Le 28 février à Joué-lès-Tours, l’Hôtel des Ventes Giraudeau accueillera le temps d’une vente un ensemble rare de sculptures liées à l’un des plus grands maîtres du surréalisme. La vente réunira trois modèles en plâtre réalisés par Max Ernst en 1967 et trois sculptures en pierre issues de l’atelier de Gilles Chauvelin, un ami de l’artiste d’origine allemande.
Mise à jour, 3 mars 2026. La Petite Tortue sur socle rond, l’un des plâtres préparatoires aux épreuves en bronze qui forment la fontaine d’Amboise, a été préemptée pour 117 800 euros (frais compris) pour le compte de la ville d’Amboise. Les Deux assistants et Big Brother ont trouvé quant à eux preneur à 379 440 et 245 200 euros et rejoindront des collections privées. Enfin, Le musée de l’Homme, œuvre issue de l’atelier de Gilles Chauvelin qui fut maire de Huismes, tailleur de pierre et ami de Max Ernst, a été adjugée 12 400 euros et préemptée pour le compte de la Communauté de commune Chinon Vienne et Loire, et rejoindra les collections du musée du Véron.
L’ensemble d’œuvres que la maison de vente Giraudeau dévoilera aux enchères le 28 février était resté depuis l’origine dans la famille de Gilles Chauvelin. Ce célèbre tailleur de pierre les reçut en effet en cadeau de son ami et voisin Max Ernst (1891-1976). Au catalogue se distinguent trois modèles en plâtre du maître surréaliste, des travaux préparatoires qui constituent de précieux témoignages de son processus créatif. Les sculptures en pierre, quant à elles, proviennent de l’atelier de Gilles Chauvelin à Huismes, où Max Ernst séjourna à partir des années 1950, développant son œuvre sculptée en étroite collaboration avec les artisans locaux.
Trois modèles en plâtre de Max Ernst
Les trois sculptures en plâtre sont datées de 1967 et constituent les toutes premières versions de compositions destinées à être ensuite transposées en bronze ou en pierre. Elles témoignent de la liberté du geste, de l’inventivité et de l’univers fantasque de l’artiste, figure majeure du surréalisme et du dadaïsme.
Parmi ces pièces, Big Brother occupe une place centrale. Cette maquette préparatoire au projet monumental « Corps enseignant pour une école de tueurs » était jusqu’alors connue uniquement grâce à son inclusion au Catalogue raisonné, sans illustration ni précision de localisation. Les autres œuvres en plâtre, Deux assistants et Petite tortue sur socle rond, s’inscrivent quant à elles dans les recherches sculpturales menées par Max Ernst autour de la fontaine d’Amboise, une commande publique témoignant de son attachement à la Touraine.
L’authenticité de ces trois plâtres a été confirmée par le docteur Jürgen Pech, spécialiste de l’œuvre de Max Ernst. Chacun est estimé entre 60 000 et 80 000 euros.
Par HOTEL DES VENTES GIRAUDEAU à Joué-lès-Tours le 28/02/2026 : Max ERNST (1891-1976).
Deux Assistants.
Sculpture en plâtre.
1967.
37 x 43 x 42 cm.
(petite restauration sur la base).
Note : L’œuvre que nous présentons ici est la première version imaginée et réalisée par Max Ernst. Une seconde version connue en plâtre a servi de base pour l’élaboration de l’épreuve en bronze. Cette version est aujourd’hui conservée dans la collection du Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen à Düsseldorf et reproduit dans Werner Spies (éd.), Max Ernst OEuvre-Katalog, vol. 7, Werke 1964-1969, bearbeitet von Werner Spies, Sigrid und Günter Metken und Jürgen Pech, Cologne 2007, n° 4593, p. 378. Il s’agit d’une œuvre réalisée pour la fontaine d’Amboise, inaugurée en 1968.
L’authenticité de cette œuvre a été confirmée par Dr Jürgen Pech. Cette œuvre sera incluse dans le prochain supplément du catalogue raisonné de Max Ernst, actuellement en préparation.
Provenance : Les œuvres issues de l’atelier ont été offertes par Max Ernst à Gilles Chauvelin et Simone-Issaud, sa deuxième épouse, puis par succession directe.
Bibliographie :
– W. Spies, S. Join-Lambert, J. Drost, T. Wessolowski, Max Ernst : Le Jardin de la France, 29 octobre 2009, Musée des Beaux-Arts de Tours.
– W. Spies, Max Ernst : Sculptures, Maisons, Paysages, Paris, 1998. Voir le lot
Par HOTEL DES VENTES GIRAUDEAU à Joué-lès-Tours le 28/02/2026 : Max ERNST (1891-1976).
Big Brother.
Sculpture en plâtre.
1967.
25,5 x 16,5 x 15 cm.
