Une collection de faïences d’Emile Gallé bientôt en vente à Nancy

12/03/2026

Le 19 mars prochain, Acacia Enchères mettra en vente une collection de faïences, notamment d’Émile Gallé, du XIXe et du début du XXe siècle, fabriquées dans les manufactures de Lunéville et de Saint-Clément (Meurthe-et-Moselle).

La collection de faïences que s’apprête à disperser la maison Acacia Enchères sera présentée lors de trois ventes successives au printemps, organisées en mars, avril et mai. La vente d’avril proposera notamment quelques pièces d’exception des manufactures de Lunéville et de Saint-Clément, tandis que celle de mai est encore en cours de préparation. La première vacation, qui se tiendra le 19 mars prochain, réunira 257 lots et sera elle-même organisée en trois temps. Elle s’ouvrira par un ensemble de 174 céramiques d’Émile Gallé (1846-1904). Une quarantaine de créations de la faïencerie Keller et Guérin suivront, issues de la période du baron Maurice de Ravinel (1842-1896), marquée par la mise en place d’un atelier d’expérimentation artistique. Enfin, les grès Art déco des frères Mougin viendront clore la vente. Les estimations s’échelonnent de 20 à 2 000 euros. 

 

La collection d’une antiquaire passionnée de faïence lorraine 

Geneviève Aubry (1948-2025), Lorraine d’origine, était antiquaire. Passionnée par les faïences de Saint-Clément, elle s’en fit marchande, tout en constituant en parallèle une collection composée de ses “coups de cœur dont elle ne pouvait se séparer”, pour reprendre les mots d’Étienne Martin, expert en Art nouveau

 

Emile GALLE (Lorraine). Petite cocotte en faïence émaillée polychrome, à l’imitation de l’origami, à décor de barbeaux. Vers 1877-1884. Signature manuscrite « Gallé/croix de Lorraine/Nancy déposé » en noir. 9 x 5 x haut. 8 cm. Petits accidents. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines.
Emile Gallé (1846-1904). Petite cocotte en faïence émaillée polychrome, à l’imitation de l’origami, à décor de barbeaux. Vers 1877-1884. Signature manuscrite « Gallé/croix de Lorraine/Nancy déposé » en noir. 9 x 5 x haut. 8 cm. Petits accidents. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines. Estimation : 60 euros – 80 euros.

 

Il poursuit : « En ce sens, il fut naturel que la collectionneuse porte son dévolu sur les créations d’Émile Gallé ». En effet, le Nancéien, fondateur de l’École de Nancy et figure de proue de l’Art nouveau en France, connu notamment pour ses verreries, fit fabriquer ses créations jusqu’en 1876. « Elle appréciait particulièrement les pièces de forme à vocation décorative. Elle recherchait les pièces les plus sophistiquées, aussi bien techniquement qu’artistiquement »

La vaisselle d’Émile Gallé imaginée pour ses parents 

En témoigne la paire d’encoignures murales d’angle, de style rocaille (estimation : 200 euros – 300 euros), la petite cocotte à l’imitation de l’origami (60 euros – 80 euros) ou encore la paire de grandes sellettes dont seuls trois exemplaires sont connus, tous conservés dans les collections du musée de l’École de Nancy.

 

Emile GALLE (Lorraine). Important service de table, modèle « Cordelière » aux chiffres de ses parents GR (Gallé-Reinemer) et de la devise « En bon espoir » se composant d’une grande soupière et de son plat de présentation, de 2 saucières, de 2 raviers, de 3 assiettes à gâteaux sur talon, 12 assiettes à dessert, 50 assiettes plates et 9 assiettes creuses. Quelques rares accidents. Avec un inventaire domestique manuscrit au nom de Madame Veuve Paul Perdrizet, avenue de la Garenne à Nancy, daté de 1958. Le musée de l'Ecole de Nancy en conserve quelques pièces : une coupe, un plat rond, une jatte, un pot à crème couvert, et une tasse et sa soucoupe (inv. VG 82.1, JB 81.50 et 83.12, P 72.3, PT 79). Voir Françoise-Thérèse Charpentier et Philippe Husson, La Céramique de Gallé conservée au Musée de l'Ecole de Nancy, 1984, p. 50. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines.Emile GALLE (Lorraine). Important service de table, modèle « Cordelière » aux chiffres de ses parents GR (Gallé-Reinemer) et de la devise « En bon espoir » se composant d’une grande soupière et de son plat de présentation, de 2 saucières, de 2 raviers, de 3 assiettes à gâteaux sur talon, 12 assiettes à dessert, 50 assiettes plates et 9 assiettes creuses. Quelques rares accidents. Avec un inventaire domestique manuscrit au nom de Madame Veuve Paul Perdrizet, avenue de la Garenne à Nancy, daté de 1958. Le musée de l'Ecole de Nancy en conserve quelques pièces : une coupe, un plat rond, une jatte, un pot à crème couvert, et une tasse et sa soucoupe (inv. VG 82.1, JB 81.50 et 83.12, P 72.3, PT 79). Voir Françoise-Thérèse Charpentier et Philippe Husson, La Céramique de Gallé conservée au Musée de l'Ecole de Nancy, 1984, p. 50. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines.
Emile Gallé (1846-1904). Important service de table, modèle « Cordelière » aux chiffres de ses parents GR (Gallé-Reinemer) et de la devise « En bon espoir » se composant d’une grande soupière et de son plat de présentation, de 2 saucières, de 2 raviers, de 3 assiettes à gâteaux sur talon, 12 assiettes à dessert, 50 assiettes plates et 9 assiettes creuses. Quelques rares accidents.Avec un inventaire domestique manuscrit au nom de Madame Veuve Paul Perdrizet, avenue de la Garenne à Nancy, daté de 1958. Le musée de l’Ecole de Nancy en conserve quelques pièces : une coupe, un plat rond, une jatte, un pot à crème couvert, et une tasse et sa soucoupe (inv. VG 82.1, JB 81.50 et 83.12, P 72.3, PT 79). Voir Françoise-Thérèse Charpentier et Philippe Husson, La Céramique de Gallé conservée au Musée de l’Ecole de Nancy, 1984, p. 50. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines. 500 euros – 800 euros.

