Conservée dans la même famille depuis plus d’un siècle, une huile sur toile de Paul Jouve sera dévoilée pour la première fois aux enchères le 13 janvier prochain à Nantes. Représentant une fillette et un cavalier, elle apporte un nouvel éclairage sur le travail du peintre plus connu pour ses compositions animalières.
Une Fillette à cheval, accompagnée d’un cavalier Targui et d’un chien : nul fauve et pourtant, la composition est bien signée d’un des plus grands peintres animaliers du XXe siècle, Paul Jouve (1878-1973). « Ce tableau est une découverte dans l’œuvre de l’artiste, s’enthousiasme le commissaire-priseur Pierre-Guillaume Klein. Je l’ai vu pour la première fois chez une famille de la région nantaise qui m’avait sollicité pour expertiser un meuble qu’elle pensait digne des plus grands musées. Mais c’est la toile qui a retenu mon attention. » Cette peinture n’a jamais été exposée et elle est conservée depuis plus d’un siècle par la famille de Charles Jonnart, un politicien et gouverneur général en Algérie de 1903 à 1911 – un pays qui inspira à Paul Jouve nombre de ses paysages et félins. « Jonnart était un homme de lettres, rompu à la politique, qui essaya d’assouplir le Code de l’indigénat en Algérie. Spécialiste de Paul Jouve, il fera don au Musée des Beaux-Arts d’Alger en 1908 d’une sanguine figurant une panthère couchée. »
Bien qu’atypique dans le corpus de l’artiste, la toile, estimée entre 20 000 et 30 000 euros, dévoile les coups de crayon vigoureux dont Paul Jouve use dans ses compositions animalières pour traduire la puissance des fauves. « Le cavalier Targui de son œil si expressif veille sur cette fillette dont les traits ne sont pas visibles, étonnant contraste, tout comme celui opposant la blancheur du vêtement et la carnation du cavalier. En somme, une composition rare chez l’artiste qui nous l’espérons attirera les amateurs ! »
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Un hommage au sculpteur Georges Hammard
La vente du 13 janvier sera également l’occasion pour le commissaire-priseur de dévoiler au grand public l’œuvre méconnue du sculpteur Georges Hammard (1894-1961), à travers la dispersion d’archives, toiles, sculptures et dessins, provenant de sa maison natale de Villevêque, dans le Maine-et-Loire. Datée de 1935, une sculpture émouvante, qui sommeillait depuis plusieurs années dans une grange, donne à voir Madame Desnos, une villageoise, faisant son marché – « un hommage silencieux à la paysannerie », estimé entre 500 et 800 euros.
