Le 12 juin 2014 | Mis à jour le 13 juin 2014

Charles de Valois, de la chartreuse au château

par Interencheres

[Lot du jour] Le portrait de Charles de Valois réalisé par Louis Licherie, retrouvé à la suite d’un inventaire dans un château, est l’œuvre d’une commande peu ordinaire. Il se dévoilera lors de la vente de Maître Vincent Wapler à Paris le mercredi 18 juin 2014.

Charles de Valois se tient debout d’un air convenu, habillé d’un lourd drapé bleu finement recouvert des fleurs de lys, symboles de la royauté. Malgré ses titres de comte d’Anjou et du Maine ainsi que d’empereur titulaire de Constantinople, en épousant successivement Marguerite d’Anjou et Catherine de Courtenay, il n’a jamais été roi. Il fut fils de roi, frère de roi, oncle de trois rois, gendre de roi, gendre d’empereur, père d’un roi, mais jamais roi lui-même. En 1325, le comte de Valois en compagnie de son fils Philippe VI, futur roi de France en 1328, fondent la chartreuse de Bourgfontaine près de Villers-Cotterêts où est conservé le tableau au XVIIe siècle. Aucune hésitation n’est envisageable grâce à l’inscription sur le cartouche à la gauche du personnage.

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L’œuvre fait partie d’un cycle de douze tableaux sur la vie de saint Bruno, fondateur de l’ordre érémitique des Chartreux dont relève l’édifice de Bourgfontaine. Louis Licherie partage la réalisation de l’ensemble, avec Antoine Bouzonnet-Stella (1634-1682) et Claude II Audran (1639-1684), en peignant huit œuvres sur les douze. Ayant travaillé dans l’atelier de Charles Le Brun (1619-1690) à la manufacture des Gobelins, Louis Licherie est un peintre d’histoire et maître dans la création de tableaux d’autel pour des églises et des couvents parisiens et franciliens, il exécute le présent portrait en 1686.

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C’est grâce aux recherches de Guillet de Saint-Georges, l’historiographe de l’Académie royale de peinture et de sculpture au XVIIe siècle, que ce cycle est aujourd’hui connu : il est composé des portraits des fondateurs et des bienfaiteurs de la chartreuse de Bourgfontaine, mais également des vues en perspectives des chartreuses de Bourgfontaine et de Bourbon-lèz-Gaillon. Pour René Millet, l’expert de la vente, cette œuvre est  « l’un des derniers cycles importants du XVIIe siècle ».

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Si le sujet et la provenance de ce tableau estimé 15 000 à 20 000 € en vente le mercredi 18 juin sont facilement identifiables par le cartouche, le sort des autres tableaux est incertain. Suite à la Révolution et à la vente de la chartreuse, les œuvres sont-elles perdues, détruites ou conservées dans une demeure à l’instar de ce portrait ? Les éventuels rescapés surgiront peut-être un jour sur le marché de l’art.

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D’autres lots provenant du même château tel un important tapis du milieu du XIXe siècle (estimé entre 30 000 et 50 000 euros) ou encore un retable de la Crucifixion du Maître du Fils prodigue (estimé entre 20 000 et 30 000 euros) seront mis en vente le mercredi 18 juin 2014 à Paris. Les châteaux regorgent donc toujours de trésors et donc, peut-être, de nouvelles redécouvertes en perspective !

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Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

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