La 38e édition de la Garden Party des Rouillac se tiendra du 6 au 8 juin au Château de Villandry, près de Tours. Au programme de cette année, une Sainte Dorothée inédite d’Artemisia Gentileschi, un James Ensor au sommet de sa gloire, un Isaac Soreau d’une rare complexité et d’autres trésors à découvrir.
Chaque année, à l’occasion de leur vente Garden Party annuelle, les Rouillac nous rappellent que les collections privées regorgent de trésors rivalisant avec celles des institutions muséales. La 38e édition ne fait pas exception. Au catalogue, une toile inédite d’Artemisia Gentileschi côtoie une nature morte flamande d’Isaac Soreau d’une virtuosité rare, tandis qu’un James Ensor peint au sommet de sa renommée dialogue avec un Hubert Robert nocturne, un bronze engagé de Camille Claudel et une exceptionnelle armoire de mariage signée Thomas Hache.
Une Sainte Dorothée inédite d’Artemisia Gentileschi
C’est l’une de ces découvertes que les amoureux de l’art chérissent, une toile inédite d’Artemisia Gentileschi (1593-1652), conservée depuis plus d’un siècle dans une collection privée française, qui refait surface pour la première fois lors de cette Garden Party. L’attribution a été confirmée par Keith Christiansen, l’un des plus grands spécialistes mondiaux de la peinture italienne du XVIIe siècle, sur photographies numériques en avril dernier.
La sainte représentée tient dans ses mains un panier d’aubépines blanches et jaunes. Une discrète palme posée sur un entablement la désigne comme martyre : il s’agit probablement de Dorothée, martyrisée à Césarée de Cappadoce en 311. La légende veut qu’à l’heure de son exécution, elle ait miraculeusement envoyé à l’avocat Théophile, qui l’avait raillée, une coiffe remplie de roses et de fruits en plein hiver, prodige qui le convertit au christianisme.
La figure est saisie dans un moment d’intense intériorité : le regard tourné vers le ciel, la posture légèrement en mouvement, elle semble engagée dans un dialogue silencieux avec le Divin. L’héritage caravagesque d’Artemisia est ici pleinement lisible : la lumière, chargée d’une forte valeur symbolique, vient caresser le visage et les mains de la sainte, isolant la figure dans une pénombre vibrante. Les reflets satinés de pourpre mettent en valeur la blancheur éclatante de la chemise, dont les manches amples sont traitées avec virtuosité.
Par ses analogies stylistiques avec la Clio de la Fondazione Pisa (vers 1632), la Sainte Catherine du National Museum de Stockholm (vers 1635) et le visage d’Esther devant Assuérus conservé au Metropolitan Museum de New York, les commissaires-priseurs situent la toile dans les années 1630, au cours du premier séjour napolitain de l’artiste, période parmi les plus fécondes de sa carrière. La provenance de l’œuvre, reconstituée avec soin, remonte à une collection privée toulonnaise du début du XXe siècle, transmise par descendance jusqu’à Lyon. La question de l’autoportrait, inévitable avec Artemisia, reste ouverte : ses héroïnes ne sont pas toutes des reflets de son propre visage, mais elles portent toutes la marque d’un regard singulier sur les femmes, actives, puissantes, déterminées.
Artemisia Gentileschi (Italienne, 1593-1652), Sainte Dorothée Toile. Haut. 74 Larg. 62 cm. Restaurations anciennes Au dos du cadre une étiquette avec un n° à la plume 636 et un cachet de cire rouge avec les initiales MB. Estimation : 200 000 – 300 000 euros.
James Ensor au sommet de la gloire
Le mercredi 2 août 1933 est un jour de fête pour James Ensor (1860-1949). Le roi Albert et la reine Élisabeth de Belgique, qui l’ont anobli baron quatre ans plus tôt, viennent de lui rendre leur traditionnelle visite estivale dans son atelier d’Ostende. Le soir même, il dîne à Coq-sur-Mer en compagnie d’Albert Einstein, qui a fui l’Allemagne nazie quelques mois auparavant. C’est dans cet élan de gloire que le peintre exécute Vierge et Mondaine avec Alexandra Daveluy (vers 1933), deuxième version d’une composition exposée la veille même dans une galerie de sa ville.
Sur cette toile demeurée secrète jusqu’à la mort d’Ensor en 1949, tout ce qu’il aime est réuni : des coquillages et des masques comme en vendait sa mère, une statuette de Vierge à l’Enfant, une poupée « mondaine » rappelant son goût du travestissement, un masque du théâtre japonais, un crâne de squelette vaniteux. Mais ce qui distingue cette version de la composition connue, celle conservée au musée des Beaux-Arts de Bilbao, c’est la présence d’Alexandrine, la nièce bien-aimée du peintre, ajoutée au premier plan à droite sous un arc-en-ciel qui transperce la toile de part en part. « Ensor avait jusque-là toujours réservé ce symbole aux scènes bibliques ou divines », note Aymeric Rouillac.
Le tableau, répertorié au catalogue raisonné de l’œuvre peint (Xavier Tricot, Fonds Mercator, 2009), est passé en vente à Amsterdam en 1960, exposé à Bruxelles la même année, puis acquis à Anvers en 1963 par la famille qui le confie aujourd’hui aux Rouillac. Sa devise choisie lorsqu’il fut créé baron résume peut-être mieux qu’aucun autre titre ce tableau de l’intime : Pro luce nobilis sum, « Je suis noble de Lumière ».
