Le 29 octobre 2020 | Mis à jour le 29 octobre 2020

Street art : un marché dynamisé par les ventes aux enchères en ligne

par Diane Zorzi

Retransmises en direct sur Internet, les ventes aux enchères de Street art séduisent les néophytes comme les collectionneurs les plus aguerris qui n’hésitent pas à pousser les enchères jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros, sans avoir vu au préalable l’œuvre convoitée.

 

Né dans la rue, le Street art a rejoint les galeries et les salles des ventes, et investit désormais la toile. Ces dernières années, les Street artistes sont de plus en plus nombreux à exploiter les réseaux sociaux pour diffuser et faire vivre leur travail, et c’est d’ailleurs par ce biais que les maisons de ventes enrichissent leurs catalogues. « Instagram nous permet de suivre l’actualité du Street art et également de capter des artistes. Nous avons toujours à cœur de faire découvrir au public de nouveaux créateurs et c’est souvent par le biais de ce réseau social que nous les contactons afin d’intégrer leurs œuvres au sein de nos prochaines ventes », explique Katy Criton, experte en art contemporain auprès de la maison de ventes rennaise de Carole Jézéquel. Si les Street artistes sont aussi présents sur Internet, c’est certainement parce qu’ils parlent à une génération née avec ces nouveaux moyens de communication. Une audience que les commissaires-priseurs, redoublant d’inventivité, ont parvenu de leur côté à convertir aux enchères grâce aux ventes retransmises en direct sur interencheres.com.

Enchérir | Découvrez les prochaines ventes de Street art retransmises en live sur interencheres.com

 

Des ventes aux enchères à suivre en direct sur internet

En mars dernier, Carole Jézéquel organisait une vente dédiée au Street art et comptant une centaine d’œuvres d’artistes issus de la scène nationale et internationale, dont des pièces des figures les plus emblématiques du mouvement telles que Jonone ou Obey. Pour l’occasion, la commissaire-priseur rennaise avait choisi d’investir le coffee-shop d’un lieu emblématique de la ville : le Mabilay : « Nous avions choisi ce bâtiment, construit par l’architecte Louis Arretche en 1973, car il a vu la naissance du minitel, détaille Katy Criton. C’était ainsi une manière de rappeler que les artistes urbains ont été parmi les premiers à utiliser les réseaux sociaux pour diffuser leurs œuvres. »

Accueillant des spectateurs en salle, la vente se jouait simultanément en live sur Internet. Un moyen pour la commissaire-priseur de poursuivre le spectacle en salle, tout en élargissant son audience, les internautes suivant le feu des enchères derrière leur écran. « Cette retransmission en live nous permet notamment de capter les amateurs d’art urbain, qui sont souvent des trentenaires ou quarantenaires, familiers des achats en ligne, explique Katy Criton. C’est un bon moyen d’attirer un nouveau public à ces ventes d’art urbain dont les œuvres se vendent souvent à des prix très accessibles. »

 

SNAKE, Marianne’s sadness, 2020. Aérosol et acrylique sur toile, signature à la cire en bas à droite et contresignée au dos. 120×120 cm. Adjugé en live à 3 075 euros par Carole Jézéquel le 12 mars 2020 à Rennes.

 

Des œuvres de Street art pour tous les budgets

S’il est plus facile d’appréhender sur un écran la qualité esthétique d’un multiple, l’achat en ligne n’est, pour les internautes, en rien un frein dans l’acquisition d’une toile ou d’une sculpture uniques. Lors de la vente du 12 mars, leurs choix se sont ainsi portés aussi bien vers une sérigraphie d’Obey et une lithographie de C215, adjugées à 80 et 500 euros, que vers une sculpture en résine d’Imbue et une peinture à l’aérosol de LELE, adjugées à 120 et 470 euros. « Même s’ils n’ont pas vu l’œuvre en vrai, les internautes peuvent en appréhender tous les détails grâce aux photographies que nous leur fournissons, lorsqu’ils nous sollicitent avant la vente », explique Katy Criton.

Le budget n’est pas davantage un critère dans la sélection d’achat des internautes qui n’hésitent pas à pousser les enchères jusqu’à plusieurs milliers d’euros, pour s’offrir l’œuvre convoitée. En témoigne l’adjudication portée jusqu’à 3 300 euros sur le live, lors de la vente de mars, pour une toile signée de l’artiste brestois WEN2. « En live, tout type d’œuvre se vend, aussi bien des pièces à 100 euros qu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le live n’est pas plus réservé à une clientèle de néophytes qu’à des collectionneurs aguerris. Et cela est d’autant plus vrai depuis le confinement qui a converti encore davantage d’enchérisseurs à ce mode d’acquisition. » Le 8 octobre dernier, la maison rennaise, forte de ce succès, proposait une nouvelle vente de Street art, retransmise en live depuis l’hôtel des ventes. « En Bretagne, nous sommes les seuls à organiser des ventes dédiées à ce mouvement artistique, précise Katy Criton. Pourtant, la scène urbaine est très active dans cette région. Il nous tenait donc particulièrement à cœur de faire connaître ces artistes à travers nos ventes qui, grâce au live, touchent un public aussi bien local, que national et international. »

A lire aussi | Débuter une collection de Street art aux enchères

 

Jérôme Mesnager (né en 1961), Tango, 2018. Aérosol sur toile, signée et datée en bas à gauche. Contresignée, titrée et datée au dos. 70 x 56 cm. Adjugé en live à 1 599 euros par Carole Jézéquel le 12 mars 2020 à Rennes.

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