Le 12 décembre 2025 | Mis à jour le 12 décembre 2025
Champagne : des bouteilles entre 25 et 2 000 euros aux enchères
par Magazine des enchères
Les fêtes de fin d’année sont propices à l’ouverture de quelques bouteilles de champagne. Les conseils d’un expert pour choisir lesquelles placer dans votre seau à glace.
L’expert Pascal Kuzniewski propose deux fois par an des ventes fleuve avec la maison Besch à Cannes. Trois jours de vente pour quelques 2 500 bouteilles à chaque édition ! Au moment des fêtes, le champagne est particulièrement regardé. « Le contexte dans les villes champenoises est un peu complexe en ce moment, commence l’expert, avec d’abord une bonne nouvelle puisque le millésime 2025 s’annonce excellent. Mais aussi une moins bonne avec la baisse régulière des ventes de champagne depuis quelques années. En 2021, environ 300 millions de bouteilles se vendaient chaque année, aujourd’hui c’est 270 millions ».
Conséquence, dans les caves des maisons de champagne attendent désormais environ quatre années de stock cumulées, contre trois en période normale. L’expert voit plusieurs raisons à cette baisse de consommation : un climat moins festif, et l’émergence des vins pétillants de type Prosecco ou Crémants, qui prennent la place du champagne parfois jugé un peu cher. « C’est effectivement un vin cher, mais pas tant que cela, nous avons dans les ventes des bouteilles accessibles à partir de 25 euros. Et dans les restaurants, je conseille souvent d’aller regarder les prix, car les cartes de vins donnent parfois un peu le tournis, et en comparaison les champagnes deviennent abordables ».
Selosse, Bollinger ou Dom Pérignon : trois catégories de maisons de champagne
L’expert classe les maisons de champagne en trois catégories. D’abord les plus en vogue, « les cultivateurs récoltants comme Cédric Bouchard, Pascal Agrapart, Jacques Selosse, Ulysse Collin. Depuis une vingtaine d’années, ils développent des cuvées intéressantes et diverses sur différentes parcelles. Et cela correspond à une évolution des goûts : auparavant les particuliers avaient leur champagne, d’une une seule marque, dans leur cave. Maintenant ils ont des champagnes différents et apprécient le changement ». Quant aux tarifs, ces vins d’exception reconnus internationalement sont dans le haut du panier : comptez 350 à 400 euros pour deux bouteilles de brut Roses de Jeanne (Cédric Bouchard) de 2009 ; 1 000 à 1 250 euros pour une bouteille extra brut de Jacques Selosse 2002.
Seconde catégorie, les maisons de champagne familiales telles que Bollinger, Pol Roger ou Drappier. « Drappier notamment s’est beaucoup intéressé aux enjeux climatiques. Et plus généralement, ces maisons privilégient de plus en plus la qualité, la prise de conscience des facteurs environnementaux avant leur rendement. Très concrètement, on fait des champagnes plus propres », se félicite l’expert. Pour acquérir leurs bouteilles, prévoyez entre 1 800 et 2 400 euros pour 12 bouteilles de champagne brut 1973 Pol Roger, ou 1 200 à 1 400 euros pour un brut blanc de noir vieilles vignes 1996 Bollinger.
Terminons avec les noms d’autres prestigieux domaines de champagne que sont Ruinart, Veuve Cliquot ou Dom Pérignon. « Ils font tourner la région, proposent des gammes très larges pour s’adapter à tous les goûts », assure Pascal Kuzniewski. Et le prix de leurs flacons couvre également une gamme étendue : au plus haut, 3 400 à 4 000 euros pour deux brut blancs de blocs Clos du Mesnil Krug de 1985, mais aussi 520 à 640 euros pour deux bouteilles de brut Dom Pérignon Moët et Chandon de 1982 ou 300 à 400 euros pour un brut blancs de blancs Dom Ruinart de 1971.
Les champagnes aussi anciens suscitent parfois des craintes en termes de conservation du goût et des bulles, particulièrement de la part des acheteurs français, et ces flacons partent le plus souvent à l’étranger. Mais « contrairement à ce que l’on croît encore, le champagne bien conservé vieillit très bien. Même s’il reste plus fragile que le vin rouge, par exemple il ne voyage pas très bien. La bulle ne disparaît pas complètement. Et quand il y en a moins, la qualité du vin est toujours là », assure l’expert.
Il émet néanmoins un doute sur les capacités de vieillissement des champagnes non dosés, présentés comme nature : « un champagne non dosé, c’est agréable, même s’ils sont parfois un peu sur l’acidité. En revanche, ce n’est pas convaincant au vieillissement selon moi ». Rappelons que le dosage du champagne consiste à ajouter une liqueur composée de vin de réserve et de sucre dans les bouteilles. La teneur en sucre va déterminer si le champagne est brut, sec, demi-sec ou non dosé.
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