Le 11 septembre à Saint-Etienne, 600 cartes d’imagerie scolaire des années 1950 et 1960, provenant d’une école, seront dispersées aux enchères, à partir de 10 euros. L’occasion de revenir aux origines de cet outil pédagogique, devenu une pièce déco vintage incontournable dans nos intérieurs.
« Je voudrais que les murailles de nos 70 000 écoles fussent couvertes, du haut en bas, d’images. » Dès le Second Empire, le ministre de l’Instruction publique Victor Duruy se désole de la pauvreté de l’imagerie au sein des écoles, limitée à des coloriages religieux et à quelques cartes de géographie. Pour tenter d’y remédier, Jules Ferry crée en 1879 la Commission de la décoration des écoles, rebaptisée Commission de la décoration des écoles et de l’imagerie scolaire en 1880.
Un support efficace pour les enseignants
Des travaux sont alors menés visant à définir les sujets et l’esthétique de ces supports pédagogiques censés éduquer l’œil des écoliers, avant que ne soit organisé, au Cercle de la librairie à Paris en 1904, un congrès spécial dédié au traitement de l’imagerie scolaire et de l’éducation par l’image. C’est ainsi que les tableaux imagés envahissent les murs des écoles, servant de support aux enseignants pour dicter la leçon du jour. Botanique, géographie, animaux, apprentissage de la lecture… les affiches, suspendues au mur, sont plébiscitées par les enseignants qui y voient un moyen efficace d’attirer l’attention de leur classe. Au contraire des manuels scolaires qui isolent, elles invitent les élèves à échanger et travailler en commun autour d’un même support.
« On a vu l’imagerie la plus médiocre entretenir et fortifier des légendes, exercer une action populaire, et même politique. Que n’est-on pas autorisé à espérer, pour la culture intellectuelle du pays, pour son progrès moral, d’une imagerie véritablement artistique introduite dans l’école et de là se répandant dans toutes les familles ! »
Rapport de la Commission de la décoration des écoles et de l’imagerie scolaire, 11 avril 1881
Un outil pédagogique transformé en objet déco
De 1900 aux années 1980, de nombreux éditeurs se sont spécialisés dans la production d’affiches didactiques ou cartes géographiques – Rossigol, MDI (Maison des instituteurs), Deyrolle, Bourrelier, Vidal de la Blache. Colorées, conciliant art et pédagogie, elles sont aujourd’hui de véritables pièces décoratives. Elles apportent, par leur charme incontestable, une touche rétro aux intérieurs les plus tendances. D’outil pédagogique, elles sont devenues un objet d’agrément, répondant finalement à leur dessein originel formulé lors des premières commissions : initier à l’art et au culte du beau.
Amaury Imbert, Hôtel des ventes du Marais
Quelles sont les cartes scolaires les plus recherchées ?
Amaury Imbert : Les sujets scientifiques sont particulièrement recherchés, de même que les planches portant sur les fleurs ou les animaux.
Qui sont les acheteurs ?
A. I. : Les cartes scolaires intéressent aujourd’hui beaucoup de particuliers qui souhaitent apporter une touche vintage à leur intérieur. Elles sont ainsi intégrées dans un salon, ou dans une chambre d’enfants, en guise d’objet, à la fois décoratif et ludique. Elles ont l’avantage d’être recto verso, ce qui permet de changer d’image à l’envie. Les écoles quant à elles n’achètent plus réellement de cartes scolaires. Elles suivent les nouveaux programmes gouvernementaux qui privilégient les tablettes plutôt que les cartes imagées.
Combien coûte en moyenne une carte scolaire ?
A. I. : Les prix sont variables, mais il faut compter autour de 80 euros pour une carte des années 50-60. Les lots de cinq cartes que nous proposons aux enchères le 11 septembre à Saint-Etienne sont quant à eux estimés à des prix très attractifs, entre 30 et 40 euros. Ils devraient attirer beaucoup d’amateurs.
Enchérissez sur le Live | Vente de 127 lots de cartes scolaires le 11 septembre
Nos coups de cœur de la vente du 11 septembre











