Durant plus de cinquante ans, la galerie M.A.I. a soutenu les artistes les plus renommés de son temps, de Pablo Picasso à Charlotte Perriand. Le 7 juillet à Brive-la-Gaillarde et en live sur Interencheres, Charles Gillardeau dispersera aux enchères plus de soixante-dix œuvres design et sculptures provenant de la collection d’un des derniers directeurs de ce lieu incontournable parisien, dont une pièce unique réalisée par André Borderie, Pierre et Véra Székély.
La galerie M.A.I. : un lieu incontournable de la céramique et du mobilier design
Créée en 1939 par Yvonne Zervos (1905-1970), fondatrice avec son mari Christian Zervos (1889-1970) de la célèbre revue des « Cahiers d’Art », la galerie M.A.I. a été l’un des lieux incontournables de la scène artistique contemporaine, jusqu’à sa fermeture en 1991. Dès sa première installation dans le sixième arrondissement parisien, elle présente les plus grands artistes de son époque – Brancusi, Léger, Miro, Chagall, Picasso, Mondrian – avant l’interruption temporaire de ses expositions lors de l’Occupation.
« A sa réouverture en 1946, Yvonne Zervos confie la direction de la galerie à Marcel Michaud qui dirige déjà la Galerie Folklore de Lyon, ainsi que Stylclair, explique l’expert Thomas Leporrier. Ce dernier présente le mobilier de Le Corbusier, Charlotte Perriand, Max Bill ou encore Walter Gropius, et s’associe avec André-Charles Gervais. » Le duo organisera jusqu’en 1951 des expositions consacrées notamment à Stahly, Marie-Thérèse Pinto, Juana Muller, Etienne Martin et Bram Van Velde. « Cette direction en binôme prendra fin pour des raisons inconnues et André-Charles Gervais se retrouvera seul aux manettes de la galerie entre 1951 et 1957, époque où il présente les céramistes Sébastien, André-Aleth Masson, ainsi que le collectif Borderie-Székély. »

En dépit de ses collaborations prestigieuses, la galerie est en mauvaise posture financière et elle est reprise en 1957 par le fils d’un des actionnaires, Roland Chanteur qui la dirigera jusqu’à sa fermeture définitive en 1991. « Il y consacre le luminaire italien de Gino Sarfatti et de la marque Arteluce, ainsi que les luminaires français édités par Disderot, précise Thomas Leporrier, et ses collaborations avec Artifort, à l’apogée du design français, feront du 12 rue Bonaparte, un lieu incontournable du mobilier et de la céramique française. »

Plus de 70 œuvres de la galerie M.A.I. vendues aux enchères
André Borderie, Pierre et Véra Székély, Gino Sarfatti, les frères Castiglioni… Les artistes phares de la galerie M.A.I. seront réunis le 7 juillet prochain à Brive-la-Gaillarde et en live sur Interencheres, sous le marteau de Charles Gillardeau, à l’occasion de la vente de la collection d’un des derniers directeurs de l’établissement artistique. Cet ensemble de plus de soixante-dix œuvres dormait jusqu’alors dans une grange et compte des pièces exceptionnelles estimées jusqu’à 30 000 euros, dont une sculpture zoomorphe en céramique caractéristique du travail poétique et surréaliste qu’entreprirent à six mains André Borderie (1923-1998), Pierre (1923-2001) et Véra (1919-1994) Székély, durant les années d’après-guerre. Estimé entre 20 000 et 30 000 euros, ce modèle unique est L’oiseau rare de la vente. Il sera présenté aux côtés de nombreux luminaires signés notamment de Gino Sarfatti (estimés de 100 à 4 000 euros) et de trois céramiques d’André Borderie (1923-1998), dont une Tête à lumière est évaluée entre 10 000 et 12 000 euros.
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