James Ensor (Belge, 1860-1949) Vierge et mondaine (avec Alexandra Daveluy), c. 1933 Toile. Signée en bas à gauche. Au dos, sur le châssis : étiquette de Guillaume Campo à Anvers, numéro olographe « 5272 » entouré, les dimensions écrites plusieurs fois, inscription : « Ensor 27 rue de Flandres Ostende ». Haut. 60 Larg. 74 cm. Estimation : 200 000 – 300 000 euros.
Isaac Soreau, un bouquet d’exception
Si Isaac Soreau (1604-1644) est davantage connu pour ses natures mortes aux corbeilles de fruits, il a peint, exceptionnellement, quelques bouquets de fleurs. Celui que proposent les Rouillac est l’un des plus grands et des plus complexes que l’on connaisse de sa main, selon le cabinet Turquin qui s’est chargé de l’expertise. Son authenticité a été confirmée par Fred Meijer, spécialiste de la peinture flamande de nature morte.
Soreau est le fils de Daniel Soreau, marchand de laine devenu peintre, qui avait quitté Tournai pour Francfort, foyer d’une école de nature morte animée par Georg Flegel et Pieter Binoit. Élève vraisemblable de Sébastien Stoskopff et proche des peintres anversois Jacob van Hulsdonck et Osias Beert, Isaac hérite d’une tradition dans laquelle le bouquet n’est jamais un simple ornement, mais une méditation sur le temps, la mort et la résurrection.
Dans ce Bouquet de fleurs dans un vase en verre, disposé dans un « Römer » sur fond neutre légèrement brun-vert, tulipes, brins de muguet, myosotis, fritillaires pintades et ancolies se côtoient dans une composition savamment équilibrée, un mélange de fleurs de différentes saisons, impossibles à réunir en un seul moment, réalisé à partir d’études individuelles. Plusieurs insectes animent l’ensemble : un papillon, une libellule, un scarabée et une mouche, autant de symboles de la fugacité de l’existence. L’œuvre provient de la collection du marquis René de Chabrillan (1886-1938) au château de Neuville-sur-Oise, transmise depuis par descendance familiale.
Isaac Soreau (Allemand, 1604-1644) Bouquet de fleurs dans un vase en verre Huile sur cuivre. Haut. 52,5 Larg. 40 cm. (restauration) Cadre en bois doré. Estimation : 200 000 – 300 000 euros.
Hubert Robert et la nuit de Saint-Pierre
Peintre des ruines et des architectures imaginaires, Hubert Robert (1733-1808) nous livre ici une vision saisissante de la basilique Saint-Pierre de Rome plongée dans une atmosphère nocturne. La toile, signée à la hampe du pinceau et présentée sur son châssis d’origine, provient de la descendance de Jacques Nicolas Joseph Célier de Bouville (1727-1789), dont le château de Cloyes abrita la collection jusqu’à ce jour.
L’immensité de l’édifice est magnifiée par un jeu subtil de clair-obscur : une source lumineuse centrale éclaire partiellement les colonnes monumentales et les voûtes, laissant le reste de l’espace dans une pénombre vibrante. Les figures humaines, réduites à de simples silhouettes, accentuent l’échelle grandiose du lieu et confèrent à la scène une dimension presque méditative. Fidèle à son goût pour les perspectives théâtrales, Robert ne cherche pas à représenter un espace réel, mais à en révéler la dimension poétique et spirituelle.
Pour mesurer la singularité de l’œuvre, il faut se souvenir de ce qu’Hubert Robert doit à Giovanni Paolo Panini (1691-1765) qu’il côtoya à Rome. Panini s’était fait une spécialité des vues intérieures monumentales de la basilique Saint-Pierre, qu’il représentait avec une précision quasi scénographique, animée de nombreuses figures : chez lui, la lumière célèbre la splendeur décorative et la rigueur de l’espace, dans une approche proche de la veduta. Mais kà où Panini décrit, Robert suggère. Les effets nocturnes, les contrastes lumineux et la dissolution partielle des formes confèrent à ses vues une dimension émotionnelle qui dépasse la simple représentation topographique. Une étude en relation directe avec cette toile, provenant de l’ancienne collection de Martine, comtesse de Béhague, est passée en vente chez Sotheby’s à Monaco en 1989 puis à Paris en 2010, ce qui atteste de l’intérêt précoce que Robert portait à ce sujet.
Hubert Robert (Français, 1733-1808), La basilique Saint Pierre illuminée, effet de nuit. Toile et châssis d’origine. Signée en bas à gauche à la hampe du pinceau : Roberti.. 12 (?)P. Inscrit au dos ‘Maury’. Haut. 49 cm Larg. 38,5 cm. Petits soulèvements et manques. Cadre en bois doré. Estimation : 15 000 – 20 000 euros.
Une armoire de mariage exceptionnelle signée Thomas Hache
Il est des meubles qui racontent à eux seuls l’histoire d’un art. Cette armoire de mariage réalisée par Thomas Hache (1664-1747) vers 1690-1695, alors que l’ébéniste travaille à Chambéry, capitale administrative du Duché de Savoie, est de ceux-là. Haute de plus de deux mètres, richement marquetée sur ses quatre faces, elle constitue selon les spécialistes un exemplaire inédit dans le corpus connu de l’artiste et sera reproduite dans le second volume de la monographie de référence Le génie des Hache (Pierre et Françoise Rouge, éditions Faton).