Note : L’œuvre que nous présentons ici fait partie du travail préparatoire de l’œuvre monumentale « Corps enseignant pour une école de tueurs », composée de trois parties. On connait les réalisations agrandies en pierre, issues de l’atelier de Gilles Chauvelin. L’une d’elle, Séraphin – Chérubin, qui compose la partie droite de l’ensemble, a été présentée en 2009 lors de l’exposition Max Ernst, le Jardin de la France, au musée des Beaux-Arts de Tours.
Cette maquette en plâtre de Max Ernst pour le personnage central « Big Brother » est répertoriée dans le catalogue raisonné, mais sans illustration, avec un emplacement et des dimensions jusqu’alors inconnus. (Werner Spies (ed.), Max Ernst OEuvreKatalog, vol. 7, Werke 1964-1969, bearbeitet von Werner Spies, Sigrid und Günter Metken und Jürgen Pech, Cologne 2007, no. 4597, p.383 ; voir aussi la version en pierre qui figure dans Würth Collection, Künzelsau, no. 4598, p. 384.)
L’authenticité de cette œuvre a été confirmée par le Docteur Jürgen Pech. Cette œuvre sera incluse dans le prochain supplément du catalogue raisonné de Max Ernst, actuellement en préparation.
Provenance : Les œuvres issues de l’atelier ont été offertes par Max Ernst à Gilles Chauvelin et Simone-Issaud, sa deuxième épouse, puis par succession directe.
Bibliographie :
– Max Ernst. Le Jardin de la France, Musée des Beaux-Arts de Tours, 17 octobre 2009 – 18 janvier 18 2010, p.119.
– W. Spies, Max Ernst : Sculptures, Maisons, Paysages, Paris, 1998. Voir le lot
Par HOTEL DES VENTES GIRAUDEAU à Joué-lès-Tours le 28/02/2026 : Max ERNST (1891-1976).
Petite Tortue sur socle rond.
Sculpture en plâtre.
1967.
23,5 x 19,5 x 25 cm.
Poids : 2,6 kg.
Note : L’œuvre que nous présentons ici est la première version imaginée et réalisée par Max Ernst. Une seconde version connue en plâtre a servi de base pour l’élaboration de l’épreuve en bronze. Ce modèle est mentionné et reproduit dans Werner Spies (éd.), Max Ernst OEuvre-Katalog, vol. 7, Werke 1964-1969, bearbeitet von Werner Spies, Sigrid und Günter Metken und Jürgen Pech, Cologne 2007, n° 4589, p. 373. Il s’agit d’une œuvre réalisée pour la fontaine d’Amboise, inaugurée en 1968.
L’authenticité de cette œuvre a été confirmée par Dr Jürgen Pech. Cette œuvre sera incluse dans le prochain supplément du catalogue raisonné de Max Ernst, actuellement en préparation.
Provenance : Les œuvres issues de l’atelier ont été offerte par Max Ernst à Gilles Chauvelin et Simone-Issaud, sa deuxième épouse, puis par succession directe.
Bibliographie :
– W. Spies, S. Join-Lambert, J. Drost, T. Wessolowski, Max Ernst : Le Jardin de la France, 29 octobre 2009, Musée des Beaux-Arts de Tours.
– W. Spies, Max Ernst : Sculptures, Maisons, Paysages, Paris, 1998. Voir le lot
Trois sculptures en pierre de l’atelier de Gilles Chauvelin
La vente comprend également trois sculptures en pierre réalisées au sein de l’atelier de Gilles Chauvelin à Huismes. Tailleur de pierre et maire du village, Chauvelin collabora étroitement avec Max Ernst durant sa résidence en Touraine, à partir du milieu des années 1950. Ces œuvres traduisent le passage du modèle à la matière, et incarnent le dialogue entre l’artiste et le savoir-faire artisanal local.
Par HOTEL DES VENTES GIRAUDEAU à Joué-lès-Tours le 28/02/2026 : Atelier de Gilles CHAUVELIN.
Le Musée de l’Homme.
Sculpture en pierre.
1965.
45 x 30 x 23,5 cm.
Note : Il s’agit ici de la première version sortie de l’atelier de Gilles Chauvelin, présentée à Max Ernst mais qui ne sera pas choisie par ce dernier. Une autre version définitive a ensuite servi de base à l’édition en bronze. Depuis 2005, cette dernière version fait partie de la collection du musée Max Ernst à Brühl, offerte par Dorothea Tanning, première épouse de l’artiste. Elle est mentionnée dans Werner Spies (éd.), Max Ernst OEuvre-Katalog, vol. 7, Werke 1964-1969, bearbeitet von Werner Spies, Sigrid und Günter Metken und Jürgen Pech, Cologne 2007, n° 4585, p. 369.
L’œuvre que nous présentons est un très bel exemple de la collaboration entre Max Ernst et l’atelier de Gilles Chauvelin, alors maire de Huismes et dirigeant une entreprise de taille de pierre à « La Couture » à Huismes. L’amitié qui lie les deux hommes s’illustre par leur collaboration artistique qui s’étalera plusieurs années durant la résidence de Max Ernst à Huismes, dans sa maison-atelier du Pin.
