Le 19 novembre 2018 | Mis à jour le 29 novembre 2018

Record mondial pour une plaque en porcelaine de Jacques Barraband

par Diane Zorzi

Samedi 17 novembre 2018 à Bordeaux, une rare plaque en porcelaine de la manufacture de Dihl et Guérhard s’est envolée à près de 600 000 euros sous le marteau de Maître Antoine Briscadieu. Peinte en 1798 par Jacques Barraband, elle était estimée entre 100 000 et 150 000 euros.

 

565 600 euros pour une plaque en porcelaine peinte par Jacques Barraband

Samedi dernier, Maître Antoine Briscadieu dispersait un important ensemble de tableaux, mobilier et objets d’art du XVIIe au XXe siècle, provenant de collections particulières de la région bordelaise. Pièce maîtresse de la vente, une rare plaque en porcelaine de la manufacture de Dihl et Guérhard était estimée entre 100 000 et 150 000 euros. Peinte par Jacques Barraband (1768-1809) autour de 1798, elle appartenait à Joseph Chavane de Dalmassy (1854-1954) et était restée jusqu’alors dans sa famille par descendance. « Il est très plausible que son arrière-grand-père, Charles Athanase Walckenaer (1771-1872), ethnographe et géographe, qui côtoyait le même cercle que Jacques Barraband, ait fait l’acquisition de ce tableau soit au Salon de 1798, soit au début du XIXe siècle », détaille Maître Antoine Briscadieu. A l’issue d’une belle bataille opposant des enchérisseurs du monde entier, elle s’est envolée à 565 600 euros (frais compris) au téléphone, acquise par un collectionneur privé. « Il s’agit d’un record mondial à la fois pour une œuvre de Jacques Barraband, et pour une plaque en porcelaine. »

 

Jacques Barraband (1768-1809) et manufacture de Dihl et Guerhard, peinture sur plaque en porcelaine, 59,5 x 49, 3 cm. Adjugé 565 800 euros (frais compris) par Maître Antoine Briscadieu le 17 novembre 2018 à Bordeaux.

 

« Il s’agit d’un record mondial à la fois pour une œuvre de Jacques Barraband, et pour une plaque en porcelaine. »

 

 

Une œuvre remarquée au Salon de 1798 

Au XVIIIe siècle, la manufacture de porcelaine Dihl et Guérhard jouit d’une notoriété équivalente à celle, plus connue aujourd’hui, de Sèvres. « Les recherches de Dihl sur les couleurs, les variétés de fonds imitant l’agate, le lapis, le jaspe, l’écaille, le vermeil ou le bronze patiné à l’antique, associées aux pinceaux de peintres talentueux tels que Drölling, Demarne, Le Guay ou Barraband, permettent à la manufacture d’être considérée à la fin du XVIIIe siècle comme l’une des premières en Europe. » Parmi ses prestigieux collaborateurs, Jacques Barraband se distingue lors du Salon de 1798 avec une peinture sur porcelaine représentant un faisan doré et trois perroquets perchés sur une terrasse et des branches d’arbre. « L’exposition de notre peinture marque ainsi le début de son succès. Les années qui suivent seront rythmées par nombre de collaborations prestigieuses. En 1802, il participe ainsi à la réalisation du cabinet de platine de la Casa del Labrador au palais d’Aranjuez. Il fournit également quarante-quatre aquarelles d’espèces d’oiseaux pour la célèbre Description de l’Egypte, avant de rejoindre la manufacture de porcelaine de Sèvres entre 1803 et 1806, où il confectionne des vases pour l’Empereur. »

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