Ce qui distingue cette armoire des autres modèles connus tient d’abord à la présence d’ivoire, et non d’os, matériau habituel de Hache, sur les perles de la couronne comtale et les monogrammes, signe que le commanditaire entendait ne pas lésiner sur la noblesse des matériaux. Le décor floral, d’un naturalisme raffiné, réserve lui aussi des surprises : une branche de lys et une fleur de tournesol y font une apparition rarissime, au milieu des tulipes, pivoines, œillets et ipomées en scagliola bleue, ce stuc teinté inventé en Italie au XVIIe siècle pour imiter la marqueterie de pierres dures. Les deux perroquets au plumage finement gravé qui occupent les médaillons médians, en lieu et place des Renommées habituellement représentées, achèvent de faire de cette armoire une pièce singulière.
Formé dans l’atelier parisien de Pierre Gole, ébéniste du roi, avant de s’établir à Chambéry puis à Grenoble, Thomas Hache obtiendra en 1721 le Brevet d’Ébéniste du Duc d’Orléans. Cette armoire, conservée dans une collection lyonnaise, témoigne de son génie à ses heures les plus inventives.
Thomas Hache (Français, 1664 1747). Exceptionnelle armoire de mariage à scagliola bleue et ivoire, c. 1690-1695. Richement marquetée, en façade et sur les côtés, de rinceaux feuillagés et fleuris, de branches d’aubépine, rubans, couronnes comtales et monogrammes en ivoire, ornements en scagliola bleue, cartouches, fleurs et feuillages au naturel et teintés, guirlandes de fleurs, oiseaux, vases Médicis, draperies, frises de feuilles d’acanthe et fleurettes, sur fonds de noyer teinté et contre-fonds de ronce de noyer et de beau noyer veiné. Reposant sur cinq pieds boule en bois noirci. Chambéry, vers 1690-1695. Haut. 212 Larg. 153 Prof. 65 cm. Très bon état général, fonds, caisson intérieur, charnières, entrées et serrures rapportés. Estimation : 80 000 – 120 000 euros.
Camille Claudel et l’affaire Dreyfus
Quand Camille Claudel (1864-1943) modèle La Vérité sortant du puits autour de 1900-1905, l’affaire Dreyfus déchire encore la France. L’œuvre s’inspire d’une toile d’Édouard Debat-Ponsan présentée au Salon de 1898 et offerte à Émile Zola lors de l’Exposition universelle de 1900 pour célébrer son engagement en faveur de la réhabilitation du capitaine Alfred Dreyfus : la Vérité, nue, émerge triomphante du puits où deux hommes, allégories de l’Armée et de l’Église, cherchent à la maintenir enfermée. En choisissant ce sujet, Claudel prend parti avec une clarté que Rodin, lui, n’a pas eue, préférant le silence pour ne pas compromettre ses relations avec de potentiels commanditaires.
Son voile, bien plus ample que celui de La Fortune, est un véritable exercice de style. Son visage, proche de celui de La Valse, est sublimé par des bras brisés qui évoquent la Vénus de Milo et confèrent à la figure la puissance d’une allégorie antique. Certains ont voulu voir dans cette sculpture un simple « marcottage », la réutilisation de figures préexistantes, pratique chère à Rodin. Les commissaires-priseurs réfutent cette lecture : l’absence de traces d’assemblage et la construction inédite de la margelle du puits attestent d’une création autonome.
Le plâtre original a été découvert par Reine-Marie Paris chez les descendants de Léon Cahen, qui l’avait reçu en cadeau de mariage en 1907 de son cousin Eugène Blot, fondeur, marchand et mécène le plus fidèle de Claudel.
Camille Claudel (Française, 1864-1943) La vérité sortant du puits, c. 1900-1905 Bronze. Fonte posthume à la cire perdue. Signé « C. Claudel ». Cachet du fondeur Chapon, numéroté 7/8. Haut. 43 Larg. 31 Prof. 20 cm. Estimation : 30 000 – 40 000 euros.
Aux côtés de ces pièces d’exception, la Garden Party dévoilera également une sélection d’œuvres plus accessibles, dont nous vous proposons un florilège en images. À noter que ces trois jours d’enchères au Château de Villandry s’ouvriront le 6 juin par une vente Luxe & Art de vivre, et se clôtureront le 8 juin par la vente de la collection Bernès consacrée à l’œuvre de Marie Vassilieff.
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Jean-Baptiste Carpeaux (Français, 1827-1875)
L’Asie
Le Chinois n°2
Terre cuite.
Signature cursive. Cachets : « Propriété Carpeaux » à l’Aigle impériale, « Atelier & Dépôt / 74, rue Boileau /Auteuil. Paris » et numéro d’ordre d’épreuve « 1788 ».
Haut. 33,5 Larg. 23,5 Prof. 14 cm.