Provenance : Les œuvres issues de l’atelier ont été offertes par Max Ernst à Gilles Chauvelin et Simone-Issaud, sa deuxième épouse, puis par succession directe.
Bibliographie :
– W. Spies, S. Join-Lambert, J. Drost, T. Wessolowski, Max Ernst : Le Jardin de la France, 29 octobre 2009, Musée des Beaux-Arts de Tours.
– W. Spies, Max Ernst : Sculptures, Maisons, Paysages, Paris, 1998. Voir le lot
Par HOTEL DES VENTES GIRAUDEAU à Joué-lès-Tours le 28/02/2026 : Atelier de Gilles CHAUVELIN.
La Plus belle.
Sculpture en pierre.
1967.
164 x 32 x 42 cm.
Note : Il s’agit ici de la première version sortie de l’atelier de Gilles Chauvelin, présentée à Max Ernst mais qui ne sera pas choisie par ce dernier. Cette première ébauche d’après la maquette en plâtre de Max Ernst (SMP 4594) est un témoignage important dans le processus créatif qui lie Max Ernst à l’atelier de Gilles Chauvelin à « La Couture » à Huismes.
La deuxième version en pierre, conçue avec suffisamment de précision et dotée d’une tête, a servi de point de départ à l’édition en bronze. Cette version se trouve aujourd’hui dans une collection privée à New York. Cette version est mentionnée dans Werner Spies (éd.), Max Ernst OEuvreKatalog, vol. 7, Werke 1964-1969, bearbeitet von Werner Spies, Sigrid und Günter Metken und Jürgen Pech, Cologne 2007, n° 4594, II, p. 380.
Provenance : Les œuvres issues de l’atelier ont été offerte par Max Ernst à Gilles Chauvelin et Simone-Issaud, sa deuxième épouse, puis par succession directe.
Bibliographie :
– W. Spies, S. Join-Lambert, J. Drost, T. Wessolowski, Max Ernst : Le Jardin de la France, 29 octobre 2009, Musée des Beaux-Arts de Tours.
– W. Spies, Max Ernst : Sculptures, Maisons, Paysages, Paris, 1998
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Par HOTEL DES VENTES GIRAUDEAU à Joué-lès-Tours le 28/02/2026 : Atelier de Gilles CHAUVELIN.
Tête de « La plus belle ».
Sculpture en pierre.
1967.
Diamètre 23 cm – Largeur 3 cm.
Poids : 2,2 kg.
Note : « La plus belle » est une œuvre sculpturale en pierre pour laquelle Max Ernst a d’abord conçu des maquettes en plâtre pour le corps et pour la tête à deux visages. C’est à partir de ces maquettes que l’atelier de Gilles Chauvelin a ensuite réalisé la version agrandie en pierre. Les maquettes en plâtre ont été présentée en 2009 lors de l’exposition Max Ernst, le Jardin de la France, au musée des Beaux-Arts de Tours.
Ces plâtres font désormais partie d’une collection privée à Huismes et sont mentionnés dans Werner Spies (éd.), Max Ernst OEuvreKatalog, vol. 7, OEuvres 1964-1969, édité par Werner Spies, Sigrid et Günter Metken et Jürgen Pech, Cologne 2007, n° 4594 et 4594,I, p. 379. L’œuvre que nous présentons ici est réalisée dans l’atelier de Gilles Chauvelin à partir du plâtre de Max Ernst.
L’authenticité de cette œuvre a été confirmée par Dr Jürgen Pech. Cette œuvre sera incluse dans le prochain supplément du catalogue raisonné de Max Ernst, actuellement en préparation.
Provenance : Les œuvres issues de l’atelier ont été offerte par Max Ernst à Gilles Chauvelin et Simone-Issaud, sa deuxième épouse, puis par succession directe.
Bibliographie :
– Max Ernst. Le Jardin de la France, Musée des Beaux-Arts de Tours, 17 octobre 2009 – 18 janvier 2010, p.119.
– W. Spies, Max Ernst : Sculptures, Maisons, Paysages, Paris, 1998. Voir le lot
Certaines de ces sculptures correspondent à des premières versions ou à des ébauches non retenues, réalisées d’après les maquettes en plâtre de Max Ernst. Elles offrent un éclairage précieux sur les étapes intermédiaires du processus de création, notamment autour du projet La plus belle. Plusieurs versions ultérieures de ces compositions sont aujourd’hui conservées dans des collections publiques et privées, en France et à l’étranger.
Estimées de 8 000 à 15 000 euros, ces sculptures en pierre, également conservées jusqu’à présent dans la descendance de Gilles Chauvelin, constituent de rares témoignages de la collaboration entre son atelier et Max Ernst.