Ces bijoux d’exception qui s’adjugent à prix d’or aux enchères

19/12/2025

Une pierre rare, un joaillier reconnu, un atelier prestigieux : les critères pour définir un bijou d’exception sont nombreux. Mais lorsqu’il sont réunis, le marché s’envole.

 

Le marché du bijou est actuellement focalisé sur les pièces d’exception. « C’est à l’image du cours du diamant blanc actuellement, les prix sont en baisse pour tout ce qui n’est pas au top, en hausse pour les pierres remarquables », explique l’expert des ventes Besch, Edouard de Garo. Il énonce plusieurs raisons pour cette désaffection vis-à-vis des diamants blancs classiques : « les Russes inondent le marché de la seconde main, les Asiatiques achètent moins et plus généralement les marchands habituels ont trop de stock. Donc le milieu de gamme n’est pas en forme ».

 

Le succès des diamants fancy colorés

La situation est tout à fait différente pour les diamants fancy colorés. L’expert en présente deux en décembre chez Besch Cannes Auction : un rare diamant Fancy Vivid yellow de 8,21 carats, estimé 200 000 à 250 000 euros, et un Fancy Pink Purple de 1,09 carats, estimé 30 000 à 40 000 euros. « Avec ces diamants, nous sommes vraiment dans l’exceptionnel, il faut imaginer que les roses par exemple ne représentent que 2 % du marché des diamants dans le monde… Et cela va encore se raréfier dans les années à venir car des mines ferment ou sont épuisées », affirme l’expert. Autre critère, il pense que la valeur du diamant vivid jaune aurait pu être encore plus importante si elle venait d’un diamantaire reconnu tel que Graff ou Harry Winston.

Dans ce contexte de rareté, la prime pour la grosseur de la pierre est de plus en plus importante. Pour exemple, un Fancy Yellow (soit une couleur moins recherchée que le Vivid Yellow) de 4,08 carats a été adjugé 27 940 euros (frais inclus) en aout dernier chez Besch Cannes Auction.

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Des pierres aux provenances prestigieuses

Toujours dans les pierres de couleurs, il faut parler des rubis birmans, dont les couleurs sont reconnues partout dans le monde. Chez Aguttes en octobre, une pierre ovale de 3,34 carats a trouvé preneur pour 50 000 euros (frais inclus). Elle était non chauffée, c’est à dire qu’elle n’avait pas été modifié pour en accentuer l’éclat. « Je propose aussi dans les ventes des rubis birmans chauffés », ajoute l’expert. Il a estimé entre 45 000 et 65 000 euros un rubis couleur Pigeon blood de 4,02 carats dans sa vente de décembre.

Pour les émeraudes, les prix les plus importants vont aux pierres de Colombie, « et même plus précisément de la région de Muzo », précise l’expert. Ces gemmes verts sont rares sur le marché : en 2024, une broche portant une émeraude Muzo green a atteint 52 460 euros (frais inclus) chez Bailleul et Nentas à Bayeux. Plus récemment, mais cette fois concernant les saphirs et leur région d’élite le cachemire, 407 000 euros (frais inclus) ont été nécessaires pour emporter une pierre blue cornflower de 5,77 carats présentée par Farran enchères fin novembre.

 

Exceptionnelle bague en or 18k (750 millièmes) de deux tons ornée au centre d’un saphir coussin dans un entourage de douze diamants ronds de taille ancienne. Doigt : 55 – Poids brut : 8 g. Adjugé 407 000 euros chez Farran Enchères le 30 novembre 2025 à Montpellier.

 

Verger Frères, Georges Lenfant, Pery : un savoir-faire unique

Les pierres ne sont pas les seules critères pour définir des bijoux d’exception. « Certains ateliers artisanaux sont toujours très recherchés par les connaisseurs, pour la qualité de leur travail », assure Edouard de Garo. Il cite notamment Verger Frères « un atelier célèbre pour ses plique-à-jour et son travail sur les pierres de couleur. Ils ont notamment collaboré avec Cartier ou Van Cleef ». Pour exemple, ce bracelet rétro en or jaune des années 1940, enrichi d’émeraudes et diamants de la vente de décembre prochain (8 500 à 12 500 euros). Et l’on peut également mentionner Georges Lenfant : « un savoir-faire unique sur la maille dans cet atelier qui a été vraiment précurseur à la fin du XIXe siècle ». Les 52 000 euros (frais inclus) atteints par un sautoir en maille trois tons chez Pierre Bergé et associés en mai 2024 ne le démentirons pas. Et enfin les ateliers Pery, auteurs notamment d’une broche Lion ébouriffé pour Van Cleef & Arpels dans la vente de décembre chez Besch (9 500 à 12 500 euros).

 

 

De Van Cleef à Chaumet, le point sur les grandes marques de joailliers

Du côté des grandes marques de joailliers justement, Edouard de Garo a noté des hauts et des bas : « Pour Van Cleef, les prix augmentent chaque année, Bulgari prend de la valeur depuis quelques temps, et Cartier fait de beaux prix mais seulement pour les très belles pièces, Boucheron est bien coté également ». Plus à la peine, Chaumet ou Mauboussin car « les prix en neuf sont très élevés, donc le second marché a du mal à suivre ». Plus pointues, les marques italiennes Pomelatto ou d’origine italienne Mellerio « suscitent parfois des surprises surtout pour des bijoux vintage ».

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