Bibliographie :
– Michel Poletti, Alain Richarme, « Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur. Catalogue raisonné de l’oeuvre édité », Paris, Editions de l’Amateur, 2003, un modèle en bronze reproduit p. 123, n°BU23;
– Michel Poletti, « Jean-Baptiste Carpeaux l’homme qui faisait danser les pierres », Montreuil Seine-Saint-Denis, Gourcuff Gradenigo, 2012, précisions quant au modèle pour la fontaine de l’Observatoire p. 160-161.
Nous remercions Monsieur Alain Richarme qui a aimablement confirmé l’existence de cette épreuve en terre-cuite du « Chinois n°2 », non mentionnée dans son catalogue raisonné de 2003.
Carpeaux. Asia or Chinese man no.2. Terracotta.
Haut d’une trentaine de centimètres, ce buste d’un chinois est une émanation d’une oeuvre monumentale de Jean-Baptiste Carpeaux : la « Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde ». Commandée en 1867 par le baron Haussmann pour être placée face à l’Observatoire, elle convoque les personnifications de l’Amérique, de l’Afrique, de l’Europe et de l’Asie soutenant la sphère céleste.
Ce buste est le résultat des recherches de Carpeaux pour la représentation du visage de l’Asie.
Il est édité en trois modèles différents : « l’Esquisse » avec son traitement impressionniste, le Chinois n°1 en grandes dimensions et le Chinois n°2 en petites dimensions. Terre-cuite, bronze, plâtre et marbre sont employés. Non mentionnée dans le catalogue raisonné, l’épreuve en terre-cuite du « Chinois n°2 » est rare. Elle aurait été éditée du vivant de l’artiste avec des cachets datés, puis à titre posthume dans son atelier d’Auteuil par sa famille à l’instar de cette épreuve. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Giacomo Raffaelli (Italien, 1753-1836) et son atelier
Vue du Colisée, 1784.
Micro-mosaïque sur cuivre.
Signée, située et datée au revers.
Rome, San Sebastianello.
Montée sur une boite circulaire en écaille, or et vermeil. L’intérieur en or et fond en fer.
Poinçon tête de vanneau utilisé à Paris pour la décharge des menus ouvrages en or ou argent sous la régie d’Henri Clavel et de Jean-François Kalendrin entre 1782 et 1789.
Haut. 25,5 Diam. 80,4 mm.
Poids brut : 117,1 g.
Accidents.
Provenance : succession Pierre de Barrigue de Montvallon (1923-2020), dit Piem, Notre Dame d’Oé.
View of the Colosseum, micromosaic on a tortoiseshell, gold and vermeil box by Raffaelli and his studio, 1784.
Bibliographie : Anna Maria Massinelli, « Giacomo Raffaelli (1753-1836) : maestro di stile e di mosaico », Florence, Aska, 2018, une composition très proche reproduite page 240.
Micromosaic representing The Colosseum in Rome, by Giacomo Raffaeli in 1784, on a gold, enamel, tortoiseshell and vermeil box in Paris.
Descendant d’une famille de mosaïstes qui a notamment oeuvré à la cour pontificale, Raffaelli est l’inventeur vers 1775 de la technique de la « mosaico in piccolo », c’est à dire la micro-mosaïque. Sa première exposition connait un important succès et il produit alors une très grande variété d’objets : plateaux de table, médaillons pour décor de boites ou encore tableaux en micro-mosaïque. Il réalise de nombreuses pièces pour les souverains comme le roi de Pologne mais aussi le pape Pie VII pour lequel il réalise une horloge offerte à Napoléon, aujourd’hui conservée au Victoria and Albert Museum à Londres (Loan Gilbert.4:1 to 4-2008). A la demande de Napoléon, il est envoyé à Milan pour diriger un atelier de mosaïstes chargé de reproduire la Cène de Léonard de Vinci (aujourd’hui dans l’église des Frères mineurs à Vienne) afin de remplacer la fresque que l’Empereur souhaitait envoyer à Paris.
Notre mosaïque, signée et datée, se situe relativement tôt dans la carrière de l’artiste. Cette vue du Colisée est typique de l’engouement des élites européenne pour l’étude des vestiges romains lors du Grand Tour. La représentation favorite reste l’Arc de Janus et du Temple de Sybile (Victoria and Albert Museum, Londres). Les dimensions et la technique de notre boite la rapproche d’une autre, également signée, figurant le temple de Vesta à Tivoli réalisée vers 1800 (vente Sotheby’s, Londres, An Italian Collecting Journey, 26 mars 2026, n°432) et d’une broche figurant le Colisée (vente Christie’s, Londres, 5 décembre 2019, n°148).
N.C. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Seau à Champagne
Argent doré repoussé 800 millièmes.
Les profils de Louis XVI et Marie-Antoinette, dans deux médaillons réunis par une guirlande. Anses à protomé de lion.
Poinçons apocryphes imitant ceux de Paris utilisés sous la régie de Julien Alaterre (1768-1774).
Haut. 22,4 Larg. 19 cm.
Poids : 1.245 g.
Provenance : succession d’un ancien antiquaire, Orléans.
Silver-gilt champagne bucket with profile of Louis XVI and Marie-Antoinette, featuring apocryphal hallmarks of the Ancien Régime (political system in France up to the late 18th century).
