de la nature et du corps féminin

« Autre sujet de prédilection, les grands arbres, que Poncet regroupait sous le thème du “jardin”, dont les feuillages tutoient le ciel et parfois – s’agissant de grands saules pleureurs -, s’évertuent à caresser le sol », poursuit Bernard Gouttenoire. Au sein de toiles aux couleurs éclatantes, Jacques Poncet tente de saisir la valse lente des arbres, des nuages et de la mer, la « cadence intime » d’une nature sensuelle parfois animée de corps nus féminins aux positions lascives. « La femme nue, regardée à travers la tradition muséographique et dans l’évidence du plaisir charnel, s’ébattant sur le sable, plongeant dans la mer violette, vaguement picassiennes, ou allongée sur le lit dans une posture goyesque, soit fauve d’apparence, soit vouée aux grisailles, participe à la fois des souvenirs culturels et d’une dynamique originale », décrivait le journaliste Jean-Jacques Lerrant.

 

Jacques Poncet (1921-2012). La plage, rouge et bleu. (Série Les Baigneuses). Acrylique sur toile non signée. Cachet de la vente de l’atelier. 130×162 cm. Estimation : 400 – 600 euros.

 

Jacques Poncet, un artiste lyonnais reconnu

Au cours de ses cinquante années de carrière, Jacques Poncet expose dans les galeries les plus influentes de sa ville, comme celles de Janine Bressy, « L’œil Ecoute », ou d’Henri Chartie, et participe à de nombreuses expositions collectives aux côtés d’artistes lyonnais avant-gardistes. A la fin des années 1950, il est repéré par le grand galeriste parisien Pierre Loeb, qui présente alors des artistes illustres tels que Picasso, Miro, Kandinsky ou Chagall, et rejoint, dans les années 1960, Léger, Manessier, Tal Coat, Da Silva ou Zao Wou Ki sur les cimaises de la Galerie des Arts. Une reconnaissance qui s’institutionnalise en 2000 avec l’entrée de quatre de ses toiles dans la collection d’art moderne et contemporain du Musée de Villefranche-sur-Saône et qui se poursuit aussi dans les salles des ventes, où l’artiste enregistre des adjudications à plusieurs milliers d’euros. « Le 10 février, les amateurs et collectionneurs devraient être nombreux à s’intéresser à cet artiste en quête permanente du rendu et de la sensibilité de la lumière et de l’expression de la matière », note la commissaire-priseur qui débutera les enchères à 13h30 avec une vue de la Croix-Rousse estimée entre 100 et 300 euros.

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Découvrez nos coups de cœur de la vente du fonds d’atelier de Jacques Poncet

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