Le 10 avril 2020 | Mis à jour le 10 avril 2020

Rolex : le baromètre du marché en temps de crise

par Diane Zorzi

Alors que le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’attend à la pire année de récession économique que la France ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale, l’avenir du marché de l’art interroge : quel sera l’impact de la crise sur ce secteur ? Pour l’expert en horlogerie et montres de collection Geoffroy Ader, le comportement du marché s’évaluera à l’aune de l’évolution de la cote d’une marque : Rolex.

 

Afin d’évaluer l’impact d’une crise économique sur le marché de l’art, Geoffroy Ader a un repère : la cote des montres Rolex. « Avec Patek Philippe, la marque Rolex parle au monde entier avec des résultats records aux enchères ces dernières années. Dans le secteur des ventes aux enchères, les montres-bracelets modernes ou vintage sont une spécialité récente, datant d’une trentaine d’années environ, ayant largement bénéficié de la globalisation du marché. Aussi, les résultats fluctuent au gré des crises, mais Rolex a toujours été le reflet du dynamisme de ce secteur en plein essor depuis de très nombreuses années, ce qui constitue un véritable baromètre du marché. »

 

« Le marché de l’art fonctionne en décalage par rapport aux marchés financiers, et les ventes Rolex en sont un témoignage probant, mais nul ne peut se hasarder à prédire l’avenir. Seule la passion des collectionneurs peut déroger à la règle avec des pièces exceptionnelles qui peuvent aussi faire des prix records aux enchères en temps de crise. »

Geoffroy Ader, expert en horlogerie et montres de collection

 

Un marché de l’art en décalage par rapport aux marchés financiers

Lors du krach boursier de 2001, le premier réflexe de cet expert en horlogerie et montres de collection était ainsi d’observer attentivement le comportement des ventes du prestigieux garde-temps suisse. « L’année même de l’éclatement de la bulle internet et deux mois seulement après les attentats du 11 septembre, le record du monde pour une montre à bracelet a été battu. Ce n’est qu’un an plus tard que le marché a accusé un réajustement pour ensuite repartir des années plus tard. Il en a été de même lors de la crise en 2008. Le marché de l’art fonctionne en décalage par rapport aux marchés financiers, et les ventes Rolex en sont un témoignage probant, mais nul ne peut se hasarder à prédire l’avenir. Seule la passion des collectionneurs peut déroger à la règle avec des pièces exceptionnelles qui peuvent aussi faire des prix records aux enchères en temps de crise. »

Selon Geoffroy Ader, c’est donc en 2021 que devraient se dessiner les premières tendances post-crise. « Nous observerons probablement les premiers effets, non lors de la reprise, mais plutôt à la fin 2020, à l’heure où tous feront le bilan de l’année. Il est fort probable qu’à cette période les commissaires-priseurs et experts soient davantage sollicités par des clients souhaitant vendre leurs montres. Il sera alors très important de réguler scrupuleusement l’offre en 2020, ainsi que tout au long de l’année 2021, afin qu’il y ait une offre en parfaite adéquation avec la demande. »

 

Rolex Cosmograph Daytona Paul Newman. Adjugé à 297 600 euros (frais compris) par Couton Veyrac Jamault le 29 mars 2017 à Nantes.

« La puissance d’Internet et d’un site comme Interencheres, qui regroupe une offre considérable, nous permet d’attirer des collectionneurs du monde entier. Autant d’outils qui devraient constituer un rempart efficace contre la crise et laisser espérer une nouvelle étape clé pour le marché des montres de collection aux enchères en France. »

 

Le digital : un rempart contre la crise ?

Cette année 2021, Geoffroy Ader l’envisage néanmoins avec sérénité. « Depuis les crises de 2001 et 2008, une nouvelle donnée essentielle doit être prise en compte : la puissance du digital dans l’univers des enchères bien au-delà de la simple spécialité de l’horlogerie. En témoigne le mot clé « Rolex » qui est le terme le plus recherché sur interencheres.com, toutes spécialités confondues.  Avec l’arrivée des ventes live il y a environ dix ans, la spécialité montres de collection a réussi à attirer des acheteurs qui jusqu’alors ne recouraient pas aux ventes aux enchères. Le phénomène va s’accélérer car la montre va devenir une nouvelle classe d’actif pour une nouvelle génération de collectionneurs qui sont de plus en plus en prise avec le monde du digital. »

Ainsi, grâce aux retransmissions en live, c’est en province que se sont vendues les plus belles Rolex expertisées par Geoffroy Ader ces dernières années. En témoigne l’adjudication à 297 600 euros (frais compris) enregistrée à Nantes, par Bertrand Couton, pour un chronographe bracelet en or modèle Daytona « Paul Newman » de Rolex. « La puissance d’Internet et d’un site comme Interencheres, qui regroupe une offre considérable, nous permet d’attirer des collectionneurs du monde entier. Autant d’outils qui devraient constituer un rempart efficace contre la crise et laisser espérer une nouvelle étape clé pour le marché des montres de collection aux enchères en France. Le digital va révolutionner le marché de l’art et les montres vont ouvrir la voie dans les années à venir. »

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