Si la légende rapporte que la forme de la coupe à champagne aurait été moulé sur le sein de la reine Marie-Antoinette, ce seau à Champagne est une création du XIXe siècle. Il illustre le style « Marie-Antoinette -Impératrice », qui est encouragé par la passion d’Eugénie pour la figure de la Reine et la réhabilitation de sa personnalité auprès du public concomittamment aux développements des grandes maisons de Champagne. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Ecole alsacienne du XVIIe siècle
Triptyque des cordiers de Strasbourg
Panneaux.
Inscrit dans les phylactères : ‘Christian Berger von Sittawwar’ ?
Haut. 66 Larg.53,5 cm.
Haut. totale : 100 cm.
Larg. totale : 110 cm.
Provenance : collection d’Aviau de Piolant, château de Ternay, depuis le début du XIXe siècle.
17th-century Alsatian School. Triptych of the Cordiers brotherhood. Panels.
En 1684, les troupes de Louis XIV entrent dans Strasbourg, imposant la religion catholique à cette ville qui était restée à l’abri de la Guerre de Trente ans dans le giron du Saint-Empire. La confrérie des cordiers, réunis au sein de « la Mauresse », est alors la septième dans l’ordre d’importance des confréries de la ville. On retrouve sur ce tryptique son emblème officiel constitué d’une pelote, d’un râteau, d’une manivelle et d’une flèche. Cette confrérie réunit cordiers, chanvriers, fripiers, fruitiers, brocanteurs, fabricants de chandelles, charretiers, marchands de sel, coltineurs, volaillers, savetiers, déchargeurs, et enfin ouvriers du tabac.
Notre tableau est organisé en plusieurs registres. Deux volets extérieurs donnent à voir deux personnages, Antoni Schrag et Conrad Wanner, vraisemblablement maitres de la corporation des cordiers ou cordeliers, avec la date de 1587. A l’intérieur, quarante-huit blasons ou écus se détachent sur des fonds de couleurs variées, certains portent la date de 1633. Ces écus associent tantôt des outils et emblèmes liés au métier de cordier (manivelle, crochet, râteau, flèche, touret et séran), tantôt des figures saintes ou allégoriques. Parmi les figures identifiables apparaissent notamment Sainte Barbe, Sainte Catherine d’Alexandrie, Saint Christophe, Saint Nicolas, Saint Sébastien ainsi qu’une allégorie de la Justice. Plusieurs inscriptions, fréquemment Strasbourg, mais aussi d’autres provenances comme Saint-Gall ou Bingen. Certaines inscriptions semblent renvoyer à des fonctions au sein de la corporation, telles que Schreiber (scribe ou greffier), Ladenmeister (responsable du coffre de la corporation), Ladengesell (compagnon attaché à la Lade, c’est à dire l’institution corporative) ou encore Obermeister (maître principal). A l’intérieur, nous retrouvons deux cordiers avec la date de 1684 et des inscriptions dans des phylactères ?Jacob? grob? Scardt Laden / Gefel (?)Ano 1684 et Christian Jacob Von Sittow / Laden Gefel (?) Ano 1684. Au centre 42 écus se retrouvent avec des inscriptions, les différents emblèmes de la corporation des cordiers, des figures de saints catholiques et des inscriptions partiellement effacées où revient fréquemment le nom de Strasbourg. En partie haute et basse des sculptures avec angelots et têtes grimaçantes ont été ajoutées. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778)
Vue des environs de Rome
Médaillon en étain polychromé sur fond d’écaille.
Mention sur le bord « Vue des environs de Rome faite sur le tour ».
Etiquette au revers « 16 / 100 frs ».
Diam. 8,5 cm.
Petits accidents.
Sans cadre.
Provenance : collection particulière, Thouars.
View of the Surroundings of Rome, tin marquetry on tortoiseshell ground by Thomas Compigné. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778)
Vue des environs de Florence
Médaillon en étain estampé, polychromé à la gouache, doré et vernis sur fond d’écaille.
Mention « Vue des environs de Florence fait sur le tour ».
Etiquette au revers numérotée « 18 ».
Diam. 8,5 cm.
Sans cadre.
Provenance : collection particulière, Thouars.
View of the Surroundings of Florence, polychrome tin on tortoiseshell ground by Thomas Compigné. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778)
« Première vue de Marseille »
Médaillon en étain estampé, polychromé à la gouache, doré et vernis sur fond d’écaille.
Mention sur le bord « Première vue de Marseille exécutée sur le tour par Compigné tourneur du roi à Paris d’après le tableau original de M. Vernet peintre de sa Majesté ». Trace d’étiquette au revers.
Diam. 8,6 cm.
Petits manques
Sans cadre.
Provenance : collection particulière, Thouars.
First View of Marseille after Vernet, polychrome tin on tortoiseshell ground by Thomas Compigné. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778)
« Seconde vue de Marseille »
Médaillon en étain estampé, polychromé à la gouache, doré et vernis sur fond d’écaille.
Mention sur le bord « Seconde vue de Marseille… St Jean exécuté sur le tour par Compigné tourneur du Roi à Paris d’après le tableau original de Mr Vernet peintre de Sa Majesté ».
Diam. 7,5 cm.
Sans cadre.
Petits manques
Provenance : collection particulière, Thouars.
Second View of Marseille after Vernet, polychrome tin on tortoiseshell ground by Thomas Compigné.
