Vente des souvenirs du château de Mouchy : un vide-grenier historique

19/10/2020

Des souvenirs de l’ancien château de Mouchy seront dispersés aux enchères le 23 octobre à Paris. Au programme de ce « vide-grenier » historique, des porcelaines chinoises, des bustes impériaux, du mobilier Boulle et des boiseries, évoquant l’âge d’or du bâtiment Renaissance, restauré sous le Second Empire et détruit au cours de la Seconde Guerre mondiale.

 

Du château de Mouchy-le-Châtel, situé dans l’Oise, ne demeurent aujourd’hui qu’une tour circulaire, une terrasse, des dépendances, un portail monumental, une chapelle et un ensemble d’œuvres d’art, évoquant les heures les plus fastueuses du bâtiment Renaissance. Après un long sommeil de plusieurs décennies, ces trésors oubliés des « greniers de Mouchy » seront dispersés aux enchères le 23 octobre par Hubert L’Huillier à Paris. Estimés de 5 euros à 60 000 euros, ils évoquent l’intérieur somptueux de la demeure aristocratique, avec sa galerie de portraits illustres, ses éléments d’architecture fastueux et son riche mobilier.

 

Un château Renaissance restauré sous le Second Empire

Construit au XVIe siècle par la famille de Maricourt, avant de devenir la propriété du premier duc de Noailles au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, le château fut restauré et agrandi sous le Second Empire par les ducs de Mouchy, branche cadette de la Maison de Noailles. « Les travaux, qui devaient conduire Mouchy à son apogée, furent confiés à l’architecte Hyppolite Destailleur, qui sera par la suite chargé de la restauration des châteaux de Courances et de Vaux-le-Vicomte, et qui élèvera Waddesdon Manor pour le baron Ferdinand de Rothschild », explique le commissaire-priseur.

Au répertoire décoratif de la Renaissance, Destailleur associe à Mouchy un décor sculpté célébrant le nom de ses illustres propriétaires. « Le N des Noailles enlacé au M de Mouchy sont le plus souvent associés à la couronne ducale, ou au P des princes de Poix, et la façade du rez-de-chaussée sur la cour s’orne des bustes sculptés par Mathurin Moreau, des souverains français depuis François Ier, sous le règne desquels les Noailles se sont illustrés. » L’intérieur se pare quant à lui de décors au style éclectique, en vogue sous le Second Empire, tandis que les collections familiales s’enrichissent de pièces de mobilier provenant des meilleurs fournisseurs de la seconde moitié du XIXe siècle. « L’occupation allemande, pendant la Seconde Guerre mondiale, portera un coup fatal à cette belle harmonie », précise Hubert L’Huillier.

 

Sculpture représentant « Cléopatre » ou « Ariane endormie » drapée à l’Antique en marbre sculpté (accidents aux pieds et main, éclats). Epoque Néoclassique. 49 x 67 x 22 cm. Estimation : 1 500 – 2 500 euros.

 

287 souvenirs historiques estimés de 5 à 60 000 euros

A travers la dispersion de près de trois cents lots, la vente des « greniers de Mouchy » fait ainsi renaître l’âge d’or de la prestigieuse demeure. Des bustes en marbre de François Ier, Henri II, Henri IV et Napoléon Ier (estimés de 800 à 3 000 euros), sculptés par Mathurin Moreau, côtoient une boiserie de style Régence imaginée par Destailleur pour abriter le décor d’un boudoir chinois, légué par la reine Marie Leszczyska à sa première dame d’honneur, la comtesse de Noailles (estimée 4 000 – 6 000 euros).

 

Boiseries en bois laqué bleu et blanc qui garnissait l’ancien salon chinois de la Reine Marie Leszczynska au château de Mouchy. Style Régence, XIXe siècle. 300 x 190 cm. Estimation : 4 000 – 6 000 euros.

 

Un portrait en pied de Louis XIV attribué à l’entourage de Hyacinthe Rigaud (estimé 8 000 – 12 000 euros) figure quant à lui parmi un lot d’innombrables portraits peints ou gravés, tandis qu’un ensemble de meubles et objets d’art évoquent les nombreuses commandes effectuées au cours des années 1860 auprès du commerce d’art parisien. « Le marchand Alfred Beurdeley fournit de grands vases en porcelaine de Chine du XVIIIe siècle, auquel il a adjoint les riches montures de bronze doré, dont il s’est fait une spécialité, comme le grand vase à fond céladon à décor de grues dans des paysages Kangxi du XVIIe siècle (estimé 40 000 – 60 000 euros). »

 

Chine – Epoque Kangxi (1662 – 1722) et Alfred Beurdeley – Vase balustre à col ouvert l’épaulement formé de bourrelet, à décor émaillé en bleu et rouge de cuivre sous couverte sur fond vert céladon de bambou, de grues en vol et marchant sous un pin géant. (Bulles de cuisson, sauts d’émail, rayures, état non garanti sous la monture, félures). Hauteur totale : 79 cm – Hauteur à vue du vase : 69 cm. Estimation : 40 000 – 60 000 euros.

 

Un bureau plat orné d’espagnolettes (estimé 600 – 800 euros), une paire de meubles de cuivre et d’étain (estimée 600 – 800 euros) ou des pendules et cartels (estimés de 200 à 4 000 euros) illustrent enfin la permanence, tout au long du XIXe siècle, du goût pour le mobilier Boulle aux marqueteries de métal et d’écaille de tortue, couvertes de bronzes dorés. « Autant de trésors oubliés qui, dispersés au feu des enchères, sont à l’aube d’une nouvelle vie. »

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