Le 16 juillet 2020 | Mis à jour le 16 juillet 2020

5 choses à savoir sur Jacques-Emile Ruhlmann

par Alexandra Flory

Ensemblier autodidacte d’origine alsacienne, Jacques-Emile Ruhlmann s’illustra à Paris dès le début du XXe siècle à travers le mobilier, le papier peint mais également en tant que décorateur. Retour sur cette figure majeure des arts décoratifs français. 

 

1. Il est surnommé le « Riesener de l’Art déco »

Jacques-Emile Ruhlmann (1879-1933), celui que l’on considère aujourd’hui comme un acteur majeur du style 1925, était à son époque déjà surnommé le « Riesener de l’Art déco ». Cet élogieux surnom lui est attribué pour plusieurs raisons : le décorateur s’inspire de deux ébénistes du XVIIIe siècle, Riesener et Weisweiler, en leur empruntant le sens de la précision dans la fabrication des meubles. Mais le surnom lui vient également de sa célébrité. En effet, Riesener était à son époque l’ébéniste favori de Marie-Antoinette et un maître dans l’art du mobilier Louis XVI, tout comme l’était Ruhlmann pour la France et l’Art Déco.

 

Jacques-Emile Ruhlmann, attribué à. Suite de huit chaises en placage d’ébène de Macassar. Estimation : 1 000 – 1 500 euros.

 

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2. Il acquiert une renommée à l’internationale à l’Exposition des Arts décoratifs et industriels de 1925

C’est en 1925 que Ruhlmann se fait remarquer par le grand public, le pavillon du Collectionneur impressionnant les visiteurs à la fois par son architecture signée Pierre Patout, sa décoration et son ameublement. Il s’agit ici d’un travail d’ensemblier, comme le disait Ruhlmann, et non de décorateur. L’ensemblier ne crée pas uniquement le mobilier, mais il travaille également la pièce qui l’entoure, du choix du papier peint au fauteuil en passant par les luminaires. Ruhlmann dessinera d’ailleurs chacun de ces éléments lors de l’exposition, mais aussi tout au long de sa carrière. L’Exposition des Arts décoratifs et industriels de 1925 est le point de départ de la diffusion internationale du mouvement Art déco qui s’exporte alors à New-York, Shanghai ou encore São Paulo, donnant ainsi naissance aux gratte-ciels que l’on connait aujourd’hui.

 

Jacques-Emile Ruhlmann. Table de salle à manger en placage d’ébène de Macassar. Estimation : 4 000 – 6 000 euros.

 

3. Il a choisit l’Art déco plutôt que le modernisme

Dès 1920, deux styles de mobilier opposés à l’Art nouveau, se confrontent, avec des idéaux bien différents. Tandis que le modernisme défend les valeurs humanistes avec des meubles pour lesquels le fonctionnalisme et  la distribution au plus grand nombre sont primordiales, Ruhlmann et l’Art déco, cherchent quant à eux le luxe, la qualité du matériau et s’adressent à une clientèle aisée. C’est cette recherche même de prestige qui guide l’artiste dans le choix de ses matériaux, prestataires et clients. En effet, Jacques-Emile Ruhlmann ne laisse rien au hasard. Dessinateur de mobilier et non ébéniste de métier, c’est par ses croquis et esquisses au crayon ou au fusain, que le créateur confie la fabrication de son œuvre d’abord aux ébénistes du Faubourg Saint-Honoré, puis en interne dans son entreprise qui emploiera jusqu’à cent personnes. Au sein du mouvement de Art Déco, le créateur n’est plus nécessairement le fabricant.

 

Jacques-Emile Ruhlmann. Important meuble de rangement en placage d’ébène de Macassar à caisson cubique. Estimation : 30 000 – 35 000 euros.

 

4. Il a le goût du détail et de la qualité

Avec Ruhlmann, le mobilier Art déco se doit d’être à la fois luxueux et raffiné, affichant des finitions parfaites. Cette perfection passe notamment par le choix des matériaux. Ainsi le bois est fin et de belle texture, tel l’ébène de Macassar, l’acajou de Cuba, le palissandre des Indes, l’amarante ou le bois de violette ; les placages sont riches comme la loupe de noyer, de frêne ou d’amboine ; et les ornements sont exécutés à partir de matériaux luxueux remis au goût du jour tels que le galuchat (cuir de poisson) et la peau de serpent. Dès 1925, l’artiste ira jusqu’à améliorer les ornements avec du bronze, du cuivre, du métal chromé ou encore de la marqueterie d’ivoire. Mais ce qui fait la renommée de l’ensemblier c’est l’harmonie qui se crée entre les matériaux utilisés, la réconciliation de la ligne et la couleur. C’est ce sens du détail et de la qualité qui attire le tout-Paris dont le couturier Jacques Doucet, l’orfèvre Jean Puiforcat, la comédienne Jane Renouardt ou encore l’Etat français qui passa de nombreuses commandes pour l’Elysée et l’Assemblée Nationale.

 

Jacques-Emile Ruhlmann. Cabinet « Spécial Ventre » en bois de palissandre, estampillé, daté 1933 au dos. Estimation : NC.

 

5. Il bat des records aux enchères

S’il est un artiste français du mobilier Art déco qui bat des records aux enchères, c’est bien Ruhlmann. De plus en plus rare sur le marché, le mobilier d’origine de l’ensemblier qui plus est estampillé, ne cesse de prendre de la valeur. En effet, que ce soit pour le mobilier ou l’objet de décoration, Ruhlmann est une référence du mouvement Art Déco. Pour preuve ses résultats en vente aux enchères qui se sont envolés en 2011 à Paris jusqu’à 2 865 000 euros (frais inclus) pour une chaise longue « Aux skis » de 1929.

 

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Image en une : Jacques-Emile Ruhlmann. Bureau moderniste en placage d’ébène de Macassar. Présente sur le plateau une lampe orientable en bronze. Estampillé au fer chaud sous le plateau et sous la partie centrale « Ruhlmann », tampon circulaire « B » et daté 1933. Estimation : 50 000 – 60 000 euros.

 

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