Thomas Compigné fait partie de ces personnalités artistiques à la biographie antagonique. D’une part, il se révèle être l’un des plus fameux tabletiers de la seconde moitié du XVIIIe siècle, célébré pour ses tableautins et tondi ornés de miniatures aux marines, vues de châteaux et d’Italie. D’autre part, il s’avère difficile de retracer son histoire, au regard d’une bibliographie relativement muette. Jusqu’alors présenté comme arrivé d’Italie vers 1750, il acquiert en réalité en qualité de « bourgeois de Paris » le fonds d’André Regnard Dandre, « peigner et tabletier privilégié suivant la Cour en conseil de sa Majesté » le 7 novembre 1748, comme nous l’apprennent les archives du notaire Nicolas Michel Leroux (AN ET LXV-306). La somme de 1.800 livres est payée à sa veuve, Madeleine Combe. Il établit son activité à l’enseigne du Roi David, rue Grenata.
Le Mercure de France ne tarde pas à remarquer en 1756, l’ingéniosité de son travail : « [Compigné] va incessamment mettre au jour différents dessins de sa composition, qu’il exécute sur l’écaille & sur le carton ; l’effet de ce travail est d’autant plus frappant qu’il représente le naturel. Ceux qui désireront les avoir sur or & sur argent, ou autres métaux, pourront les lui commander : il les rendra avec autant de précision que tells desseins Chinois, de fleurs, d’architecture, de païsage, & autres qu’on voudroit se procurer. Il double en écaille les tabatieres de carton: il raccommode les unes & les autres, & vend des deux expeces à tres-juste prix, en grous & en detail. On trouvera encore chez lui des assortimens de toutes expeces, en ce qui concerne la Tabletterie. »
Sa technique reste mystérieuse, sinon des plus complexes. Il utilise effet un morceau d’étain estampé en relief, qu’il applique sur une feuille de composition amalgamée ou d’écaille, à l’instar des cinq médaillons présentés dans cette vente. Les compositions sont ensuite rehaussées à la gouache, au vernis et à l’or. Aujourd’hui, le nom du créateur est donné pour qualifier sa technique et ses objets.
Les compositions des « Compignés » sont inspirés de dessins qui « lui sont remis pour modèle », comme le précise l’Almanach du Dauphin en 1777. Parmi les cinq médaillons de cette collection, deux vues de Marseille sont réalisées « d’après le tableau original de Mr Vernet peintre de sa Majesté ». Joseph Vernet se voit confier en 1753, la commande d’une série de 24 tableaux représentant les ports de France. Si seulement 15 sont finalement réalisés, deux sont consacrés au port de Marseille : L’entrée du port de Marseilles (1754, musée du Louvre, n°inv 8293) et L’intérieur du port de Marseille (1754, dépôt du musée du Louvre au musée National de la Marine, n°5OA3D). Compigné s’inscrit alors dans cette mode pour les vues d’après Vernet qu’encensent Diderot et toute la critique.
S’il profite d’un certain succès, remettant notamment un tableau d’écaille figurant « Les Malheurs réparés par la Bienfaisance », à la Dauphine Marie-Antoinette pour la fête de Noël 1773, son activité cesse en novembre 1778, par suite de la déclaration de sa faillite.
Brice Langlois Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Attribué à Thomas Couture (Français, 1815-1879)
Mère et son enfant fuyant un incendie, épisode de la Commune
Toile d’origine.
Annotée au revers : Episode de la Commune de Paris.
Haut. 43 Larg. 33 cm.
Provenance : collection particulière, Toulouse.
Couture. A mother and her child fleeing a fire, an episode from the Paris Commune. Canvas. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Auguste Mayer (Français, 1805-1890)
Chemin vers les Geysers, 1836
Trois dessins au crayon ou à l’aquarelle, avec rehauts de blanc, signés, datés et situés :
– Eruption du grand Geysir.
– Vue générale de l’Almannagja, prise du temple de ingvellir.
– Cataracte de Bruara, route de ingvellir aux Geysirs.
Haut. 27 Larg. 44 cm.
Provenance : collection de Paul Guieysse (1841-1914), conseiller général du canton de Lorient-Nord (1881-1889 et 1898-1901), député du Morbihan entre 1890 et 1910 et ministre des Colonies entre 1895 et 1896 ; par transmission familiale, collection particulière, Paris.
Mayer. Path to the Geysers. Three pencil and watercolour drawings. 1836.
Bibliographie : Joseph Paul Gaimard, « Voyage en Islande et au Groënland exécuté pendant les années 1835 et 1836 sur la corvette La Recherche dans le but de découvrir les traces de La Lilloise », Paris, Bertrand, dessins préparatoires des planches 34, 39 et 41. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Attribué à Honoré Daumier (Français, 1808-1879)
Portrait-charge présumé de Portalis
Petit buste en terre crue polychromée.
Deux étiquettes à l’arrière, l’une avec l’inscription « h. Daumier ».
Haut. 13,5 cm
Petits accidents et petits manques
Haut. 12,5 cm.
Provenance : collection normande.
Attributed to Daumier. Presumed caricature of Count Portalis. Polychrome clay.
Littérature en rapport : Edouard Papet, « Daumier : les célébrités du Juste milieu, 1832-1835 : étude et restauration », cat. exp., Paris, musée d’Orsay, 25 mai-28 août 2005, Paris, Réunion des musées nationaux, 2005.