 

« Aucun équivalent ne s’est retrouvé sur le marché ces trente dernières années« , précise Étienne Martin. Par ailleurs, certains lots ont des parcours particuliers, à l’instar d’un service de table (500 euros – 800 euros) qu’ Émile Gallé imagina pour ses parents. Portant les initiales “GR” (Gallé-Reinemer) et la devise « En bon espoir », cet ensemble était resté dans la famille pendant plusieurs générations. « Pas le plus clinquant mais assurément touchant ».

Des créations Art déco et et Art nouveau 

Aux côtés des créations d’Émile Gallé, d’autres céramiques produites dans les manufactures de Lunéville et de Saint-Clément avaient rejoint les étagères de la collectionneuse. On retrouve notamment un vase Art déco en grès émaillé par le dessinateur Georges Chevalier et édité par les frères Joseph et Pierre Mougin (300 euros – 500 euros), ou un imposant plat Art nouveau (61,5 cm de diamètre), non pas moulé mais tourné, à décor de dahlias ou de chrysanthèmes, « véritable tour de force », et qui pèse la bagatelle de dix kilos, estimé entre 300 euros et 500 euros.

 

Georges CHEVALIER (1894-1987, dessinateur) et MOUGIN Frères (éditeurs), Nancy Lorraine, pour La MAITRISE (Ateliers des arts appliqués des Galeries Lafayette). Beau vase Art Déco en grès émaillé beige, à décor de singes dans des feuilles de bananiers. Années 1920-1930. Signé sous la base et numéroté 4 M. Diam. 20 cm - haut. 23 cm. Pas d’accident constaté. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines.
Georges Chevalier (1894-1987, dessinateur) et Mougin Frères (éditeurs), Nancy Lorraine, pour la maîtrise (Ateliers des arts appliqués des Galeries Lafayette). Beau vase Art Déco en grès émaillé beige, à décor de singes dans des feuilles de bananiers. Années 1920-1930. Signé sous la base et numéroté 4 M. Diam. 20 cm – haut. 23 cm. Pas d’accident constaté. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines. Estimation : 300 euros – 500 euros.

 

Une collection exceptionnellement bien conservée

Les lots de cette vente ont, l’assure Étienne Martin, des estimations « prudentes », qui contrastent avec le très bon état de conservation de ces céramiques. « Il y a quelques pièces qui ont fait l’objet de restaurations, mais la grande majorité ne souffrent d’aucune fêlure ».

 

Emile GALLE (Lorraine). Service héraldique-Nancy. Service à café se composant de 8 tasses avec leurs soucoupes, d’un pot à lait, d’un sucrier couvert et d’une cafetière en faïence émaillée blanc-bleu à décor de chardon et de croix de Lorraine, des grilles de la place Stanislas, de la porterie du Palais ducal et de la porte Saint Georges. Vers 1878-1880. Signature manuscrite « E. Gallé Nancy » en bleu. Pas d’accident constaté. Gallé fut un ardent défenseur de la porte Saint-Georges et milita avec succès, en 1878, contre sa destruction. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines.
Emile GALLE (Lorraine). Service héraldique-Nancy. Service à café se composant de 8 tasses avec leurs soucoupes, d’un pot à lait, d’un sucrier couvert et d’une cafetière en faïence émaillée blanc-bleu à décor de chardon et de croix de Lorraine, des grilles de la place Stanislas, de la porterie du Palais ducal et de la porte Saint Georges. Vers 1878-1880. Signature manuscrite « E. Gallé Nancy » en bleu. Pas d’accident constaté. Provenance : collection Geneviève Aubry (1948-2025), Rosières-aux-Salines. Estimation : 200 euros – 300 euros.

 

Une collection singulière par sa cohérence, qui plaira aux amateurs de céramiques, et suscitera peut-être l’intérêt des musées de Nancy pour les histoires dont certains lots sont porteurs : « Sur l’un des lots apparaît la porte Saint-Georges, qui devait être détruite pour faire passer le nouveau tramway à la fin des années 1870. À cette époque, deux personnalités s’y sont farouchement opposées. Le premier, Victor Hugo, dont le père était natif de Nancy, le second, Émile Gallé lui-même, qui n’hésitait pas à utiliser ses créations pour faire passer des messages ».

 

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