Entre 1832 et 1835, à la demande de l’éditeur Charles Philipon, fondateur de La Caricature et du Charivari, Honoré Daumier modèle une série de petits bustes en terre crue peints à l’huile caricaturant les figures politiques des premières années de la monarchie de Juillet : parlementaires, ministres, magistrats, tous plus ou moins proches d’un régime que la presse satirique désignait sous l’expression méprisante de « Juste Milieu ». Ces effigies servent à l’artiste de modèles pour composer ses lithographies. Leur nombre original demeure inconnu. Trente-six seulement sont parvenus jusqu’à nous, conservées depuis 1980 au musée d’Orsay à Paris, après avoir été achetés en 1927 au petit-fils de Charles Philipon par l’éditeur d’art Maurice Le Garrec, qui les fit restaurer et mouler en raison de leur extrême fragilité avant de les éditer en bronze et en plâtre.
Le présent buste s’inscrirait donc dans cette production. L’identification présumée du modèle repose sur une confrontation méthodique avec le catalogue raisonné de l’œuvre lithographié établi par Hazard et Delteil (1904) : parmi les soixante-trois caricatures consacrées aux gens de justice, un seul sujet présente la réunion des traits caractéristiques de cette effigie : chevelure noire couvrant la totalité du crâne, nez en tubercule, joues rebondies, menton tombant sous la robe de magistrat. Il s’agirait de Joseph-Marie Portalis (1778-1858), fils du père du Code civil, ancien ministre des Cultes, puis premier président de la Cour de cassation de 1829 à 1852, représenté en pied par Daumier dans La Caricature du 3 juillet 1835.
La date de cette lithographie éclaire la charge politique de ce portrait. En juillet 1835, Portalis siège parmi les assesseurs de la chambre des pairs instruisant les procès d’avril, ces poursuites engagées contre les républicains à la suite de l’insurrection de 1834, au cours de laquelle le massacre de la rue Transnonain avait coûté la vie à des civils innocents. Cette répression judiciaire, que Daumier avait stigmatisée dans sa célèbre lithographie « Rue Transnonain, le 15 avril 1834 », valut aux magistrats qui s’en firent les instruments d’être à leur tour la cible de sa verve. En brocardant Portalis, Daumier n’aurait pas seulement caricaturé un visage : il aurait instruit en argile un réquisitoire contre les serviteurs d’une justice aux ordres.
Faute de liste exhaustive réalisée du vivant de Daumier de ses portrait-charges, ces réserves d’attribution et d’identification formulées, le buste n’en constitue pas moins un témoignage plastique de premier ordre : celui d’une pratique créatrice, la sculpture comme laboratoire de la caricature, qui fit de ces fragiles terres crues l’un des ensembles les plus singuliers de l’art du XIXe siècle.
Aymeric Rouillac Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Antoine Rivoulon (Français, 1810-1864)
Deux jeunes filles dans une mansarde, 1849
Panneau.
Signé en bas au centre ‘ARivoulon’ et daté.
Haut. 32,5 cm Larg. 40 cm.
Cadre en chêne et stuc doré, d’époque Louis XVI.
Provenance :
– probablement le tableau de Rivoulon refusé par le jury du Salon de 1850, « Les chercheuses de puces » ;
– collection Jaques Guérin (1880-1962) conservateur en chef du musée des Arts Décoratifs et du Musée Nissim de Camondo ;
– par descendance familiale, Poitiers.
Rivoulon. Two girls in an attic. Panel. 1849. Probably the painting rejected at the 1850 Salon entitled Les chercheuses de puces (The flea seekers).
Bibliographie : Thierry Zimmer, Antoine Rivoulon (1810-1864), Catalogue raisonné, édition numérique à compte d’auteur, 2022, page 150, n°49 noté « lieu de conservation inconnu ». Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Marie-Aimée Lucas-Robiquet (Française, 1858-1959)
Scène dans une palmeraie
Toile.
Signée en bas à droite.
Haut. 38,5 Larg. 55 cm.
Toile reclouée sur châssis, restaurations, petits accidents.
Sans cadre.
Bibliographie : Kelly Mary, « French women Orientalist artists, 1861-1956 : cross-cultural contacts and western depictions of difference », London, New-York, Routledge, 2021, des précisions biographiques p. 29-58.
Robiquet. Scene in a palm grove. Canvas.
Marie-Aimée Lucas-Robiquet fait partie de ces femmes qui ont dû lutter pour s’imposer sur la scène artistique française. L’école des Beaux-Arts lui étant interdite, elle entre dans l’atelier du peintre Félix Barrias, dont elle retient le goût pour l’orientalisme. Après son mariage avec Maurice-Edouard-Louis-Henri Lucas, soldat français basé en Algérie, elle s’installe à Constantine, où elle se consacre pleinement à la peinture. Son orientalisme témoigne de couleurs vibrantes et d’une touche impressionniste sous-jacente.
Notre tableau qui est un brillant hommage au travail et à la vie des femmes en Algérie, au-delà de la simple représentation de la vie quotidienne dans ces villages, au tournant des XIXe et XXe siècles. Le thème n’est pas sans rappeler une oeuvre de l’artiste intitulée « La Cueillette des dattes dans un jardin de Négrine », présentée à l’Exposition de l’Union artistique de Toulouse en 1898. Les oeuvres qu’elle présente en France sont louées par la critique à commencer par Louis Gonse et le peintre Luc-Olivier Merson, qui ne tarit pas d’éloge à son propos.
B.L. et N.C. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 07/06/2026 : Otto Henry Bacher (Américain, 1856-1909)
La sieste, 1881
Toile.
Signée et datée.
Haut. 36 Larg. 51,5 cm.
Cadre en bois mouluré, stucqué et doré. 53 x 68 cm.
The Siesta. Canvas by Otto Henry Bacher.
Originaire de Cleveland, Otto Henry Bacher est l’un des fondateurs de l’Académie des Beaux-Arts de la ville. Au coté de Willis Seaver Adams, il étudie à l’école des Beaux-Arts de Munich en 1878 puis voyage dans différentes régions européennes. Devenu ami avec James McNeill Whistler, il continue de pratiquer la peinture et la gravure en se nourrissant de sa manière impressionniste. Revenu aux Etats-Unis en 1888, il s’installe à New York après son mariage et devient l’un des membres de la colonie d’artistes de Lawrence Park, aux côtés de Frank Duveneck et William Merritt Chase. Il reçoit différent prix, et notamment une médaille d’argent à l’Exposition universelle de Saint Louis en 1904 pour ses gravures. Il est considéré comme l’un des précurseurs de la modernité dans l’art américain ainsi que l’un des membres fondateurs de la première école de peintres impressionnistes à Cleveland. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 06/06/2026 : Piaget
Montre bracelet
Or jaune 750 millièmes.
Entièrement gravé à décor de motifs carrés, la montre de forme carrée, index pour les heures, bracelet souple en or, mouvement mécanique.
Signée sur le cadran, le fond et le fermoir. Le fond numéroté.
Longueur : 18 cm
Poids brut : 92,3 g
Fonctionnement non garanti, manque une vis.
Accompagnée d’un certificat d’origine et de garantie de la Maison Piaget et d’un écrin. Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 06/06/2026 : Pendentif « Sévigné »
Or jaune, émeraudes et pierres vertes sur clinquant, composé de trois motifs ajourés à décor de rinceaux, le premier motif en forme d’un nœud, le dernier en forme d’une croix grecque.
Poinçon de la ville de Cordoue.
Espagne, XVIIIe siècle.
Poids brut : 17,5 g.
Traces de soudure, petits chocs, égrisures, transformations.
Utilisé à l’origine comme ornement de corsage ou porté au cou, ce type de bijou est façonné dans les ateliers de Cordoue dès le début du troisième quart du siècle. Ce nœud s’inspire des compositions ornementales de Gilles Legaré, joaillier du roi Louis XIV, dont le recueil, « Livre des ouvrages d’orfèvrerie » (1663), a largement diffusé ce motif en Europe. La longévité du modèle près de quatre-vingts ans séparent le recueil de l’objet témoigne du rayonnement durable des sources françaises dans l’orfèvrerie ibérique du XVIIIe siècle. Il est également désigné sous le nom de « Sévigné ».
Un « lazo con cruz » très proche, également d’origine espagnole, est conservé au musée national des Arts décoratifs de Madrid (inv. 2140) ; voir L. Arbeteta, « La joyería española : de Felipe II a Alfonso XIII en los museos estatales », Madrid, Ministerio de Cultura, 1998, p. 86, n° 10. On le rapprochera également de la demi-parure espagnole du XVIIIe siècle conservée au musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau (inv. M.M.51.2.88 et M.M.51.2.101). Le dessin d’un bijou analogue figure par ailleurs dans le « Códice del Joyel de Guadalupe » (fol. 46r, n° 1).
Des pièces comparables sont également passées en vente publique : un collier articulé en or et émeraudes portant le poinçon de Cordoue, Espagne, XVIIIe siècle, adjugé 11 152 € (vente Audap & Associés, Paris, Hôtel Drouot, 28 octobre 2025, lot 149). Voir le lot
Par ROUILLAC à Villandry le 06/06/2026 : René Lalique (Français, 1860-1945)
Boucle de ceinture
Or jaune 750 millièmes gravé à décor d’agrafes de feuillages et de fuchsias partiellement émaillée bleue plique à jour.
Signée.
Travail français vers 1900.
Haut. 7,3 cm.
Larg. 4,7 cm.
Poids brut : 42,9 g.
Accidents et manques.
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Par ROUILLAC à Villandry le 06/06/2026 : Boivin
Clip de revers
Or jaune 750 millièmes et platine 850 millièmes figurant une feuille stylisée, le centre orné d’une aigue-marine de forme coussin serti-clos d’environ 15 à 20 ct, les limbes pavées de diamants taillés en rose et d’aigues-marines de forme ronde.
Poinçonné sur l’épingle.
Haut. 5,3 cm.
Larg. 4,7 cm.
Poids brut : 26 g.
Légères égrisures.
Accompagné d’un certificat d’authenticité de la Maison René Boivin, joaillier, du 10/04/2026 précisant : « création originale réalisée par René Boivin en décembre 1938 d’après un dessin de Juliette Moutard. »
Provenance : collection Jaques Guérin (1880-1962) conservateur en chef du musée des Arts Décoratifs et du Musée Nissim de Camondo, Paris. Sa descendance. Voir le lot